26/03/18

Une question d'harmonie, de Bérengère de Chocqueuse

Une question d'harmonie

Paul a 80 ans et vit seul dans son appartement, quand la jeune Julia, 25 ans, étudiante en art, s'invite chez lui tous les dimanches. Elle est vive et spontanée, elle babille en toute insouciance, déterminée à apporter chez le vieil homme un peu de légèreté et de bonne humeur.
Les semaines passent, et Paul se montre toujours renfrogné et peu coopératif. Julia sent sa propre motivation battre de l'aile. Plus elle le questionne sur sa vie privée, sur son passé, sur son histoire, plus l'homme sombre dans la mélancolie.
Non, Paul ne confiera jamais rien de Nicole, son grand amour, leur rencontre en Normandie, leur bande de copains, sa découverte de la contrebasse, son apprentissage dans la musique, ses concerts, ses tournées, le tourbillon de la vie, étourdissant et implacable...
Ces chapitres du passé viennent s'immiscer dans la routine d'une existence assez plate, où l'on peine à s'attacher à Julia et à s'émouvoir de sa relation avec Paul. C'est empreint d'élégance, de bienveillance, mais ça pêche en tendresse et en force.
Je n'ai pas trouvé de réelle intensité émotionnelle dans ce roman, l'écriture est appliquée et d'une grande sobriété, mais trop lisse et proprette pour me toucher. La rencontre entre Julia et Paul me laisse insensible et songeuse, à l'idée que les générations transcendent les différences et comblent les lacunes etc., non, vraiment pas. C'est finalement peu convaincant, malgré de jolies qualités, la lecture m'a inspiré essentiellement de l'ennui. 

Belfond, 2016

 « Cela faisait près d'un mois que Julia passait ses dimanches après-midi chez le vieux monsieur. Arroser les plantes, trier quelques papiers, monter un pack d'eau pour la semaine... Elle le faisait de bon cœur, pour rendre service, et il s'en montrait reconnaissant, conscient que son aide était la bienvenue. En revanche, s'engager dans une discussion personnelle et parler de soi... Elle avait beau l'interroger, il se fermait comme une huître. Pourtant, c'était avant tout pour l'aspect humain qu'elle avait voulu faire partie de cette association. Persuadée qu'une personne âgée, isolée, aurait beaucoup à lui apporter, elle s'était mis en tête de nouer une relation de proximité, presque d'amitié, avec lui. »

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24/03/18

La Plage de la mariée, de Clarisse Sabard

La plage de la mariée

À 30 ans, Zoé voit son existence chavirer en apprenant l'accident de moto de ses parents. Son père est mort sur le coup, sa mère est hospitalisée, dans un état grave, et a juste le temps de souffler à sa fille qu'elle a grandi dans le mensonge et que son véritable père vit en Bretagne, près d'un site légendaire surnommé La Plage de la mariée. Sous le choc, Zoé est submergée par le chagrin et l'incompréhension, avant de tout plaquer pour partir à la recherche de son père. Elle débarque ainsi dans un petit village breton et trouve rapidement une nouvelle famille providentielle, à la Cupcakerie d'Alice. La patronne et ses habitués accueillent avec effusion cette jeune sudiste, un brin gaffeuse et empêtrée dans sa mélancolie. Tous vont guider ses nouveaux pas et lui redonner goût au bonheur. Charmant et guilleret, le roman l'est sans aucun doute. C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai savouré sa lecture, heureuse de retrouver un univers qui avait tant su me séduire avec Les lettres de Rose. Cette fois, quelques couacs sont peut-être intervenus (la personnalité de l'héroïne est nunuche au possible, l'impression d'une fable utopique est également persistante) mais c'est sans rancune car la petite mélodie est légère et agréable à écouter. Une jolie balade au parfum iodé et au goût de caramel beurre salé.

©2017 Leduc.s (P)2017 Audible Studios (exclusivité)

Lu par Camille Lamache / durée : 13h env.

