04/11/17

Pêle-Mêle : T'aurais pu prévenir avant de partir - Mais c'est une fille ! - Dessine-moi un petit prince - J'habite ici

RAOUL T’AURAIS PU PRÉVENIR AVANT DE PARTIR

Ah, cette lecture... Elle m'a juste broyé le cœur. Pourtant, le ton est tour à tour doux, drôle, poignant, léger, cocasse et émouvant. Un super cocktail, qui réconforte et qui aide aussi à exprimer ce maelström de sentiments qui vous oppressent suite à la perte d'un être cher.

Raoul vient de perdre son Papipa. Ses parents sont bouleversés, et lui aussi est très triste, d'ailleurs il ne parvient pas à contenir ses larmes qui coulent toutes seules. Mais d'autres questions se bousculent dans la tête de notre jeune ami : que devient-on après la mort ? pourquoi on fleurit le cimetière ? dit-on assez je-t'aime avant qu'il ne soit trop tard ? et si on part au ciel, ne risque-t-on pas de tomber ? 

Toute cette histoire est encore une fois inspirée d'après des mots d'enfants lus ou entendus, d'où cette spontanéité et cette candeur dans les situations rapportées par Raoul. C'est plein de tendresse et de délicatesse, même si ça donne la boule au ventre. Un album d'une grande sensibilité mais qui impose une justesse de ton dans son propos. Très précieux. 

Raoul - T'aurais pu prévenir avant de partir, de Michel Van Zeveren

Pastel de l'école des loisirs, 2017

 

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RAOUL MAIS C'EST UNE FILLE !

Retour à la légèreté avec notre jeune héros, Raoul, qui va apprendre le rôle de grand frère. En attendant la naissance, non sans anxiété, le petit loup se demande à quoi va ressembler le bébé, pourquoi sa maman est malade, est-ce qu'elle va contracter les fesses comme la reine des abeilles au moment de pondre ses œufs. C'est délicieusement naïf, mais ça sent le vécu aussi. 

Après tout, Raoul ne cache pas sa déception en découvrant que le bébé est une fille. Ce n'était pas ce qu'il avait commandé. Aussi, quand maman lui propose de l'aider à changer le bébé, Raoul répond sans hésitation :  « Oui, change-la et prends un petit-frère à la place ! »

Ce sont ainsi plusieurs anecdotes qui font sourire et qui mettent en situation l'enfant autour de la naissance, de la responsabilité de grandir, de partager ses parents et leur amour, de la mécanique corporelle, des nausées, de la poche des eaux, du lait maternel, et aussi des sentiments amoureux. C'est super touchant et attachant !

Raoul - Mais c'est une fille ! de Michel Van Zeveren

Pastel de l'école des loisirs, 2016

 

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DESSINE-MOI UN PETIT PRINCE

Dessiner ou ne pas dessiner. Se lancer ou hésiter par peur du ridicule. S'extasier devant les dessins des copains, forcément toujours meilleurs. Rêver de dessiner un petit prince et se louper. Tendre sa feuille à maman avec le cœur rempli d'espérance. Et s'entendre répliquer qu'on peut aussi, et surtout, dessiner ce que les autres ne voient pas. Ou bien, dessiner ce qu'on est seul à voir dans la tête !

Et ça, c'est un chouette album qui traite de l'imagination avec beaucoup, beaucoup d'humour. Un Michel Van Zeveren fourmillant de détails cocasses et de clins d'œil à foison. Totale admiration dans notre chaumière. Clap-clap-clap. 

Dessine-moi un petit prince, de Michel Van Zeveren

Pastel de l'école des loisirs, 2017

 

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J'HABITE ICI

Dernier tour de piste avec cette histoire de maison hantée d'un type très particulier... Un chasseur est réveillé en pleine nuit car il a entendu du bruit dans sa cuisine. Il tombe nez à nez avec un fantôme de loup en train de se préparer une tasse de café. C'est une hallucination ? Non, non. Mais le chasseur rouspète, l'intrus est chez lui. Et le loup de rétorquer que lui aussi habite ici. Trop fatigué pour discuter, le chasseur préfère se recoucher.

