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Chez Clarabel
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24 juin 2015

Le Loup de L.A., de Maggie Stiefvater

Loup de LA

Tout le monde croit connaître l’histoire de Cole St. Clair. Le succès. La drogue. La déchéance. Puis sa disparition. Mais rares sont ceux qui connaissent son secret le plus sombre – sa capacité à se métamorphoser en loup. Isabel fait partie du cercle restreint de ceux qui savent. Il fut un temps où ils auraient même pu s’aimer. Un temps révolu. Jusqu’au jour où Cole est de retour. De retour sur la scène. De retour où le danger rôde. De retour dans la vie d’Isabel.

Comme beaucoup de lecteurs, j'avais quitté la série de Maggie Stiefvater en 2012, après avoir lu Fusion qui bouclait la saga de Sam & Grace à Mercy Falls. C'était sans me douter que, trois ans plus tard, une pointe de nostalgie surgirait sous les traits de Cole St. Clair avec ce roman racontant son histoire après les événements survenus dans le Minnesota. Notre chanteur sexy tente de renouer avec le succès et l'amour en débarquant en Californie. Là se trouve l'inoubliable Isabel Culpeper qu'il souhaite reconquérir. Celle-ci a pourtant tourné la page, mais pas verrouillé son cœur. Revoir Cole ravive autant de souvenirs que d'émotions !

Je ne cache pas avoir pédalé dans la semoule en me plongeant dans cette suite qui a tout lieu d'être tardive et impromptue. C'est toujours aussi joliment poignant, raconté avec lyrisme, mêlé à un soupçon de coquinerie, car notre couple vedette est réputé pour ses interactions volcaniques et passionnelles. Mais avouons aussi que tout ça arrive un tant soit peu après la bataille. J'aimais l'idée du flou autour de leur relation inaboutie, lui donner des mots et une forme ne me semblait pas indispensable.

Alors si on aime follement la saga, qu'on découvre à peine ou qu'on ne peut vivre sans avoir lu le moindre écrit de l'auteur, oui ce livre mérite d'être lu, dans la foulée. Et savourer pleinement cette histoire de seconde chance dans laquelle patouillent des personnages qui le valent bien (et méritent leur happy end). Maggie Stiefvater tenait aussi à se faire plaisir en évoquant l'artiste maudit et torturé, à travers Cole, et laisser exploser sa passion pour la musique qu'on retrouve dans chacun de ses livres, particulièrement dans son écriture.

Hachette jeunesse, coll. Black Moon / novembre 2014 ♦ Traduit par Camille Croqueloup (Sinner)

  ♪♫ I remembered that once upon a time, I wrote books with kissing scenes. I remembered that once upon a time, Cole St. Clair had been a rock star. ♫ ♪ M.S.

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29 mai 2015

Girl Online, de Zoe Sugg

Girl Online

Le phénomène « Zoella » débarque en France ! Vous ne connaissez pas du tout cette YouTubeuse anglaise, propulsée sur le devant de la scène, grâce au succès de ses vidéos sur le net ? C'est normal, vous n'avez plus 15 ans. Mais les ados sont friandes de ses conseils et les éditeurs ont flairé le bon filon en lui suggérant d'écrire son 1er roman (avec polémique à la clef). Poussée par la curiosité, j'ai donc ouvert l'objet du délit pour y picorer une histoire gentillette, qui ne révolutionnera pas le genre, mais qui inspirera sans doute les plus jeunes, déjà adeptes des mêmes outils de communication et des intrigues romantiques mais invraisemblables.

Penny, la narratrice, manque cruellement de confiance en elle et a choisi d'exposer ses états d'âme sur un blog, sous le pseudonyme de Girl Online. Elle parle de sa vie au lycée, de sa “meilleure copine” qui vient de l'humilier en publiant sur un réseau social une vidéo d'elle, s'étalant sur scène, sa petite culotte au grand jour. De fil en aiguille, ses confidences touchent un large public et créent le buzz. En s'envolant pour New York, où ses parents viennent de décrocher un contrat en or à l'hôtel Waldorf Astoria, Penny rencontre un charmant musicien qui va lui faire vivre un conte de fées... en oubliant que, souvent, les princes redeviennent crapauds après minuit.

Le roman est dans l'air du temps, frais et instantané, il propose une histoire mignonne et assez superficielle, qui vend du rêve sur 300 pages en donnant l'illusion aux jeunes lectrices qu'elles aussi peuvent se retrouver dans cette bluette pétrie de candeur. En gros, il faut parler de ses peurs, les affronter, puis toucher les étoiles et faire preuve de modestie. Voilà, voilà. À vous d'en tirer les conclusions en conséquence... ;-)

La Martinière J. ♦ mai 2015 ♦ traduit par Rosalind Elland-Goldsmith

29 mars 2013

Qu'était devenue ma cité médiévale, son charme pittoresque, ses allées sombres et tortueuses ?

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Cela faisait trop longtemps que je repoussais le moment de lire Rose, je ne m'explique pas pourquoi, car tout de suite, dès les premières notes au son de la voix de Nathalie Hons (également la voix d'Aibileen dans La couleur des sentiments), j'ai été captivée par cette histoire.

Nous sommes au cœur de Paris, sous le Second Empire. Un certain baron a décidé de moderniser les petites rues de la capitale, en rasant des quartiers entiers, ce qui forcément suscite la grogne des habitants. Dans la rue Childebert, nous découvrons Rose Bazelet, une veuve d'une soixantaine d'années, qui est farouchement attachée à sa maison et à ses souvenirs. La plupart de ses voisins vont se résoudre à partir, seule Rose va résister et se cacher dans la cave, avec la complicité d'un chiffonnier. Dans l'attente de la destruction de sa demeure, Rose écrit son journal et nous raconte l'histoire de sa maison, inévitablement attachée à celle de sa vie.

Rose écrit à son époux, Armand, un homme bon et amoureux, frappé trop tôt par la maladie. Elle revoit leur rencontre et leur félicité conjugale, la naissance de leurs enfants, puis la déchéance et la mort. Elle raconte aussi comment elle a pu survivre à son deuil, notamment grâce à sa passion dévorante pour la lecture et son amitié avec Alexandrine Walker, une jeune fleuriste.

J'ai, très sincèrement, aimé cette histoire pleine d'élégance et nimbée d'un charme délicatement suranné. J'ai eu le sentiment d'être littéralement transportée à cette époque, de partager cette petite vie pimpante de la rue Childebert. La plume de Rose est douce, pudique et sensible. C'est un bonheur d'écouter une telle histoire. Seul le secret, qu'elle nous dévoile sur la fin, me laisse quelque peu perplexe. Cette anecdote m'est apparue sordide au cœur de cette lecture qui était pour moi simple, mais sophistiquée. Un léger bémol qui n'enlève strictement en rien tout le bien que j'ai pensé de ce très beau roman !

