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Chez Clarabel
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13 avril 2012

“Heroes are made by the paths they choose, not the powers they are graced with.”

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Un an plus tôt, Nikki Beckett a disparu de la circulation, en bouleversant la vie de ses proches. Elle réapparaît au bout de six mois, sans toutefois révéler qu'elle revient de l'Enfernité (un monde parallèle où des âmes en peine sont attirées, car leurs émotions servent de nourriture aux habitants). Nikki ne dispose que de six mois pour se racheter et faire ses adieux correctement. Il y a an, elle était naïve et amoureuse, mais elle a cru tout perdre et a voulu effacer sa douleur, sauf que cette solution avait un prix. Aujourd'hui sa vie ne lui appartient plus, elle est liée à Cole, même si elle est de retour pour Jack.

On plonge tout de suite dans l'ambiance dès le premier chapitre, ce roman est d'une beauté sombre et émouvante, c'est prenant, quelque peu accablant, mais franchement c'est fascinant. Nikki est un personnage dévasté, qui se débat avec son histoire, en même temps qu'elle cherche à trouver une solution car elle est toujours attirée par Jack et veut sauver leur histoire. C'est grâce au principe du va-et-vient qu'on découvre leur idylle, tellement craquante, et même si le temps a passé et brisé leurs belles illusions, on découvre aussi que les sentiments ne sont pas complètement éteints, il n'y a que les doutes et la peur qui demeurent à la surface. Jack est un garçon adorable, il a été blessé par le départ de Nikki et il est bouleversé par son retour, ses émotions sont toutes chamboulées, on le comprend, de son côté Nikki ne sait plus si elle doit le préserver ou leur accorder cette fameuse seconde chance (parce que son temps est compté !). Le couple est face à une impasse, mais c'est plus fort qu'eux.

Et puis il y a Cole. C'est lui le mauvais garçon, il est guitariste dans un groupe de rock, il a une moto, il traîne dans les clubs, il dragouille sans vergogne et il a une influence sur Nikki. C'est un Enfernaute, il cherche à l'entraîner avec lui, il la veut à ses côtés mais l'histoire n'explique pas tout. A sa façon, lui aussi exerce une séduction au goût d'interdit, c'est palpable mais indéfinissible. En somme, ce roman est tout simplement envoûtant. Avec son ton doux-amer et son romantisme désabusé, il nous dévoile une intrigue qui ne fait pas dans la dentelle. Car plus on avance dans l'histoire, plus le compte-à-rebours nous saute à la gorge. Le dénouement paraît soudain si fatal, franchement attendez-vous à avoir le coeur pris en étau. Personnellement j'ai adoré, je suis impatiente d'en savoir plus car c'est inhumain de nous abandonner sur ces notes de tristesse !

Enfernité, par Brodi Ashton smileyc002
Milan, coll. Macadam, 2012 - traduit de l'anglais (USA) par Jacqueline Odin. 

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4 avril 2012

"I love you anyway, Lia," he calls after me. "Until time tells, I mean."

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C'est l'histoire de deux soeurs, Lia et Alice Milthorpe, qui vivent dans une grande maison bourgeoise, frappée par la mort (leur mère quelques années plus tôt, et récemment leur père). Elles deviennent alors les héritières d'une prophétie qu'elles vont l'une et l'autre tenter de s'approprier en empruntant des chemins différents. C'est une histoire à l'action lente, pas désagréable, et dont l'atmosphère envoûtante fait réellement tout le charme de la lecture. C'est sombre, un peu gothique, happant et mystérieux. J'ai été totalement subjuguée par l'intrigue et ses secrets, il n'y a rien de bouleversant et c'est justement cette petite mélodie dramatique qui vous fait tourner les pages du livre. J'ai littéralement adoré cette ambiance feutrée, où se baladent des personnages en apparence lymphatique, se débattant avec des secrets de famille et un complot fantastique. Pour moi, c'est une belle découverte qui me rappelle mon appréciation des romans de Susan Hubbard.

Maudites (tome 1), par Michelle Zink
Hachette jeunesse, coll. Black Moon, 2009 - traduction de Laurence Kiefé 

28 avril 2012

Pêle-mêle Clarabel #51

Un pêle-mêle à thème, pour changer : Lorsque l'enfant paraît... ! 

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Tous les matins, Joseph a rendez-vous avec l'oiseau qui semble le guetter depuis sa branche alors que le garçon tire les rideaux de sa fenêtre. Joseph comprend que l'oiseau attend son petit déjeuner, mais un matin l'oiseau est différent et refuse les graines que Joseph lui tend. Il a plus important à lui montrer, là-haut, sur la branche de l'arbre !

Les illustrations et les couleurs de cet album sont vraiment superbes ! Cette histoire de petites graines peut être librement interprétée (les petites graines qu'on plante dans le ventre pour avoir des bébés, par exemple) car elle ne se cache pas pour exprimer tout le bonheur et aussi l'excitation qu'il y a dans l'attente d'une future naissance. Joseph, notamment, a le coeur qui chatouille... en plus de son sourire comblé et de ses yeux qui brillent, bref sa joie est contagieuse ! 

Petites Graines, par Emile Jadoul & Catherine Prieur (Pastel, 2012)

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Si les mains de papa sont si grandes, c'est pour mieux sentir bouger le bébé dans le ventre, ou pour mieux bercer son petit corps tout entier. Les mains de papa sont deux grandes coquilles derrière lesquelles l'enfant peut se réfugier en apprenant à grandir. Emile Jadoul a ainsi dessiné de très grandes mains, mais c'est de façon symbolique et les détails ont leur importance, comme ce petit doigt auquel s'accroche l'enfant, avant de se lancer dans le vide (apprendre à marcher !). C'est vraiment une belle approche, une belle lecture à partager et un cadeau à offrir aux papas ! 

Les mains de papa, par Emile Jadoul (Pastel, 2012)

Ça commence par un baiser, ça finit par un bébé.  Proverbe québécois

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Lui aussi mérite d'être offert, lu, donné, partagé... C'est un album magnifique de Rascal (ses techniques d'illustrations sont impressionnantes, j'ignore le procédé mais j'étais sans cesse attirée par l'envie de glisser ma main sur chaque page par admiration). C'est donc une histoire qui parle de la famille et des proches au moment où ils se penchent sur le berceau du bébé en allant de leurs petits commentaires. On s'y retrouve, on se rappelle, on aime, on admire...  Bauchette aussi a aimé.

Au monde, par Rascal (Pastel, 2012)

5 mars 2012

"I don't believe in ghosts. I'm not crazy! But, I'm telling you, there is something weird about all this stuff."

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Deuxième volume de la série Les Filles au chocolat, avec changement d'héroïne et de style. Cette fois, Skye, l'une des jumelles de douze ans, prend la parole, nous faisant partager ses humeurs romantiques et sensibles. Skye est à un âge délicat, où elle commence à s'interroger sur ses propres envies, voulant ainsi se démarquer de sa soeur, son double. Cette tentative de distinction est mal perçue par Summer, qui reproche à Skye de s'enfermer dans son obsession pour leur arrière-grand tante, jusqu'à porter ses toilettes, ce qui serait, selon elle, malsain. Alors Skye prend ses distances, la nuit elle rêve de Clara et de son amoureux, un gitan, pour qui elle aurait tout quitté. Quel scandale ! Mais c'est suffisamment croustillant pour nourrir le romantisme de la jeune fille.