Simple. Drôle. Efficace. Un album qui fait joyeusement glousser au moment d'éteindre les lumières pour s'endormir. ☺

J'habite ici, de Michel Van Zeveren

Pastel de l'école des loisirs, 2015

 

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Pêle-Mêle : Hector et le Colibri - Petit Elliot et la fête foraine - Les petits biscornus - La maison des bisous

Hector et le colibri

L'ours Hector a pour ami un colibri très bavard. Mais vraiment, il n'arrête jamais. Quand Hector mange une pomme, ou se gratte le dos contre le tronc d'un arbre, ou aussi quand il cherche à faire une sieste, Colibri est sans cesse dans ses pattes à pépier inlassablement. Mais voilà, Hector en a assez. Il n'en peut plus. Et demande un peu de paix. Il part donc - SEUL - dans la forêt. 

Aaah, cette douce tranquillité... le bourdonnement paisible de la nature... le chuchotis rassurant du calme environnant. C'est tellement bien, se dit Hector. Sauf que, le goût des pommes n'est plus le même, c'est moins drôle de se gratouiller sans son copain et c'est aussi super flippant de s'endormir sans une histoire racontée à voix haute 

Ainsi, qu'importe les petits défauts des uns et des autres - après tout, nul n'est parfait - c'est si bon de compter sur son fidèle ami pour partager les petits moments de la vie. Car l'amitié, c'est sacré ! Du même auteur, découvrez aussi Hello, monsieur Dodo !

Hector et le Colibri, de Nicholas John Frith

les Albums Casterman, 2017

 

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Petit Elliot et la fête foraine

C'est un grand jour pour Elliot qui découvre avec son amie la souris la fête foraine ! Or, tout ne se passe pas comme prévu - Petit Elliot a peur de la vitesse, du vent, de l'eau, des clowns, de la foule... Bref, il passe une très mauvaise journée et préfère se réfugier sur la plage. Soucieuse de le consoler, son amie lui propose alors une activité qui va le réconcilier avec la fête foraine. En avant, donc, pour la grande roue (et sa double page extraordinaire) !

Que de belles illustrations au cœur de cet album qui expose la majesté, l'effervescence, les couleurs et la gourmandise de la foire ! C'est assez magique. L'histoire, ensuite, raconte les mésaventures d'un Petit Elliot tellement froussard qu'il ne sait plus apprécier les plaisirs simples des manèges... C'est finalement avec la complicité de sa meilleure amie qu'il va endurer cette journée riche en émotions !

Une jolie lecture qui cherche à apprivoiser en douceur les petites angoisses de la vie. Adorable !

Petit Elliot et la fête foraine, de Mike Curato

les Albums Casterman, 2017

 

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Les petits biscornus

Dans la forêt des arbres bleus, les petits biscornus s'en vont jouer près de l'étang. Ils s'amusent comme des fous et ne voient pas le temps passer, lorsque la nuit tombe et les empêche de retrouver leurs pas sur le sentier. La poisse. C'est alors qu'ils tombent sur une valise dans laquelle se trouve une belle lueur argentée. Cela a la forme d'un croissant et c'est léger comme un ballon.

Tiens, les petits biscornus ont envie de l'appeler Lune et l'emmènent avec eux car ils peuvent enfin voir où poser leurs bottes sans avoir peur de se perdre ! Quel réconfort... Soudain, un petit biscornu trébuche et lâche Lune qui s'envole dans le ciel, jusqu'aux étoiles. Le ciel n'en est que plus éclairé. Depuis, nos petits amis peuvent partir chaque soir en vadrouille et ne plus craindre de rentrer dans le noir.

La lune veille sur eux. Et sur les enfants. C'est tout le charme de cet album d'une douce poésie qui réinvente la légende de la lune avec beaucoup de tendresse ! La lecture a l'effet d'une berceuse relaxante avec en bonus de magnifiques illustrations dans un grand format qui fait plaisir à parcourir.

Les petits biscornus, de Nathalie Minne

les Albums Casterman, 2017

 

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La maison des bisous

Dans cette maison pleine de surprises, le jeune lecteur doit aider le petit ours à retrouver ses parents pour leur voler un bisou ! Mais en attendant, c'est la panique. Un mammouth dans le frigo, des poissons dans le bain moussant, des fourmis dans le vaisselier, une araignée sous le paillasson... Non merci ! 

C'est très drôle et ludique, car il y a des tas de flaps à soulever pour cette partie de cache-cache attendrissante. Cette maison des bisous est une invitation au bonheur - les couleurs et le graphisme sont juste ravissants ! Une jolie découverte.