Rose, par Tatiana de Rosnay
éditions Héloïse d'Ormesson / Audiolib, 2011 - traduit par Raymond Clarinard
Texte intégral lu par Nathalie Hons (durée d'écoute : 4 h 55)

"... en tant que lecteur, il faut faire confiance à l'auteur, au poète. Ils savent comment s'y prendre pour nous extirper de notre vie ordinaire et nous envoyer tanguer dans un autre monde dont nous n'avions même pas soupçonné l'existence."

15 avril 2013

"To love light, you have to love dark."

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Mon avis sera beaucoup plus modéré, concernant cette lecture qui m'aura laissé un goût amer. Certes, la couverture est très belle et l'univers que nous réserve l'auteur est très original, aux parfums exotiques et ensorcelants. De même, la traduction met en avant une écriture peaufinée, élégante et aux pouvoirs envoûtants. Pourtant, je n'ai pas été transportée par l'histoire en elle-même.

Que je vous introduise à cet univers étrange : nous sommes dans un pays qui ressemble au Brésil, dans les années futures, qui ont été frappées par la peste, les guerres, les ravages météorologiques, nous sommes à Palmares Três, où sévit un régime matriarcal. Comme tous les cinq ans, un Roi d'Eté est élu. Il s'agit du jeune et fougueux Enki, qui occupera sa fonction durant un an avant d'être sacrifié en public.

Dès sa première sortie officielle, Enki fascine et provoque la foule au cours d'une danse sensuelle avec Gil ... le meilleur ami de June, notre héroïne. Cette dernière appartient à un milieu privilégié, et protégé. Par contre, elle est en guerre perpétuelle avec sa mère, à qui elle reproche la mort de son père. June est aussi passionnée par l'art et l'évènementiel, elle aime attirer l'attention et susciter les oh et les ah du public.

Pour l'instant elle se cherche encore, et trouve un début de piste lors de sa rencontre avec Enki, qui va la brusquer et la booster pour le Prix de la Reine (une épreuve prestigieuse, qui pourrait lui conférer succès, estime et réputation au-delà des frontières, bref une aubaine !). June est troublée par le beau et sensuel Enki qui, comme chacun sait, "baise comme un éphémère", entretient une liaison avec Gil et d'autres.. Ce dieu vivant n'a que faire de la caste supérieure, lui vient du Verde, la souche populaire et pauvre, lui aussi est fasciné par l'expression artistique, via sa version la plus excentrique.

Le roman réunit les ingrédients les plus excitants et provocants qu'on pourrait imaginer : le sexe, la sensualité, la décadence, l'amour et la mort. A travers cette histoire troublante, on suit aussi le combat d'une jeune fille qui devient femme, en conflit avec l'autorité et l'image de sa propre mère, en quête d'une autre vérité, qui se vexe, se blesse et qui aime à perdre la raison. L'ensemble est plutôt dérangeant et suscite un certain malaise, et non je n'ai pas été sensible à cette histoire pleine de promesses, mais tellement confuse. A tenter seulement par curiosité, et la sensation unique de lire quelque chose à part.

Le prince d'été, par Alaya Dawn Johnson
Robert Laffont, coll. R, 2013 - traduit par Paola Appelius

28 mars 2013

"Je suis devenu un lecteur."

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Comme à son habitude, le père de Kévin Pouchin a mis les bouts sans crier gare, et cela dure depuis deux semaines. La mère est à cran, entre colère et dépression elle ne supporte plus rien, ni les enfants, ni le chien qui pisse sur le paillasson, elle met tout le monde dehors, qu'importe s'il gèle à pierre fendre. De plus, ce sont les vacances, Kévin n'a nulle part où traîner, alors il se décide à pousser la porte de la bibliothèque, là où il pourra se réchauffer.

Chez lui, les livres n'ont pas droit de cité. C'est pour les intellos, les têtes d'ampoule, pour ceux qui parlent de façon maniérée, bref ce n'est pas de leur monde. La famille de Kévin passe uniquement du temps ensemble lorsqu'il faut laver la BMW du père ou regarder une émission débile à la télévision. D'abord, le garçon hésite. Il redoute d'être mis à la porte, dénoncé comme étant un imposteur, qu'ici non plus il n'est pas à sa place.

Puis il croise une fille de sa classe, Laurie, qui le prend pour un poète. Mais surtout, il rencontre une mamie révolutionnaire, Dame Chamallow, qui lui colle entre les mains "L'attrape-cœur" avec ordre de lui faire un compte-rendu de sa lecture. A partir de là, la vie de Kévin va se dédoubler : d'un côté, il voit en secret ses nouvelles copines de bibliothèque, de l'autre il est le fils de personne, dans une maison où ça braille tout le temps, où les blagues sont crasses, où les penchants culturels sont inexistants.

Ce livre m'a fait énormément soupirer, de dépit et de désespoir. Heureusement, le jeune héros est un garçon formidable. Il en bave, mais c'est tout de même un môme qui comprend peu à peu qu'il a le droit de sortir de sa condition. Qu'il n'est pas dit qu'il appartenait à un milieu et se devait d'y rester. Alors, oui c'est grâce à la lecture qu'il va prendre confiance en lui. Toutefois, son apprentissage se fait aussi dans la violence, parce qu'on se moque de lui d'aimer lire ou de passer du temps à la bibliothèque, pour autre chose que bécoter sa petite copine.

Les clichés ont la dent dure, vous verrez que l'histoire est loin d'être mielleuse ou niaise, par contre il y a aussi beaucoup de dérision, de l'humour et du cynisme pour sauver les apparences, pour se protéger et pour rendre les coups. Il y a vraiment de belles réflexions de la part de Kévin en tant que lecteur qui découvre le pouvoir des mots et la force des histoires. D'ailleurs, pour moi, le cap le plus important, c'est lorsqu'il reconnaît enfin qu'il est devenu un lecteur. Que cette passion lui dure !

Holden, mon frère - par Fanny Chiarello
Medium de l'Ecole des Loisirs, 2012 - illustration de couverture : Séverin Millet

"Drôle d'idée que de lire des romans, quand on  y pense bien : on s'attache à des personnages qui n'existent pas, on se sent moins seul alors qu'il suffirait de lever la tête de sa page pour constater qu'on l'est toujours autant dans le vrai monde, et après, tout est fini. Chacun rentre chez soi..."

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3 avril 2013

"Il faut pas rester les deux pieds dans le même sabot..."