Et parce qu'elle est une demoiselle rêveuse et solitaire, le ton du roman se veut également plus calme, plus doux, plus onirique. C'est reposant, enfin éloigné des mièvreries sentimentales infligées par le premier tome. L'imbroglio amoureux entre Cherry, Shay et Honey n'a pas trouvé d'issue apaisante, ce qui alourdit clairement le climat familial. Cela donne une idée d'ensemble de la complexité de vivre ensemble, d'accommoder les différences de chacun et de faire en sorte que tout le monde trouve sa place, sans blesser l'autre. Pour l'instant, le pari n'est pas encore réussi, ce qui doit amener l'auteur à faire évoluer sa série dans ce but. Et je pense que c'est ce qui explique aussi pourquoi l'auteur abuse autant de propos sucrés et maniérés, afin d'adoucir les jugements et les perspectives. Coeur guimauve porte bien son nom. Je trouve toujours ça un peu écoeurant, mais ma fille adore !

Les filles au chocolat, tome 2 : Coeur guimauve, par Cathy Cassidy
Nathan, 2012. Traduit de l'anglais par Anne Guitton. 

27 février 2012

"Vivre, c'est avoir des problèmes et essayer de les résoudre."

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C'est déjà l'avant-dernier tome de la série ! On entend presque l'écho du tic-tac, et tant de questions encore sans réponse... tout ça nous taraude, et c'est donc avec un plaisir non simulé qu'on se plonge dans ce 7ème volume. On se rappelle dans quelle mauvaise posture se trouvait Jasper, traqué par l'Association, accusé à tort, lui-même aux trousses d'un petit bonhomme, en fait un shamane aux pouvoirs redoutables... Et voici qu'on découvre une surprenante mademoiselle Rose, transformée en Lara Croft, c'est dire comme les choses vont mal au 13, rue du Horla !
Ombe, Jasper et Nina ignorent encore à quel point les nouvelles sont mauvaises, et toute la première partie de l'histoire baigne dans l'atmosphère d'un roman d'espionnage. Tout le monde se traque, chacun cherche son chat, en somme, et paf ! tout ce petit monde va finir par se croiser et s'affronter. Les ennemis ressurgissent de partout, la confiance n'est plus, parce que ... voyons, rappelez-vous, Walter, ce cher Walter... et aussi le Sphynx... C'est horrible, quoi.
Jasper avance, petit pas par petit pas. Il perd de plus en plus le contrôle de ses convictions, et puis il est frappé par des hallucinations, des flashes rouges, comme la saveur du soufre. C'est vif, perturbant. Mais viennent aussi ces incroyables révélations sur Ombe et lui-même ! Peut-être le début d'une piste ?
L'explication tant attendue ne viendra qu'avec la parution, en octobre 2012, du dernier tome : Le regard brûlant des étoiles. L'impatience fait rage, parce que toute la deuxième partie de cette lecture s'est révélée captivante et promet un final à couper le souffle. Il sera, évidemment, difficile de se séparer de nos personnages au charisme avéré, Jasper et son humour pourri, Ombe et sa fougue légendaire, Nina et sa fragilité apparente... La responsabilité est lourde pour l'auteur, Erik L'Homme ne pourra pas nous décevoir, nos attentes nous placent dans un état d'angoisse, ou presque, mais surtout de doute et de curiosité, bref je vous dis ça, je ne vous dis rien.

7. Car nos coeurs sont hantés - Erik L'Homme (A comme Association)
Gallimard jeunesse / Rageot éditeur (2012) 

A quoi servent les notes d'une musique, à quoi servent les mots d'une chanson, sinon à remplir la mer que d'autres ont vidée ? A repeindre des horizons qui ont été effacés ? A forger les maillons de la chaîne qui nous rattache au soleil ? 
A ériger un lieu habitable sur les territoires du néant... 

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6 février 2012

“The Gods know what it is to be eternal, and they love to toy with mortals who use absolutes.”

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Hélène vit avec son père sur l'île de Nantucket, un petit coin paradisiaque où tout le monde se connaît, si bien que l'arrivée d'une nouvelle famille ne passe jamais inaperçue. Les Délos aussi sortent de l'ordinaire, ils sont tous beaux, riches, intelligents, ils vivent dans une grande maison entre frères et cousins, ils suscitent l'admiration et la curiosité. Seule Hélène éprouve des sentiments opposés : la première fois qu'elle a posé les yeux sur Lucas Délos, elle lui a sauté dessus pour lui tordre le cou ! Ces deux-là ne peuvent pas se croiser dans le couloir du lycée sans avoir envie de se battre. Comme c'est bizarre, déjà Hélène se sentait mal dans sa peau - bon, c'est une bombe atomique mais elle se tient voûtée et a toujours le sentiment de déranger, ahem - et depuis quelques jours, l'adolescente est encore plus mal dans ses baskets, entre ses maux de tête, ses cauchemars et sa perte d'appétit, rien ne va plus !

Starcrossed est une nouvelle saga adolescente qui offre une relecture de la mythologie grecque de manière originale et captivante. Oui, j'ai pris énormément de plaisir à lire ce roman. Les premiers chapitres se lisent en toute facilité, et l'idée de voir la jeune fille se jeter au cou du beau gosse pour d'autres raisons que la sempiternelle sérénade sentimentale, ma foi, c'était très drôle ! Après quoi, on rentre vite dans le moule et on retrouve nos bons vieux classiques. Hélène et Lucas s'apprécient mutuellement, mais leur relation demeure platonique, ce qui agace notre héroïne. Bon, c'est sûr que les atermoiements adolescents ne sont pas ma tasse de thé, et parfois j'ai un peu rouspété contre cette vilaine manie de pleurnicher sur son sort. Heureusement, il y a une forte capacité de rebondissements dans l'histoire, même nos chéris frappés d'une malédiction vont prouver qu'ils peuvent offrir un visage frais et un humour salvateur au-delà du reste.

La lecture n'est pas novatrice dans son genre, mais cela fonctionne toujours bien. Je pense que cela tient du fait que les personnages sont bien campés, ils sont tous attachants et font preuve d'humour, l'intrigue aussi tient la route, et puis le cadre est splendide, on se croirait dans un petit cocon, c'est apaisant. Les derniers chapitres soulèvent de plus en plus d'interrogations, avec en prime des retrouvailles et une révélation qui devrait laisser pantois (sauf que, pour moi, ça a l'effet d'un pétard mouillé). Objectivement, l'auteur s'est emmêlée les pinceaux à deux, trois reprises mais on lui pardonne. La lecture a accompli son office : divertir et intriguer, du coup je suis partante pour la suite !

Starcrossed, par Josephine Angelini
Pocket jeunesse, 2012. Traduction de Marie Leymarie. 

28 février 2012

Tout ça finira mal ... Adèle !

Je ne pensais pas prendre autant de plaisir à découvrir cette petite Adèle, mais définitivement j'ai beaucoup ri face à son effronterie et son humour noir ! 

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Adèle n'aime personne et prend un malin plaisir à traumatiser tout son petit monde, à commencer par son chat, Ajax, depuis qu'elle vient de découvrir que c'était un simple chaton à l'air bête et non un bébé lion. Il y a aussi son amoureux transi, Geoffroy, tellement gentil et serviable que c'en est écoeurant aux yeux de la fillette.

