28/05/18

Le bracelet, d'Andrea Maria Schenkel

le braceletPrintemps 1938, à Rastibonne, près de Munich. La famille Schwarz sent grossir la haine antisémite et décide de quitter le pays pour se rendre à Shanghai. Mais au dernier moment, le père renonce à fuir et abandonne les siens sur les quais de Gênes, en Italie. Le jeune Carl a une dizaine d'années et souffre en silence de la défection paternelle. Pourtant, une nouvelle vie l'attend, auprès de sa sœur et sa mère, et avec leurs compagnons de voyage, qui vont former une petite communauté solidaire face à leur destin de réfugiés dans l'océan Pacifique. En 2010, Carl est un vieil homme qui coule une retraite paisible dans la banlieue de New York avec sa femme Emmi. C'est après avoir reçu un coup de fil par des agents travaillant pour le futur musée de l'Holocauste qu'il va replonger douloureusement dans son passé et réveiller des souvenirs enfouis.

En presque 400 pages, l'auteur Andrea Maria Schenkel nous plonge dans une saga passionnante, convoquant des personnages aux destinées bouleversantes, entre la Bavière, le bassin méditerranéen, la ville de Shanghai et les États-Unis, durant les années sombres de la guerre. La construction est habile, brassant les visages et les rebondissements, s'imprégnant au mieux des ambiances et des changements de décor, pour un rendu efficace car on tourne les pages avec curiosité et impatience. La révélation finale tombe un peu comme un cheveu sur la soupe - inattendue et stupéfiante, elle nous laisse un peu sur notre faim mais nous plonge aussi dans une profonde réflexion teintée de tristesse et d'amertume. Ceci n'enlève, toutefois, en rien l'excellente appréciation qu'a su m'inspirer ce roman ! La lecture est en effet prenante et instructive, éclairant parfois des chapitres méconnus (Shanghai devenu un centre pour les réfugiés et les juifs d'Europe, mais aussi les enlèvements d'enfants en Allemagne pour gagner les précieuses croix des Mères). 

Très bon roman, assez marquant et poignant. Je conseille.

Actes Sud (2018) - traduit de l'allemand par Stéphanie Lux

 

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Un cri sous la glace, de Camilla Grebe

UN CRI SOUS LA GLACEEmma Bohman est une jeune femme à la petite vie tranquille et monotone. Employée dans une grande chaîne de vêtements, elle tombe un jour sous le charme de son patron, le séduisant Jesper Orre. Leur liaison clandestine va néanmoins connaître une fin brutale car l'homme disparaît sans crier gare, malgré leurs récentes fiançailles. Ébranlée par ce soudain désistement, Emma commence à douter. Seule avec ses secrets, elle perd de plus en plus pied.

Peu de temps après, la police découvre, dans la maison de Jesper Orre, le cadavre d'une femme avec la tête tranchée. L'enquête est conduite par Peter Lindgren, un policier désabusé, bientôt rejoint par un profileuse de renom, Hanne Lagerlind-Schön. Or, ces deux-là se connaissent car ils ont vécu une liaison passionnelle dix ans plus tôt, laquelle s'est achevée abruptement, laissant les anciens amants meurtris et amers.

À tour de rôle, les trois protagonistes nous font avancer dans le dédale de cette histoire tarabiscotée et au suspense tendu. Les secrets des uns et des autres viennent peu à peu approfondir l'enquête et agrémenter la lecture d'une note d'angoisse pesante et latente. C'est bien ficelé, assez glaçant et dramatique dans son genre. Le cadre suédois reste - à mes yeux - un supplément d'âme et d'attrait non négligeable. Même si je n'ai pas accroché aux personnages, je reste curieuse de connaître la suite de leur histoire (cf. Le journal de ma disparition). En attendant, ce premier contact offre une évasion appréciable, riche en frissons et autres émotions, car le dénouement est assez inattendu !

Calmann-Lévy, 2017. Traduit du suédois par Anna Postel

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25/05/18

Les anges mordent aussi (Felicity Atcock 1) de Sophie Jomain & lu par Lila Tamazit

Relecture audio d'un roman découvert en 2011.