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C'est l'heure de la retraite pour monsieur Robert Poutifard. L'instituteur soupire d'aise car ces longues années de labeur n'auront été que souffrance, frustration et amertume. Aussi, décide-t-il de se venger, en portant trois coups symboliques auprès d'anciens élèves qui lui auront valu sueurs froides, larmes de honte et sanglots révoltants.

Avec la complicité de sa mère, avec laquelle il vit toujours, Robert établit trois plans selon un scénario habile et démoniaque. Mais alors, qu'est-ce que c'est drôle ! D'abord, l'histoire nous plonge dans le passé en nous faisant revivre l'instant qui a valu cette haine indélébile. Puis, nous assistons à la vengeance. Mais que dire ? que dire, si ce n'est que je me suis amusée comme une folle !

Les deux premières vengeances sont hilarantes, au cœur de situations cocasses, avec des personnages hauts en couleur et de bonnes trouvailles pour rendre l'instant mémorable et complètement délirant. Seule la fin est différente, plus apaisante, avec une petite touche d'émotion. Il faut rendre la morale à cette histoire, bien entendu ! (Apprendre à pardonner, s'excuser, etc.) Bref, je découvre grâce à ce roman un J-C Mourlevat décontracté et déjanté. Et j'aime beaucoup ! D'ailleurs, il raconte lui-même son histoire dans la version audio, que je vous conseille fortement.

La Troisième Vengeance de Robert Poutifard, par Jean-Claude Mourlevat
Gallimard jeunesse, 2004 / collection Folio junior, 2009 / Ecoutez lire, 2013
Illustrations de Béatrice Alemagna

27 février 2013

Minuscule, farouche et rousse : je vous présente Millie Plume.

Passage en Folio junior du roman de Jacqueline Wilson paru l'an dernier en grand format :

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Nous sommes en 1876, à Londres. Millie est un bébé abandonné, aussitôt placé en famille d'accueil où elle y passera cinq années joyeuses et insouciantes. Puis, la séparation. Les larmes. La déchirure. L'incompréhension. Retour à l'Hôpital des Enfants-Trouvés où l'attend une éducation stricte. Millie ne rigolera pas tous les jours, mais avec sa nature et sa force de caractère elle parvient à surmonter les sales coups montés par ses petites copines de chambrée, par supporter la rigueur du froid dans le lit, le manque de nourriture, les leçons de couture, la discipline des anciennes.

Millie souvent se sent seule, même quand elle retrouve par hasard ses soeurs ou frères d'adoption, ou quand elle s'attache à Polly, une nouvelle venue, ou Ida, qui travaille en cuisine et lui file en douce des raisins secs ou du sucre pour adoucir son porridge. En vrai, Millie n'arrive pas à se satisfaire de son existence. Elle rêve de liberté, ne veut pas finir soubrette, aspire à autre chose, à retrouver sa véritable mère (ne serait-ce point cette écuyère rencontrée un jour au village ?) et à revoir Jem, son grand frère chéri.

Ce qui est très délicat dans le roman, c'est le soupçon de mélange entre l'humour et la tendresse, la générosité et la détresse, la peine, le chagrin, la triste réalité d'un avenir bouché. C'est un joyeux fourre-tout, avec une fin vraiment trop édulcorée, envers laquelle on ne tient finalement pas rigueur. Car on souhaite le meilleur pour Millie Plume. Petite rouquine au tempérament volcanique, débordant d'énergie, elle n'a jamais baissé les bras face à l'adversité et s'est toujours promis de bouleverser ce que la vie avait de plus plat à lui offrir.

C'est une lecture très plaisante, avec une héroïne attachante, pétillante et pleine de sensibilité, où on passe un très bon moment. A noter qu'une suite vient de paraître en grand format, Une nouvelle vie pour Millie Plume.

Les malheurs de Millie Plume, par Jacqueline Wilson
Gallimard jeunesse, coll. Folio junior, 2013 - traduit par Cécile Dutheil de la Rochère
illustrations de Nick Sharratt - couverture : Anne Simon

9 mars 2013

Aucun retour n'est possible, lorsqu'on quitte l'univers du réel pour entrer dans celui où le mystique règne en maître.

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Nous retrouvons notre petit couple formé par Vincent et Kate avec une joie non feinte, c'est frais, mignon et attendrissant. Le roman s'ouvre sur une histoire qui étale leur bonheur comme des feux d'artifice dans le ciel. C'est enivrant si on s'attache à une manifestation romantique et idéalisée du premier grand amour. Et puis l'auteur nous vend du rêve parisien en long, en large et en travers. Paris, la ville des amoureux, revêt son costume de noblesse.

Donc, après le départ de Charlotte et Charles, ce sont Violette et Arthur qui se joignent à la bande des revenants dans leur lutte contre les numa. Ces derniers restent mystérieusement discrets, aussi la vigilance est de mise. Kate et Vincent ont scellé leur destin, mais la jeune fille craint toujours de le perdre. Aussi son beau prétendant a juré de trouver une solution pour leur permettre de vieillir ensemble. Il n'ose rien lui avouer, mais physiquement il affiche une mine fatiguée qui contrarie la demoiselle. Du coup, Kate prend l'initiative de faire ses propres recherches et investit un univers obscur bien trop dangereux.

Encore une fois, ce sont les derniers chapitres qui nous tiennent en haleine et nous font vivre des sensations fortes. L'intrigue n'est toutefois pas très surprenante, j'avais deviné un gros paquet des rebondissements, mais la lecture n'en est pas moins agréable. Il y a tous les ingrédients pour faire chavirer les petits cœurs sensibles : de l'action, du dévouement, de la trahison, du sacrifice, du combat et de l'amour aussi. C'est rondement bien mené, pas bouleversant non plus, c'est pour un public adolescent et c'est très, très bien comme ça. Le troisième tome, Qu'importe l'éternité, est déjà annoncé pour le mois de juin ! De quoi satisfaire notre curiosité.

Que la mort nous sépare, par Amy Plum
Milan, coll. Macadam, 2013 - traduit par Marie Cambolieu

19 mars 2013

“My butt has specific requirements for pants.” ♥

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Depuis le temps que j'entendais parler de cette série, couverte d'éloges plus enthousiasmants les uns que les autres, il fallait que je me penche sur ce phénomène. Et là, quel bonheur ! Je crois que cette série mérite amplement tout l'amour que les lectrices lui portent : c'est une lecture fraîche, pétillante et captivante.

On y découvre l'histoire de quatre amies, Carmen, Léna, Tibby et Bridget, inséparables depuis leur naissance, et d'un jean déniché dans un magasin de fripes. Croyez-le ou non, ce jean est magique ! Il transforme votre silhouette, vous rend plus belle, plus forte et plus confiante. Alors, toutes les quatre décident de se le prêter car ce jean ne peut que leur faire vivre des aventures merveilleuses. Justement, c'est l'été et les quatre filles ont toutes des projets distincts : Léna part en Grèce chez ses grand-parents, Carmen rejoint son père divorcé, Bridget s'est inscrite dans un camp sportif et Tibby bosse dans un supermarché pour pouvoir se payer une voiture.

