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Chez Clarabel
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11 juillet 2013

“If you were a woman, all I'd have to say is 'Colin Firth in a wet shirt' and you'd say 'Ah.”

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Jane Hayes voue une passion obsessionnelle pour Pride & Prejudice, plus particulièrement pour Darcy, et aussi Colin Firth. Comprenant qu'elle met en péril son avenir sentimental, sa grand-tante lui lègue en héritage un voyage unique à Pembrook Park où elle aura tout loisir de vivre à l'époque de Jane Austen et d'y trouver l'amour. En somme, c'est la promesse de se plonger pour de vrai dans son roman préféré.

Mais son expérience va se teinter de déconfiture et de déception, car ses rencontres ne sont pas aussi prometteuses, ou alors elles sont basées sur des leurres car les autres participants ne sont rien de moins que des acteurs ! Jane, elle, n'a pas le goût de s'amouracher pour quelques semaines, pour une aventure sans lendemain, par contre elle espère profiter de l'occasion pour soigner son idée fixe et tirer un trait sur Darcy !

Alors, c'est vrai que l'idée de base me plaisait mais je n'ai hélas pas été transportée par l'histoire. Je n'y ai pas trouvé de petite étincelle, de récit enlevé et tourbillonnant, ni d'humour ou de trait d'esprit. En fait, c'est plat, ronronnant, on s'ennuie presque et les personnages m'ont fait peu d'effet. Je suis déçue, mais je pense donner une chance à l'adaptation cinématographique (avec Keri Russell dans le rôle de Jane Hayes).

Coup de foudre à Austenland, par Shannon Hale
éditions Charleston, 2013 - traduit par Julia Taylor
illustration de couverture : Roxane Lapassade

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10 juillet 2013

☼☼ A la recherche de l'homme idéal ☼☼

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Les trois frères Armstrong ont pour projet insensé de reconstruire la ville de leur enfance, Sweetness, qui a été ravagée par une tornade dix ans plus tôt. Toutefois, le moral des troupes est en berne et les frères imaginent qu'en invitant la gente féminine à rejoindre leurs rangs, la motivation générale sera décuplée. Une petite annonce conviant 100 demoiselles à changer de vie est donc publiée dans le journal. Peu de temps après, des convois de poules ragaillardies se profilent à l'horizon, pour la plus grande joie de Porter Armstrong, qui malencontreusement va se blesser à la jambe lors d'une mauvaise chute.

C'est ainsi qu'entre en scène le docteur Nikki Salinger, au physique ordinaire et à la confiance bafouée depuis la trahison de son fiancé. C'est pour le fuir qu'elle a décidé de se joindre aux autres filles du groupe, mais tout de suite elle comprend son erreur et manifeste son intention de partir. Les frères Armstrong sont paniqués. Sans médecin à bord, les autres jeunes femmes vont quitter le navire dans son sillon. Il faut ainsi la convaincre de rester, et c'est la mission de Porter de tout mettre en œuvre pour y parvenir.

Il ne reculera devant rien, quitte à exagérer sa douleur, payer les ouvriers pour se rendre dans son cabinet, provoquer une panne de voiture ou lui montrer les beautés de la région. Au départ leur relation est légère, Porter est taquin mais maladroit, Nikki est blessée en son for intérieur et oppose à toutes ses tentatives de séduction une opposition farouche, autant dire que les dialogues sont pétillants, drôles et dévoilent une petite tension électrique qui fait doucement glousser. Et puis le cadre de Blue Ridge Mountain est pas mal dépaysant aussi, c'est rustique, complètement saugrenu mais le charme opère !

Enfin je ne regrette pas cette découverte, lue en vacances, sous le soleil, la combinaison parfaite, pour une lecture idéale, fraîche et divertissante. Le deuxième tome arrive début août (Si l'amour s'en mêle).

A la recherche de l'homme idéal (Les héritiers de Blue Ridge Mountain #1), par Stephanie Bond
Harlequin, coll. Prélud., 2013 - traduit par Elisa Martreuil

22 juillet 2013

Le Prédicateur, Audiolib (lu par Eric Herson-Macarel)

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Pour ce deuxième opus, Audiolib a confié la lecture à Eric Herson-Macarel, qui est aussi la voix française de Daniel Craig. Cette fois, l'intrigue policière est uniquement menée par Patrik Hedstrom. Erica, de son côté, est coincée avec son gros ventre (elle est enceinte et arrive à son terme, mais elle n'en peut plus de se sentir aussi lourde et encombrée !). De plus, il fait très chaud, la Suède est frappée par un été caniculaire, les vacances filent leur train paisiblement, jusqu'à la découverte d'un corps et d'ossements humains annonçant l'ouverture d'une nouvelle enquête, que Patrik doit traiter de toute urgence. La panique gagne en effet les touristes qui découvrent qu'un serial killer sévit dans la région. La pression est énorme, Patrik et ses collègues pédalent dans la semoule, concentrés sur l'histoire d'une famille, laquelle a été marquée par des drames, des rebondissements, des accusations, un suicide, etc. Mais ils ont beau fouiller, ils font chou blanc et une nouvelle jeune fille est portée disparue. Le compte à rebours est lancé, pour la sauver des griffes du tordu et éviter que le tragique été 1979 ne se reproduise...

C'est avec une déconcertante facilité que Camilla Läckberg nous convie à plonger dans son histoire, où se mêle l'intrigue criminelle à une promenade de santé au sein de la communauté de Fjälbacka. C'est bon, c'est très bon. A la fois, j'ai aimé suivre les angoisses naissantes liées à la grossesse d'Erica, son histoire d'amour qui repose enfin sur un rythme nonchalant, son inquiétude pour sa sœur aussi, mais j'ai été captivée par l'enquête de Patrik. L'auteur sait savamment ménager son suspense, elle distille le doute, fait deviner les nouvelles pistes, mais ne lâche rien. Il faudra patienter, jusqu'au dernier chapitre. Quel brio ! Sur ce, j'enchaîne avec Le tailleur de pierre...

Le prédicateur, par Camilla Läckberg
Audiolib (2009) - Actes Sud (2009) - traduit par Lena Grumbach et Catherine Marcus
Texte intégral lu par Eric Herson-Macarel  (durée d'écoute : 12 h 30)

2 septembre 2015

Désir mortel, de Hans Koppel

Désir mortel

Lors d'un séminaire, Anna cède inexplicablement à son attirance pour Erik, un beau jeune homme croisé au bar. Mariée et mère de famille, elle mène ce qu'on nomme communément une vie modèle. Cette incartade est pour elle une folie d'un soir car elle entend reprendre sa routine sans dire un mot à son mari. Mais Erik resurgit comme un diable hors de sa boîte. Pressant, enjôleur et troublant. Il séduit la jeune femme et cherche à tout prix à la revoir.