Les anges mordent aussi Felicity Atcock 1

Felicity Atcock est affolante de maladresse et de naïveté ! On la découvre, dans ce tome 1, s'embarquer dans des aventures pas croyables (des virées en boîte de nuit, des nuits d'amour et des beuveries insensées) pour finalement être au milieu d'une enquête criminelle et le témoin encombrant de serviteurs célestes envoyés sur Terre (et le sandwich plus ou moins consommé de ces mêmes créatures surnaturelles).

Bon. Plus d'une fois, ma fibre féministe a fait des bonds d'horreur et d'incompréhension... écœurée surtout par le machisme ambiant. Au secours ! Certains clichés récurrents en bit-lit demandent à être dégraissés, dans un contexte où l'on cherche justement à sensibiliser le public face aux abus sexistes (paroles, gestes impardonnables). M'enfin... Cela reste de la lecture de détente - 9 heures d'une histoire farfelue, avec une héroïne 100% cruche, qui brandit l'humour sarcastique à hautes doses. 

Certes, c'est lourd, cela manque de subtilité... on peut s'y habituer à la longue, mais les détails crus et vulgaires de certaines scènes m'ont fait souvent lever les yeux au ciel. Mamma mia, c'est à prendre comme un gros délire survolté. Rien de neuf sous le soleil. Mais Lila Tamazit livre une performance décente et amusante.

©2011 Rebelle Éditions (P)2018 Audible Studios

 

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La plus belle de toutes, de Rachel Corenblit

La plus belle de toutesLPBDT revient pour sa deuxième saison avec six nouvelles candidates en quête de gloire, de fortune et de célébrité ! Elles ont seize ans et signé un contrat en béton, dans lequel elles s'engagent à partager six jours et cinq nuits dans un Palace, sous les yeux des caméras, jouant le jeu de la production avide de séquences fortes. Pas de place pour les états d'âme. Le public réclame des larmes, du buzz et du glamour. Que le show commence !

Sous le vernis artificiel, au-delà des portraits figés sur papier glacé, se dévoilent finalement des personnalités beaucoup moins anecdotiques et superficielles. Ainsi, nos six prétendantes - Eloane, Juliette, Barbara, Sacha, Kamélia et Shannon - vont prouver qu'elles ne sont pas de simples étiquettes, et encore moins des marionnettes entre les mains d'un système perfide et malsain.

Le procès n'est pas nouveau et Rachel Corenblit livre une analyse caustique de la téléréalité dans ce roman cruel et amer (cf. le dénouement). La mise en scène est assez expéditive - on assiste à peu de coups bas entre ados aux dents longues. Celles-ci vont au contraire s'entraider et faire capoter les plans du programme. On s'attend alors à une dénonciation dans les règles de l'art, et bim ! l'orchestration finale est verrouillée par les mains habiles d'une animatrice mégalo et rancunière.

La couverture est géniale, l'idée prometteuse et insolite. Cette lecture rappelle qu'au-delà du strass et des paillettes - « La télé est plus forte que tout. L'amitié, l'amour. Même la possibilité de se révolter n'existe plus. Tout est faux. »  - amen. ☺

doAdo aux éditions du rouergue (2018)

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24/05/18

Brouzouf Tour ou la folle virée avec ma grand-mère complètement barrée, de Cécile Chartre

Brouzouf tourVictorien, quatorze ans, a des rêves en grand et une grand-mère toujours partante pour le soutenir dans ses projets. Lassés de regarder les candidats lambda décrocher le pactole à un jeu télévisé, ils décident de tenter leur chance pour remporter, à leur tour, “un maximum de brouzoufs” !

Contre eux, les obstacles s'accumulent - ils vivent à 800 kilomètres de Paris, n'ont pas un sou en poche et misent sur le covoiturage pour se rendre aux présélections. Mais l'aventure ne refroidit pas leur enthousiasme. Colette s'offre même le luxe d'un détour à Saint-Étienne pour revoir son premier grand amour.