A tour de rôle, on suit leurs péripéties, marquées par des instants drôles et palpitants, mais aussi des moments de doute, où l'on se sent trahi, perdu, seul, où l'on a envie de plaire, de rattraper ses erreurs, où l'on se sent à côté de ses pompes, où on préfère se planquer sous la couette pour pleurer, ou crier son désespoir en jetant des cailloux... En gros, on rit et on pleure, c'est grandiose. C'est le petit livre idéal pour les adolescentes, parfait aussi pour ressentir l'adolescente en soi ! On s'attache aux filles, à leurs histoires, on a le cœur qui bat et le ventre noué. C'est très bon, et on se sent merveilleusement bien dans cette petite bulle de lecture.

Quatre filles et un jean (livre I), par Ann Brashares
Gallimard jeunesse, 2009 pour la présente édition - traduit par Vanessa Rubio
existe aussi en format poche, dans la collection Pôle Fiction

13 mars 2013

“Things denied, things untold, things hidden and disguised.”

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J'ai attendu que le buzz autour du nouveau roman de JK Rowling s'essouffle pour enfin saisir l'occasion de découvrir ce qu'il recelait. Et ma foi, je n'ai pas du tout été déçue ! C'est franchement une lecture brillante, captivante et très amère que l'auteur nous propose, chacun jugera selon sa sensibilité, pour ma part j'ai été embarquée dès les premières pages.

Tout commence par le décès brutal de Barry Fairbrother, la quarantaine, époux et père de famille comblé. Il était également membre du conseil paroissial, c'est d'ailleurs le petit détail qui fera toute la différence, car à l'occasion de l'élection du nouveau membre, une série de passions intimes va se déchaîner.

Les chapitres sont dans l'ensemble assez courts, car ils permettent un tour d'horizon pointilleux sur la communauté de Pagford, une bourgade charmante, qui se veut chic et noble, mais qui souffre d'une épine dans le pied avec l'implantation d'une cité et une clinique de désintoxication. Une partie de la société rétrograde trouve que cela fait désordre dans le paysage, et voudrait refourguer le paquet à la commune voisine, Yarvil.

Evidemment, Barry Fairbrother était un partisan de cette cité nommé Les Champs, dont il était originaire et avait su s'élever en devenant un membre respectable et respecté de la petite ville. Il avait d'ailleurs pris sous son aile la jeune Krystal Weedon dans son équipe d'aviron, afin de l'éloigner de son milieu désœuvré avec sa mère junkie, son petit frère surveillé par les services sociaux, tout ça sans père ni boulot.

On découvre tout un petit noyau de personnalités assez caractéristiques, la veuve éplorée et rancunière, le meilleur ami sentimentalement instable, le grand manitou qui pousse son fils à se lancer en politique, l'épouse de celui-ci qui noie son ennui dans l'alcool, la femme médecin aux nerfs fragiles, l'assistante sociale qui a cru avoir droit à sa part de bonheur, le type aigri qui se défoule en tabassant ses proches, sans oublier les adolescents, autres éléments déclencheurs, car ils sont les spectateurs désabusés de cette foire aux monstres, et eux aussi ont leurs comptes à régler.

Ce regard posé sur notre société est cynique, sans concession et sans équivoque. Pour ceux qui en seraient restés à une vision magique et enchanteresse de l'univers de Harry Potter, ils trouveront matière à être bousculés et à regretter ce changement de registre. En ce qui me concerne, j'ai été bluffée. J'ai opté pour l'écoute en Audiolib de cet épais roman de plus de 600 pages, du coup cela représente pas loin de 21 heures de lecture attentive. C'est impressionnant, mais honnêtement je n'ai pas vu le temps passer et j'ai été captivée par cette magistrale orchestration, qui a bien su souligner l'intensité dramatique au fil des chapitres.

Une place à prendre, par J.K. Rowling
Texte intégral lu par Philippe Résimont / Traduit de l'anglais par Pierre Demarty
Grasset, 2012 - Audiolib, 2013

14 février 2013

Mademoiselle Zazie a des gros nénés ♥

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Mademoiselle Zazie est en pétard contre son copain Max, qui s'amourache des filles à moitié nues qu'on voit partout sur les affiches, dans la rue. Trop, c'est trop. Zazie veut lui en mettre plein la vue, en défilant rien que pour lui en bikini (avec des pamplemousses pour prouver qu'il y a du monde au balcon).

Mais catastrophe ! son décolleté fait pitié à voir et Max se moque vertement de sa petite copine. Zazie est rouge de colère et entend se venger. Max a la goujaterie d'attribuer des notes aux femmes, il a commis l'erreur de s'en prendre à Zazie ET A SA MERE. Quel total manque de respect ! Il faut sévir.

Ce délicieux petit roman rappelle aux petits garçons, qui en douteraient, qu'il ne faut surtout pas manquer de respect aux femmes, et encore moins se laisser éblouir par une plastique. Il dénonce aussi l'étalage des publicités en tenues légères, pas seulement dans les magazines, mais tout simplement dans la rue, à la portée des enfants. Y'en a marre, souvent ça frôle le mauvais goût.

Ce nouvel épisode des aventures de Zazie n'est pas seulement drôle, savoureux et cocasse, il se veut pertinent, accusateur et défenseur (ce cher Max en prend pour son grade, encore une fois !), c'est incontestablement un rendez-vous de lecture obligatoire !

Et puis, rappelons-nous la chanson de Balavoine qui clamait son amour "des petits lolos".    

♪♫ Elle est si câline  
Qu'il faut respecter son corps  
Très fort  
Elle est tellement divine  
Qu'on peut tout imaginer  
Mais il ne faut pas toucher  
Ses petits lolos  
Jolis lolos ♪♫

Mademoiselle Zazie a de gros nénés, par Thierry Lenain - illustrations de Delphine Durand (Nathan, 2013)

21 février 2013

Histoires du loup qui habite dans ma chambre

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Quoi de mieux que ces quelques pages pour vous donner envie de découvrir l'univers fantaisiste de Hervé Walbecq ?

Nous sommes dans une chambre d'enfant, et très vite l'imagination s'envole : les crayons écrivent ce qu'ils veulent, les personnages s'échappent des romans, le vent s'installe dans la couette, les chaussures sont capricieuses, la chemise à fleurs se veut exclusive, des gens habitent dans une ampoule, les draps murmurent, les moutons de poussière deviennent de nouveaux compagnons de jeu, et la nuit est également peuplée de crêpes fantômes...

