10/02/17

Alive, de Scott Sigler

Alive« J'ouvre les yeux dans le noir. Le noir total. J'entends ma propre respiration, mais rien d'autre. Je soulève la tête – elle bute sur une surface solide, qui ne bouge pas d'un pouce. Il y a un mur juste devant mon visage. Non, pas un mur... un couvercle. »

Pensant fêter leur douzième anniversaire, cinq jeunes gens se réveillent dans un semblant de sarcophage dont ils s'extirpent avec peine pour découvrir avec stupeur qu'ils ne sont plus de simples adolescents, qu'ils ont oublié leur nom et qu'ils ne savent absolument pas où ils se trouvent. Em prend aussitôt la tête du groupe et les entraîne dans un dédale inconnu et effrayant, plongé dans le noir et parmi des couches d'ossements. En chemin, ils croisent une autre tribu de jeunes égarés, confrontés aux mêmes questions, et décident de liguer leurs maigres forces après des tractations houleuses.

L'auteur a indiqué en postface la consigne de dévoiler le moins possible d'éléments ou de révélations sur l'intrigue, pour privilégier l'effet de surprise chez le futur lecteur. Une recommandation judicieuse, qui m'a d'ailleurs valu de plonger tout de go dans ce livre et d'avaler son contenu en une goulée, car je ne savais vraiment pas dans quoi je m'embarquais. Dès les premières pages, j'ai été cueillie par l'ambiance oppressante, le pourquoi de ces jeunes coincés dans un lieu dont on ne devine rien et où il se passe vraiment des choses bizarres et terrifiantes. Le fond n'est sans doute pas révolutionnaire, mais ça vaut le coup de se perdre quelques heures entre les pages de ce gros bouquin de 460 pages. Il est calibré exprès pour piquer le lecteur - rythme rapide et percutant, contexte flou et inquiétant, mystère entier et dénouement renversant. C'est assez radical. Par contre, légère déception concernant les personnages. Le groupe est cohérent, mais les personnalités individuelles sont fades et manquent d'étoffe (Em est obnubilée par son poste de chef, mais s'embrouille aussi avec deux garçons qui lui font à tour de rôle tourner la tête). C'est parfaitement inutile et superficiel. L'auteur aurait pu largement s'en abstenir et se concentrer sur de l'action pure et dure tant le format global nous absorbe dans son labyrinthe d'angoisse. Une lecture étonnante, vraiment flippante et qui captive d'entrée de jeu. Bonne pioche.

Traduit par Mathilde Montier pour les éditions Lumen - Février 2016

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06/02/17

Tu ne sais rien de l'amour, de Mikaël Ollivier

tu ne sais rien de lamour

“On n'échappe pas aux souvenirs, à moins de devenir amnésique. On marche au présent, vers le futur, mais toujours en traînant derrière soi le boulet du passé, comme un bagnard.”
Nicolas et Malina s'aiment depuis l'enfance. Voisins, ils ont grandi sous l'œil attendri des adultes qui les traitaient d'amoureux ou de fiancés. Pour la jeune fille, il ne faisait aucun doute que leur histoire était inscrite pour durer toujours. Seulement, à l'adolescence, Nicolas apprend la maladie de son père et réalise qu'il ne connaît rien de celui-ci. Il découvre aussi que sa mère fait ses propres cachotteries. Et cette idée d'une famille qui ment, qui masque la vérité et qui trompe les apparences, lui est tout simplement inconcevable. Lui est idéaliste ou veut se rassurer dans l'image d'une famille soudée. Quand toutes ses convictions tombent à l'eau, le garçon aussi remet en question son attachement pour Malina. Ils ne sont plus des enfants, et leur chemin a vraisemblablement emprunté des directions opposées. Au nom de quoi doivent-ils continuer de jouer leur comédie ?
Nicolas est un môme en colère, mais trouillard. Même s'il a conscience de ne plus rien maîtriser, il n'ose pas se libérer du poids des non-dits. Comment avouer à son amoureuse que leurs sentiments sont fanés ? comment regarder son père dans les yeux et lui annoncer qu'il ne reprendra jamais la boulangerie familiale ? comment accepter les compromis de sa mère et ne pas lui en vouloir de sa duperie ?
Le roman se lit en une goulée, il nous emporte et nous touche par sa pudeur, sa sincérité, son émotion à fleur de peau. Il évoque la famille, l'amour, la complexité de grandir, la confusion des sentiments, les silences et l'incompréhension. Un roman intimiste et bouleversant.
Très émouvant.