Anna se sent prise au piège. Son corps la trahit, tandis que sa raison la supplie de cesser tout contact avec ce dangereux inconnu. Dangereux ? Oui. Sous ses dehors charmeurs, Erik suscite des frissons d'angoisse et de doute. Et l'on suit ainsi un engrenage sournois, entre attraction et répulsion, à se demander si Anna va réagir plus fermement, cesser de se voiler la face et réprimer son penchant vers l'interdit.

Le roman, au scénario classique, mais peu sulfureux, manque finalement de subtilité, avec ses dialogues artificiels et poussifs. Après tout, les personnages ont des réactions qui tiennent la route, même si elles sont désespérantes de banalité. Et cela rend la lecture si conventionnelle, très peu excitante, sans tension psychologique crédible. J'ai été plutôt déçue. L'idée d'une obsession passionnelle vénéneuse était alléchante, sauf que son traitement est ici sans grande originalité...

Presses de la Cité / mars 2015 ♦ Traduit du suédois par Hélène Hervieu (Kom ska vi tycka om varandra)

17 juin 2015

Le Bloc-notes de louise: Fan de lui, de Charlotte Marin & Marion Michau

Le bloc-notes de Louise

Louise est une ado de 14 ans obsédée par le groupe The Connections et son chanteur sexy à la mèche rebelle. Le soir de leur concert, elle décroche le pompon en lui arrachant un autographe (et une poignée de cheveux). Mais plus incroyable encore, son Ricky adoré débarque chez son père, le seul véto du coin, pour soigner l'intoxication alimentaire de son furet. Branle-bas de combat, les amis, Louise vit un rêve éveillé... qui se poursuit en recevant l'invitation à les rejoindre sur leur yacht le lendemain. Whou-whou !

L'histoire est carrément démentielle, surréaliste mais franchement hilarante. Louise est une héroïne géniale, avec un sens de l'autodérision au taquet dès qu'il est question de sa fan attitude et des situations saugrenues qu'elle vit au contact de son groupe vénéré. Cela part dans tous les sens, les anecdotes sont toutes plus délirantes les unes que les autres, et on n'a pas le temps de dire ouf tant c'est truffé de rebondissements. C'est donc avec gourmandise et sans complexe qu'on déguste ce récit.

« Je vais m'asseoir... mais où ? Sur les genoux de Ricky ? Ah ah LOL... Je repère un gros pouf gonflable en plastique. Je pensais me poser à la cool. Erreur : je n'avais pas prévu que ce serait une sorte de marshmallow géant. Je m'enfonce jusqu'à avoir limite les pieds en l'air et les fesses qui touchent le sol, tout ça dans un bruit atroce de gastro. Je comprends mieux pourquoi la place était libre. »

Ah, ah. Je n'ai pas arrêté de sourire ou de glousser en lisant ce petit roman jubilatoire, et pourtant je suis loin d'être le public-cible. Mais il y a une telle bonne humeur et une fraîcheur de style qui font tout oublier. J'ai passé un très bon moment et je recommande !

Albin Michel / juin 2015 ♦ Avec les chouettes illustrations de Diglee  ☼☼☼  Du même duo, j'avais adoré Apocalipstick  ! 

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19 juin 2015

Les Derniers jours de nos pères, de Joël Dicker

LES DERNIERS JOURS DE NOS PÈRES

Londres, 1940. Winston Churchill décide de créer une branche spéciale des services secrets, le SOE. Jeune parisien valeureux et attachant, Paul-Émile (dit Pal) est rapidement recruté pour intégrer un petit groupe de Français et suivre un entraînement intensif aux quatre coins de l’Angleterre. C'est lent, long, douloureux mais ça procure l'occasion de tisser une solidarité exemplaire, face aux coups durs, et surtout face à la suite des opérations, lorsqu'ils seront renvoyés en France occupée pour seconder les réseaux de résistance. Et le lecteur aussi sera aspiré par cette mélancolie ambiante, le rythme du récit étant atonique et plat, ce n'est pas une écoute qu'on partage de gaieté de cœur, même si l'interprétation d'Hugues Boucher pour Audiolib est lisse et proprette, elle n'efface pas l'impression d'un roman écrit de façon ampoulée et solennelle. Car Joël Dicker en fait beaucoup trop, et c'est bien dommage. On se lasse trop vite de cette histoire instructive, mais décrite avec grandiloquence. Action lente, style précieux, personnages effacés... pourtant au service d'une histoire de guerre et d'espionnage, une histoire d'humanité et de fraternité, une histoire de survie et de peur, une histoire de père et de fils. Vraiment dommage d'avoir tartiné tout ça d'un ton emprunté et trop maniéré.

Audiolib / mai 2015 ♦ texte lu par Hughes Boucher (durée : 12h 53) ♦ éditions du Fallois, 2012

♦♦♦

«  On ne peut pas écrire ce qu'on n'a pas vécu. » 

3 juillet 2015

#8PM, tome 2 : Effets secondaires, de Jeff Sampson

8PM

Emily était une jeune fille sans problème, plutôt réservée, jusqu'au jour où sa personnalité a commencé à se dédoubler pour devenir une Emily de la Nuit, vamp incontrôlable, qui fait les 400 coups et drague les mecs lors des soirées alcoolisées. Mais c'était avant de découvrir sa nature profonde et de comprendre qu'elle avait servi de cobaye pour un laboratoire privé. Elle a depuis identifié d'autres jeunes gens dans son cas, zigouillé un meurtrier en série et renoncé à sa vie d'avant. Car les ennuis la poursuivent et Emily doit sonner le rassemblement de la “meute” pour prévenir la présence envahissante de “spectres” et repérer les nouveaux “déviants” qui circulent en électrons libres. Or, son amie Megan prend la mouche et pollue futilement une grande partie de l'histoire, qui déraille en une spirale infernale, mais pas démentielle non plus. Le rythme est bon, les personnages bien en place dans une intrigue peu exceptionnelle, mais pas déplaisante. On n'a pas une évolution fulgurante des caractères qui restent, pour la plupart, très juvéniles et peu fouillés. Je reste aussi perplexe à la lecture de l'univers dépeint (le truc où l'on se renifle... mouaip), même si l'auteur tente sincèrement de renouveler une mythologie ressassée (je spoile si je balance sa teneur), cela reste donc trop en surface à mon goût. Il s'agit de l'avant-dernier tome d'une série qui ne se distingue pas par son originalité, mais inspire une certaine sympathie.