Elle a pour ambition dans la vie de réussir sa vocation de dictateur, alors elle s'entraîne auprès de ses parents, elle les martyrise comme ses petits jouets en plastique, mais heureusement le couple ne manque pas d'humour ni de répartie ! Ah, c'est vrai, Adèle ne cache pas son attachement pour sa grand-mère, peut-être parce que son père a un jour prétendu que c'était une sorcière, en attendant la fillette guette pour voir le masque tomber !

Pas plus d'une supercherie en famille, s'il vous plaît. Le coup d'Ajax lui reste encore en travers de la gorge... et pourtant, qu'est-ce qu'il est trognon, ce chaton ! Du début à la fin, son expression du visage est inchangé, il en bave, il ne moufte pas, et ça c'est génial. 

C'est fort d'un humour placé sous le signe du second degré que cette charmante série se présente à nous. On y découvre un chouette éventail de tout ce qui est interdit et immoral chez les jeunes enfants, et bien évidemment ça ne choque pas du tout. Adèle a une forte personnalité, elle n'aime ni la facilité ni la popularité, elle refuse les concessions et les politesses, elle abhorre la tendresse et les trucs cucul la praline, elle aime le trash, les trucs morbides, les expériences douteuses, briser le coeur des autres, jouer avec les nerfs de ses proches ... c'est une petite sadique qu'on aime pourtant avec tendresse ! 

Et parce qu'elle est insupportable, on craque pour elle. Il faut dire aussi que cette série a réussi la dose parfaite en cynisme, sans verser trop dans la caricature, et du coup on adhère totalement au ton décalé de cette lecture.

Mortelle Adèle, tome 1 : L'enfer, c'est les autres & tome 2 : Tout ça finira mal, par Tan & Miss Prickly
Tourbillon, 2012.
découvrir sur son site des planches rigolotes : http://www.mortelleadele.com/

À bientôt bande de nouilles !

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29 février 2012

Eddy Milveux : dans tous ses états !

Arf, qu'est-ce que j'ai pu rigoler ! A première vue, c'est tout simple et complètement débile mais j'ai vraiment adoré.

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Un jour, Eddy Milveux a sauvé une blatte magique d'un chewing-gum et a voulu tenter un vœu farfelu pour tester les pouvoirs de la bestiole : et paf, depuis il a les cheveux roses ! Chaque jour, la blatte est capable de lui réaliser le vœu qu'il désire, il prendra fin dès le lendemain, seul le tout premier est ineffaçable. Argh.

Dans ce deuxième tome des aventures d'Eddy, nous le découvrons comme tout jeune adolescent dans sa vie de tous les jours, avec des parents qui se disputent et prennent la décision de se séparer. La mère est en effet tombée amoureuse d'une autre femme. Dans la foulée, Eddy et sa soeur héritent d'une demi-soeur empoisonnée, mais font contre mauvaise fortune bon coeur en découvrant la jolie maison avec piscine. 

De son côté, le père va déprimer et se consoler avec des chips. Résultat, il va devenir obèse, perdre son boulot et ne plus pouvoir sortir de chez lui. Heureusement il va reprendre du poil de la bête, et Eddy va continuer à jongler entre ses deux foyers sans trop se prendre la tête.

Pour rendre l'ensemble moins planplan, Lisa Mandel a donc introduit sa blatte magique, sa blatte infernale, celle qui exauce un vœu par jour. Chouette cadeau, on se dit, mais pas du tout ! En fait, il apparaît que les vœux souhaités sont mal interprétés et provoquent des situations encore plus dingues et catastrophiques, ce qui plonge Eddy dans l'embarras (on le comprend !). Impossible pour lui de tirer profit de la situation, c'est terriblement injuste. 

C'est donc le lecteur qui s'éclate dans son coin, se régalant des bonnes trouvailles et des chutes infernales de chaque gag. Entre nous, il faut être amateur de l'humour absurde pour franchement apprécier cette série. Mais il y a un tel potentiel derrière l'histoire et les dessins, ça peut paraître bête mais c'est efficace. J'étais bidonnée par les nombreux déboires d'Eddy, à chaque page c'est la promesse d'une nouvelle débâcle et ça s'étale sur seulement 50 pages... non, sérieusement, c'est beaucoup trop court !  

Une série originale, rigolote et carrément farfelue.

Eddy Milveux, tome 2 : Eddy dans tous ses états ! par Lisa Mandel (BD Kids, rééd. 2012)

24 février 2012

Faut croire qu'on aime ça, les mystères.

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Un an a passé depuis les tumultueux évènements survenus au 180 rue des Innocents, Youri, Tomaso et Emma ont regagné un semblant de quiétude, et paf ! leur clodo Félix, qui fait partie des murs, est retrouvé baignant dans une flaque de sang, sauvagement battu, entre la vie et la mort. Aussitôt Flora accourt pour l'accompagner aux urgences, et puis plus rien ! Tomaso et Youri n'ont plus de nouvelles, mais refusent de rester inactifs. Ils décident alors de retrouver la fille de Félix, une certaine Sophie, pour que le pauvre vieux n'imagine pas qu'il est seul au monde en ayant raté sa vie.

De son côté, Emma, amoureuse, a pris ses distances avec les garçons avant de réaliser la couleur amère de sa jolie romance. Hop, il est temps de rentrer au bercail et d'apporter son aide aux copains. Mais leur enquête ne s'arrête pas à retrouver une enfant perdue, c'est surtout flirter avec le danger, encore une fois. Près du corps de Félix, figuraient des inscriptions à connotation fasciste. Les suspects sont désignés, ne manquent plus que les preuves... Et là, attention, DANGER !

Une nouvelle fois, l'histoire trempe ses doigts de pied dans une réalité sordide et qui met mal à l'aise. Il y a l'agression de Félix, la découverte de son passé mais aussi la confrontation avec les milieux extrémistes, racistes. Décidément, le fond de l'histoire ne fait pas dans la dentelle, c'est un roman noir, au goût âpre et qui colle au palais. Mais c'est aussi un roman sensible, alors que les paroles de Félix nous prennent à la gorge, surgissant de nulle part, mettant à nu le désespoir de l'homme. Et c'est enfin et surtout l'occasion de retrouver notre trio composé de Tomaso, Youri et Emma, ils sont drôles, ironiques, réceptifs à la détresse de leurs proches et on les aime pour ça. A ce propos, bonne nouvelle : le triangle amoureux a trouvé sa solution, plus de perte de temps et d'énergie, et c'est tant mieux. Non, parce que ces trois-là s'aiment, mais ils sont indissociables et n'ont pas besoin de se conter fleurette pendant des pages et des pages, ce serait du gâchis.

De toute façon, la vie au 180 (marque déposée) ressemble à un tourbillon de petits et grands drames de la vie : Olga, la soeur de Youri, a besoin d'un jus de raisin qui fait office de remontant, les parents sont dépités, Flora a disparu, Ben le musicos fait son Johnny, madame Robert peut aussi être une aide très précieuse, et le Capone toujours... l'habituel QG de notre petite bande, au décor kitsch réconfortant, avec ses bonnes odeurs et Irina qui devine tout. La bonne adresse, à l'image de la série, aux charmes et aux atouts fort sympathiques.

Rouge Bitume (Roulette Russe #2), par Anne-Gaëlle Balpe, Sandrine Beau & Séverine Vidal
Oskar éditeur, 2012 

18 février 2012

“Everyone carries around his own monsters.”