Éditions Thierry Magnier, 2016

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02/02/17

Soul Breakers, de Christophe Lambert

soul breakers

Touchée par la crise économique, la famille Gentliz a rassemblé ses maigres biens pour rejoindre la Californie et démarrer une nouvelle vie. Alors qu'ils campent en plein désert de l'Arizona, Teddy et sa petite sœur Amy sont fascinés par l'arrivée du cirque, sachant pourtant qu'ils n'auront pas le droit d'assister au spectacle car ils sont fauchés. Ils se débrouillent pourtant pour décrocher des billets gratuits et en prennent plein les yeux devant les numéros de la diseuse de bonne aventure ou celui des marionnettes.
Et puis, tout dérape. Le maestro de la troupe, un certain Sirius Huntington, autrement dit l'homme en noir, va jeter un sort sur la fillette de six ans. Après quoi, Amy n'est plus que l'ombre d'elle-même, plongée dans un état catatonique, muette et amorphe. Teddy assure à son père que c'est la faute des forains, qu'ils ont volé l'âme de sa sœur et qu'il doit désormais les pourchasser s'ils veulent sauver l'enfant.
Avec son petit baluchon sous le bras, l'adolescent de quinze ans s'aventure courageusement sur les routes américaines et fait une première halte à Grover's Mills pour travailler dans les mines à cuivre. Là, il rencontre un aspirant écrivain sans le sou, Duca Moreno, qu'il ne va plus quitter de tout le voyage ! Ensemble, ils vont affronter bien des épreuves et des ennemis, tous envoyés par le mystérieux homme en noir.
Ils croiseront aussi un groupe de femmes esseulées, le Club des cœurs solitaires, parmi lesquelles la douce Mary Jane, une jolie muette qui s'exprime en griffonnant son carnet, et qui tape dans l'œil du garçon. Souvent confrontés à l'hostilité des habitants, comme à Coppertown, une petite ville repliée autour de son église et du révérend, ils progressent au gré du hasard, non sans une certaine défiance, déjouant les pièges in extremis, mais pas l'hôpital psychiatrique, dans lequel Teddy est enfermé de force pour y subir un traitement de choc. 

J'ai pris énormément de plaisir à dévorer cette histoire hors du commun. Elle nous transporte dans des décors cinématographiques, en plein cœur de l'Amérique de la Grande Dépression, dans des milieux hostiles et rudimentaires. On parcourt la misère sociale et économique, tout en soutenant une traque infernale, qui ne manque pas de surprendre. En effet, l'homme en noir et sa complice exercent au centre une magie noire et une emprise maléfique en toute impunité, tissant ainsi leur toile pour servir leurs sombres desseins. Cette intrusion du fantastique a été pour moi inattendue, mais agréable, car cela a totalement bouleversé ma perception de cette lecture. J'ai été pleinement emballée, par la somme d'action et d'émotion au compteur, par les personnages et leurs péripéties toutes plus insensées et passionnantes. C'est une lecture à la fois magique, palpitante et géniale, qui nous raconte une histoire sur la famille, l'amitié et l'amour et qui nous emporte loin dans son sillage. La couverture est également très belle. Bref, un roman épatant. ☺

Bayard Jeunesse - Janvier 2017

Illustration de couverture : Raphaël Gauthey

 

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01/02/17

Cell. 7, de Kerry Drewery

cell7

Accusée d'avoir assassiné Jackson Paige, une vedette du petit écran, également connue pour ses œuvres de bienfaisance, Martha Honeydew est envoyée illico dans le couloir de la mort pour attendre son jugement, devenu une exécution arbitraire, puisqu'il revient au public de voter coupable ou non en son âme et conscience, tout en suivant l'émission Mort égale Justice. La procédure est expéditive, en seulement sept jours, la détenue est scrutée sous l'œil mort d'une caméra, puis conduite cellule après cellule vers son destin. Martha Honeydew a seize ans et vient du quartier populaire des Tours. Elle bénéficie ainsi d'une assistance juridique en la personne d'Eve Stanton, qui se bat contre cette justice implacable et met tout en œuvre pour obtenir la relaxe de sa cliente. Or, Martha refuse d'être aidée et manipule le système pour faire passer un message. En attendant que la vérité éclate, la campagne médiatique est virulente et Martha perd chaque jour des points, tandis que Eve remue ciel et terre pour sauver l'adolescente bornée.