C'est assez singulier, mais tout bonnement poétique, à déguster par petites bouchées, pour mieux se délecter de la saveur de cette plume facétieuse et hors du commun.

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Histoires du loup qui habite dans ma chambre, par Hervé Walbecq 
Neuf de l'Ecole des Loisirs, 2012 - Les illustrations sont de l'auteur.

J'en profite pour proposer une autre idée de lecture, toujours dans le même esprit (histoires courtes, univers teinté de fantaisie et d'humour absurde) : Le thé des poissons, par Piret Raud aux éditions du Rouergue, qui inaugurent là une nouvelle collection (tic tac) mettant à l'honneur les histoires courtes.

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6 février 2013

Zizi la Chipie

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Présentation de Zizi : franchouillarde et dégourdie, porte deux couettes sur la tête, n'a pas sa langue dans sa poche, adore Charles Aznavour dont elle connaît toutes les chansons par cœur, n'est pas très copine avec les filles, n'est pas enchantée de la prochaine visite de sa cousine Barbara, qui vit en Amérique et se prend pour une américaine snobinarde, a un soupçon de conscience, se sent facilement coupable dès lors que sa cousine disparaît et rentre au pays en douce, la file comme un Sioux et découvre la vie aux States en se prenant pour une frenchie arrogante, finalement découvre le secret de sa cousine, rencontre son idole, se fait une nouvelle amie, se moque de la musique qu'écoutent les filles de sa classe, devient par hasard une vedette de la chanson, s'en mord les doigts, veut redevenir une petite fille anonyme et sans talent, et blablabla.

Ces deux tomes nous offrent une lecture pleine de vie, avec un scénario gros comme une maison, pas du tout crédible, mais tout de même très drôle et divertissant, fondé sur un rythme joyeux grâce à des aventures pétillantes et une héroïne qui ne manque pas de souffle ni d'audace. La série avait été publiée en 2002 par Casterman.

Zizi la chipie, tome 1  La cousine d'Amérique / tome 2 : Vedette de la chanson - par David De Thuin et Florence Sterpin
Mille bulles de l'Ecole des Loisirs, 2013

4 février 2013

"Je suis fatiguée de me souvenir."

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Grace se réveille dans une pièce toute blanche, où elle pense être retenue en otage par un certain Ethan, un type très séduisant qu'elle a rencontré au parc, alors qu'elle était ivre morte, et qui vient effectivement lui apporter des plateaux-repas sans dire un mot. Pourquoi est-elle là ? Elle a un peu la mémoire en vrac, alors elle se force et commence à raconter son histoire.

Adolescente déjantée et perturbée par la mort de son père, Grace s'est mise à boire beaucoup, à sortir, à draguer et à coucher avec des garçons, de même elle se mutile la peau mais ne confie à personne son désarroi. Sa mère est tout le temps absente, Grace n'a pas d'amis dignes de confiance, jusqu'à ce qu'elle rencontre Sal, qui vient d'emménager et avec qui elle s'entend tout de suite très bien, au point de lui parler d'elle sans cacher ses secrets les plus honteux. Tout roule jusqu'au jour où les deux filles se disputent, Grace est au bout du rouleau mais rencontre Nat à l'arrêt de bus. C'est un garçon ordinaire, sur lequel elle ne flashe pas immédiatement, mais qu'elle va revoir des jours plus tard, et ainsi de suite. Elle va tomber folle amoureuse de lui, vouloir partager son bonheur, se réconcilier avec Sal et planer sur son petit nuage.

Assez rapidement, on prend conscience que l'histoire ne tourne pas rond et qu'elle va mal finir. On aimerait prévenir Grace, la maintenir à distance et la préserver de la casse, mais on fonce avec elle droit dans le mur et on prend les mêmes coups. Forcément on a mal. On souffre pour Grace aussi. C'est là le tour de force du roman, de réussir à nous capturer entre ses filets, de nous faire vivre la spirale infernale d'une adolescente en détresse affective et qui perd pied. C'est, tout simplement, bouleversant. Très à fleur de peau. C'est la deuxième fois que je lis ce roman (la première fois en français) et j'ai ressenti exactement les mêmes émotions. Même si je savais d'avance ce qui m'attendait, j'ai replongé aussi sec dans ce récit troublant, hypnotique et d'une sensibilité rare.

C'est une lecture que je conseille fortement. Pour toutes les âmes en dérive, "fatiguées de se souvenir". Il y a tout de même un message positif : ne jamais laisser tomber, ne jamais renoncer.

Confusion, par Cat Clarke
Robert Laffont, coll. R, 2012 -  traduit par Alexandra Maillard

J'ai rêvé que tu cognais
À ma porte sans relâche
Les bruits qui montaient en l'air
Me rendaient folle de rage
Tu cognais, cognais, cognais

13 février 2013

"Neferet est plus dégoulinante que de la fiente d'oiseau sur un toit en tôle."

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** attention, spoilers ** Le Conseil Supérieur a rétabli Neferet dans ses fonctions de grande prêtresse de la Maison de la Nuit. Cette démone a été blanchie du meurtre de Heath, faisant porter la responsabilité sur Kalona. Ce dernier rêve de se venger, mais est prisonnier par un lien invisible. Il complote avec son fils préféré, Rephaïm, pour ramener Zoey à Tulsa. Celle-ci se ressource sur l'île de Skye auprès de Stark et n'a pas l'intention de rentrer. Son âme a été brisée, elle ne se sent plus elle-même et son cœur est meurtri. Il faudra l'annonce d'une nouvelle bouleversante pour la convaincre de rejoindre ses amis éplorés.

J'ai eu un peu de mal à me remettre dans le bain, la série s'éternisant et le rythme de publication étant ce qu'il est, ce n'est pas toujours facile de raccrocher les wagons. Et cette série demande tout de même un temps d'adaptation, histoire de reprendre ses marques. Après quoi, tout roule comme sur des roulettes. La série est bien rodée, les engrenages s'activent et font apparaître la machination infernale. Cette fois, moins de Zoey en premier plan, plus de Neferet, et une Lucie en affirmation totale dans son rôle de leader. Vraiment, quel chemin parcouru pour l'ancienne amatrice de musique country qui était souvent mal embouchée !

Mais surtout, ce qui m'a surprise, c'est l'éventail de petites intrigues qui éclosent et donnent naissance à d'autres scénarios tous plus ahurissants, sournois mais habilement troussés. Alors, oui il y a des personnes qui meurent, d'autres qui choisissent leur camp, d'autres qui se dévoilent, et d'autres qui obtiennent une seconde chance... Je crois même déceler entre les lignes des petites bombes à retardement ! Enfin, tout ça nous promet d'autres heures de lecture palpitantes, avec des petites pointes d'humour, des références à la pop-culture et pas mal de réflexions métaphysiques aussi (je sais enfin distinguer les interventions de la fille dans l'écriture de la mère !). Série annoncée en 12 tomes, c'est énorme, il n'en faut pas plus !