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Ceci n'est pas qu'un simple roman avec des zombies, ces derniers apparaissent même comme de vulgaires figurants, mais il ne faudrait pas négliger leur importance non plus. C'est une histoire plus complexe qui se propose à nous, une histoire sombre, qui baigne dans une atmosphère lugubre, comme une fin du monde annoncée, avec son lot d'amertume, d'angoisse et de haine.

Benny Imura est un adolescent de quinze ans qui doit envisager de travailler pour mériter ses rations, sauf qu'il n'est pas très doué et doit accepter, la mort dans l'âme, de devenir l'apprenti de son frère Tom, un chasseur réputé parmi toute la communauté de Mountainside. Le problème, c'est que Benny le traite de lâche et lui reproche la mort de leur mère. Aussi, lors de la première sortie hors de la Barricade, dans la Putréfaction, là où grouillent les zombies, Benny découvre une autre facette de son frère et de son métier. Cependant, le gamin n'est pas prêt à l'accepter, au lieu de ça, il s'enferme dans un mutisme et préfère ne plus voir ses amis, Chong, Morgie et Nix.

Aux yeux de Benny, seul Charlie l'oeil rose est un véritable héros. Lui aussi est un chasseur de primes, il est habile et fine gâchette, redouté et redoutable, de plus il ne s'entend pas du tout avec Tom. Toutes les convictions du garçon s'effondrent à partir du moment où il achète son paquet de cartes à collectionner et découvre celle de La Fille Perdue. Tout de suite, il accroche, il veut la connaître, comprendre son histoire et mène son enquête. Sauf qu'en posant trop de questions, Benny attire l'attention de Charlie, une attention jugée hargneuse et mauvaise, et qui entraînera d'autres conséquences...

Et l'histoire s'enchaîne et ne cesse de surprendre, de scotcher, de toucher et de révolter. En fait, le roman de Jonathan Maberry suggère que le Mal véritable n'a pas fait son nid dans la Putréfaction, du moins pas parmi les Zombies, mais plutôt au sein même de la communauté de Mountainside, parmi les rescapés ou les naufragés. Ceux qui survivent sont capables de tout, Benny va l'apprendre à ses dépens, accuser douloureusement une telle leçon, mais pas forcément l'accepter. Être au pouvoir ne signifie pas se comporter comme un monstre prédateur, la tendance doit se renverser, Benny va tout faire pour. À commencer par retrouver la célèbre Fille Perdue.

Apocalypse Zombie est donc une lecture forte, aux scènes d'action saisissantes, ancrée sur la volonté de révéler la face cruelle et vicieuse de l'âme humaine. Ce n'est pas un livre sur la survie, mais plutôt sur l'apprentissage de la vie, sur le fait de grandir et plus précisément sur les relations entre Benny et son frère Tom. C'est vraiment une lecture différente de ce que je m'imaginais, par rapport au titre ou à la couverture, et finalement je n'ai pas du tout été déçue. J'ai lu ce roman comme une plongée en enfer, ça fait peur, un peu, mais on a surtout peur de ce qu'on découvre, c'est scotchant, efficace, impossible de lâcher le livre avant la fin !

Apocalypse Zombie, par Jonathan Maberry
Castelmore, 2012. Traduction d'Arnaud Demaegd.
titre VO : Rot & Ruin. 

18 janvier 2012

“What’s wrong with you? Are you ill? I forbid you to be ill, wife.”

la suite de Soulless,

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La vie maritale offre à Alexia l'occasion de s'envoyer en l'air, par dirigeable, et de découvrir l'Ecosse et ses kilts, avec un aplomb tout à fait remarquable. Il faut dire que la paranaturelle a déjà frôlé la mort par deux fois, c'en est assez pour rouspéter et fourrer son nez dans les affaires de son mari, de plus en plus cachottier. Alors que tous deux affrontent son ancienne meute de Kingair, un phénomène d'humanisation frappe les créatures surnaturelles, sans raison valable. Comme c'est étrange ! De plus, la meute est rancunière et veut protéger ses secrets, mais Alexia n'en peut plus de faire semblant et brûle de mettre les pieds dans les plats. La connaissant, cela promet d'être virulent. Et de nouvelles rencontres, comme la modiste française, Mme Lefoux, aux allures excentriques, sèment le trouble dans l'esprit de notre héroïne, ça et les déboires sentimentaux de miss Ivy et la soudaine obsession lubrique de sa soeur Felicity, quel chantier ! Je ne sais plus si je suis amoureuse de l'univers de Gail Carriger, ou de ses personnages, ou de l'humour, ou même de l'intrigue bien fournie et mystérieuse, sans oublier le point final, crucial, mémorable, impitoyable. Tout ce que je sais, c'est qu'il ne faudrait pas attendre trop longtemps pour dévorer la suite. Miam !

Changeless (Parasol Protectorate #2) - Gail Carriger
Published April 1st 2010 by Orbit 

Quelques perles :

“I like fish," chirruped Tunstell. 
"Really, Mr. Tunstell? What is your preferred breed?" 
"Well"--Tunstell hesitated--"you know, the um, ones that"--he made a swooping motion with both hands--"uh, swim.”

***

She reached inside the wide ruffle and pulled out a little vial. 
“Poison?” asked Lady Maccon, tilting her head to one side. 
“Certainly not. Something far more important: perfume. We cannot very well have you fighting crime unscented, now, can we?” 
“Oh.” Alexia nodded gravely. After all, Madame Lefoux was French. “Certainly not.”

 

5 février 2012

« Ecrire, c’est emmener les mots en promenade. »

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Le roman de David Almond ne se raconte pas, et se résume encore moins. Il s'agit en fait du carnet de Mina, une demoiselle qui ne va plus à l'école, où elle ne se sentait pas à sa place. Elle était régulièrement rabrouée par son institutrice, Mme Scullery, jusqu'au fameux jour des évaluations, le jour de trop, le jour où Mme McKee est venue récupérer sa fille, sans gronder, mais avec compassion. Elles sont reparties toutes les deux dans leur maison, en jurant qu'elles ne mettraient plus jamais les pieds dans cette école. Et depuis, Mina suit ses cours chez elle. Elle passe son temps à écrire ce qui lui passe par la tête, elle se perche sur un arbre et parle aux oiseaux, elle observe ses voisins, la vie dans le quartier est sinistre, soupire-t-elle, Mina a envie de vie et de joie, alors elle gribouille encore plus ses idées folles dans son carnet. 

Son carnet ne ressemble qu'à elle : il est sincère, vrai, touchant, bizarre, très personnel, onirique, poétique et j'en passe. Il fait fi des règles et des conventions, il s'ébroue comme un jeune chien fou, égaré en pleine nature, il souffle, il respire, il est heureux. Et nous aussi. J'ai été très touchée par ce roman, pas facile à expliquer pourquoi il donne autant le sourire, pourquoi il touche et pourquoi les mots de Mina, en apparence simples et naïfs, renferment plus de vérité et de beauté que tous les discours de grands. C'est a priori un méli-mélo de pensées farfelues, de rêves et de comptes-rendus qui nous embarque dans un univers enfantin et routinier, mais c'est aussi et surtout une façon d'expliquer le pouvoir des mots, de l'imagination et de l'écriture. Graphiquement, le livre est également un petit miracle et ne ressemble pas à un roman classique. C'est ce qui nous rapproche de la narratrice, Mina est la petite camarade de Michaël, le héros de Skellig, un autre roman de David Almond qu'il faut lire ou relire après celui-ci.  