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En attendant Monsieur Bellivier, de Britta Röstlund

En attendant monsieur Bellivier

Étonnant chassé-croisé dans les rues de Paris ! Boulevard des Batignolles, l'épicerie de Mancebo devient le nouveau point d'observation des faits et gestes de Ted Baker, un écrivain d'origine américaine, soupçonné d'infidélité par son épouse. Un jour, celle-ci propose à Mancebo de le surveiller durant ses absences et de lui transmettre ses rapports confidentiels dans un bocal d'olives. Notre homme accepte, mais signe pour un complet chahut de son existence tranquille - filatures loupées, migraines et intimidations. Plus Mancebo fouille la vie de l'écrivain, plus il s'interroge sur ceux qui l'entourent. Sa femme, son fils, son cousin et son épouse ne le reconnaissent plus, mais Mancebo doit taire son nouveau rôle de détective.
De son côté, Helena est journaliste, mais souffre de dépression et de surménage. Attablée dans un café, un inconnu l'aborde en lui demandant si elle attend Monsieur Bellivier. Elle répond oui, sans réfléchir. Puis l'accompagne dans une tour de La Défense, dans un bureau désert, et se poste seule face à un ordinateur. Elle doit ainsi transférer à M. Bellivier des mails indescriptibles. Ne pas adresser la parole aux autres employés. Et rentrer chez elle, avec un gros bouquet de fleurs. Intriguée par cette étrange mission, Helena suit pourtant les consignes à la lettre mais finit par prendre les fleurs en grippe. Elle cherche donc à s'en débarrasser et les dépose dans un cimetière juif... au grand mécontentement d'un vieux monsieur qui la sermonne avant de s'effondrer sous ses yeux.
J'ai été agréablement surprise par ce roman, qui raconte deux histoires assez farfelues, dont on attend longtemps l'impact ou le lien invisible, même si ce n'est finalement qu'un détail car on s'embarque dans leurs aventures avec un ahurissement permanent. C'est tout en finesse, en élégance et avec humour aussi que Mancebo et Helena évoluent, alimentant la lecture de leurs anecdotes truculentes. Parfois le rythme pêche un peu, le roman perd de sa fraîcheur et s'encroûte légèrement, pour finalement se ressaisir avec panache et livrer un dénouement tout aussi cocasse. J'ai alterné les émotions, entre curiosité et attendrissement, perplexité et étonnement, mais j'ai globalement ressenti beaucoup d'attachement à accompagner les personnages dans cette lecture aux épisodes improbables. Le roman aussi nous plonge dans les rues de Paris avec une authenticité rayonnante, et c'est tout à l'honneur de son auteur, Britta Röstlund, une suédoise résidant en France depuis 17 ans. Son regard est empreint d'admiration et d'amour, et cela se ressent. Très jolie rencontre !

JC Lattès, 2018 - traduit par Esther Sermage & Isabelle Piette

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« Mancebo secoue la tête. Il fait chaud, mais des glaçons dans le pastis, il ne faut pas exagérer. »

 

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21/03/18

Trois baisers, de Katherine Pancol

Trois baisersBim bam boum, ils sont de retour ! Ils s'étalent sur 845 pages, prennent leurs aises pendant 20 heures, se livrent et se confessent, jouent, trichent et s'éparpillent... Les Plissonnier-Cortès, Valenti, Grobz, Courtois, Dupin et compagnie nous font tourner la tête et toujours battre le cœur, au cours d'une lecture passionnante et ô combien réconfortante.

Cela ressemble à une réunion familiale au sommet. Une convocation générale pour prendre des nouvelles des uns et des autres - Hortense prépare sa première grande collection avec un défilé sensationnel au Plaza, comprend la notion de désir dans un escalier du Fouquet's et harcèle Junior de questions sur son grand peut-être, Zoé s'interroge sur son avenir, carmélite ou actionnaire, elle chancèle, le cœur palpitant, comme sa maman Joséphine, qui panique de n'être plus aimée, éternellement sotte et fragile, Gary arpente les trottoirs de New York et est sidéré face à un vin français, foudroyé par la révélation, Calypso s'endort pour cent ans, Stella retrousse ses manches, lave à coup de javel les souvenirs meurtris, Adrian rêve en grand, Tom tombe amoureux, Ray Valenti brille de mille feux, Fernande s'envole pour Mexico, Henriette et Elena font des affaires...