Milan, coll. Macadam / avril 2014 ♦ Traduit par Mim (Deviants #2 : Havoc)

9 juin 2015

Teaser Tuesday #61

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Le calendrier avait beau leur en rappeler la date longtemps à l'avance, les départs les prenaient toujours par surprise. Jim avait préparé sa valise la veille au soir, mais à présent, alors qu'il était presque l'heure de partir, il hésitait. Avait-il emporté assez de livres ? Il allait et venait devant la bibliothèque de son bureau, en sortait des romans puis les remettait en place. Avait-il pris ses chaussures de course ? Pensé à mettre sa crème à raser dans son sac ? Jim entendait sa femme et leur fille remonter l'escalier de la maison au pas de course et dévaler les marches, en proie à la même panique de dernière minute, et un objet oublié s'entassait avec les autres près de la porte.
Les Vacanciers - Emma Straub

Chaque matin à son réveil, Süri Kettunen constatait qu'elle n'était toujours pas morte. Puis elle se levait, se lavait, s'habillait et grignotait son petit déjeuner. Cela se faisait lentement, elle avait tout son temps. Elle lisait le journal avec soin et écoutait les matinales à la radio, de façon à sentir qu'elle faisait bien partie de ce monde. Vers 11 heures, elle partait souvent pour une balade en tramway, mais ce jour-là elle n'en eut pas la force.
Les Petits Vieux d'Helsinki - Minna Lindgren

Cet été-là, Cabrel chantait Hors Saison et tout le monde chantait Cabrel.
Cet été-là avait rapidement été là. Dès le dernier week-end de mai en fait, lorsque la température était montée d'un coup, jusqu'à vingt degrés. On avait alors entendu les premiers rires dans les jardins clos, les toux sèches à cause des premières fumées grasses des barbecues, et les cris des femmes surprises au soleil, à demi nues. On aurait dit des piaillements d'oiseaux. On aurait dit que tout le village était une volière.
Et puis les hommes avait commencé à se retrouver le soir, dans la fraîcheur, à boire les premiers rosés, bien glacés, pour tromper l'alcool, endormir les maléfices, et pouvoir en boire davantage. Et l'été avait vraiment commencé.
Cet été-là, il y avait Victoire. Et il y avait moi.
Les Quatre Saisons de l'été - Grégoire Delacourt

Ma sœur June est morte exactement neuf jours avant de recevoir son diplôme de fin d'études secondaires. C'était un jeudi, comme l'indique le calendrier accroché près du téléphone de la cuisine. En mai. C'est un calendrier illustré par des photos de chiens et le chien du mois de mai, c'est le golden retriever - une portée de chiots, blottis les uns contre les autres dans une petite charrette rouge, au milieu d'un parterre de fleurs printanières. Le mot Diplôme !! est noté en rouge en face de la date fatidique, ponctué de deux points d'exclamation. Si elle avait attendu un peu, ne serait-ce que deux semaines de plus, June serait morte en juin. Juin, June. Elle ne semble pas avoir prêté attention à cette coïncidence.
Plus loin, Plus près - Hannah Harrington

4 septembre 2013

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Audiolib (12 h 48) lu par Eric Résimond

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Alors que tous dans la maison de retraite s'apprêtent à célébrer dignement son centième anniversaire, Allan Karlsson, qui déteste ce genre de pince-fesses, décide de fuguer. Il se rend à la gare la plus proche, rend service à un type louche, porteur d'une valise encombrante, puis décide de monter dans le premier autocar, avec la valise du gars qui s'est réfugié aux toilettes, et voilà que la folle aventure commence !

Je crois que cela fait deux ans que ce roman tourne sur les ondes, sans m'inspirer le moindre désir, et pourtant je ne compte plus le nombre de lecteurs m'ayant suggéré de le découvrir, me promettant un moment délirant et déjanté. Les vacances aidant, armée de mon précieux iPod, blindé en livres audio, j'ai succombé à l'épopée suédoise. J'ai écouté, écouté, écouté, j'attendais l'instant crucial où j'allais probablement tomber de mon siège pour me rouler de plaisir et piaffer de bonheur. Non, toujours pas. Le temps s'écoulait, Allan Karlsson n'en finissait plus de faire le pitre, de croiser d'autres énergumènes, de livrer son histoire personnelle d'artificier de génie qui a souvent œuvré pour les grands de ce monde... Allons donc. Voilà que je trouvais le temps long et que je ne m'amusais toujours pas. Désappointée, je vérifiais le temps d'écoute restant. Je soupirais. Tout ça, encore ! ... J'ai alors commencé à cliquer sur la touche pour accélérer, oui, honteusement, je l'avoue. Je le pratique rarement, très rarement. Si j'ai craqué, c'était aussi pour donner une petite chance à mon papy déchaîné, dont les aventures peinaient à m'embarquer, alors qu'elles ont su convaincre tant d'autres lecteurs. Pourquoi pas moi ?

Sur ce, j'ai laissé filer la bande et j'ai reniflé amèrement. Jamais je n'ai réussi à entrer dans l'histoire, qui m'a semblé longue et trop absurde, je n'ai vraiment pas adhéré aux situations burlesques ni spécialement sympathisé avec le caractère loufoque du personnage central. C'est tant pis.

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, par Jonas Jonasson
Audiolib, 2013 / Presses de la Cité, 2011 pour la traduction française
Texte intrégral lu par Eric Résimond (12 h 48) - Traduit du suédois par Caroline Berg

19 juillet 2013

La princesse des glaces - Audiolib (lu par Christine Pâris)

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Aller simple pour Fjälbacka, port de pêche de la côte ouest en Suède, où je fais (enfin) la découverte d'Erica Falck, célibataire de trente-cinq ans, auteur de biographies, en transit dans la maison de ses parents, récemment décédés, pour y effectuer un peu de tri et de ménage. Et puis, elle apprend que son amie d'enfance est morte et se retrouve, sans le faire exprès, sur le terrain pour mener sa propre enquête.

En chemin, elle retrouve aussi un vieil ami, Patrik Hedström, qui travaille dans la police sur l'affaire d'Alexandra Wijkner. Patrick est divorcé, mais amoureux transi d'Erica depuis son adolescence. Pas étonnant qu'il ferme les yeux sur les intrusions de la jeune femme dans leurs investigations... Pour sa défense, Erica a le projet d'écrire un livre sur le sujet (à la manière d'Ann Rule). Sa connaissance des lieux et des personnes lui permet de se faufiler en toute innocence parmi les suspects.

J'ai vraiment beaucoup, beaucoup aimé cette lecture ! Pas uniquement pour l'aspect policier, très lisse tout en demeurant prenant, mais surtout pour l'évasion promise, dans cette petite ville suédoise, et la sensation de se fondre dans le paysage, de s'installer dans un nouveau décor et d'y faire de nouvelles connaissances. Tout ça est grisant, particulièrement charmant ! J'avais également le sentiment de me faire une nouvelle copine, Erica est une héroïne ordinaire, avec ses problèmes de poids et de cœur (qu'elle ressente des papillons dans le ventre pour Patrik est mignon comme tout !). C'est le petit côté girly de cette lecture, qui la rend si attachante.