Je m'appelle Mina, par David Almond
Gallimard jeunesse, 2012. Traduction de Diane Ménard. 

“Words should wander and meander. They should fly like owls and flicker like bats and slip like cats. They should murmur and scream and dance and sing.” 

aux Mina aussi recherche un peu de bonheur, elle s'appuie sur les mots, parfois elle en invente, elle raconte des histoires à dormir debout, elle raconte ses rêves aussi, où elle part visiter les enfers en pensant retrouver son père... Parce qu'à travers ce méli-mélo des mots, il y a cette petite détresse d'avoir perdu son papa. Le besoin de se reconstruire. D'effacer le chagrin.

29 décembre 2011

"What if I was the sexual equivalent of popcorn? Suitable for light snacking only?"

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Kaylee Cavanaugh n'est pas folle. Elle voit des ombres, cela survient sans crier gare et cela touche des personnes qui décèdent peu de temps après, et à chaque fois cela lui donne envie de hurler. Son entourage pense la calmer en la gavant de petites pilules, en pure perte. 
Et c'est là qu'intervient Nash Hudson, le beau gosse du lycée, celui qui collectionne les conquêtes sans rougir. Cette fois il a jeté son dévolu sur Kaylee, la nana la plus quelconque des alentours. C'est forcément une blague. Elle est tentée de se méfier de lui, pourtant il a été témoin d'une de ses crises inexplicables et cela ne semble pas l'effaroucher. Au contraire, Nash a un don pour l'apaiser. Il ira même plus loin en lui avouant qu'elle n'est pas la simple humaine qu'elle imaginait, c'est une bean sidhe, ou banshee (celle qui pleure les morts et chante pour sauver leur âme). 
Je crois au potentiel de cette série, même si je trouve que ce premier tome souffre de sa position de leader en livrant une intrigue étalée, liée au fait qu'il faut planter le décor et les personnages. Implicitement il y a des passages longuets opposés à une histoire d'amour trop fulgurante, à mon goût, c'est assez bizarre. (Nash semble surgir dans la vie de Kaylee comme un beau diable sortant de sa boîte, la demoiselle est naïve et en pleine découverte de sa particularité, je suppose qu'elle est aussi bêtement aveuglée par le sex-appeal du garçon, à la réputation qu'on nous décrit comme étant sulfureuse, huhuhu. Pour l'heure j'attends encore de voir, c'est mignon, un peu plat et chaste.) 
J'ai bien apprécié le climat flippant quant à savoir pourquoi des adolescentes tombent comme des mouches, sans raison valable, si ce n'est (et c'est bien évidemment une supposition de notre héroïne) qu'un Faucheur doit oeuvrer dans l'ombre en faisant preuve d'un zèle remarquable. C'est comme ça qu'on fait connaissance avec un certain Tod, Grim Reaper de son état, et écorché vif devant l'éternel. Nash aussi semble le connaître et manifeste un agacement prononcé en sa présence. (On comprend un peu pourquoi à la fin, mais tout n'est pas expliqué non plus !) 
En bref, j'imagine que l'auteur avait besoin de temps pour placer toutes ses cartes afin de nous offrir une suite qui prendra plus de hauteur. Pour l'heure, c'est bien mais pas transcendant, à voir sur la distance donc.

My Soul to Take (Soul Screamers #1) - Rachel Vincent
Published August 2009 by Harlequin 

LUENVOLu en VO - 50 (objectif atteint, pour moi !)

- disponible en VF en collection Darkiss : detoutemoname

17 janvier 2012

Teaser Tuesday #38

Bec-en-l'Air avait percé deux trous dans la nuit noire.
« Mais derrière la nuit on y voit clair ! » s’écria-t-il.
« Ohé ! Y a quelqu'un ? »

De l’autre côté de la nuit, là où l’on voit clair, 
il n’y avait pas le moindre petit bec en l’air.

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 De l'autre côté, dans la nuit noire, Bec-en-l'Air s'était endormi.
Mais par les deux petits trous, ça faisait des courants d'air,
ça sifflait,
ça soufflait
à lui ébouriffer les plumes. 

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Où il est question de la création du monde et de l'univers si poétique et distingué de Betty Bone.
Très chic. 

Bec-en-l'Air, par Martine Laffon et Betty Bone (éd. Thierry Magnier, 2011)

10 janvier 2012

“Words have power? That sounds like you're into some Harry Potter juju.”

darkelite

Je ne le cache pas, au début ce n'était pas gagné avec cette série de Chloe Neill. Même si j'appréciais son univers, je ne trouvais pas qu'elle tirait son épingle du jeu. On y trouve donc une école privée pour jeunes filles riches, des jupes écossaises, des pestes délicates et surfaites, une coloc de chambre idéale, des secrets, et tout le toutim. Ajoutez une héroïne qui débarque à Chicago avec le sentiment d'avoir été lâchement abandonnée par ses parents (en congé sabbatique, pour deux ans, et exilés en Allemagne), vous voyez le tableau.

Déjà la mise en place était aguichante, sans tomber dans la folle excitation. J'étais curieuse, intriguée de savoir ce que signifiaient les réunions dans les souterrains de la ville auxquelles participent Scout et d'autres camarades. Et puis Lily, l'héroïne, choisit de bousculer son destin en fourrant son nez où il ne faut pas, et l'histoire prend enfin un tour intéressant. Il existe bel et bien un monde caché, sous les couches de Chicago, et une poignée de jeunes gens a pris le sort de l'humanité entre leurs mains, grâce aussi à des pouvoirs spécifiques, mais ceci est une autre page à découvrir.

Le roman s'épluche comme une pomme, ça tournicote pas mal dans les premiers chapitres, ça se cherche, ça tâtonne avant de permettre d'apercevoir une belle éclaircie. Certes, ce n'est pas une lecture à couper le souffle, qui propose des choses nouvelles, mais c'est tout de même une série de Chloe Neill, ce qui est fort appréciable à mon sens.

Amateurs de sa série des Vampires de Chicago, vous apprécierez forcément de renouer avec ses dialogues efficaces et pertinents, aux réparties cyniques et drôles. L'auteur est douée pour ça, une nouvelle fois elle le prouve et ça se savoure. C'est une grande amoureuse de la ville de Chicago, une accro à la pop-culture, et en matière de références on se régale avec les clins d'oeil à Urgences, Buffy ou Gilmore Girls. Les personnages sont également bien brossés, l'héroïne n'est pas une bécasse naïve qui perd un neurone en rencontrant le beau gosse du jour. Elle a du sarcasme à revendre, elle est séduite mais ne s'en laisse pas conter. Une jolie romance est à prévoir, mais pour l'instant c'est encore timide. Et pas sûr que le potentiel présenté demeure l'unique choix de la demoiselle ! Bref, cette série a fini par me captiver et j'ai parcouru les derniers chapitres avec un sourire ravi aux lèvres. Le tome 2 sortira début mars 2012.

Dark Elite 1. Magie de feu - Chloe Neill
Castelmore, 2012. Traduit de l'anglais (USA) par Tristan Lathière 

EN LIBRAIRIE LE 13 JANVIER !