La maison des bisous, de Claudia Bielinsky

Casterman, 2017

 

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Les bisous du grand méchant loup

Dans ce livre-marionnette, le lecteur se glisse dans la peau du loup. Grognon, pas content, grincheux. Dès le matin, tout va de travers : il n'aime pas se lever, ni se baigner dans l'eau froide, et encore moins tenter de se sécher avec du feu. Par contre, il adore se promener dans les bois et croiser des randonneurs à terroriser. Hélas, il est pris pour cible à grands coups de châtaignes qui piquent... Ouhloulou ! Il est finalement temps de rentrer chez lui en attendant un petit bisou pour le soulager.

Un album cartonné très sympa, qui inspire les enfants et qui donne envie de donner de la voix pour une mise en scène encore plus saisissante !
Une histoire cocasse dans un emballage réussi & original ! Très, très chouette !

Les bisous du grand méchant loup, de Jean Leroy & Laurent Simon

Casterman, 2017

 

02/11/17

Keep me in mind, de Jaime Reed

Keep me in mindGravement blessée à la tête, après une chute accidentelle, Ellia se réveille sur un lit d'hôpital avec une amnésie antérograde. Elle n'a aucun souvenir des deux dernières années écoulées et s'imagine avoir toujours quatorze ans. Elle ignore donc qui Liam, pourtant présent à ses côtés au moment de son accident, et tombe des nues de savoir qu'il est son petit copain.
Or, c'est aussi en cachette de ses parents qu'elle peut le rencontrer - tôt le matin, lors de ses sessions de jogging, ou avec la complicité de sa meilleure amie Stacey. Liam est-il responsable de son état ? Que cache-t-il des événements de ce jour tragique ? Ils étaient ensemble, et puis... ?
Tout est encore embrouillé dans l'esprit de la jeune fille. Elle se sent larguée par les émotions qu'on lui demande de ressentir, et surtout dépassée par les facettes de sa personnalité qu'elle redécouvre au compte-gouttes. 
La Ellia de seize ans ne semble plus lui convenir. 
De son côté, Liam ne désespère pas de reconquérir le cœur de sa dulcinée. Il passe ses soirées à écrire le “roman de leur romance” et nourrit de folles espérances pour raviver la flamme endormie. 
Entre séduction, charme, doute et incompréhension, leur histoire tisse des liens fragiles et néanmoins tenaces. On sent de part et d'autre une volonte d'avancer et de démêler les nœuds d'une relation passionnelle qui aurait été rompue par inadvertance.
Du moins, Liam s'y accroche comme un beau diable. Il a face à lui une adolescente perturbée et en pleine renaissance, mais frustrée parce que son personnage lui échappe. Elle cherche aussi à combler les zones floues de son accident, de percer les relations conflictuelles avec ses parents, de (re)tomber amoureuse de son petit ami impatient et d'interroger tout court ses sentiments à son sujet.
C'est super attachant, tendre et intrigant à lire. On craque facilement pour Liam dans le rôle du bel intello qui a décroché le pompon en sortant avec la mythique Ellia Dawson et qui est toujours prêt à soulever des montagnes pour la retrouver. Ellia, qui apparaît indécise et distante, est avant tout attentive à ses propres besoins. Elle choisit ainsi de prendre du temps pour se soigner au lieu de se jeter dans les bras du garçon. Et là je dis bravo.
Voilà un roman qui interroge concrètement sur les liens amoureux, les rapports de force, la dépendance affective, les refuges palliatifs, la colère contenue et les histoires de famille désunie. Cependant, l'histoire nous sert également une belle sérénade sentimentale, avec des dialogues justes, des esprits brillants et des personnalités radieuses. 
Une lecture sensible et plus réfléchie qu'on imagine.

La Martinière J., 2017 - Trad. Frédérique Fraisse

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01/11/17

Sharko, de Franck Thilliez

SharkoLe roman s'ouvre sur une scène classique de terreur : dans un bassin de requins, un type se saigne les bras et donne aux spectateurs un instant de carnage mémorable. Puis, les flics du 36 sont convoqués sur une scène de crime de nouveau sordide : un corps torturé, des sangsues et des cadavres de chats noirs. Sharko et ses collègues sont atterrés.
Or, le lecteur n'est pas dupe car, un chapitre plus tôt, il a été témoin de l'excès de zèle de Lucie Henebelle. Notre inspecteur chevronnée s'est en effet rendue seule chez un suspect, est tombée sur un os et a sorti son arme pour se sortir d'un mauvais pas. Seulement, la voilà coupable d'un meurtre et c'est son compagnon, Franck Sharko, qui accourt pour masquer le crime. Nomdédiou.
Le couple est dans l'impasse mais saisit les rênes de l'enquête pour la mener avec force et subtilité. Toutefois, cela se corse au fur et à mesure des révélations, car leur individu était loin d'être un enfant de chœur et semblait être un maillon d'une effroyable chaîne de barbarie.
Dans leur entourage, Nicolas Bellanger est au taquet. Déterminé à fouiller le passé du tortionnaire, à comprendre son exécution, à aller jusqu'au bout de l'énigme, le policier flirte avec la zone rouge, portant encore les stigmates de l'affaire Pandemia.