En gros, les histoires se nouent, s'emmêlent, se tendent et éclatent dans un joyeux bordel. Ça fait des étincelles et ça crépite ! La communion est sacrée. Ce que le public ressent est lié à ce que vivent les personnages. Les espoirs, les envies, les doutes, les peurs, les sombres pensées. On partage tout, on rit, on tremble, on pleurniche, on hurle, on inspire, on cherche le staccato, on gratte les tickets de tombola, on regarde les Oscars à la télé, on reçoit des trempes, on se rebiffe, on ouvre des livres, on fait ses courses, on danse sur du Cloclo. C'est tout bon. Pas forcément intense et palpitant. Mais on se sent bien. Et puis, on a clairement nos préférences (Hortense ! Gary !), nos attentes et nos impatiences, on relève les transitions, les creux, les flous, les fièvres (euh... Junior ? du grand d'importe quoi !). On a conscience que le gros navire, parfois, tangue et s'égare, tout en adoptant un rythme de croisière agréable et délassant. En tout cas, j'ai pris place à bord, en frétillant de bonheur, et j'ai beaucoup aimé mon voyage !

Marie Ève Dufresne est également indissociable à mon plaisir de lecture. Son interprétation est impeccable, élégante, mesurée et enveloppante. J'aime infiniment. Sa voix fait aussi partie du succès de la saga - un rendez-vous incontournable avec mon autre tribu, une famille de papier où toutes les personnalités s'incarnent et forment un ensemble attachant. C'est difficile de les abandonner ! ☺

©2017 Éditions Albin Michel (P)2018 Audiolib (durée : 20h env.)

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« Partons dans un baiser pour un monde inconnu. » Alfred de Musset

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Les jumelles, de Claire Douglas

les jumelles

Dévastée par la mort tragique de sa sœur jumelle, dont elle porte la lourde responsabilité, selon elle, Abbi part s'installer à Bath où elle rencontre Beatrice et son frère Ben. Eux aussi sont jumeaux et inséparables. Ils vivent dans une grande demeure bourgeoise, où cohabitent d'autres artistes en herbe, et proposent à Abbi de se joindre à eux. Celle-ci est aimantée par le couple, d'abord par Beatrice qui ressemble physiquement à sa sœur, puis par Ben dont la beauté la trouble et lui donne des palpitations dans le ventre. L'entente idyllique ne va pourtant guère durer. Une étrange attirance se tisse au sein du trio et on ne sait plus bien qui en tire les ficelles - Beatrice met son frère en garde contre le comportement paranoïaque de Abbi, laquelle est convaincue d'être poussée à bout pour paraître folle aux yeux de Ben, tiraillé entre sa loyauté familiale et son béguin amoureux. En clair, c'est très ambigu, très flou, totalement déroutant. L'auteur brouille les pistes et nous plonge dans un terrible imbroglio où la manipulation s'impose comme maître d'orchestre. Résultat, on doute tout le temps, on accuse tout le monde, on se cogne la tête contre le mur. On slalome d'une pensée à l'autre et on ne sait plus sur quel pied danser. L'histoire a des effets perfides et inquiétants... jusqu'à la fin ! Certaines révélations détonnent, comme si le roman voulait montrer la relation gémellaire comme une sombre affaire de dépendance. C'est tordu et étouffant, ça aurait pu creuser plus loin et gratouiller la dernière couche de vernis qui sauve les maigres apparences. Du moins, cela se lit vite et bien. Le suspense est au taquet, même si les personnages sont tous extrêmement agaçants et le dénouement discutable. Je referme néanmoins le livre sur une note positive et agréablement surprise.

HarperCollins Poche, 2018 - traduit par Florence Guillemat-Szarvas [The Sisters]