Je sors frustrée de cette lecture, qui me laisse une sensation trop glaçante, mais offre par sa vision pessimiste d'une justice sous le joug du sensationnel de la télé-réalité une perspective effroyable qu'il faut méditer. J'ai finalement gardé une distance émotionnelle tout au long du récit, le personnage de Martha ne m'a pas touchée. J'étais curieuse de connaître son histoire et ses secrets, mais les révélations me laissent un goût amer. J'attendais, je pense, une intrigue plus percutante et autrement plus dynamique. À la place, c'est un roman à suspense, écrit avec solennité, angoisse et amertume. Le mélange n'est pas très bon, puisqu'il sonne assez lourd moralement. Cela se lit vite et bien mais il faut apprécier les histoires tristes et funestes. La fin est ouverte. 

Traduit par Christophe Rosson pour les éditions Hachette - Septembre 2016

 

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27/01/17

Toute résistance est inutile, de Cora Carmack

toute resistance est inutileJe n'ai rien contre les romances légères, distrayantes à lire, sans prétention. Cela donne du baume au cœur et un sourire niais aux lèvres. De temps en temps, c'est vrai, ça fait du bien. Sauf que la mécanique souvent se répète et quand je me sens d'humeur bougonne, ça ne passe plus. J'ai juste envie de rouspéter et de réclamer la fin de cette mode éditoriale, pitié, il faut varier les plaisirs.
Cette fois encore, il est question d'une étudiante engoncée dans sa petite vie étriquée, qui pensait s'échapper du carcan paternel en quittant le lycée, seulement son fameux père a accepté le poste d'entraîneur de l'équipe de football américain sur le campus où se trouve sa fille. Imaginez ses rêves de profiter d'une liberté nouvelle... envolés ! Papa toujours derrière son dos, papa attentif à ses faits et gestes, papa exigeant et intraitable, entouré de machos aux gros biscotos, dont l'ex de notre héroïne. Mais elle a juré de ne plus y toucher, elle en a assez des sportifs, même si elle évolue parmi eux depuis la nuit des temps. Bingo, elle rencontre un nouveau spécimen en la matière, alliant à la fois le pouvoir de séduction et l'interdit. Naturellement, le charme opère alors qu'ils sont supposés résister à la tentation (mauvais timing, objectif à tenir, aucun écart possible, etc.). Il y a toutefois un monde entre ce qui est dit et ce qui se produit. Et là, les bras m'en tombent. Je ne comprends pas ce besoin de mettre en scène des jeunes gens qui se pelotent et qui poussent loin leur flirt, alors que leurs discours prônent le contraire. Je suis paumée dans le message que cela peut envoyer auprès des plus jeunes. La raison ou les sentiments, toujours ce sempiternel refrain... 
Dallas et Carson se lancent donc dans une roue de séduction archi vue et revue, ils se cherchent et se taquinent, ils ont pour eux la morgue, le désir et le tempérament. C'est une histoire basique, fignolée vite et mal, sans surprise et sans originalité. Elle brasse en vrac la peur de grandir, l'absence de lâcher-prise, l'amertume qui vous ronge et la confiance à accorder aux autres. Ce n'est pas bien méchant, mais tout est cousu d'avance et ça manque d'une touche de fantaisie ou d'humour pour faire la différence. De toute manière, j'étais déjà fâchée par l'amoncellement des clichés dès le commencement, la fille qui cherche à se dévergonder en se rendant à une soirée alcoolisée, la meilleure copine pétillante qui incite à se bouger les fesses, les garçons tous plus beaux les uns que les autres, les neurones qui grillent pour évoquer l'un ou l'autre (lui est magnifique, elle est superbe...). Bye-bye la subtilité. Ce n'est rien de moins qu'une lecture bêtifiante et stéréotypée. Rien de neuf sous le soleil. NEXT.