Je sens que je vais poser mes valises pour un petit moment, car je continue la série avec Le prédicateur.

La princesse des glaces, par Camilla Läckberg
Audiolib (2010) / éditions Actes Sud (2008) - traduit par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain
texte intégral lu par Christine Pâris (durée d'écoute : 14 h 15)

12 juillet 2013

“Je veux mettre du rêve dans le réel. On en a bien besoin, non ?”

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Doria vient de rompre avec son petit copain et se réfugie dans l'appartement de son père, boulevard Montmartre. La jeune femme ne collectionne que les échecs, même son boulot de comédienne ne décolle pas et son compte bancaire vire au rouge. Aussi, elle a besoin de se refaire une santé, de recharger les batteries. Chez son père, le calme et la sérénité s'imposent d'office. Doria apprécie le petit cocon de l'immeuble, avec sa cour carrée, ses voisins qui vaquent à leurs occupations, qui se saluent, et qui respectent l'intimité des uns et des autres.

Et puis un projet immobilier menace de tous les expulser, Max et sa fille entrent en résistance et créent une association. C'est le combat de David contre Goliath, mais qu'importe ! La joie et la bonne humeur sont communicatives, les locataires veulent y croire. A côté de ça, la vie suit son cours : Doria a craqué pour le beau Sacha, qui veut devenir une rock star, elle a aussi revêtu sa parure d'espionne en contrant un cambriolage chez l'architecte Léo Klein, le type à la mèche impeccable, forcément on craque pour lui, la belle Manuella organise des apéros coquins autour d'une vente d'objets sexy et rigolos, la guérilla est déclarée avec le patron de bar, Karim, mais qui aime bien châtie bien...

En somme, ce roman est la promesse de s'incruster auprès d'une bande sympa et attachante. Les résidents du 19bis boulevard Montmartre forment une autre idée de la famille ou de l'amitié. Qu'est-ce qu'on s'y sent bien ! A vrai dire, j'avais à peine entamé ma lecture que je l'ai terminée seulement quelques heures après, tellement le plaisir était bon, la sensation d'être à l'aise et d'avoir trouvé sa place ne semblait plus vaine. J'ai franchement adoré ! C'est le rendez-vous idéal pour l'été et les vacances, c'est frais, généreux et ça insuffle un vrai bonheur de lire.

Grands boulevards, par Tonie Behar
JC Lattès, 2013

6 juin 2013

BD Kids : Les Quatre Sœurs ♥

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Je ne vous présente plus la série de Malika Ferdjoukh, Quatre soeurs, dont je suis complètement fada depuis l'été 2007. J'ai lu, aussi, la bande dessinée adaptée par Cati Baur, Enid, en croisant les doigts bien fort pour qu'une suite voit jour tôt ou tard. Et enfin, je plonge dans cette compilation de toutes les planches parues dans le magazine Je Bouquine, pour mon plus grand bonheur.

Alors, d'abord il faut que je vous prévienne, ce n'est pas tout à fait comme dans le livre, disons que ce sont des bouts d'histoire mettant en scène nos cinq filles Verdelaine (Enid, Hortense, Bettina, Geneviève et Charlie), en deux pages simplement, c'est bouclé. On ne revit pas toutes les aventures déjà lues dans la série des 4 livres édités par l'Ecole des Loisirs. C'est différent, mais l'esprit est le même.

De plus, c'est Malika Ferdjoukh elle-même qui s'occupe des légendes et commentaires, elle nous raconte chaque saynète, avec sa verve et sa poésie légendaire, donc ne craignez pas d'être dépaysés, c'est tout le contraire ! Elle s'est ensuite appuyée sur le talent facétieux de Lucie Durbiano pour illustrer tout son beau monde, alors pas besoin de vous dire que la magie opère instantanément !

J'ai follement aimé me glisser entre les pages de ce livre, j'ai apprécié chaque petite anecdote car cela m'a rappelé l'enthousiasme ressenti lors de toute ma première lecture de la série. Les sœurs Verdelaine sont des filles formidables, avec des préoccupations de leur âge (les garçons, les seins, la famille, l'argent, les fantômes, les chats, la maison, les copines...). C'est tendre, drôle, attachant. Je ne me lasse pas de retrouver ce bel univers, fantaisiste et à l'imagination débordante.

Les Quatre Sœurs : 4 saisons, par Malika Ferdjoukh et Lucie Durbiano
BD Kids / Je Bouquine (2013)

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9 juillet 2013

“L'espoir porte un costume de plumes.”

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Frances est correctrice à la rubrique Livres d'un magazine en pleine tourmente économique. Autour d'elle, les têtes tombent, les postes vacillent, mais Frances tient bon la barre. Elle vient de décrocher la protection de sa supérieure, un miracle qui s'explique depuis la tragédie dont elle a été témoin, un soir, sur une route de campagne. En rentrant de chez ses parents, Frances est arrivée la première sur les lieux d'un accident de voiture. Une femme, blessée, mourante, lui a confié ses derniers mots. Peu de temps après, la famille a cherché à la contacter pour en discuter. Et cette famille, c'est celle de l'écrivain célèbre, Laurence Kyte... Sans calcul, sans rouerie, Frances va glisser une ballerine dans ce cercle réservé aux privilégiés.

Et c'est comme ça, de fil en aiguille, qu'elle réussit à se fondre une place parmi les Kyte, à se rendre indispensable sans devenir envahissante, à demeurer discrète mais attentive, observatrice, toujours à l'écoute, mystérieuse et intrigante... C'est un portrait de femme comme on a rarement l'occasion de lire, Frances est une jeune femme quelconque, même si sa famille pense qu'elle est excentrique. Elle mène une existence insipide, qui trouve du piquant suite à un drame dont elle va exploiter toutes les trames, toutes les failles avec une intelligence remarquable.

Paradoxalement, à aucun moment on a envie de la détester, de la rabrouer. On suit son petit bonhomme de chemin, on s'interroge sur ses motivations, on n'a pas envie de la prendre pour une arriviste, on estime même son ascension menée sans panache, mais avec brio. Pas de manichéisme dans l'histoire, du moins pas de façon apparente, ni selon ma propre interprétation, c'est aussi pour cette raison que j'ai été captivée par ma lecture, tant la personnalité de Frances demeure trouble et insaisissable. Un roman où règne une véritable tension psychologique, à découvrir !