House of Night #8 : Awakened - P.C. Cast & Kristin Cast
en VF : Libérée - traduction de Julie Lopez - Pocket jeunesse, 2013

Prochain tome à paraître en octobre.

28 novembre 2012

Will Gallows

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Voilà une petit série très sympathique, qui se lit comme un western et qui allie des éléments fantastiques en mêlant des créatures étonnantes. Will Gallows est moitié humain, moitié elfe. Il a pour compagnon un cheval pégase, du nom de Moonshine.

Dans sa première aventure, il part à la recherche du terrible Noose Wormworx, un bandit qui agit en toute impunité et qui est surtout responsable de la mort de son père, l'ancien shérif de la ville d'Oretown. Will vit seul avec sa grand-mère et n'en peut plus de vouloir rendre leur monde meilleur avec une justice digne de ce nom.

Dans la deuxième aventure, Will se trouve pris dans une querelle qui oppose les colons de la zone Est et les courageux Elfes du village Gung-Choux. Avec la bataille qui se profile, Will doit sauver son oncle du terrible Bourreau-au-noeud-coulant. Une quête qui le conduit tout au bord de la Roche, sur une terre perfide, infestée de dragons.

Toujours et encore de l'aventure, cette série vaut le coup d'oeil pour son héros attachant et intrépide, l'imagination débordante, le mélange des genres particulièrement réussi, la brochette de créatures qui sont autant de rencontres inoubliables (fantômes, nains, trolls, dragons etc.) et aussi pour ses illustrations qui se fondent dans le décor. Lecture divertissante et quelque peu exotique !

Will Gallow : Duel dans la mine  /  Le cri du dragon-foudre, par Derek Keilty
Albin Michel jeunesse, coll. Witty, 2012 - traduit par Sarah Tardy
illustrations de Jonny Duddle

22 juin 2015

Une main encombrante, de Henning Mankell

Une Main Encombrante

Proche de la retraite, Wallander cherche un point d'attache pour couler des jours tranquilles. Alors qu'il visite une maison à la campagne, le commissaire trébuche sur une main surgie de nulle part. Ses instincts sont aux aguets. Il requiert son équipe d'experts de fouiller le jardin et découvre les ossements d'un couple enfoui là depuis cinquante ans. Même si on ne lui octroie ni les moyens ni le temps pour ce dossier, Wallander continue de fouiller dans le passé de la maison et de ses propriétaires pour rendre justice aux deux victimes.

L'histoire est à l'image du héros, las, usé et désabusé. Donc, c'est lent et pointilleux, mais intéressant à lire. Wallander ne supporte plus les vicissitudes de la bureaucratie. Ses relations avec sa fille sont à couteaux tirés. Il a fait le tour de son métier et envisage de tirer sa révérence. Mankell a d'ailleurs annoncé qu'il n'écrirait plus sur Wallander après l'épisode suivant, L'homme inquiet. Point final. Il explique en fin d'ouvrage sa relation ténue avec son personnage fétiche, non sans un zeste de fierté.

Le texte lu par Marc-Henri Boisse figure bien les caractéristiques de Kurt, en lui collant cette intonation bougonne et abattue qu'on juge indissociable. Après quoi, l'histoire n'est ni surprenante, ni haletante. Elle ne dure que 3 heures, ou 182 pages. À grignoter comme une friandise ou une mise en bouche pour les lecteurs désormais orphelins de leur commissaire suédois, définitivement au bout du rouleau.

Sixtrid / mars 2015 ♦  Interprété par Marc-Henri Boisse (durée : 3h 12)

Traduit par Anna Gibson pour les éditions du Seuil

Une main encombrante Seuil

17 janvier 2013

"Ne pensons plus au passé que lorsqu'il nous apporte du plaisir, et contemplons l'avenir avec confiance et espoir."

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L'histoire se passe quelques années après le mariage des filles Bennet, en 1803. Nous sommes sur le domaine de Pemberley, où Darcy et Elizabeth coulent des jours heureux. Leur seule préoccupation consiste à organiser, dans la plus stricte tradition familiale, le bal de Lady Anne, avec peut-être l'annonce des fiançailles de Georgiana, qui semble entourée de deux prétendants. Et puis c'est le drame, un corps est découvert dans les bois, le couple Wickham fait une entrée fracassante et l'on comprend vite que le mari de Lydia est désormais le suspect idéal. La famille Bennet est effondrée, Liz et Jane se serrent les coudes, leurs époux font également preuve de patience, mais tout ce petit monde est clairement abattu. Plus on avance dans la lecture, plus on plonge dans un profond désarroi. L'ambiance devient sinistre, lourde, déprimante.

Il ne faut donc pas s'attendre à beaucoup d'action dans cette histoire, essentiellement alimentée de bavardages et composée d'introspection. P.D. James a privilégié une étude des sentiments et une analyse psychologique de la situation, revenant sans cesse sur des événements connus par les lecteurs de Jane Austen. Celle-ci était réputée pour sa finesse et son bon esprit, mais n'est pas Jane Austen qui veut ! Le style de Mrs James est plus classique, nettement peu mordant ou espiègle. C'est même parfois répétitif, on a l'impression de tourner en rond quand les mêmes faits et pensées sont rappelés d'une façon puis d'une autre. J'ai toutefois savouré cette ambiance, Pemberley occupe une place de choix dans le livre, mais aussi dans le cœur de ses occupants. Même les domestiques lui vouent un sens du devoir et du sacrifice qui peut paraître sidérant ! Et puis c'est toujours un plaisir de retrouver des personnages aussi chers, les sœurs Bennet ont fait du chemin et sont globalement heureuses, seul le couple Wickham fait preuve de sottise et d'inconséquence, comme d'habitude, ces deux-là n'ont vraiment pas changé. Quelle plaie ! Le petit clin d'œil à Emma a été également très fin, très délicat, je n'ai pas manqué de sourire à la fin.

Lecture hivernale par excellence, ce livre aura été un moment agréable et peu conséquent. Prévoir un peu plus de 10 heures d'écoute en Audiolib. Texte intégral lu par Guila Clara Kessous.