Au final, j'ai été aspirée par l'engrenage impitoyable que va déployer F. Thilliez. C'est du lourd, de l'innommable, dans le genre thriller intransigeant. L'intrigue bascule dans des sentiers perdus, on y trouve du sang, des vampyres, des sectes et des trafics. Toujours et encore. C'est un pur cauchemar, une vision de notre société et de l'humanité bien laide et déprimante. Au milieu de tout ça, le couple Sharko tient bon la barre en dépit de la menace rampante. Lucie est plus fébrile que jamais, tandis que Franck se veut un roc solide et intouchable, mais voilà... que du faux-semblant tout ça ! Cela m'a évidemment bien plu, il y a du rythme, de l'émotion et du crapuleux, j'ai aimé plonger dans les méandres de cette histoire effroyable et sordide. 

Par contre, côté technique, j'ai eu comme un souci avec la voix de Michel Raimbault, pourtant fidèle lieutenant de la garde, coutumier d'être le performeur en chef de la série Sharko & Lucie. Or, cette fois, grosse déception - une voix vieillissante pour notre flic roué et aguerri - ¿ qué pasa ? Malgré une interprétation de fine mouche, j'ai trouvé le trait forcé et déplaisant, en plus de donner un coup de vieux aux personnages. On réajuste la mesure, et c'est ok pour moi. ;-)

©2017 Fleuve Éditions / Audiolib lu par Michel Raimbault

Durée : 17 h 11 min

 

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In Tenebris (La trilogie du mal #2), par Maxime Chattam

in tenebris audio

Deux ans après son enquête cauchemardesque subie dans L'âme du mal, Joshua Brolin a démissionné de la police et travaille en privé pour aider les familles à retrouver leurs proches disparus. Son expérience et son analyse de profiler ont rapidement fait son succès. Engagé sur une nouvelle disparition, Brolin est ainsi amené à se rendre à New York où il rencontre l'inspecteur Annabel O'Donnel, dont l'équipe travaille actuellement sur une série de kidnappings qui les fait flirter avec l'innommable - victimes scalpées, corps amoncelés dans un wagon, secte monstrueuse, gourou sanguinaire, et j'en passe. Pour Annabel, cette enquête dépasse l'entendement. Elle n'hésite donc pas à se servir des connaissances de Brolin pour avancer dans les limbes de l'Enfer.

Il y a un léger mieux dans ce deuxième épisode que j'ai trouvé moins ronflant et allégé en détails didactiques. Chattam s'inspire toujours des séries américaines pour conduire son intrigue - petite pensée pour Twin Peaks, avec le sinistre Bob et le dénommé Lynch, mais sans le café ou la cherry pie ! La mécanique est tout de même imparable, puisqu'il lâche facilement du suspense en fin de chapitre pour inciter à tourner les pages plus vite. Il affûte également sa prédilection pour la perversité de l'âme humaine en croisant des histoires hallucinantes et effroyables. Son histoire est franchement tordue et soulève des hauts-le-coeur. Cette fois, Brolin n'est plus le seul impacté et la nouvelle recrue, Annabel, aura beau jeu de se frotter aux arcanes maléfiques dans le dernier volume de ce triptyque. Une lecture traumatisante, mais pas encore aboutie car j'avais deviné le dénouement et déploré le style mielleux ou les expressions à deux balles, comme la tige de nicotine, tsss.

Prochain épisode : Maléfices !

>> Ce livre audio est proposé par Audible en téléchargement.

Texte lu par Véronique Groux de Miéri & Hervé Lavigne - Durée : 15 h 26

Série : La trilogie du mal, Livre 2

©2004 Éditions Michel Lafon (P)2008 Éditions VDB


30/10/17

Pêle-Mêle : Le voyage d'Ignacio - Tant pis pour la pluie ! - Mes endroits à moi

Le voyage d'ignacio

Ignacio est impatient de rendre visite à son cousin Hans, qui vit dans le grand Nord. Mais à l'annonce de cette nouvelle, ses amis Ferdinand et Ernest fondent en larmes et le supplient de ne pas les abandonner. Ignacio est faible et accepte de repousser son voyage, or c'est au tour de son cousin d'être très déçu de son choix. Ignacio est pris entre deux chaises. Malheureux, il s'enferme dans le silence et n'ose pas confier son tourment.