Traduit par Maïca Sanconie pour les éditions La Martinière Jeunesse - Juin 2016

Titre VO : All Lined Up - A Rusk University Novel

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Avec ou sans toi, de Donna Freitas

avec ou sans toiC'est l'été, Jane profite des vacances pour se prélasser à la plage avec ses copines et oublier l'épisode tragique survenu un soir de février. Présente sur les liens d'un cambriolage, la jeune fille a été agressée par des individus portant une cagoule. Unique témoin pouvant permettre leur arrestation, elle est depuis résolument mutique et traumatisée par cette soirée cauchemardesque. Jane porte également un sentiment de culpabilité qu'elle refuse de partager. Ses amies se soucient de son bien-être et tentent de lui changer les idées, tout en surveillant ses fréquentations. Car elle a en ligne de mire un certain Handel Davies. Certes il est beau gosse, charmant et attirant, mais il souffre aussi d'une réputation de mauvais garçon. Il jure néanmoins d'être différent et entend prouver à Jane ses intentions honorables. Séduite, celle-ci lui accorde sa confiance. Elle ne se sent plus la même depuis ce fameux soir et veut briser sa coquille pour chasser ses vieux démons. Ses amies ne la comprennent plus, elles s'inquiètent, la poussent dans les bras d'un autre garçon, Miles, plutôt bon chic bon genre, une valeur sûre et rassurante. Mais les émotions ne se contrôlent pas, ni les pulsions du corps et du cœur. Jane suit envers et contre tout son instinct et entame son travail de deuil. Il lui faut affronter ce qu'elle renie - l'enquête en cours, le lieu du crime, la sépulture de son père - et remonter le fil de ses souvenirs enfouis.
J'avoue que c'est un parcours foncièrement douloureux, avec en toile de fond une histoire poignante, un amour naissant et un besoin de laisser-aller pour mieux se libérer des entraves du choc subi. Le chagrin et la détresse de l'héroïne sont réels, mais ils n'ont eu aucun effet sur moi. Oui, je suis la reine des glaces. En vrai, j'ai simplement trouvé la lecture peu surprenante, trop banale et parfois incongrue (l'attitude maternelle est trop laxiste, l'hypothèse du triangle amoureux inadaptée et les révélations fulgurantes tombent à plat). Je n'ai rien ressenti dans l'accompagnement de cette douce jeune fille, éprouvée par un drame de la vie, qui découvre aussi l'amour et ses tourments, sauf que ça a un goût de déjà vu. Un roman touchant, mais hélas trop ordinaire.

 

Traduit par Camille Bocquillon pour les éditions de La Martinière Jeunesse - mars 2016

 

Titre VO : The Tenderness of Thieves

 

 

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NEED, de Joelle Charbonneau

NeedTout commence par une banale chaîne virtuelle, une invitation pour s'inscrire sur un nouveau réseau social, avec pour simple formalité : exprimer ce dont on a le plus besoin. Les lycéens de la petite ville de Nottawa se prennent rapidement au jeu et viennent grossir la communauté de NEED.
Kaylee et son meilleur ami Nate tombent également dans le panneau, lui pour décrocher une meilleure note au prochain examen, elle... hésite. Son frère DJ est gravement malade et en attente d'une greffe de rein. Leur père a quitté le foyer en apprenant la nouvelle, et depuis la jeune fille se bat pour le retrouver et lui demander de passer le test de compatibilité.
Un soir de désœuvrement, Kaylee remplit le formulaire de NEED sur un coup de tête. Avant de s'en mordre les doigts. Car l'implication de sa demande n'est pas sans conséquence. Mais en y réfléchissant bien, Kaylee réalise également que tous ses camarades sont désormais embringués dans un système qui va dépasser leurs compétences, mettre à mal leurs jugements et surtout les rendre responsables d'actes immoraux. 
Dans l'incapacité de prévenir la police, en conflit perpétuel avec sa mère, Kaylee se retrouve seule à combattre cette force invisible, qui a réussi à tisser sa toile parmi des jeunes gens vulnérables et impuissants, prisonniers d'un système qui les pousse à franchir de plus en plus de limites. La prise de conscience est glaçante, surtout pour le lecteur qui suit en alternance les différentes répercussions dont se rendent coupables les autres membres de NEED, alors que Kaylee se démène pour tirer au clair cet enrôlement de force. Des adolescents meurent, le jeu a viré au cauchemar et le roman se lit comme une course effrénée pour démasquer les webmasters et mettre un terme à cette spirale de l'horreur. Forcément, les révélations vont surprendre notre héroïne et auront un impact direct sur sa vie personnelle au point de fragiliser tous ses maigres acquis.
Le roman ne dépasse pas la mesure, il est juste ce qu'il faut d'entraînant, de flippant et de saisissant. Il incite aussi à une réflexion intéressante sur le danger potentiel des réseaux sociaux et du rouage pervers des jeux en ligne. À rapprocher avec le roman Addict de J. Ryan. 