4 juin 2015

Les Nuits de Reykjavik, d'Arnaldur Indridason

Les Nuits de Reykjavik

Nouveau retour aux sources avec cette lecture, qui fait suite au Duel, épisode consacré au commissaire Marion Briem au début de sa carrière. Cette fois, c'est le jeune Erlendur que l'on découvre, en tant que fraîche recrue de la police de Reykjavik, cantonnée aux patrouilles de nuit. Un poste en parfaite conformité avec son tempérament solitaire et taciturne. Mais notre homme est également un grand sensible, proche des gens, attentif à leur détresse (violence domestique, alcoolisme etc.), on sent déjà qu'il cherche à expier une faute. L'histoire tourne donc autour de la mort d'un clochard qu'Erlendur avait souvent croisé dans les rues et tenté d'aider. La sœur de celui-ci veut connaître les circonstances du drame et pousse le policier à se lancer dans une enquête officieuse. Le tableau est planté, avec toujours les mêmes ingrédients (l'atmosphère morose, le rythme lent, le personnage accablé, l'obsession du passé). La magie ne peut qu'opérer immédiatement ! Et c'est tellement bon, même si l'intrigue n'est pas surprenante, elle est fidèle à elle-même, profonde, poignante et attachante. 

Jean-Marc Delhausse, pour sa 6ème collaboration avec Audiolib dans le rôle d'Erlendur, nous accompagne dans notre lecture en faisant corps avec le personnage et livre une interprétation à l'intensité dramatique réussie et émouvante.

Audiolib ♦ mai 2015 ♦ texte lu par Jean-Marc Delhausse (durée : 8h 17) 

 

LES NUITS DE REYKJAVIK Métailié

Traduit de l'islandais par Éric Boury (Reykjavíkurnætur) pour les éditions Métailié

18 novembre 2011

Pêle-mêle Clarabel #47

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Super El est tout penaud : son costume a été abîmé par un buisson de ronces. Il ne veut pas que les autres animaux le voient dans cet état, pourtant il faut bien en passer par là pour retrouver la tante Zelda, seule capable de faire des miracles en couture. Elmer se propose alors de le guider tout en faisant diversion. Ainsi, personne ne prêtera attention au super héros puisque tel est son désir. Tandis que l'un fanfaronne, l'autre crapahute dans les sous-bois ou caché sous une branche. Tous deux font une belle paire et n'éveillent aucun soupçon. Vous ne manquerez pas de rire en lisant les ruses d'Elmer et le jeu d'anguille de son super copain (Super El se déplaçant sur la pointe des pieds, par exemple... ha!ha!ha!). Un album drôle et multicolore, à l'image de notre très cher Elmer.

Elmer et Super El, par David McKee (Kaléidoscope, 2011)

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Il arrive que, parfois, l'histoire du soir vire au désespoir pour les parents, surtout lorsque l'enfant réclame encore et ENCORE la même histoire, sans manifester le moindre ennui ou autre petit bâillement. Hmm, papa Dragon en a assez et assaisonne son histoire du soir (toujours la même, je vous dis) au gré de ses envies, et c'est là que ça devient drôle, vraiment drôle, on passe d'une version à une autre et ça pourrait se traduire, tout simplement, par : comme le héros de ton histoire, mon petit, tu vas bien dormir, hein ?! Mais petit Dragon n'est pas fatigué pour deux sous. Il pète la flamme, ah ça oui ! Chaud devant ! Retour gagnant pour Emily Gravett, dont l'album possède cette saveur espiègle et déjantée, avec toujours la chute qui fait éclater de rire.

Une fois encore ! par Emily Gravett (Kaléidoscope, 2011) 

Dans la série "les enfants, le soir, ne sont pas nos amis", tu trouveras, petit lecteur, cet album d'Emile Jadoul intitulé Pas question ! Petit Pingouin ne veut pas dormir dans son lit, mais il voudrait bien rester avec son papa et sa maman. L'enfant est espiègle et prend au mot les remontrances de son papa. Le chenapan... Chacun dans son lit ? D'accord ! 

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Pas question ! par Emile Jadoul (Pastel, 2011)

28 décembre 2011

Old habits died hard. #2

RisesthenightSuite à la débandade survenue dans le tome précédent, Victoria s'est retirée du monde pendant un an, afin de revenir plus vindicative et déterminée à se venger. Les vampires semblent avoir déserté la capitale britannique, Max Pesaro ne donne plus signe de vie, et même Sebastian Vioget s'est évaporé dans la nature. C'est en renouant avec de vieilles connaissances que Victoria rencontre le célèbre Polidori, escorté par un garde du corps qui fait naître un trouble grandissant chez notre chasseuse de vampires. ^-^
Et l'action s'enchaîne, puisqu'il faut partir en Italie pour mener une enquête plus approfondie concernant l'organisme secret nommé Tutela. Sur place, une surprise de taille attend Victoria : Max est bel et bien vivant, mais a trahi son clan. 
L'héritière des Gardella va devoir livrer une bataille plus féroce, dans un milieu qui lui paraîtra encore plus fourbe et dangereux. Heureusement qu'elle a gagné en maturité et en force, la jouvencelle du début est aux oubliettes, c'est en femme maîtresse d'elle-même, de ses choix souvent intempestifs et de ses décisions radicales, que Victoria se présente désormais. 
Ce tome 2 fait également la part belle au personnage de Sebastian, qu'on ne cerne pas très bien, sauf qu'il est séducteur et sarcastique, sans oublier qu'il ne laisse pas totalement indifférent notre chère Victoria. Gniiii... La faucheuse a pourtant bien du souci à se faire, Sebastian n'est pas digne de confiance, on le sait, elle aussi, et d'ailleurs on va découvrir une partie de son secret au cours de l'histoire, ce qui risque de chiffonner nos petites supputations de base. Hanlala, c'est plus qu'excitant ce qui nous tombe sur la pomme, croyez-moi. 
Finalement, c'est ce qui me plaît dans cette série - l'intrigue n'est peut-être pas foncièrement originale et aurait tendance à se répéter (sur le principe qu'à chaque fois il faut sauver un objet sacré des mains de l'ennemi), mais cela reste incroyablement divertissant et plaisant à lire. La recette est simple : on trouve du badinage amoureux, de l'action et du suspense. De plus, l'auteur n'hésite pas à zigouiller des acteurs importants à l'histoire, ce qui donne forcément envie de vouloir lire la suite, le principe est vicieux mais efficace. En bref, il me semble que cette série a enfin trouvé son rythme de croisière, ce qui me convient parfaitement. 
Série bouclée en 5 tomes.

Rises the Night (The Gardella Vampire Chronicles #2) - Colleen Gleason
Published June 2007 by Signet  

LUENVOLu en VO - 49

- disponible en VF chez City éditions : gardella2

20 décembre 2011

Teaser Tuesday #35

Il déchira le paquet d'un geste théâtral, et demeura un instant perplexe en découvrant quelque chose qui ressemblait vaguement au pire cadeau qu'on puisse offrir à un enfant normal, c'est-à-dire... un livre ! C'était presque déraisonnable, car il y en avait trois piles, trois piles de livres épais comme des dictionnaires, garnis d'une reliure de cuir.