Et que c'est drôle ! J'ai franchement souri sur toute la ligne - péripéties déjantées, rencontres improbables, échappées belles et humour à tous les étages. Le ton est pétillant, savoureux et cocasse. On ne s'ennuie pas un instant. L'histoire est farfelue et néanmoins pleine de tendresse. En gros, un petit bouquin franchement extra pour se détendre les neurones.

doAdo chez rouergue (2018)

96 pages

Thèmes : FamilleHumourRelation enfant/personne âgéeTravail / Argent / Chômage

 

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En poche ! Nous les menteurs, de E. Lockhart

Nous les menteursL'été de ses 15 ans, Cady passe ses vacances sur l'île de la famille Sinclair quand elle manque de se noyer et finit aux urgences avec un traumatisme crânien. Depuis, la jeune fille a la mémoire en vrac et souffre de migraines foudroyantes.

Éloignée du giron familial pendant deux ans, Cady y retourne dans l'espoir de raviver ses souvenirs. L'adolescente n'en peut plus de retrouver ses cousins, Mirren et Johnny, ainsi que Gab, son grand amour. Or, l'ambiance à Beechwood n'est plus la même - les silences sont lourds et les secrets pesants, faisant poindre une vérité cruelle et amère.

Prenez garde, en effet, à cette fausse lecture estivale ! On s'imagine partager un moment de calme et de douceur dans un cadre enchanteur avant de réaliser les fissures et les fêlures. En attendant, on gobe tout, sans réfléchir. On se laisse bercer par le ronron des vagues, on hume les bonnes odeurs de cuisine, on s'étourdit des parfums du jardin, on se prélasse au soleil, on bouquine paresseusement, on rit et on joue en toute innocence...

Prenez garde (bis) - les apparences sont trompeuses. On le devine au ton grave et cérémonieux de Cady, dépossédée d'une histoire dont elle redessine les contours avec parcimonie. On la suit méthodiquement, tout en guettant les signes du faux-semblant et en échafaudant toutes sortes de théories. Au final, on ne voit rien venir. Et la réalité pulvérise les limites de votre imagination ! 

Le roman réussit à combiner une ambiance hors du temps, des personnages attachants, une intrigue envoûtante, des secrets à la pelle et des rebondissements inattendus. Le cocktail est goûteux et explosif. Très bon !

Pôle Fiction (2018) - traduit par Nathalie Peronny pour Gallimard Jeunesse

 

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17/05/18

La vie et moi, de Cecelia Ahern

la vie et moi

Lucy Silchester, bientôt 30 ans, a rendez-vous avec sa Vie. Depuis deux ans et quelques, la jeune femme a complètement négligé son existence et ne cesse de mentir à son entourage - plaquée par son mec, elle a raconté partout que c'était elle qui était partie. Depuis, ses amis font la fine bouche et refusent de la plaindre.
Lucy a également perdu son boulot et travaille dans une agence où elle prétend parler espagnol - encore un mensonge. Ses relations avec sa famille sont également fuyantes, ses frères ont des carrières brillantes, mais face à ses échecs, son père se montre particulièrement froid et amer.
Au final, Lucy préfère vivre cloîtrée dans son petit appartement avec pour seul compagnon un chat - dont elle doit cacher l'existence, car les animaux sont interdits dans l'immeuble. Sa voisine a un bébé invisible... En bref, tout fout le camp.
Face à sa Vie - incarnée par un vieux type mal fagoté, rebaptisé Cosmo Brown - Lucy n'en mène pas large. Certes, le bilan est désastreux. Raison de plus pour détester cet individu, son contrat et leurs rendez-vous, avant de se raviser en se lançant dans une grande campagne de reconquête de Sa Vie.
Première mission : ne plus mentir. 