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20/03/18

La loge noire, de Jean-Pierre Croquet

la loge noire

Suite au décès d'un éminent collectionneur de livres anciens, tous ses précieux trésors sont répartis entre plusieurs bouquinistes. L'un d'eux a pourtant le nez fin et repère un exemplaire rare de la Kabbala Denudata, un ouvrage essentiel dans la tradition occulte. Aleister Crowley, dit le Mage Noir, le convoite et charge un courtier du nom de Mark Bowen pour lui livrer. Hélas, en débarquant dans la librairie, Bowen tombe sur un cadavre et est surpris les mains ensanglantées. Désigné suspect idéal, il préfère fuir et se cacher. Mais l'engrenage infernal est en place, trop tard pour le rouquin désormais pourchassé, surveillé et enlevé de part et d'autre. Tous se bousculent pour lui mettre la main dessus. On croise ainsi des anarchistes, des espions allemands, des francs-maçons, des sociétés secrètes, des révolutionnaires irlandais... et un inspecteur déterminé à ne pas lâcher le morceau. Robert Adey est un homme brisé, depuis la mort de sa femme, il vit seul avec sa fille mais consacre toute son énergie à son travail d'enquêteur. Et il ne se résout pas aux conclusions hâtives sur Mark Bowen, auquel on attribue la paternité de l'Égorgeur, autrement dit le sanguinaire qui assassine sauvagement des prostituées à Londres. L'homme refuse de rentrer dans le rang et part en roue libre, au grand dam de son supérieur.
Que de rythme et de rebondissements au cours de cette lecture ! C'est ce qui m'a principalement interpellée, durant 300 pages, l'histoire charge la donne avec sa galerie de personnages, son intrigue rondement ficelée, ses coups de poing, sa mise en scène tapageuse et son sens de la dramaturgie. Ce roman se lit vraiment très vite. L'ambiance est intriguante - quartiers populaires, pubs mal famés, salons occultes, bibliothèques ou beaux hôtels élégants - le contexte politique particulièrement tendu - printemps 1914 - et les guest stars illustres - Churchill ou Conan Doyle. On sent le souci de bien faire, les détails abondent, l'écriture est ingénieuse, l'émotion est au rendez-vous, au même  titre que l'action et le suspense. C'est pas mal du tout et cela me fait penser à la brillante collection Grands détectives chez 10-18 ! 

L'Archipel, coll. Suspense, 2017


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19/03/18

Un traître à Kensington Palace, d'Anne Perry

UN TRAÎTRE À KENSINGTON PALACEJ'aime beaucoup Anne Perry - dont je lis sans déroger toutes les parutions spéciales pour les fêtes de Noël - par contre j'ai accusé beaucoup de retard dans sa célèbre série du couple Charlotte et Thomas Pitt, dont voici le 32ème volume ! Ahem. Je tiens donc à saluer l'initiative des éditions Thélème qui proposent la version audio du titre. Pourquoi celui-ci, et pas le tout premier - L'étrangleur de Cater Street ? J'avoue que cela m'échappe, mais je n'ai pourtant pas boudé mon plaisir. Si je peux enfin recoller les wagons éparpillés et suivre cette série par livre audio, ce serait pour moi une formidable aubaine ! Un autre titre est d'ailleurs annoncé pour avril 2018, soit L'attentat de Lancaster Gate (n°31), qui confirme le choix de publier la série à rebours. Un détail discutable, malgré tout.

La vie de Thomas Pitt a grandement évolué depuis ses débuts dans L'étrangleur de Cater Street, et près de vingt ans ont passé quand on le retrouve dans Un traître à Kensington Palace ! Marquée par son veuvage et la vieillesse, la Reine Victoria convoque Thomas dans ses appartements privés pour évoquer la mort de son ami John Halbert, dont le corps a été repêché dans la Serpentine. Si l'enquête policière a conclu à une noyade accidentelle, la Reine souhaite en avoir le cœur net et demande à Pitt de dissiper ses soupçons. Ses rapports avec son fils Edouard ne sont pas au beau fixe, le Prince semblant s'attirer des amitiés à controverse, il revient à Thomas d'enquêter en toute discrétion pour éviter l'incident diplomatique. La mission est tendue, car Thomas est livré à lui-même et ne peut se confier à personne. Son épouse Charlotte ressent toute sa frustration mais va parvenir, avec sa vivacité légendaire et la complicité de sa sœur Emily, à aiguiller habilement les démarches de son mari.