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Mathieu peste contre sa vie, il a dix ans, seulement, et c'est tellement nul. Il est coincé chez lui, n'a jamais le droit de fêter son anniversaire au palais du roi, sous prétexte qu'il collectionne les bêtises depuis sa naissance, à tel point qu'on pourrait en faire un collier de perles !
Mais Mathieu n'a pas dit son dernier mot, il est rusé et va prouver à son père que son autorité est abusive, que ses contrats sont erronés, qu'il y a toujours matière à contourner les interdictions. Pour lui, réaliser des bêtises, c'est tout un art dont il se déclare maître et fier de l'être. Sa réputation n'a plus de limites. Il est souvent attendu comme le messie au palais, même le roi retient son souffle, craintif et curieux de connaître la dernière invention du garnement.
T
out l'intérêt du roman repose donc sur LA promesse de rouerie du jeune garçon. En attendant, nous savourons sa logique implacable, ses défis constants avec son père, leurs joutes verbales et les contrats vicieux pour piéger l'autre.
Dans le même temps, on découvre l'univers de Mathieu, l'existence de l'école des Elitiens (l'élite des héros), où il faut passer des tests assommants pour y entrer, à l'âge de douze ans, ou onze si l'on demande une dérogation. D'ailleurs, Mathieu élabore déjà des plans retors pour réussir en trichant !  

A ce stade, il est clair que notre jeune héros n'est pas animé des intentions les plus nobles et c'est ce qui le rend si attachant. En digne rebelle et pourfendeur des bêtises, il apparaît comme un héros moins lisse et donc plus sympathique. Plusieurs fois il m'a fait penser aux frères Weasley, spécialistes en assistance aux Maniganceurs de Mauvais Coups. ;o)
Le Premier Défi de Mathieu Hidalf est donc un roman original, enlevé, drôle et dénué de bonnes intentions. Toute l'histoire est centrée sur la personnalité du héros, on aime ou pas Mathieu Hidalf (j'adore son père, en tout cas !), quoi qu'il en soit son génie est mis en scène, c'est malicieux dans l'âme, impertinent et tourbillonnant, sûr que ça a son charme, parce que c'est généreux et que l'auteur possède l'enthousiasme du débutant. Comment ne pas y être sensible ?

Le premier défi de Mathieu Hidalf, par Christophe Mauri
Gallimard jeunesse, 2011. Illustration de couverture : Benjamin Bachelier 

Le tome 2 va paraître en janvier 2012.

28 octobre 2011

« FUGIT IRREPARABLE TEMPUS »

Stressant et tiré par les cheveux, mais qu'est-ce qu'il tient en haleine !

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Jackson a dix-neuf ans, une petite copine sérieuse et la particularité de sauter dans le temps. Au départ, avec son copain Adam, c'est sujet à une série d'expériences pour savoir, comprendre, tester. Et puis, tout dérape le jour où deux types font irruption dans la chambre où Jackson se trouve avec Holly et lorsque celle-ci se fait tirer dessus. En réaction, le garçon fait un bond deux ans en arrière et n'a plus moyen de retourner à sa "home base".
C'est le début du schmilblick qui plonge le héros et le lecteur en plein brouillard. Il faut s'accrocher pour saisir les subtilités de l'enquête, à laquelle viennent s'ajouter des secrets de famille. De révélations en déconfitures, la traque infernale vers la vérité est haletante, fichtrement complexe, on croirait un vrai film d'espionnage. C'est bien fichu, mais assez touffu. On en sort essouflé, même si c'est franchement palpitant !

Tempest : Les Ennemis du Temps par Julie Cross
Seuil jeunesse, 2011. Traduit de l'anglais (USA) par Julie Perrin. 

16 septembre 2011

Doucement sur les macarons, susurrai-je. C'est juste du sucre et du blanc d'oeuf. Pas de l'amour.

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Vous fermez les yeux, vous écoutez les premières notes (qu'une bonne âme consentira à vous lire à haute voix) et aussitôt vous reconnaissez qu'il s'agit d'un roman de Malika Ferdjoukh. Une élégance caractéristique, une tournure ravissante, un exercice de style original, des inventions langagières, des personnages rares, beaux, authentiques et farfelus, un cadre qui vous coupe de votre réalité et vous fait basculer dans le rêve, ou l'éblouissement, c'est doux, réconfortant, chaleureux, même si c'est l'hiver et qu'il neige et que souvent l'héroïne grelotte et se pelotonne sous la couette en avalant du café au lait... 
L'intrigue ressemble à un éventail de découvertes et de révélations que seul le temps permet d'appréhender. Il ne faut pas se précipiter. Pour ma part, j'ai savouré chaque instant, chaque chapitre, j'ai voulu me familiariser avec les personnages, Willa en tête, une jeune fille brillante, qui jongle entre deux adresses, deux parents séparés mais qui s'aiment encore un peu. Willa est une fille saine, sympathique, normale. Sa meilleure amie est fabuleusement riche et vit dans un palace. Son petit copain est beau à damner un saint. Willa mène la vie rêvée des anges, et pourtant ça cloche. L'amoureux devient fuyant, les ennuis pointent leur museau (deux tentatives d'assassinat, un individu qui la guette dans la rue), mais que se passe-t-il ? 
C'est donc tout naturellement que ses petits pas la conduisent jusqu'à l'impasse Praetorius, où est cachée la demeure des Fils-Alberne, une famille doublement placée sous le sceau de la tragédie. Willa a fait la connaissance d'Edern, le fils cadet, et de sa petite soeur, l'étonnante Marni, une amoureuse de musique, comme Willa. Même s'il règne un lourd climat de tension à Fausse-Malice, impossible de ne pas succomber au charme désuet, ni de s'interroger sur le mystère qui entoure la famille... 
C'est une délicate broderie, sur fond de tapisserie couleur framboise, que nous avons là ! Un roman coquet, savoureux, et cousu à l'aiguille. C'est fin, drôle, absolument charmant. Parfois ça fait un peu peur mais ça tient en haleine. C'est également piqué de petites références qui sonnent agréablement à votre oreille. Et c'est dans la directe continuité de Trouville Palace et des Quatre soeurs. À déguster jusqu'à la dernière goutte ! 

Chaque soir à 11 heures, par Malika Ferdjoukh (Flammarion, 2011) smileyc002

25 octobre 2011

Teaser Tuesday #29

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L'histoire formidable d'une famille de hamsters qui doit quitter son nid devenu trop petit pour découvrir le monde... et trouver son nouveau chez soi. Folles aventures en perspective, avec des cascades, des rencontres à faire dresser les poils et autres grands dangers qu'il m'est difficile de raconter ... sous peine d'effrayer le lectorat.
Encore une chouette lecture portant la signature de Viviane Schwarz ! 

Bien mieux qu'une maison par Alexis Deacon & Viviane Schwarz
Pastel de l'Ecole des Loisirs, 2011. 

21 octobre 2011

(...) il me restait de toute cette aventure en Bretagne une incroyable impression d'irréalité.

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De retour au pays, après leur périple breton, Isabelle et Max pensent reprendre une vie normale mais les événements et les révélations sur la nature de la jeune fille ont fragilisé les relations entre frère et soeur. Max, surtout, est fuyant. Il a trouvé un petit boulot, a repris les cours et vient de rencontrer Alicia, une beauté blonde d'origine argentine, une danseuse de tango, sensuelle et sulfureuse... Cette passion lui fait tourner la tête ! A la maison, l'ambiance est électrique, les parents imposent des règles, le garçon claque la porte. Au milieu, Isabelle se sent paumée et veut aider son grand escogriffe de frère. 
Aussi, lorsque celui-ci l'appelle à l'aide, elle accourt sans réfléchir. Alicia est malade, elle est fièvreuse, Isabelle a recours à son don de consoleuse pour l'apaiser. En remerciement, la copine de Max lui offre un bouquet de fleurs ... empoisonnées ! Trop, c'est trop. Isabelle et Max se fâchent. Comprenant que son frère est envoûté, Isabelle cherche à cerner les secrets de son amoureuse... trop belle, trop mystérieuse. 