Traduit par Amélie Sarn pour les éditions Milan - Octobre 2016

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23/01/17

Lock & Mori, de Heather W. Petty

Lock moriToujours dans ma monomanie holmesienne, j'ai opté pour le roman suivant - Lock & Mori, qui propose une nouvelle interprétation du couple fatal de Sherlock et Moriarty.
Direction l'Angleterre du XXIe siècle. Lock et Mori sont tous deux lycéens, lui est un excentrique passionné de chimie, qui s'enferme dans un laboratoire sous le théâtre de l'école pour se livrer à des expériences improbables, et elle... oui ELLE, porte le nom de James “Mori” Moriarty et affiche une morgue pour mieux se protéger car la jeune fille vit un drame personnel dont elle a honte. La rencontre entre ces deux-là n'est malheureusement pas explosive, mais leur relation ne va pas se tisser sans heurt ni passion. Tout commence par un défi, lancé par Lock à Mori : démasquer ensemble le tueur en série qui sévit dans les rues de Londres. Même si la compétition fait rage, leur enquête ne doit pas étouffer les indices trouvés et faire état de toutes les observations glanées en chemin. Seulement, Mori va déroger aux règles établies et ne pas partager certains secrets et autres doutes qui vont rapidement poindre. Or, si elle ose en parler, c'est toute sa vie qu'elle met en péril. 
D'abord déçue par la couverture du livre, j'ai ensuite été chagrinée par son contenu : pas de vrai suspense, des personnages sans relief, manque d'alchimie et une propension au  mélodrame un poil trop présente. Cette mise en scène contemporaine des personnages mythiques de Sherlock Holmes et Moriarty n'est finalement pas à la hauteur des attentes, l'auteur focalise l'attention sur les tourments de l'adolescente qui vit dans un foyer plongé dans le cauchemar depuis la mort de la mère. Son père, pourtant inspecteur de police, a sombré dans l'alcool, la dépression et la violence... mais nul n'en a conscience car Mori prend garde à préserver ses frères. Elle encaisse les coups et les humiliations en serrant les dents, d'où son attitude fuyante avec Lock, alors qu'il l'attire beaucoup. Mais leur relation est très en-dessous de son potentiel, c'est plat, sans sucre, sans miel, sans sel, sans piment. Complètement fade. Sans compter qu'on voit tout venir à des kilomètres à la ronde, il n'y a aucune surprise, que ce soit dans l'intrigue policière ou dans l'évolution de leur histoire amoureuse. C'est fichtrement banal et languissant. Suis très déçue. On a là une lecture insipide malgré une initiative savoureuse en imaginant Sherlock Holmes et Moriarty hors de leur contexte habituel. Le flop total.

Traduit par Luc Rigoureau pour les éditions Hachette - Octobre 2016

 

Original Title : Lock & Mori

 

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20/01/17

Marquer les ombres, de Veronica Roth

C'est l'événement du mois ! La parution du nouveau roman par l'auteur de la trilogie à succès, Divergente. Veronica Roth nous propose cette fois un space opera audacieux, avec pour intrigue une lutte de pouvoir, de famille, de haine et d'amour. 

MARQUER LES OMBRES

Akos Kereseth grandit auprès des siens dans la pacifique nation de Thuvhé lorsqu'il est arraché brutalement de son foyer, avec son frère Eijeh, pour être conduit chez les Shotet. Le nouveau souverain, Ryzek Noavek, veut contrôler son destin depuis qu'une prophétie a annoncé sa chute par leur faute. Akos a juré de sauver son frère de leur triste sort, mais va endurer durant des années persécution, humiliation et maltraitance. On lui confie également le rôle de garde du corps de Cyra Noavek, la sœur du despote. Cette dernière possède le don de provoquer des douleurs atroces par un simple contact, seul Akos est insensible à son flux et lui prépare des infusions pour canaliser ce trop-plein de mauvaise ondes. À force de rester en contact rapproché et permanent, ces deux-là tissent une relation qui s'apparente à une complicité amoureuse pleine de pudeur, même si le contexte géopolitique les incite à être également sur leurs gardes car leurs ennemis ne manquent pas. Entre le cruel et tyrannique Ryzek, qui se sert des pouvoirs de sa sœur ou de la vulnérabilité de Eijeh, devenu le nouvel oracle, pour asseoir son autorité et contrôler Akos, sans oublier les renégats qui veulent renverser le système en place et qui nouent des alliances sans garantie de retourner leur veste un jour ou l'autre, l'ambiance est assez tendue et étouffante.