Le beau monde, par Harriet Lane
Plon, coll. Feux Croisés, 2012 - traduit par Amélie de Maupeou

17 juin 2013

“The peace sign is with two fingers not one.”

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Cela faisait quelques années qu'on avait quitté Heather Wells à son activité de détective malgré elle, amoureuse épanouie, jeune femme aux formes généreuses et bien dans sa peau (cf. Une (irrésistible) envie de dire oui). Et puis, ô surprise, notre héroïne fétiche est de retour, comme si les séparations dataient d'hier.

Ce quatrième tome inattendu nous propose une intrigue davantage centrée sur la jeune épouse de Jordan Cartwright, l'ex de Heather du temps de son passé de lolita de la pop. Tania est à cran, car son garde du corps a reçu une balle perdue lors d'une fusillade et a échappé à une tentative d'empoisonnement. La jeune femme est souffrante (elle est enceinte) mais tient à protéger ses petits secrets. Une fois encore, Heather se retrouve au cœur de l'action, Cooper officie en tant que nouveau garde du corps et notre petit couple doit cacher leur liaison à toute la famille Cartwright, dont on fait l'époustouflante rencontre pour un grand moment de rigolade !

Et pourtant, malgré cet alléchant programme, on tourne vite en rond, l'action est poussive, l'humour aussi, on brode autour d'une intrigue pas très folichonne, Heather est pétillante, son histoire d'amour avec Cooper toujours craquante, mais on ne vibre plus autant qu'à leurs débuts (l'harmonie entre eux est intacte, mais la tension sexuelle d'avant était tout de même plus excitante !). Je n'ai pas compris pourquoi Meg Cabot revenait à cette série, soit cinq ans après le troisième tome paru, à part combler les attentes des fidèles de Heather Wells (dont j'en suis, tout naturellement). Je l'ai lu par curiosité, mais je suis un peu frustrée car ce n'est plus aussi bon qu'au tout début.

Ajoutez que l'auteur va publier un 5ème tome ! The Bride Wore Size 12 sort en septembre 2013 pour la VO ! Fichtre.

Ready to rock ! (Heather Well #4), par Meg Cabot
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2013 - traduit par Florence Schneider

14 juin 2013

La Pâle figure - La trilogie berlinoise 2 (Audiolib)

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Nous sommes en 1938, Bernie s'est trouvé un associé et enquête pour le compte d'une éditrice victime d'un maître-chanteur, qui menace de dénoncer son fils homosexuel. Ah oui, il était courant de faire du ménage, les déviances sexuelles et autres troubles psychiques étaient rapidement éradiqués de la circulation. Tout ce désordre ne convenait décemment pas aux exigences de suprématie raciale du régime national-socialiste.

Peu de temps après, Bernie est contraint de rejoindre les rangs de la police pour arrêter un criminel en série qui s'en prend aux adolescentes allemandes. La presse a interdiction d'ébruiter l'affaire, mais déjà les esprits s'échauffent en incriminant les juifs. Bernie va devoir fouiller dans les milieux glauques de la prostitution et de la pornographie, avant de mettre à jour un plan diabolique.

Je suis toujours bluffée par cette série et sa capacité à nous plonger dans la noirceur en nous tenant par les poignets. C'est aussi le contexte historique qui fait que je n'en démords pas, car l'intrigue policière insiste parfois trop lourdement sur l'aspect sordide et repoussant, la personnalité de Bernie Gunther n'étant pas non plus très noble (le type est cynique, à juste titre, mais son attitude avec les femmes a tendance à m'exaspérer). Malgré tout, j'ai bien aimé l'enquête de ce deuxième tome, que j'ai trouvée mieux tenue et plus cohérente. Ça reste bon, très bon même !

La pâle figure - La trilogie berlinoise 2, par Philip Kerr
Audiolib (2012) / éditions du Masque (2008) - traduit par Gilles Berton
Texte intégral lu par Julien Châtelet  (durée : 8 h 35)

24 mai 2013

Jessica Jupiter s'occupe de t♥ut

A été lu par notre miss C., 13 ans :

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Dans ce tome 2, nous retrouvons Gemma Stone, l'héroïne, qui écrit toujours sous le pseudonyme de Jessica Jupiter la chronique de l'horoscope pour le webzine du collège. De nouveau, elle entend jouer les entremetteuses pour éviter à sa copine Savannah, actuellement amoureuse d'un type stupide, une parfaite désillusion. Mais son plan va un peu tomber à l'eau, car tout le monde croit qu'elle a le béguin pour un certain Marcus, initialement destiné à son amie.

Les embrouilles se poursuivent alors qu'elle enquête avec Will, du webzine, sur un soit-disant trafic de drogue. Hélas, tout part en cacahuète, avec kidnapping à la clef, et dans un vent de panique, Gemma s'écroule sur la scène où se tient un concert que donne Sam, son amoureux secret. Naturellement, il lui vient en aide en la faisant jouer du tambourin. ^-^

Finalement, point de drogue mais Will et Gemma vont tout de même décrocher un bon scoop (et quelques sueurs). Sam, lui, pense qu'il n'a plus aucune chance avant de l'inviter à un concert. La nouille pense toujours que c'est uniquement par amitié, alors que ses copines sont toutes excitées pour elle. Aussi, lors d'une soirée au cinéma, les filles croisent Sam, en train de fixer Gemma, qui devient toute chose (... le coup de la moustache de ketchup, très, TRES drôle !).

En conclusion, la lecture a été plaisante, voire plus agréable que le premier tome, que j'avais bien aimé. Cette fois, l'ensemble s'est révélé moins prévisible, grâce au suspense et à l'action qui sont plus développés. Gemma Stone est une héroïne sympathique, mais un peu nigaude, ce qui fait tout son charme aussi. J'ai parfois trouvé que l'histoire n'était pas suffisamment approfondie (concernant Savannah et Marcus, par exemple). J'aurais également aimé en savoir plus sur l'affaire des perruques, qui a été survolée. C'est un peu dommage, mais pas bien grave non plus.

A vrai dire, ce sont essentiellement les histoires d'amour qui m'intéressent car c'est un véritable micmac, surtout avec cette fin ouverte, qui nous tient en haleine. Je suis impatiente de connaître le dénouement entre Gemma et Sam !