Pourtant, il fait bonne figure et participe aux activités organisées dans la forêt, comme la récolte des noisettes pour préparer la pâte onctueuse qui régale toutes les papilles. Car au fond de lui, Ignacio ressent tristesse et frustration. Même le soir de son anniversaire, parmi ses plus chers amis, son cœur n'est pas à la fête et le renard s'enfonce dans la déprime.

Branle-bas de combat chez nos joyeux camarades qui comprennent tardivement qu'en accaparant exclusivement l'amitié d'Ignacio, ils le privent de vivre ses propres rêves. Ses copains n'ont pensé qu'à eux et le regrettent, si bien qu'ils veulent réparer leur maladresse ! C'est toute une histoire de partage et d'entente, finalement. Voler de ses propres ailes, se lancer dans une aventure, prendre des risques, se mettre à la place de l'autre et comprendre ses attentes.

Voilà une jolie histoire qui désamorce les malentendus en les résolvant en toute simplicité ! Amitié, tendresse, compréhension et partage en sont les règles d'or. C'est tout aussi joliment illustré et donne à lire un album généreux et d'une grande sensibilité ! 

Le voyage d'Ignacio, d'Anne Cortey & Vincent Bourgeau

Grasset jeunesse, 2016

 

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Tant pis pour la pluie

Que faire les jours de pluie, à part se morfondre chez soi en soupirant d'ennui ? ! Les enfants, pourtant, rêveraient de se faufiler dehors et jouer à chat-mouillé. Au lieu de ça, ils se contentent d'écouter la petite musique des gouttes d'eau et rêvent de tresser des couronnes de pissenlits. Ils observent par la fenêtre une bergeronnette se réfugier dans l'arbre ou un escargot tracer sa route. Plus la pluie chante à tue-tête, plus l'envie d'en découdre gagne nos bambins. Finalement, maman craque et ordonne d'enfiler les cirés. Allez ouste, on sort d'ici !

Quelle belle ode à la pluie, souvent synonyme de grisaille et de mélancolie. Cette lecture montre un aspect plus poétique et enchanteur des bonnes rincées, ici tout sonne doux, tout semble dépaysant, tout paraît déchargé de toute contrainte. C'est une invitation à courir dans les flaques et à jouer à la pêche ! Tout est soudain plus joyeux et débordant de pep's. À l'image du texte chantant, qui se lit comme une comptine. Un chouette album qui invite à penser positif ! ☺

Tant pis pour la pluie ! de Stéphanie Demasse-Pottier & Lucia Calfapietra

Grasset jeunesse, 2017

 

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Mes endroits à moi

Alice nous entraîne à la découverte de ses endroits préférés, à commencer par sa maison, “son château, son abri”, où l'on trouve même une table ronde, comme celle du roi Arthur ! Puis, un petit tour dans la serre où elle se sent pousser des ailes d'exploratrice dans cette jungle peuplée de plantes inconnues. Alice aime aussi le théâtre - un lieu si calme et surprenant, qui fait bouillonner son imagination - tout autant que le musée, où elle découvre sans cesse de nouvelles choses et apprend à peaufiner sa sensibilité artistique.

Alice voue également une admiration sans borne pour les pompiers, “des acrobates qui surgissent pour vaincre les flammes”. Elle adore le cocon douillet de la bibliothèque, plonger son nez dans les livres pour se perdre au bout du monde ou se faire des nouveaux amis. Et n'oublions pas le planétarium, où sous le toit en forme de dôme, la fillette contemple l'univers avec ses constellations, ses planètes, ses étoiles...

Encore un bel album sur l'enfance qui dévoile ses secrets à travers son univers familier et qui laisse apparaître un champ des possibles vaste et incroyable. L'histoire fait la part belle à la poésie et à l'imagination, tout en explorant un graphisme frais et lumineux pour une jolie balade distrayante. En fin de parcours, c'est au tour du lecteur de se pencher sur ce qui l'entoure et constitue “ses endroits à lui”. 