Ce deuxième tome allait déterminer si, oui ou non, j'avais eu du flair en appréciant le précédent volume. La plume est toujours aussi belle, l'auteur parvient à créer un vrai roman à l'atmosphère hypnotisante, et ce parfum des fleurs, qui envahissent l'appartement d'Alicia, en plus des danses de tango, font véritablement tourner les sens. Oui, le charme latin est très présent, c'est sensuel et en même temps dangereux.
Toutefois, je n'y ai pas retrouvé le même attrait qu'avait su générer l'aura du manoir de Bellotte. En fait, j'ai trouvé ce deuxième tome moins cohérent, puisque l'intrigue est centrée sur Max, on a souvent l'impression de faire du surplace à suivre les observations d'Isabelle, qui ne comprend pas, ne ressent pas, ne perçoit pas les évènements de la même façon. Elle pense agir pour le bien de son frère, ou elle boude et ne décide d'intervenir qu'au moment opportun, du coup l'action est plus lente. 
Même si je parais moins enthousiate avec ce deuxième roman, je conserve un attachement profond pour la série, riche d'une ambiance qui ne cesse de se renouveller au fil des tomes. Le résumé du prochain épisode apparaît encore plus exotique et palpitant en voyages et découvertes ! 

Chroniques d'une sorcière d'aujourd'hui : 2. Alicia - Angèle Delaunois
Editions Michel Quintin (2011) - 228 pages - 14,50€
illustration de la page couverture : Magali Villeneuve 

10 octobre 2011

Pour le prince Emil ! Pour les Maudits ! Pour la Dame Grenouille !

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Suite et fin des aventures d'Eva, adolescente du XXIe siècle qui, au cours d'un voyage scolaire, a fait une mauvaise chute et s'est réveillée au Moyen-Âge. Au lieu de s'apitoyer sur son sort, Eva a pris le parti de venir en aide au jeune prince Emil, dont le fief venait d'être volé par un tyran sanguinaire. 
Nous avions laissé notre couple au terme d'une échappée folle, le moral dans les chaussettes, mais en compagnie de la troupe des Maudits, désormais les nouveaux sujets du prince déchu. Ensemble, ils vont devoir affronter des troupes de soldats surentraînés et suréquipés, qu'à cela ne tienne ! Eva est convaincue de la réussite de ses projets (elle a intérêt, de là dépend son retour auprès de sa famille).
Accessoirement, elle s'est bigrement attachée à Emil, son prince charmant, qui le lui rend bien. Le couple est adorable, pas trop démonstratif, mais juste ce qu'il faut pour scotcher un sourire béat au visage. 
Mais nous avons un royaume à sauver ! La bagatelle viendra plus tard (ou entre les lignes, c'est bien aussi). L'arrivée soudaine de Mikusch - que seuls les lecteurs du 1er tome reconnaîtront - plonge Eva dans un désarroi profond. Les aiguilles de l'horloge ont entamé leur ronde infernale, le temps est compté et les ennuis ne font que s'accumuler (entre autres, le fléau de la suette...). 
Dans ce deuxième tome, Eva va également chercher à comprendre ses liens avec l'Araignée (pourquoi a-t-elle été choisie, à quoi se limite son rôle, que se passe-t-il si elle décide de ne pas l'écouter), elle continuera aussi à comptabiliser ses erreurs (une vingtaine !) mais à chaque jour suffit sa peine. 
L'aventure se poursuit donc, entre les rires et les larmes, et plonge le lecteur dans un ravissement perpétuel. Il y a à peu près tout ce qu'il faut pour enchanter tout le monde dans ce livre : des personnages de divers horizons, des personnalités fortes et attachantes, une nouvelle famille qui se construit et des liens indestructibles que l'héroïne aura bien du mal à défaire le moment venu, des batailles et des chevauchées éprouvantes, des défis et des plans, des actes de bravoure, des éclats de voix, des répliques sarcastiques, des battements de coeur, des déclarations virevoltantes... sans compter le final de l'histoire qui m'est apparu tout à fait satisfaisant. Je remercie l'auteur, Lenia Major, d'avoir su teinter d'espoir et d'angoisse mes heures de lecture ! Définitivement, Le Prince des Maudits aura été une fantastique découverte (en deux tomes, le compte est bon !). 

Le Prince des Maudits, tome 2 : Emil le Clairvoyant, par Lenia Major
Editions Balivernes, 2011 - 335 pages - 17€
illustration de couverture : Marc Simonetti 

21 septembre 2011

Can I turn into a bat and fly home now ?

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Sarah Dearly, en trois mots : mignonne, mais stupide. 
Suite à un rencard loupé, et arrangé par sa meilleure amie, Sarah découvre que son soupirant est un vampire qui vient de la transformer. Elle est effrayée et doit sa vie sauve à une bande de tueurs qui troue la peau de son créateur. Au secours, elle est la prochaine sur la liste ! Elle croise alors un bon Samaritain, un vrai, qui décide de soulager ses crampes d'estomac en la nourrissant. 
Il s'agit de Thierry de Bennicoeur, le maître vampire le plus puissant de la ville. Mais le type est taciturne, déprimé et dégoûté de la vie. Sans l'intervention de Sarah, il aurait probablement fait le grand plongeon. 
Ces deux-là vont donc conclure un pacte, selon lequel ils doivent se prêter main forte. Or, les évènements vont se précipiter à une allure folle, et souvent Sarah y trempe un doigt de pied avec toute l'insouciance de son jeune âge et de sa bêtise légendaire ! Cette fille est sotte, mais vraiment sotte. Ou naïve, et croyant sincèrement en la bonté des hommes. Tss. 
Il est donc écrit qu'elle ferait une autre rencontre décisive, au cours de cette folle semaine. Il s'appelle Quinn, c'est un charmant ... tueur de vampires ! Le pauvre n'a pas fini de regretter d'avoir croisé le chemin de notre ravissante idiote. 
Non mais franchement, c'est une manie chez Sarah de mettre les pieds dans le plat et de se fourrer toujours dans les mauvais plans. A sa décharge, elle n'écoute pas, n'en fait qu'à sa tête, elle est aveugle, bornée et ne possède aucun discernement. C'est usant ! Certes, à la longue, on finit par s'habituer et c'est aussi grâce à sa maladresse que l'intrigue connaît ses soubresauts déjantés. 
Toutefois, dans le même genre, je préfère nettement la personnalité de Betsy Taylor (cf. la série de MaryJanice Davidson). 
Immortality Bites est une série sympathique et divertissante, où certains passages sont vraiment drôles et où parfois l'attitude de l'héroïne appelle au meurtre (même sa meilleure amie, non merci, je ne peux pas l'encadrer !). J'ignore encore si je m'astreins au même régime pour les 4 prochains tomes (série bouclée, au passage). Parce que c'est charmant et rigolo, malgré tout. C'est juste l'overdose des bêtises de Sarah qu'il faudra canaliser...

Bitten & Smitten (Immortality Bites #1) - Michelle Rowen
Published November 2008 by Grand Central Publishing . DISPONIBLE EN VF.

LUENVOLu en VO - 36

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