Jessica Jupiter s'occupe de tout, par Melody James
La Martinière J. (2013) - traduit par Nathalie Azoulai
illustration de couverture : Sophie Bouxom

22 mai 2013

La première chose qu'on regarde (Audiolib)

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Le roman s'ouvre sur une phrase étonnante : « Arthur Dreyfuss aimait les gros seins. »
Quelques lignes plus loin, le chapitre se conclut sur cette autre révélation : « Devant lui se tenait Scarlett Johansson. »

C'est donc l'histoire d'un mécanicien au physique de Ryan Gosling, en mieux, qui trouve sur le pas de sa porte la star hollywoodienne. Le gars en tombe des nues. Puis, s'invite à la fête Jeanine Foucamprez, animatrice de supermarchés et autres salons de mariage. Avec son physique de rêve, une beauté à couper le souffle, un petit air de Scarlett, la nymphette fait tourner les têtes. Mais les gens se méprennent sur son compte et Jeanine est lasse de jouer un rôle qui l'étouffe. Elle souhaiterait maintenant être aimée pour elle-même.

Quelle aventure, mais quelle aventure ! Si l'histoire semble promettre un détour saugrenu et particulièrement cocasse, le fond n'en est pas moins sordide. Car très vite, il apparaît que nos deux protagonistes sont deux êtres torturés, par la faute d'une enfance malheureuse. Aujourd'hui ils sont à la recherche d'un idéal qui leur fait défaut. Qu'importe, ils se lancent dans leur aventure amoureuse avec une spontanéité désarmante.

Tour à tour, le roman s'avoue drôle, cocasse, frais, charmant, un vrai vaudeville. Sauf que, derrière le burlesque, se cache une comédie dramatique,  où l'on parle d'amour, certes, et plus particulièrement de nos attentes et du fait de renvoyer une certaine image, sur laquelle les regards se posent, souvent sans jamais chercher à percer la façade. C'est le drame de notre siècle, se nourrir d'une apparence. Oui c'est triste, car « ... on n'est jamais aimé pour soi mais pour ce qu'on comble chez l'autre. On est ce qui manque aux autres. ».

C'est foncièrement un roman désabusé et poignant, par contre l'auteur se perd dans des considérations sur le star-system, détaille la filmographie des acteurs, fait de nombreux apartés géographiques aussi... Je ne sais pas pourquoi, mais c'est un peu bizarre. L'histoire en elle-même m'a plu, mais ce qu'il y a autour m'a parfois semblé superficiel. Cela me laisse perplexe, quoi...

La première chose qu'on regarde, par Grégoire Delacourt
Audiolib / JC Lattès (2013)
Texte intégral lu par Marc Weiss (durée : 4h48)

7 mai 2013

Nouveautés : Tranche-Trognes & Akissi ♥ cuvée 2013 ♥

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La vie de bourreau n'est finalement pas si douce. Imaginez que cela fait déjà un an que notre intrépide Tranche-Trognes exerce son métier au château, sans n'avoir jamais mené la moindre exécution jusqu'à son terme ! Le comte est très, TRES en colère. Il n'hésite d'ailleurs pas à punir notre bourreau malchanceux (oui, ce n'est jamais sa faute ! comment voulez-vous exceller dans votre besogne lorsque votre charmante épouse, également sorcière, met régulièrement son grain de sel à la barbe de son tortionnaire de mari !?!). Ultime humiliation pour Tranche-Trognes : sa sœur vient lui donner une bonne leçon dans l'art de bien pratiquer la torture.

C'est ainsi, comique et ironique, et il en restera de même jusqu'au bout ! Les retrouvailles avec notre bourreau s'effectuent donc sous le signe de l'humour et la bonne humeur. Que de facétieuses idées et anecdotes dans ces petites histoires d'à peine deux, trois pages. C'est court, mais percutant et excellent.

Tranche-Trognes, tome 2 : La douce vie de bourreau, par Christian Jolibois et Joëlle Passeron (Gallimard, 2013)

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Rentrée musclée pour notre adorable Akissi ! Elle entre en classe de CE2 mais son instituteur, monsieur Adama, souffre d'une réputation de véritable tyran. Akissi a la boule au ventre d'être assise sur son banc, juste sous son nez, frisant la crise cardique dès lors qu'il pose la moindre question. Elle n'en peut plus de ce stress perpétuel et supplie ses parents d'apaiser son calvaire.

Bon, ses plaintes ne sont hélas pas recevables. Peut-être qu'une petite pièce de 100 Francs pourrait motiver notre écolière à retrouver son chemin d'un pas plus alerte ? Un bon pain au saucisson pour la récréation, ça devrait être alléchant ? Akissi est toujours verte de trouille et regretterait presque son front percé d'un clou, lors d'un incident survenu la veille de la rentrée !

Il s'agit déjà du quatrième tome de cette série et je n'ai vraiment pas le sentiment de m'ennuyer ou de tourner en rond. L'imagination et l'humour sont toujours au rendez-vous ! Akissi vit de petites aventures assez proches de la réalité (l'école, la peur du maître, le cours de piscine, l'amitié entre les filles et les garçons, la féminité aussi ...), tout ça sur fond d'espièglerie et d'humour cocasse. La recette, déjà testée et approuvée, se révèle payante encore une fois !

Akissi, tome 4 : Rentrée musclée par Marguerite Abouet et Mathieu Sapin (Gallimard, 2013)

3 mai 2013

« L’Inde change toujours les gens. »

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Pendant huit jours, un festival culturel, en Inde, devient le théâtre des petits drames bourgeois de Roland, écrivain sexagénaire, éternel séducteur, mais farouchement allergique à la paternité, sa jeune compagne Renata, d'origine italienne, Charlotte, cinéaste new-yorkaise, perpétuellement angoissée et encore sous le choc du suicide de sa meilleure amie, Raphaël, écrivain ravagé, désabusé, un vrai mufle avec les femmes, et enfin Géraldine, l'organisatrice, expatriée, mariée et mère d'un jeune enfant, mais toute tourneboulée depuis qu'elle vient de retrouver son amour d'enfance.

C'est un roman qu'on découvre avec plaisir et qui tente de nous bercer dans un paysage indien, dont on ne perçoit hélas ni le charme, ni le glamour et encore moins le folklore, ou tout ça de très loin. Ce qui nous frappe, c'est l'ironie dont se sert Catherine Cusset pour tourner en dérision ses personnages, ces derniers sont en effet malmenés par cette aventure à l'autre bout du monde, et souvent contraints de traverser des tempêtes personnelles et émotionnelles. C'est sur ce schéma classique, pas déplaisant non plus, que nous nous baladons, au son de la voix de Cécile Cassel. C'est nerveux, déluré, ça s'embrase et pourtant ça retombe vite à plat. L'ensemble n'est pas désagréable à écouter, j'ai plutôt bien aimé, mais il m'a manqué un petit quelque chose.