L'intrigue policière est basique, on suit un Thomas Pitt confronté à sa conscience et forcé d'éprouver les limites de sa loyauté, d'où ce sentiment d'un homme tiraillé tout au long de son affaire, mais l'évasion historique est irréprochable (l'époque victorienne et son tableau sociétal). C'est la grande force de la série, en plus des personnages et de la satisfaction de les retrouver, livre après livre. La lecture audio faite par Frédérique Dufour pour les éd. Thélème est sobre et épurée (sans réalisation sonore). Cela peut déconcerter au début - le texte est livré dans son jus, sans artifice. La simplicité a du bon aussi !

10/18 Collection Grands Détectives (2017) / traduit par Florence Bertrand

(P)2016 Éditions Thélème. Lu par Frédérique Dufour. Durée : 9h env. -- Téléchargeable sur Audible

Couverture de Un traître à Kensington Palace

 

Le mot de l'auteur 

La série Pitt démarre en 1879 – le décor idéal d’un roman policier. Entre faste et misère, optimisme et désespoir, rien n’est plus romanesque que ces somptueux costumes, l’éclairage au gaz, les fiacres ou des empreintes dans la brume… Et puis, l’envie, la crainte, l’espérance, la disgrâce et l’avidité restent entièrement semblables hier ou aujourd’hui. Comme, malheureusement, les maux de cette société victorienne. Avec la famille Pitt nous explorons autant la pittoresque histoire de Londres que les vies singulières, les liens, ou encore les triomphes et les désastres de ses membres.

ANNE PERRY

Partir, de Tina Seskis

PartirEmily Coleman est, en apparence, une jeune femme comblée - elle vit dans un charmant cottage à Manchester, auprès d'un mari prévenant. Leur bonheur a été scellé par la naissance d'un adorable bambin. Et pourtant, un matin, Emily quitte subrepticement la maison et prend le train pour Londres pour ne plus rentrer, plus donner de nouvelles. En gros, elle disparaît. Plaque tout. Sans explication.
Elle s'installe en colocation dans une grande maison bordélique et change d'identité pour devenir Cat Brown. Elle se présente comme une femme fragile, sans histoire ou décidée à ne rien livrer de son passé. Elle rencontre Angel, une croupière sexy, qui ne pose aucune question et la prend sous son aile. Le temps passe et Cat se reconstruit une nouvelle vie.
Le lecteur n'est cependant pas dupe de la situation et découvre en filigrane le lourd secret de la jeune femme. Emily a notamment une sœur jumelle, Caroline, dont les nombreuses frasques ont éclaboussé la famille. La relation entre elles a longtemps été bancale. Mais c'est loin d'être une simple histoire de jalousie, de rancœur ou de haine qui se raconte, car c'est un long processus de frustration et de culpabilité qui amène à comprendre le pourquoi du comment. 
Au final, je ressors de cette lecture passablement déçue et perplexe. J'ai tout lu d'une traite, et pourtant je n'ai pas trouvé l'intrigue très subtile ni passionnante. Au lieu d'un bon suspense psychologique fignolé, on suit des parcours de vies dramatiques, avec une Emily en souffrance et déterminée à toucher le fond, sans oublier Caroline, Frances, Ben ou Andrew en victimes collatérales. Seulement, c'est triste à lire, un peu plat et limite improbable (cf. la rencontre avec Robbie). La construction paraît lourde et artificielle, en plus des rebondissements exagérés. Et je n'ai pas du tout accroché à l'explication finale.
Soupirs, soupirs, soupirs. Et grosse frustration en refermant ce roman. La lecture n'est pas mauvaise, mais pourquoi avoir accolé le terme thriller au titre et à la couverture... C'est totalement usurpé ! J'en attendais davantage, même si cela reste un passe-temps correct le temps d'un trajet.

Cherche-Midi, 2015 - traduit par Florianne Vidal

Repris en poche chez Pocket (2016)

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17/03/18

Merci pour les souvenirs, de Cecelia Ahern

merci pour les souvenirs audible

J'étais ravie de découvrir un nouveau titre de Cecelia Ahern dans le catalogue d'Audible, nouvelle promesse d'une lecture feel-good, avec 12 heures d'une histoire abracadabrante, mais qui vise surtout à raconter une course-poursuite farfelue, entre Dublin et Londres, tout en évoquant la vie à travers ses drames et ses bonheurs les plus élémentaires.