Mes endroits à  moi, de Gaia Stella

Grasset jeunesse, 2017

 

Pêle-Mêle : Banquise blues - Sonnette entre Chien et Loup

BANQUISE BLUES

Un petit manchot, sur sa banquise, se plaint du froid, des poissons, de l'eau salée, du troupeau, de solitude, des montagnes, des orques, en bref il se sent incompris. C'est alors qu'un morse lui serine un long discours philosophique pour qu'il accepte et aime sa vie telle qu'elle est.

J'ai adoré ce petit manchot bougon, qui râle tout le temps et qui fait preuve d'un bel esprit de contradiction comme les enfants. Son plaisir, tout court, c'est ronchonner constamment. Il a, certes, bien conscience de sa chance (d'avoir une vie plutôt cool) mais c'est un souffle de vie que de rouspéter. Qu'on se le dise ! Voilà un album drôle et caustique, magnifiquement illustré par Lane Smith qui nous embarque dans son univers polaire parmi les manchots. C'est magique ! ♥
Une lecture cocasse
 pour prendre les petits problèmes du quotidien avec le sourire !

 ♥ Banquise Blues, de Jory John & Lane Smith ♥

Gallimard Jeunesse, 2017

 

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sonnette entre chien et loup

Voilà une autre petite merveille ! Un album au grand format qui envoie du rêve avec ses illustrations en aquarelle aux teintes crépusculaires, soit cette parenthèse “entre chien et loup” qui invite à l'évasion.

Sonnette est une petite parisienne, qui rêve d'une ville où les arbres, les plantes et les fleurs pourraient pousser un peu partout ! Accompagnée de Chien et de Loup, elle parcourt Paris et sème des graines dès qu'elle aperçoit un peu de terre. Au-delà de son désir de verdure, la fillette nous fait également découvrir Paris comme il est rarement possible de la visiter - une ville aux jardins secrets, car sous les rues bétonnées, les immeubles et les pavés, se cachent des milliers de plantes qui n'attendent que ça pour exploser à la surface et parader aux yeux de tous.

C'est ainsi un festival de couleurs et de sensations que l'on découvre... avec en bonus 10 lieux extraordinaires à visiter en vrai (les vignes de la butte Bergeyre, l'oasis d'Aboukir ou le square Récamier), non sans s'être équipés d'une précieuse “boule de graines” que Sonnette confectionne elle-même. Et comme c'est une chic fille, elle donne toutes les astuces pour en fabriquer à son tour !

Un album poétique et instructif ! Un précieux sésame pour conquérir Paris. ♥☺

Sonnette entre Chien et Loup, de Victor Coutard & Pooya Abbasian

Gallimard jeunesse Giboulées, 2017

 

27/10/17

Pêle-Mêle : Pfff... - Le bain de Berk - On fait la taille - Monsieur Émile et Petit Tom - Puisque c'est ça, je pars !

PFFF

Privés de tablette par leur papa, afin de les inciter à jouer dehors, Roro et Merle traînent la patte et soupirent haut et fort. C'est trop nul, ils n'ont pas envie, ils s'ennuient... Papa leur suggère de faire du foot ou de la balançoire, puis décide de gonfler la piscine. Mais Roro et Merle font toujours preuve de mauvaise grâce, jusqu'à l'arrivée de Pinson, qui plonge tout de go dans l'eau froide. Youpi, que la fête commence ! 

Une histoire adorable, qui montre l'addiction pernicieuse des enfants avec les écrans, d'où leur manque de motivation à se bouger et à trouver des centres d'intérêt plus concrets. Claude K. Dubois distille tendresse et humour à ce portrait d'une jeunesse molle et passive, qui retrouve néanmoins toute sa fraîcheur grâce à un simple Prout ! Très, très drôle.

Pfff... de Claude K. Dubois

Pastel de l'école des loisirs, 2017

 

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LE BAIN DE BERK

Imaginez votre doudou fétiche basculer accidentellement dans l'eau du bain, ses copains assistent au désastre et poussent de grands cris d'effroi. Vite, pas de temps à perdre. Ils doivent se lancer dans une mission de haute volée pour le sauver. Mais attention, le bord de la baignoire est glissant, et dans la précipitation, des flacons de savon peuvent se renverser et provoquer une mousse si dense qu'on se croirait dans un brouillard opaque. Et notre doudou plongé dans les remous du bain, en train d'étouffer... C'est la panique à bord ! On saute, on éclabousse, on déborde...

Ceci explique sans nul doute l'état de la salle de bain, mais l'enfant se défend d'en être le responsable. C'est la faute de Berk, son doudou, dont on rappelle déjà les mésaventures dans Le Mange-Doudous. Cette nouvelle histoire se lit avec autant de plaisir et inspire une franche rigolade, car tout est combiné pour séduire et enchanter les enfants : des doudous espiègles, des péripéties fabuleuses, un tourbillon d'émotions et un graphisme éclatant de pep's. C'est tout bon, j'ai adoré !