Indigo, par Catherine Cusset
Gallimard, coll. Ecoutez Lire, 2013  - Texte intégral lu par Cécile Cassel (environ 8 heures d'écoute)

22 mars 2013

BD Kids : Théo Toutou & Ariol ! ♥

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Deuxième volume des aventures de Théo Toutou, notre gentleman détective, qui aime donner un coup de patte à la police et écrire des romans basés sur ses expériences, il est aussi secrètement amoureux de Natacha, la librairie.
Par six fois, ce héros au grand cœur nous entraîne dans des enquêtes virevoltantes : résoudre le kidnapping d'une fillette amatrice de barres chocolatées et de bandes dessinées gore, retrouver Clément Tourloupe, le cambrioleur le plus redoutable de la planète, déjouer les plans du perfide Ruby, qui vient de voler un livre chez Natacha, venir en aide à celle-ci alors qu'elle était aux trousses du voleur de la statue d'art dingo, déjouer un trafic de confiture, parlementer avec le sculpteur Ted Gorfou, déterminé à mettre fin à ses jours au moment de l'inauguration de sa dernière œuvre, parce qu'il s'est trompé dans ses calculs !

On ne s'ennuie pas un seul instant, les personnages ont un charisme fou et font parfois preuve d'un humour débonnaire (exemple avec le commissaire Duraton, en plein interrogatoire : "Allons, Rhino, fais un effort, ne sois pas rosse... même si je sais bien qu'un rhino, c'est rosse !"). Entre jeux de mots, aventures trépidantes, bon esprit, fantaisie, action et émotion, nous passons vraiment un très bon moment de lecture ! A recommander à tous les jeunes lecteurs.

Théo Toutou, volume 2 : A pattes de velours, par Yvan Pommaux (BD Kids, 2012)

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Est-il besoin de rappeler le succès de cette série ?! Car Ariol est un héros attachant, très attachant. Ne pas le connaître signifierait passer à côté d'un excellent moment de lecture.

C'est drôle, simple, ça ressemble à la vie de tous les jours, Ariol est un petit âne qui se comporte comme un enfant, il va à l'école, a des copains (Ramono le cochon, mon chouchou !!!), il est amoureux de Pétula, mais il n'ose pas se déclarer, il est timide, intrépide, il fait des bêtises, sans friser l'insolence. C'est aussi un grand amateur de jeux vidéo et il vénère le héros de sa série préférée, le Chevalier Cheval.

Ariol est un héros du magazine J'aime Lire, c'est aussi une série à la télévision, et des livres qu'on trouve donc chez BD Kids, dont voici le 8ème volume ! Au programme : 12 histoires courtes, mais très drôles. Cela passe d'ailleurs beaucoup trop vite. Cela va de la visite au cimetière avec la grand-mère, qui a la tête dans les nuages, à un anniversaire-surprise, de la musique de chambre à une virée au supermarché, d'une dent qui balance à la visite au musée, d'un concours de châteaux de sable à une opération de nettoyage de la forêt, et j'en passe...

C'est aussi grâce à Marc Boutavant, le papa de Mouk, qu'on peut se régaler des petites histoires d'Ariol, sur des textes cuisinés aux petits oignons par Emmanuel Guibert. Franchement, ces deux-là ont remporté le jackpot : cette série, en plus d'être hilarante, est intelligente et transmet des idées généreuses sur la vie, la famille, l'amitié... C'est une série indispensable !

Ariol, tome 8 : Les trois baudets, par Emmanuel Guibert et Marc Boutavant (BD Kids, 2013)

22 avril 2013

►►► Etranges Rivages ◄◄◄

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Erlendur est de retour sur les terres de son enfance, précisément dans la ferme où il a grandi avec ses parents et son petit frère, avant le drame qui a coûté la vie de celui-ci. Toute la famille a été brisée, Erlendur, lui, est devenu cet homme solitaire et taciturne, hanté par le fantôme de son cadet. Apparemment, c'est suite à l'affaire d'Hypothermie (que je n'ai pas lu) qu'il aurait plié bagages pour effectuer son pèlerinage et guérir de son passé.

Donc, sur place il cherche, interroge et fouille. Il rencontre des hommes et des femmes âgés, mais bavards. Ainsi lui revient l'histoire de la disparition des soldats anglais, il y a une soixantaine d'années, lors d'une tempête de neige dans les fjords. Ce même soir, une jeune femme aussi aurait emprunté le même chemin, surprise par la météo et emportée sans laisser la moindre trace. Ses sœurs ont toutefois longtemps nourri une suspicion envers son époux, mais bon ...

Erlendur va prendre à cœur de démêler les nœuds de cette histoire, sensible à la détresse d'un homme, car lui-même se retrouve un peu dans cette histoire de fantôme et de revenant, de responsabilité et de culpabilité. Enfin, on lève le voile sur le mystère de son enfance, sur la tragédie qui a marqué toute sa vie. Petit à petit, on avance et on porte notre commissaire vers le monde des vivants, après avoir enterré ses morts, pour de bon. Ce retour aux sources est vivifiant, poignant, incroyablement doux et beau, c'est - je crois - l'un des meilleurs livres de la série !

A l'écoute, Jean-Marc Delhausse reprend du service et nous plonge dans des abymes noirs et profonds, ou ce qui s'apparentent le plus à de la mélancolie, de la tristesse et de la langueur. Mais jamais notre moral n'est plombé, au contraire l'histoire tire vers le haut et touche notre corde sensible. Durée d'écoute : 9h50 !

Etranges rivages, par Arnaldur Indridason
Audiolib / Métailié, 2013 - traduit par Eric Boury
Texte intégral lu par Jean-Marc Delhausse

6 mai 2013

“I'm a monster, you know. I'm one of the dangerous ones.”

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Peut-être parce que j'avais déjà lu le premier roman d'Alexandra Bracken, Brightly Woven, que j'avais fortement apprécié, et parce que les commentaires étaient tous plus élogieux les uns que les autres sur sa nouvelle série, qui se présente avec Les insoumis, j'avais probablement de grandes espérances quant à ma lecture mais le résultat ne s'est pas avéré aussi concluant.

Ruby est une gamine de dix ans lorsqu'elle est internée, à l'instar de milliers d'autres, dans un camp pour éradiquer le virus foudroyant qui frappe toute leur génération. Ceux qui survivent sont donc considérés avec prudence et crainte, aussi le gouvernement préfère les avoir à l'œil. Six années vont passer avant que Ruby saisisse sa chance pour s'enfuir. Son secret semble avoir été démasqué et ses jours sont en danger. En effet, Ruby possède le don de télépathie. Elle est capable de fouiller les pensées et de les manipuler à sa guise.

Ils sont une poignée de jeunes à ainsi se révéler une force en puissance, c'est ce qu'elle va découvrir au hasard de sa fuite. En chemin, elle croise Liam, Zu et Chubs, trois adolescents également évadés, qu'elle va accompagner pour échapper aux chasseurs de prime et aux forces spéciales qui sont à leurs trousses, mais aussi pour tenter de trouver la fameuse Terre Promise, East River, où se rejoignent tous les insoumis.