La mort s'invite à Pemberley, par P.D. James
Fayard, 2012 / Audiolib, 2013  - traduit par Odile Demange

Écoutez l'extrait lu par Guila Clara Kessous
22 décembre 2012

Miséricorde, par Jussi Adler-Olsen

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Carl Morck est un enquêteur hors pair, mais une récente affaire l'a fait tomber dans une fusillade qui a coûté la vie à un collègue et scotché un autre sur un lit d'hôpital. Profondément meurtri et traumatisé, Carl tente de reprendre le boulot, où l'attend une étrange promotion. Un nouveau service vient en effet d'être créé, le Département V, qui consiste à traiter les affaires classées et jamais résolues. Une bonne planque, selon Carl. Or, on lui colle un drôle de zèbre comme assistant, un réfugié syrien du nom d'Assad, qui aime les boissons et pâtisseries trop sucrées et fait preuve d'un esprit particulièrement aiguisé en dépit de son apparente bonhomie.

C'est ainsi que Carl et Assad vont s'acharner sur le dossier d'une jeune et brillante politicienne, Merete Lyyngaard, disparue cinq ans plus tôt alors qu'elle était sur un ferry avec son frère. La construction du roman est plutôt habile, puisqu'elle nous propose une autre histoire en parallèle, au cours de laquelle nous suivons la jeune femme avant et pendant son kidnapping. Ambiance glauque, stressante et angoissante à souhait.

Même si au départ, Carl Morck nous apparaît comme un flic antipathique, avec un sens de l'ironie très prononcé et un caractère de mauvais cabot qui finit de le crucifier, j'ai tout de suite accroché au portrait de ce mauvais bougre, dont la petite vie personnelle n'est guère transcendante non plus. De toute façon, jamais l'auteur ne cherche à nous vendre du rêve et c'est ce qui a fini de me charmer ! Et comme je suis une inconditionnelle de la série Cold Case, avec Lilly Rush, j'avais donc de grandes chances pour mordre à l'hameçon. Certes, j'ai rapidement deviné l'issue de cette intrigue retorse et malsaine, et pourtant je n'ai jamais poussé le moindre soupir, d'ennui et de dépit, j'étais alpaguée, un peu à cran aussi et définitivement dépaysée. Les polars nordiques sont désormais ma nouvelle marotte !

Expérience de lecture en Audiolib : la voix de James Bond (version Daniel Craig) et 14 heures 34 de lecture / patience. :)

Miséricorde, par Jussi Adler-Olsen
Texte intégral lu par Eric Herson-Macarel - traduit du danois par Monique Christiansen
Albin Michel, 2011 / Audiolib, 2012

Grand prix des lectrices de ELLE policier - Prix du meilleur polar scandinave

Écoutez l'extrait lu par Eric Herson-Macarel
13 décembre 2012

Le temps du châtiment et des anges aux mains pures.

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Flic à la retraite, Lionel Kasdan reprend du service en découvrant le cadavre de l'organiste dans sa paroisse. Son collègue improvisé, Cédric Volokine, est un jeune inspecteur brillant, mais junkie en cure de désintoxication, venant tout juste de surgir du fond de sa cellule. A eux deux, ils forment une équipe de bras cassés, particulièrement cocasse, car l'un est désabusé et l'autre tout aussi cynique sur la condition humaine, l'esprit de noël, les crimes commis sur les enfants, les injustices etc. Face à eux, une sombre histoire mêlant une chorale d'enfants, un chant lyrique d'une pureté absolue, un contexte politique ahurissant, et je n'ose m'avancer davantage. Au fil des chapitres, j'étais interpellée par les nouvelles pistes, les révélations et les constats tous plus aberrants les uns que les autres. Il est vrai que parfois, la vérité est encore plus dérangeante ! C'était le premier roman de JC Grangé que je découvrais et je n'ai pas été déçue ! C'est une histoire noire, terriblement amère et désolante. Le narrateur qu'est Jacques Chaussepied a d'ailleurs tout saisi du moral abattu de nos protagonistes, le ton est accablant, le rythme glaçant... c'est carrément bluffant. Tout le monde est las des vicissitudes de l'espèce humaine, même l'issue nous met sommairement k-o. C'est probablement glauque, mais alléchant, et je renouerai bien vite avec cet univers obscur, notamment avec Kaïken

Miserere, par Jean-Christophe Grangé
éditions Albin Michel, 2008 / Audiolib, 2008
Livre audio 2CD MP3 638 Mo + 623 Mo -  Temps d'écoute : 17 heures 30

Écoutez l'extrait lu par Jacques Chaussepied
28 novembre 2012

On a roll !

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Voici déjà le troisième tome des aventures de Nate ! Au sommaire : une heure de colle, une gamelle dans la rue, un vol plané de skate, une chute dans l'eau, une réunion chez les scouts, une vente d'horribles gravures "petits bonheurs", un gros lot à remporter, une compétition farouche, un adversaire de taille, un garçon trop parfait, trop génial, trop populaire (Artur), une jalousie grimpante mais une énergie du désespoir pour remporter ENFIN la victoire.

Pour une fois.

La lecture se révèle très drôle, comme toujours. Ce savant mélange de texte et de bande dessinée plaît aux enfants, ça se lit tout seul, les personnages sont attachants et Nate est un héros ingénieux, auquel peuvent facilement s'identifier les lecteurs. Vous ne manquerez pas de sourire face aux situations incongrues, mais tellement cocasses, qu'il faudrait être en marbre pour demeurer indifférent. C'est donc une bonne petite série, pour les enfants qui n'aiment ni la lecture trop longue, ni trop descriptive. Vous aurez là le bon compromis, à l'instar du Journal d'un dégonflé de Jeff Kinney ou Tom Gates de Liz Pichon.

Big Nate : roi du skate, par Lincoln Peirce
Gallimard jeunesse, 2012 - traduit par Jean-François Ménard

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30 novembre 2012

❥ Bogueugueu est amoureux

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Qui dit nouvelle année scolaire, dit nouvelles activités à entreprendre ! Pour Ferdinand Pompon et son meilleur ami Basil Tambour, alias Bogueugueu, c'est l'atelier théâtre qui a retenu toute leur attention. Secrètement, ils sont amoureux ... de la même fille, Salomé Duchausson ! C'est Ferdinand qui le pense et ça lui noue l'estomac. Il ne voudrait pas se fâcher avec son pote, d'ailleurs Bogueugueu est méconnaissable. Il rougit, écrit des mots doux en cachette, s'enhardit à donner un rendez-vous nocturne, comme dans Cyrano, la pièce que la classe répète pour leur spectacle. Le garçon souffre toujours de son bégaiement et a peur du ridicule, alors il compte sur Ferdinand pour voler à son secours. Dans l'ombre, ce sera lui qui soufflera son discours d'amour à sa belle promise ! Encore faut-il que Ferdi mette sa jalousie dans sa poche.

