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Chez Clarabel
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1 novembre 2008

La communauté du Sud - 1. Quand le danger rôde - Charlaine Harris

Sookie Stackhouse est serveuse dans un bar de nuit dans la ville de Bon Temps ; il s'y passe des choses peu banales dans le Sud, berceau des vampires, car ces créatures ont désormais quartier libre et fréquentent les humains, s'acoquinent aux mordus et boivent du sang synthétique en libre circulation. Sookie est une jolie blonde célibataire et un peu malheureuse de l'être. Son handicap, comme elle dit, est de savoir lire dans l'esprit des gens. Du coup, pas facile de se lier avec un type dont on devine le fond des pensées, en bien ou en mal.

Alors elle attend son heure, ou plutôt son vampire (toujours selon ses dires!). Son voeu est exaucé avec la venue de... Bill le vampire. Pas très glamour comme prénom, pas très 19ème siècle non plus, d'ailleurs Sookie en pleure de joie. Mais le type lui doit une fière chandelle car il est tombé dans un traquenard tendu par deux trafiquants de sang de vampires (autre précision : ce sang aurait l'effet d'une drogue fort prisée dans les milieux undergrounds) et donc Sookie est intervenue à temps, aidée d'une simple chaîne, pour menacer le couple de vandales.

51HWMX9JP8L__SS500_On connaît la suite de l'histoire sans l'avoir écrite : Sookie tombe amoureuse de Bill et l'idylle va être mise à mal par l'arrivée d'autres vampires qui sont beaucoup moins sympathiques et conciliants que ce cher Bill. Guéguerre, rivalités, soirées orgiaques... A ceci, s'ajoute une autre menace qui plane sur la ville puisqu'une série de crimes donne des cheveux blancs à l'inspecteur Andy Bellefleur. Les victimes sont toutes des femmes et Sookie commence à se sentir menacée. Car parmi les suspects, on compte Bill et Jason, le frère de Sookie... 

J'ai joué le jeu en acceptant de me changer les idées et de découvrir l'univers de Charlaine Harris. Des vampires, encore des vampires, et une histoire d'amour entre une humaine et l'être inaccessible. Je ne m'attarde plus sur la dose d'inventivités prodiguées dans cette série, l'essentiel étant de ne surtout pas se prendre au sérieux mais de proposer un genre qui peut tenir la route. Bon, personnellement je n'ai pas été déçue par cette lecture mais je n'ai pas été transportée non plus. Le logo J'ai Lu Amour & Mystère y est probablement pour quelque chose... On y trouve beaucoup de miel et de sirop parfum eau-de-rose dans toutes ces pages ! Cela peut avoir du bon aussi, mais bof. Je n'ai pas trop goûté la sauce, et surtout - ô drame - je n'ai pas su apprécier les personnages (Bill le vampire, en tête, n'a aucun charisme ! c'est désespérant !). Je suis désolée d'avance de froisser les lectrices qui pensent le contraire...

En fait, je vais partir du principe qu'il s'agit du premier tome et qu'il faut du temps pour que la série prenne son allure de croisière. Ce livre correspond à une mise en place maladroite, ça tatônne encore beaucoup, à l'instar de Sookie qui est sympathique mais un peu idiote aussi. Je crois que dans le même genre Anita Blake est davantage considérée comme une référence, je vais donc m'en faire une petite idée tôt ou tard...  Pour l'heure, je vais rester sur une note sympathique concernant La Communauté du Sud, même si cela n'a pas été le coup de coeur annoncé (dommage Elwing !). Toutefois j'aimerais bien voir la série tv (adaptée par le créateur de Six Feet Under).  plus d'infos ici

J'ai Lu, coll. Amour & Mystère - 315 pages - 6,50 €
traduit de l'américain par Cécile Legrand-Ferronnière

NB : A ce jour, j'ai commencé à regarder les 8 premiers épisodes (série en cours de diffusion) et c'est vraiment trash ! J'hésite à me prononcer, tant je suis à la fois dégoûtée mais happée par cette ambiance. Je déplore juste le besoin de scènes un peu trop crues, surtout dans les épisodes du début, ensuite ça se calme. Par contre, les personnages de Sookie et Bill me tapent sur les nerfs !
A voir : Le générique est démentiel (un aperçu du pilote ici, ensuite c'est devenu celui-ci !)

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30 décembre 2008

Miss Charity - Marie Aude Murail

Ce roman est un refuge, 560 pages durant lesquelles une demoiselle prénommée Charity voit jour, grandit, se passionne pour les animaux et la botanique, grandit et s'isole dans son monde, où la peinture et les histoires sont ses principales sources d'intérêt. Nous sommes dans l'Angleterre victorienne, riche et prospère, crispée et hypocrite sur ses arrières. Charity Tiddler n'a pas d'autre choix que parfaire son éducation pour briller dans les hautes sphères de la société, elle fera cependant montre d'un tempérament exceptionnel (pour l'époque) en refusant de se plier aux règles établies et de se fondre dans le moule.