Enceinte de quatre mois, Joyce Conway fait une chute dans les escaliers. Hospitalisée d'urgence, elle perd son enfant mais doit la vie sauve à une transfusion sanguine. Son père, accroché à son chevet, est soulagé. Toutefois, sa fille ressort de cette expérience meurtrie et métamorphosée. Exit son mariage, sa vie d'avant, Joyce retourne dans sa maison d'enfance et prend conscience d'un fait étrange - elle possède les souvenirs d'un autre.
Justin Hitchcock, américain expatrié à Londres, est de passage à Dublin pour donner une conférence quand il rencontre une femme médecin l'incitant à donner son sang. Après quoi, il croise à plusieurs reprises une jeune femme blonde, à la coupe de Peter Pan, sans se douter qu'elle le piste également pour comprendre quel lien étrange les pousse l'un vers l'autre.

Grosse frustration, au final, pour ce titre où les deux personnages ne font que se tourner autour pendant toute la durée du livre et ne se rencontrent qu'à la toute dernière heure. Je ne m'y attendais pas du tout, d'où ma déception. Par contre, gros big-up pour les personnages hyper sympathiques - sauf exception pour Justin, au caractère mollasson et indécis. Même la grande rencontre finale est décevante, eu égard à l'attente infernale subie pendant 12 heures ! J'ai, d'ailleurs, davantage craqué pour le couple formé par Joyce et son papa - un duo bancal mais attendrissant et tellement drôle à suivre dans leurs nombreuses péripéties. 

Je ne sors pas totalement conquise par cette lecture, qui reste une expérience en demi-teinte en raison de la mise en scène trop diluée, mais l'interprétation de Marine Royer est toujours réjouissante à écouter ! ☺

©2008 / 2010 Cecelia Ahern / Flammarion. Traduit de l'anglais (Irlande) par Maryse Leynaud

(P)2018 Audible Studios. Texte lu par Marine Royer. Durée : 12h env.

 

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16/03/18

La course au bonheur, de Maggie Lehrman

La course au bonheurTraumatisée par la mort tragique de ses parents, dans l'incendie de leur maison, la jeune Ari Madrigal a recours à un sort d'oubli, prodigué par une hékamiste. Dix ans plus tard, c'est son petit ami, Win, qu'elle perd dans un accident de voiture. Anéantie par la douleur, elle fait encore appel aux sorts de l'hékamiste sans avertir ses proches. Le charme opère, mais Ari ne veut pas paraître insensible et donne le change en faisant semblant d'être meurtrie dans sa chair, donc muette et désirant vivre dans sa bulle, loin de tous. Toutefois, pratiquer un sort d'hékamiste engage aussi des effets secondaires. Pour Ari, c'est son corps qui ne répond plus. Quand on est une grande danseuse, admise à une académie prestigieuse de New York, c'est le ciel qui s'effondre sur la tête. À Cape Cod, tous se connaissent depuis l'enfance mais se drapent dans des secrets qui distillent un poison invisible et propagent un mal sournois, hélas à l'origine d'une série de conséquences dramatiques. Avant de mourir, Win avait un urgent besoin d'argent liquide, son meilleur ami Markos a surpris le commerce douteux de sa mère, Kay a fait appel à un sort d'ancrage pour s'attacher ses copines, Diana et Ari ne peuvent plus quitter l'île sans courir un danger, Echo fait du chantage par désespoir, Cal Waters est fidèle à sa réputation de don juan... Tous sont donc enrôlés dans un feuilleton tragique, au charme hypnotisant et vénéneux. Dès les premières pages, j'ai été envoûtée par l'ambiance pleine de mystères et de suspense. On sent le poids des larmes, des événements graves, des non-dits, des remords et des regrets. Cela peut paraître lourd et étouffant, alors qu'en fait c'est captivant. L'auteur a réussi à orchestrer son histoire en faisant planer le doute mais en alimentant constamment la donne par des détails infimes et néanmoins percutants. J'ai plongé mon nez dans les 420 pages du roman, intriguée par les révélations qui allaient en découdre. D'ailleurs, la surprise est totale jusqu'à la toute dernière page ! Un premier roman très habile, passionnant et bouleversant. 

Casterman, 2018  - traduit par Antoine Pinchot {The cost of all things}

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