Globalement, j'ai apprécié cette découverte, que j'ai trouvée riche en rebondissements, en action et en folles péripéties. Les émotions et les palpitations sont au rendez-vous. Par contre, je suis un peu déçue par la mécanique de l'intrigue, qui consiste à entrecouper ces séquences rythmées avec de lentes et longues considérations existentielles. On passe, naturellement, un temps fou à tout bien détailler et mettre en place : le contexte politique, l'évolution de Ruby, qui est tout sauf une rebelle dans l'âme, et ses sentiments dans toute cette aventure.

Résultat, j'ai souvent eu la méchante sensation d'être dans l'expectative pendant une grande partie du roman. Malgré les bonnes idées et la promesse d'avoir une lecture passionnante, il m'a semblé que l'ensemble était inégal et un peu long. Paradoxalement, la suite ne devrait être que meilleure car désormais toutes les cartes sont sur table !

Les insoumis, par Alexandra Bracken
La Martinière J. (2013) - traduit par Daniel Lemoine

17 avril 2013

Ma vie heureuse ☺☼

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Dunne est une petite fille qui se déclare heureuse et dresse même une liste des choses agréables dans sa vie. Mais surtout, elle s'estime chanceuse d'avoir pour meilleure amie Ella Frida, qu'elle a rencontrée à l'école et avec qui elle partage tout. Or, un jour, elle apprend que son amie doit partir. Et là, c'est son petit monde qui s'écroule. Dunne devient malheureuse, elle n'a plus goût à rien, elle repense même à sa maman qui est morte. Elle est triste et décide de se venger sur ses camarades d'école. Mais au terme d'une bagarre de trop, Dunne se rend compte qu'elle a gaffé et doit présenter ses excuses.

Ce petit roman, amplement illustré, raconte avec simplicité les premiers pas d'un enfant à l'école, pour se faire des amis, pour apprendre, pour aimer, pour se quitter, pour pleurer, pour avoir des bobos, pour se cogner aux autres, pour pardonner et se faire pardonner ... C'est une histoire pour apprendre à grandir, dans la joie, la bonne humeur, avec quelques larmes aussi à verser aussi, parce que grandir, ça n'est pas toujours facile. Mais la vie heureuse, oui ça existe ! Ce petit bouquin est charmant, il véhicule des idées toutes mignonnes, simplistes mais pas bébêtes.

A conseiller pour les plus jeunes.

Ma vie heureuse, par Rose Lagercrantz (illustrations d'Eva Eriksson)
Traduit par Nils Ahl - Mouche de l'Ecole des Loisirs, 2013

22 avril 2013

"I'm your worst nightmare come to life."

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Un matin, Jessica se réveille tordue par les douleurs de la transformation : elle est en train de devenir un loup garou ! Voilà qui n'était pas prévu. Ce phénomène extraordinaire doit aussitôt être tenu au secret, puisqu'une vieille légende court sur les femelles garou qui n'ont pas droit de vie car elles pourraient provoquer chaos et destruction. Heureusement, le père de Jessica est l'Alpha de la Meute et entend protéger sa fille coûte que coûte. Il lui astreint une garde rapprochée, protégeant ses moindres faits et gestes, à l'affût de l'ennemi qui opère plus vite que son ombre. Plus un doute n'est permis : un traître se cache parmi eux !

Nouvelle série, premier tome et une mythologie qui fait peau neuve : Amanda Carlson a su se retrousser les manches pour nous embarquer dans son univers particulièrement brut de décoffrage. L'héroïne n'est pas une mijaurée, elle est loup-garou, la seule et unique femelle à l'horizon, elle possède une force phénoménale et ne cesse d'appréhender des dons et talents cachés. C'est aussi une décidée, qui n'hésite pas à ruer dans les brancards, elle a pour boulet un flic teigneux qui ne la quitte pas d'une semelle et cherche à percer son secret. En même temps, Jessica veut prouver sa loyauté au clan, cerner sa louve, sans trop la brider non plus, et découvrir qui cherche à l'éliminer.

Résultat, l'ensemble est foisonnant, très cash mais un peu lourdaud aussi. Il n'y a pas une once de sensualité dans l'histoire, c'est de l'urban fantasy sans romance, et oui ça m'a manqué ! Même sa rencontre avec Rourke, l'inconnu à la voix sexy, ne vaut pas tripette. En un battement de cils, Jessica et lui réalisent que ... Mais franchement, c'est trop court, trop soudain, sans glamour. C'est du flan tout flasque, allégé en sucre. Par contre, l'histoire est menée à un train d'enfer, on a du rebondissement sur rebondissement, et énormément de bla-bla pour bien nous expliquer où l'on se trouve et comment cela fonctionne. La découverte est donc intéressante, mais pas aussi excitante que je l'avais supposé.

Sang nouveau (Jessica McClain #1), par Amanda Carlson
Livre de Poche, coll. Orbit, 2013 - traduit par Isabelle Pernot

26 mars 2013

Ah, Twitter ! Haïku pour les semi-analphabètes !

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Abigail Donovan a publié un premier roman qui a connu un joli succès, mais son éditrice menace de la lâcher si elle ne parvient pas à lui fournir un nouveau livre. Depuis quelques mois, Abigail sèche devant son ordinateur et découvre par hasard Twitter. Aussitôt elle rencontre un certain Mark Baynard et s'amuse à flirter en ligne avec lui.

Moi qui ne crois pas trop à ces dragues sur internet (cf. Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer ou Attachement de Rainbow Rowell), j'ai eu la très grande surprise de m'enthousiasmer complètement pour cette histoire ! Les échanges entre Abigail et Mark sont drôles, alertes, ponctués de nombreuses références à la pop culture (un vrai régal de deviner à quelle série ils pensent au moment de se dire au revoir), en somme c'est une véritable bouffée d'air pur !

Fatalement, l'auteur a maladroitement glissé un petit élément dont on aurait pu se passer, parce qu'on n'avait pas besoin de notre dose de mélo dans cette lecture pétillante. Sans quoi, vraiment quelle bonne tranche de rigolade ! de plaisir ! de surprise ! Par principe, je suis complètement hermétique aux cuicuis du petit oiseau bleu, un simple détail au final, car le réseau est juste un prétexte pour que deux personnes se rencontrent, et puis ... chabadabada !

Pour un Tweet avec toi, par Teresa Medeiros
Milady romance, coll. Central Park, 2012 - traduit par Emmanuelle Ghez

  • Un petit clic vers le billet de Mlle Pointillés, qui donne des extraits de sa lecture, de quoi vous donner envie de tenter le coup !

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