Ce roman de Cecelia Ahern a été un petit bonbon sucré ! Vraiment délicieux à déguster.
J'ai adoré y plonger et partager un bout de chemin auprès de Lucy. Au départ, la jeune femme collectionne les bourdes, les stupidités et les bobards. C'est un peu lourd et agaçant, et puis... on finit par découvrir une Lucy plus sensible et fragile - dont on excuse chaque faux pas au fil des chapitres.
Résultat, on peste et on soupire mais au final on rit et on glousse beaucoup aussi !

Le tandem formé par Lucy et Cosmo Brown est impayable - l'auteur a le chic de mettre en scène des duos improbables dans des aventures colorées. C'est drôle, et en même temps chaleureux et bienveillant. Tous les personnages sont attachants. On se sent en famille, très à l'aise, comme dans un cocon douillet. Oui, cette lecture fait un bien fou ! C'est joyeux et bon enfant. Tout simplement adorable. 
On ressort de cette lecture en soulignant qu'il faut chouchouter sa Vie « parce qu'elle vous appartient, elle est ce que vous êtes, elle est toujours là pour vous encourager ». ♫♪ C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup... ♪♫ 
Une lecture au TOP ! Je recommande.

©2012 Flammarion. Traduit de l'anglais (Irlande) par Perrine Chambon et Arnaud Baignot

(P)2018 Audible Studios. Texte lu par Carine Obin (durée : 13h env.)

►Excellente lecture audio ! Une jolie voix pour une écoute favorable à la détente.

 

16/05/18

Le chagrin des vivants, de Anna Hope

le chagrin des vivantsEn ce début de novembre 1920, trois femmes sont plongées dans les plus noirs tourments - Ada a perdu son fils unique dans les derniers jours de la guerre et demeure inconsolable au point de vivre parmi les fantômes en s'imaginant que Michael cherche à la contacter ; Hettie est danseuse de compagnie au Hammersmith Palais où elle rencontre des anciens soldats parfois lourdement handicapés, mais espère secrètement voir son destin basculer ; Evelyn travaille au bureau des pensions de l'armée, croise des âmes meurtries et égarées, n'en peut plus de supporter ce ballet désespérant, pense à son fiancé décédé et perd les pédales quand on évoque le nom de son frère...

Pendant ce temps, le royaume prépare en grandes pompes le rapatriement du corps du Soldat inconnu, au cours d'une cérémonie d'hommage tardive mais bouleversante. Toute une foule se masse pour soulager leur deuil ou leur chagrin, pour saluer le sacrifice d'une génération, pourtant si longtemps bafouée car tous ont cherché à effacer le choc des épreuves et oublier les horreurs des tranchées.

On suit donc trois femmes durant cinq jours dans cette atmosphère d'après-guerre merveilleusement esquissée. On ressent le poids des larmes, l'amertume des vivants, l'ahurissement des survivants, la colère et l'incompréhension, les secrets et les drames. C'est loin d'être gai, mais c'est prenant. J'ai immédiatement été aspirée par ces bribes de vies, j'ai trouvé dans chaque destin une force et une sensibilité rares, j'ai aimé aussi la préciosité des personnages et la description des sentiments. Le style est impeccable, le ton juste, la note pure, avec une touche finale pleine d'espérance. Un roman remarquable, à la fois poignant et transcendant, aux émotions à fleur de peau. Très belle lecture ! 

Folio, 2017 - Traduit par Élodie Leplat

Titre VO : Wake

 

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#En poche ! Chanson douce de Leïla Slimani

chanson douce folioLouise est engagée comme nounou pour soulager Myriam, mère de deux jeunes enfants, qui décide de relancer sa carrière d'avocate, ne supportant plus d'être confinée chez elle, engoncée dans son rôle de maman. Toute la famille accueille ses services avec chaleur. Une véritable aubaine. Louise est menue, fragile, discrète, efficace. Le couple ne tarit pas d'éloges, leurs amis sont admiratifs et leur envient cette perle rare, babillant sur leurs propres déconvenues ou autres tristes expériences en matière de “personnel” peu qualifié.