Au final, il y a très peu de place pour l'action. L'auteur privilégie la forme, en fignolant son univers et son écriture. C'est beaucoup plus structuré, plus soigné, mais au détriment des émotions et des sensations. Le fond est creux. L'histoire est lente à se mettre en place. Le rythme est inégal. En somme, j'ai trouvé ce roman beaucoup trop ambitieux, et donc fastidieux à lire. De plus, les personnages ne sont pas attachants. On ne se passionne pas non plus pour leur histoire. Leur relation est plate, elle ne renvoie aucune âme, aucune tendresse. C'est comme pour tout, sans saveur, sans excitation. J'ai rapidement fait le tour d'horizon de leur aventure, laquelle est très torturée, mais vraiment peu attendrissante. À aucun moment je n'ai été touchée ni n'ai ressenti de l'intérêt pour les rudiments de leur quête. C'est une grande frustration, une amère déception pour ce roman pourtant très attendu et autour duquel le mystère a été bien ficelé jusqu'à la date de sa sortie mondiale.

J'ai opté pour le livre audio, disponible en exclusivité sur Audible. On retrouve ainsi Marine Royer, également la narratrice de la série Divergente, qui réussit le tour de force de nous plonger dans cet univers intersidéral aux thèmes universels (la famille, la fratrie, les non-dits, le pouvoir) mais qui ne s'éloigne jamais totalement des sempiternels tourments (les marques corporelles, les choix discutables et les destins impossibles). Une lecture agréable à écouter, si ce n'est un contenu monotone et hélas lassant.

Texte lu par Marine Royer pour Audible Studios - Durée : 15h 19

>> Texte en version intégrale uniquement disponible en téléchargement sur le site Audible (exclusivité).

© L'édition originale de ce livre a été publiée pour la première fois en anglais aux États-Unis aux éditions Katherine Tegen Books, HarperCollins Publishers, sous le titre Carve the Mark Volume 1. © 2017 par Veronica Roth. Tous droits réservés.

Traduction française © 2016 Éditions Nathan (P)2017 Audible FR

Marquer les ombres | Livre audio

 

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21/12/16

Entre chiens et loups, de Malorie Blackman, John Aggs & Ian Edginton

Adaptation en format BD du roman à succès de Malorie Blackman : Entre chiens et loups.

entre chiens et loups

Dans une société ségrégationniste, où les Primas (noirs) contrôlent le pays en opprimant les Nihils (blancs), Séphy et Callum tentent au mieux de préserver leur amitié. Fille du ministre Kamal Hadley, Séphy doit également tenir son rang, sous l'œil scrutateur des caméras, et ne pas faire de vagues. Aussi, le jour de la rentrée, la jeune fille fait scandale en voulant apaiser les tensions du fait de l'arrivée de cinq jeunes Nihils, dont Callum, à Heathcroft, une école privée réservée à l'élite.
Dès lors, la relation entre les amis d'enfance n'aura de cesse de traverser des hauts et des bas pour se maintenir à un semblant de complicité. L'adolescence les pousse aussi à ne plus fermer les yeux face aux injustices. Lorsque la famille de Callum soutient la milice de la libération et leurs opérations terroristes, elle tombe aussitôt dans le collimateur de la police. Son père est arrêté, puis condamné. Après quoi, Callum refuse de baisser l'échine.
Chez Séphy, la situation aussi est explosive. Ses parents se déchirent, sa mère sombre dans l'alcool. La jeune fille est malheureuse et veut s'éloigner du foyer pour vivre en pension. Le jour de son départ, elle envoie un courrier désespéré à Callum... qui loupera ce rendez-vous de la dernière chance.
Mais l'histoire ne s'arrête pas là, elle continue toujours plus loin et valse sur les tourments, les malentendus, les actes manqués et les trahisons. Séphy et Callum ne sont plus des enfants naïfs et impuissants, ils se chargent de prendre leur avenir à bras-le-corps, dans un monde qui n'accepte pourtant aucune compromission. 
Quelle lecture poignante ! Avec son histoire universelle, et intemporelle, sur l'amour et la perte, elle remue beaucoup de sentiments et fait réfléchir sur le racisme, les inégalités et les persécutions. Son format en bande dessinée, tout en noir et blanc, lui redonne ainsi un coup de jeunesse dans sa conquête d'une nouvelle génération de lecteurs, lesquels ne manqueront pas d'être émus par le couple mythique de Séphy et Callum ! 

Traduit par Marion Roman - Editions Milan / BD Kids (Novembre 2016)

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