C'est la troisième aventure de notre sympathique duo et c'est un rendez-vous incontournable ! En effet, c'est pour moi toujours un régal de découvrir les jolies pirouettes que nous réserve l'histoire et d'admirer sans jamais se lasser les illustrations de Marc Boutavant, au style reconnaissable entre mille. C'est à la fois adorable et espiègle, les personnages ont des expressions qui font indubitablement sourire, on vit davantage leurs émotions, leurs turpitudes et on se surprend à mordre à l'hameçon, on conspire à leurs côtés, on écoute, on a des doutes, on tremble dans le noir, on lâche un petit fou rire, on attend l'heure H et on a le coeur qui bat très, très fort. J'aime infiniment la finesse et la délicatesse de cette série ! C'est attendrissant sans être gnangnan. Du coup, j'en redemande. 

Bogueugueu est amoureux, par Béatrice Fontanel et Marc Boutavant
Gallimard jeunesse, coll. Folio Cadet (2012)

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23 novembre 2012

“My too stormy passions work me wrong, and for excess of Love my Love is dumb”

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D'emblée, j'avoue un intérêt coupable pour les histoires se passant dans un pensionnat, donc là j'ai été plutôt vernie. Cimmeria est une école d'aspect guindé et classique, autour de laquelle règne un mystère épais et pesant. Les parents d'Allie, excédés de ses nombreuses frasques, ont choisi de l'y envoyer en mesure de discipline stricte. Allie, qu'on nous présente avec ses cheveux rouges, ses yeux charbonneux et ses Doc Martens, prétend être une rebelle le temps d'un chapitre, la suite nous prouvera tout le contraire.

Car Allie ressemble à toutes ces jeunes héroïnes, naïves, curieuses et aveugles, en colère contre l'autorité parentale, se livrant corps et âme à leurs histoires sentimentales, souvent parce que son prétendant est tellement beau et irrésistible que ce serait dommage de ne pas saisir sa chance. Qu'importe si l'ambiance énigmatique pèse dans la balance, si des copains conspirent dans votre dos et élaborent un club élitiste à la barbe du monde, non, non, il ne faut pas s'en soucier, pas pour l'instant, d'abord il suffit de s'acclimater au monde impitoyable de l'adolescence. Vous savez, cette joyeuse époque constituée de mesquineries de bas étage, de guéguerres pathétiques, de crises de jalousie et de rumeurs qui vous empoisonnent vite l'existence...

Le quotidien d'Allie est ainsi ponctué de repas entre amis, de cours où l'on disserte autour de poèmes romantiques, de rendez-vous galants, de bal d'été qui vire à la catastrophe (ouf, un peu d'action), d'heures de colle, de balades interdites au clair de lune, de bain de minuit, de bruits bizarres dans la forêt ou sur les toits... Tout cela sur plus de 400 pages. En somme, l'auteur a cultivé à fond son mystère sur la Night School, j'ai longtemps attendu la révélation, supputé des tas de théories, aussi au moment d'en découvrir plus, euh... j'ai levé les sourcils d'étonnement. J'en attendais clairement plus !

Je ne suis pas déçue par ma lecture, j'ai bien aimé me balader dans les couloirs de Cimmeria et je me suis attachée aux petites histoires d'Allie (en soupirant aussi très fort devant sa bêtise et son inconstance !). Il y a un charme certain dans ce roman, mais il est aussi très long, inutilement long, au risque de faire traîner un suspense à trois francs six sous. La suite est déjà disponible, puisque l'éditeur français a obtenu sa parution en exclusivité mondiale pour remercier les fidèles lecteurs de leur accueil enthousiaste.

Night School, par C.J. Daugherty
Robert Laffont, coll. R. (2012)  -  traduit par Cécile Moran

9 novembre 2012

Où est passée Lola Frizmuth ?

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Lola est folle amoureuse de Tristan, qui vit actuellement au Japon où bosse son père. N'en pouvant plus d'être séparée de lui, et parce qu'elle a quelques démêlés avec des filles de son école, Lola prend le premier vol pour Tokyo et se présente la bouche en coeur devant la porte de son élu. Ce serait le plan idéal, à la place Lola est seule, paumée et doit échapper à une bande de Yakuzas qui cherche à lui piquer son téléphone !

Cette aventure complètement dingue démarre en fanfare, et j'avoue avoir bu du petit lait. Les péripéties de Lola sont invraisemblables et purement cocasses, totalement dépaysantes, et puis c'est très drôle, l'humour sarcastique de l'héroïne fait des merveilles, j'ai franchement accroché. La brochette des personnages secondaires est elle aussi croustillante, entre le gangster japonais qui rêve d'une retraite paisible en buvant une bière au soleil et en caressant son petit chat, ou le jeune stagiaire de l'ambassade, au look de premier de la classe, du genre coincé et peureux, qui a eu la malchance de croiser le chemin de la tornade blonde... Vraiment, on ne s'ennuie pas une seconde ! C'est frais, déjanté, actuel et mené à fond les ballons.

Où est passée Lola Frizmuth ? par Aurélie Gerlach
Gallimard jeunesse, coll. Scripto, 2012

15 octobre 2012

"I did indeed say you could have lovers. But I never promised that I would not kill them."

audriannaFrappé de déshonneur (suite à une affaire de poudre défectueuse), le père d'Audrianna Kelmsleigh s'est donné la mort et a condamné sa famille à vivre petitement et dans la honte. Audrianna s'est ainsi réfugiée chez sa cousine Daphné, dans une maison à la campagne, où avec deux autres pensionnaires elles cultivent des fleurs.

Meurtrie dans son amour-propre, Audrianna entend laver le nom de sa famille de toute infamie. Elle pousse son enquête jusqu'à se rendre dans une auberge, sans chaperon, et fait la rencontre de lord Sébastien Summerhays, l'un des principaux accusateurs de son père. Enorme malentendu entre eux, mais trop tard. Le scandale va les rattraper et ces deux-là vont conclure à un mariage de raison.

Oh que ce 1er tome manque de souffle ! Je bous intérieurement. L'histoire est plutôt longue à démarrer, il y a peu de tension amoureuse, effacée probablement par le climat politique et l'affaire d'espionnage. C'est seulement après les noces que l'histoire du couple devient plus croustillante, notamment avec la jalousie naissante de Sébastien. Le petit cadre idyllique de Cumberworth, réunissant les fameuses insoumises, est exagéré dans sa description enchanteresse, avec la parfaite mais trop lisse Daphné qui gère toutes ces âmes en détresse avec calme et stoïcisme. Hmm... j'espère que la suite corrigera ses erreurs !

Les insoumises, tome 1 : Audrianna, par Madeline Hunter
J'ai Lu, coll. Aventures & Passions, 2011 - traduit par Catherine Berthet

-) la petite phrase qui me fait lever les yeux au ciel  :   Est-ce mal d'éprouver du plaisir à embrasser un homme que je n'aimerai jamais ?

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