Louise s'installe donc dans leur quotidien telle une petite fourmi ouvrière, rapide, utile, rassurante. Les enfants redécouvrent la présence affective d'une figure féminine, à défaut d'avoir leur mère, qui fuit - toujours - le foyer. Celle-ci ne s'y épanouit plus et panique rien qu'à l'idée de perdre leur nounou. En effet, son mari évoque une sensation de malaise en sa compagnie. Il n'a pas les mots pour l'exprimer, mais il incite sa femme à chercher d'autres alternatives.

En attendant, le couple continue de s'appuyer sur Louise, femme secrète, silencieuse et troublante. Femme dangereuse. On le sait, le roman s'ouvre sur une scène dramatique, les deux enfants sont morts. Qui, comment, pourquoi. Le roman décrypte tous les signes, tous les signaux, et s'applique à recadrer un tableau sinistre et dérangeant d'une dépendance mutuelle et d'une psychose latente. Le ton est sec et glaçant, mais délivre un suspense envoûtant en nous confiant cette triste radiographie de notre société (ambition, apparence, pouvoir, soumission, autonomie, folie...). Nul n'est épargné - seules les victimes nous touchent par leur innocence et l'injustice de leur tragédie. Pour le reste; la condamnation tombe - implacable et insoutenable.

Collection Folio (n° 6492), Gallimard

 

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14/05/18

Trois filles en colère, de Isabelle Pandazopoulos

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Suzanne et Magda sont cousines et viennent de partager cinq années sous le même toit à Paris. Nous sommes en 1966, Magda rentre chez elle en Allemagne, rejoindre sa famille enfin réunie à Berlin-Ouest.
Toutes deux s'écrivent et se racontent leur quotidien - l'une cherche sa place dans une société qui l'étouffe et prend en grippe le modèle de ses parents, qui sauvent les apparences alors que son père collectionne les liaisons et sa mère tombe en dépression après une grossesse non désirée ; l'autre prend ses marques dans une ville inconnue, auprès d'une famille meurtrie et repliée dans ses secrets. L'ambiance n'est guère joyeuse et insouciante.
Pourtant, l'Europe gronde d'une colère qui enfle et prend de l'ampleur, bientôt relayée par des étudiants accablés par le poids des traditions désormais passées de mode. Bientôt, une troisième voix vient se glisser dans ce récit - en Grèce, Cléomèna quitte précipitamment son pays suite à la dictature des colonels (avril 1967, coup d'état des militaires contre la monarchie en place). Ses parents et son frère ont déjà été arrêtés. Sans l'ambassade de France, celle-ci aurait suivi la même sinistre destinée.
Accueillie à Paris, par la famille Lavagauleyne, Cléo s'adapte à sa nouvelle existence, avant de prendre fait et cause pour la révolution en marche.

Quel roman bouillonnant, passionnant, fascinant et captivant ! Je ne m'attendais pas à y plonger mon nez avec autant d'impatience et d'excitation. J'ai pourtant tourné les 300 pages avec avidité. J'ai vécu au rythme des coups de cœur, des rêves et des espoirs des trois héroïnes. J'étais complice, témoin, spectatrice de leurs trajectoires. Et c'était divin !
Le format épistolaire apporte également de l'élégance, du panache à l'histoire. Après un petit temps d'adaptation pour cerner qui est qui, j'ai rapidement trouvé ma place et savouré cette jolie plume qui révèle les personnalités farouches de nos trois jeunes filles pleines de désir, de colère et de fièvre.
Le roman se compose aussi de photos d'archives, de cartes, de notes et d'extraits de journaux intimes. Mais il est avant tout le portrait d'une époque et d'une génération. C'est beaucoup moins factuel que dans 68 année zéro de Paule du Bouchet. Ici on ressent les émotions, on vibre, on aime, on écrit sa rage et sa flamme.
J'y ai été forcément plus sensible. C'est comme si on y était. Et j'ai adoré. ♥

Gallimard jeunesse, coll. Scripto, 2017

Par Isabelle Pandazopoulos, l'auteur de La Décision et On s'est juste embrassés.

 

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