♥ Le bain de Berk, de Julien Béziat ♥

Pastel de l'école des loisirs, 2016

 

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ON FAIT LA TAILLE

Ce jour-là, Lapin est d'humeur conquérante car il prend tous ses copains de haut, sous prétexte que c'est lui le plus grand. On fait la taille ? Avec ses grandes oreilles, forcément, il bat tout le monde à plates coutures. Ce n'est pas juste, soupirent Cochon, Canard, Chèvre ou Poule. Mais quand le ballon est envoyé trop fort dans le décor, il faut s'entraider pour le récupérer. Alors c'est qui le plus grand ? C'est tous ensemble !

L'histoire pose un regard cocasse sur la compétition au sein du groupe, avec ce sentiment d'en imposer aux autres, sous prétexte d'avoir une tête qui dépasse les copains par exemple. Le trait d'Émile Jadoul est toujours aussi charmant, avec ce zeste de tendresse qui dessine avec justesse les relations parfois conflictuelles entre les enfants, sauf si celles-ci sont désamorcées avec douceur et sourire, comme dans cette lecture. ☺ 

On fait la taille, d'Émile Jadoul

Pastel de l'école des loisirs, 2017

  

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MONSIEUR ÉMILE ET PETIT TOM

Frustré de ne pouvoir jouer avec Monsieur Émile, qui préfère lire dans son coin, Petit Tom se replie sur l'art créatif et commence à dessiner. Seulement, à force de faire des boucles, et encore des boucles, celles-ci partent en roue libre et viennent entortiller notre Petit Tom qui crie à l'aide. Un instant plus tard, ce sont ses dessins qui ne remplissent plus sa feuille de papier mais vont déborder sur les murs de sa chambre ! Il y en a partout, vite un simple coup de balai et les gribouillis deviennent une belle couette pour s'endormir !

Je n'aurais franchement pas soupçonné le potentiel délirant et imaginatif de cette histoire d'après sa couverture, c'est dire comme la lecture de cet album vous réserve de bien belles surprises ! À découvrir avec des yeux ahuris et l'esprit grand ouvert aux extrapolations. Un rendez-vous inattendu et charmant.

Monsieur Émile et Petit Tom, d'Anne Isabelle Le Touzé

Pastel de l'école des loisirs, 2017

 

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PUISQUE C’EST ÇA, JE PARS

Norma et sa maman passent l'après-midi au parc, mais accaparée par son jeu avec Jojo, sa peluche enfouie dans le sable, la fillette n'entend pas l'injonction maternelle. Car il est l'heure de partir, ou du moins, Norma veut mener son histoire jusqu'au bout, puis partir au moment qu'elle a elle-même décidé. Sauf que ça tombe pile quand sa mère est au téléphone et ne l'écoute plus. Mécontente, vexée, la petite fille boude et décide de partir sans plus attendre. Elle croise son ami Félix, lui aussi en pleine rébellion. Tous deux partent s'aventurer dans les feuillages et vont explorer l'envers du décor... ô combien surprenant et fabuleux !

Cet album s'adresse aux enfants qui reprochent à leurs parents de ne pas être suffisamment disponibles, aux accros des portables et des SMS qui rongent votre quotidien, aux imaginations débordantes, aux caractères capricieux, aux doudous en grève, au pouvoir de lâcher prise et aux regrets éternels car on ne se lasse jamais d'une maman. Un album grand format remarquable, avec une héroïne assez peste dans son genre... ^-^

Puisque c'est ça, je pars ! de Yvan Pommaux

l'école des loisirs, 2017

 

Pêle-Mêle : Maudit Troll ! - Jo le très vilain petit canard - Les tototes de Toni - Chien Bernard

MAUDIT TROLL

Affamés, trois boucs se languissent dans leur pré où il n'y a plus un seul brin d'herbe à se mettre sous la dent. Ils rêvent de franchir la rivière, en passant par le pont, pour rejoindre le pré voisin. Seulement voilà, un horrible troll a élu domicile sous le pont. Et lui rêve de dévorer les trois boucs ! Il n'attend que ça de voir les boucs traverser le pont pour les croquer à pleine gueule. Blurp. 

Nos trois boucs cherchent vaillamment des solutions - traverser la rivière en barque ou en ballon, sauter à la perche... Rien n'y fait. Toutes leurs tentatives sont sabotées. Devinez par qui ? Mais ça, vous êtes prévenus, il faut crier “voilà le troll” ! Les trois boucs n'ont plus d'autres choix que de traverser le pont, de faire face au troll et d'allier la ruse à la prudence. Si, si. La partie n'est pas encore gagnée, gare au troll !

Quelle lecture exquise et poilante ! On s'amuse à suivre les péripéties des boucs, d'abord dans la mise en pratique de leur fuite en avant, puis dans leur tête-à-tête avec le troll. C'est drôle, c'est bête, c'est cocasse. Les illustrations sont réjouissantes, avec en sus des petits rabats à soulever pour espionner ce maudit troll. C'est un album réjouissant et riche en rebondissements. Très  bon point !

Pour la sortie du livre Maudit troll ! Peter Utton vous propose un masque de troll à télécharger !

Maudit Troll ! de Sally Grindley & Peter Utton

Pastel de l'école des loisirs, 2017

 

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JO LE TRÈS VILAIN PETIT CANARD

STOP ! Ne dites surtout pas à Jo qu'il est mignon, adorable, gentil et tout ça. Jo a décidé d'être un très vilain petit canard. C'est dit, il va passer sa journée à prouver qu'il est méchant et ruine volontairement sa réputation en insultant ou mordant tous ses amis. Rholala. À la fin, Jo a gagné son titre de bad duck. Le voilà fier comme un coq, sa malice a porté ses fruits. Sauf que Jo se retrouve aussi tout seul. Ses amis lui ont tourné le dos. Et ne parlons pas des gros vilains... C'est la misère.

À la base, Jo avait juste le désir d'être pris pour un grand... car les gouzi-gouzi, ça va un temps. Toutefois, notre petit canard a choisi de basculer du côté de la force obscure, d'où son désarroi d'être seul face à lui-même en bout de parcours. Une vie sans copains ? Non, pas question. Heureusement, sa rencontre avec la jolie Nounie va lui redonner goût à la mignonnerie ! ^-^

Une lecture tout simplement adorable et cocasse, comme tous les albums de Catharina Valckx ! ♥

Jo le très vilain petit canard, de Catharina Valckx

l'école des loisirs, 2017

 

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LES TOTOTES DE TONI

Le papa de Toni trouve celui-ci trop grand pour prendre la totote, mais le petit loup proteste. C'est lui, et lui seul, qui décidera où, quand, comment. Un soir, seul avec sa petite sœur, Toni trouve ça trop cool de slurper ensemble devant la télé. Mais au moment de se coucher, c'est le drame. La totote de Lina a disparu. Pour Toni, l'instant du sacrifice est arrivé... 

Simple, efficace et amusant ! Un album qui guide doucement l'enfant à adopter des gestes de “grand” sans volonté de culpabiliser ou de faire la leçon. Arrêter ou pas la totote, telle est la question qui résonne dans de nombreux foyers ! 

 

Les tototes de Toni, de Maria Jönsson

Pastel de l'école des loisirs, 2017

 

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CHIEN BERNARD

Un simple coup d'œil à la couverture, et j'ai déjà envie de faire un gros câlin à Bernard ! Ce gros toutou, encore pataud, n'a pas tout à fait un an lorsqu'il découvre au petit matin un paysage tout blanc, froid et humide. Par contre, la petite Bérénice est folle de joie et pousse son gros chien à sortir pour jouer ensemble dans LA NEIGE. Beurk, Bernard n'est pas du tout à l'aise. Il tremble, il a peur, il n'est pas rassuré. Et la petite Bérénice qui saute partout, qui glisse, qui grimpe dans les arbres en toute insouciance. Bernard est épuisé.

Et puis, BOUM ! Un grondement terrible retentit, puis une énorme masse blanche fonce sur le chien. Panique à bord. Bernard ignore encore qu'une avalanche vient d'engloutir la petite fille et s'imagine d'abord avoir été abandonné. À peine le temps de sécher ses larmes, Bernard plonge dans la poudreuse pour une mission de sauvetage qui fait battre les cœurs ! 

Une belle lecture pleine d'émotions et qui montre aussi ô combien le lien entre l'enfant et le chien est précieux. ♥ 
Un album formidable, au grand format très appréciable pour savourer les illustrations, les couleurs et la tendresse qui s'y déploie. Magnifique !

Chien Bernard, de Dorothée de Monfreid

l'école des loisirs, 2017