Ce roman est un bel hommage à la littérature, en s'inspirant de Beatrix Potter, Jane Austen, la comtesse de Ségur, Charlotte Brontë et George Sand, de même en citant Shakespeare que Charity apprend par coeur pour réciter à tue-tête, dès son plus jeune âge. C'est un roman épais, près de 600 pages, qui pourtant se lit avec plaisir et grande facilité, les illustrations de Philippe Dumas apportent un raffinement précieux, en pleine osmose avec l'aura de l'histoire. Cette peinture de l'époque est savoureuse, le portrait de Charity est attachant, très beau. Il soulève l'excentricité d'une demoiselle qui s'émancipe avant l'heure, et qui va accomplir de belles choses dans le domaine qui la touche, malgré la désapprobation générale, de même en s'affichant avec un garnement passionné de théâtre, qu'on considérait alors comme un voyou !

Marie-Aude Murail réussit à partager avec son lecteur son amour pour la lecture et sa reconnaissance pour cette littérature d'antan qui continue d'influencer les oeuvres romanesques de nos jours ! Ce serait merveilleux d'en trouver davantage.

9782211089258

(en savoir plus)

Ce roman est un refuge, dans lequel les 560 pages ne sont pas de trop pour nous couver, nous dorlotter, nous emporter. On ne se lasse pas une minute, on plonge, on adore et on décolle pour une autre dimension, on vit à l'heure victorienne dans cette Angleterre riche et prospère, un peu crispée et hypocrite sur ses arrières. C'est aussi l'histoire d'une jeune demoiselle, sensible et cultivée, intelligente et originale. Miss Charity Tiddler, née en 1870, est l'unique rejeton d'un couple guindé, qui appartient à la bonne société. C'est une enfant solitaire, elle aime trouver refuge au troisième étage de la demeure familiale, dans sa nursery où elle cache sa petite ménagerie. Car Charity s'entoure de petits animaux (des souris, des grenouilles, des lapins, des canards etc.) et passe son temps à les observer pour les dessiner, les peindre à l'aquarelle.

Son goût des sciences naturelles, ses longues promenades dans la campagne du Kent, ses discussions en aparté avec ses compagnons animaux et ses lectures de Shakespeare qu'elle apprend par coeur ne font pas d'elle une jeune lady appliquée. Et c'est justement parce que Charity Tiddler ne convient pas à l'image moulée et à l'archétype attendu qu'on s'attache à elle, en reconnaissant implicitement un parcours à la Beatrix Potter... Mais c'est de manière générale un hymne à la littérature, à travers Jane Austen, la comtesse de Ségur, Charlotte Brontë et George Sand, pour ne pas en nommer davantage, que cet épais ouvrage nous convie. C'est un véritable enchantement. Un remarquable travail de finesse, d'humour, de délicatesse. Et les illustrations de Philippe Dumas sont un atout inestimable dans cet ensemble raffiné.

J'ai tout bonnement adoré, c'est simple, je ne voulais plus en sortir. J'ai aimé les mille petits détails qui fourmillent à chaque page, la belle description de l'éducation anglaise, la volonté encore balbutiante de l'émancipation de Charity, son tempérament teinté de discrétion et de modestie, ses bonnes manières, sa gentillesse, son amitié pour sa gouvernante française et pour sa bonne, une écossaise à la chevelure rousse, Tabitha, qui raconte des histoires folles parce qu'elle-même est ravagée. Et Charity, à l'aube des manifestations d'indépendance pour la femme, apparaît davantage excentrique et incomprise. C'est une originale, certes, mais surtout elle est différente, rêveuse et douée. Elle chante faux, joue mal du piano, fuit la broderie mais elle se révèle dans le dessin et l'aquarelle. Elle comprend très vite une chose, 

« Autant les fleurs et les champignons trouvaient facilement leur nom et leur définition au clair soleil de ma raison, autant les choses humaines se déposaient au fond de moi, toutes grises et indécises. »

Miss Charity ne se mêle pas aux sorties mondaines, noue des relations profondes avec des personnages jugés inconvenables, comme Kenneth Ashley, un ami d'enfance de ses cousins, un fils de fermier qui s'est lancé dans le théâtre. Quelle belle rencontre, d'ailleurs. Ce jeune homme est remarquable, effronté et coquin pour l'apparat, mais sa fantaisie est attirante ; et on ressent presque des petits papillons dans le ventre lorsqu'il fait son entrée et taquine la timide Charity.

En bref, j'ai plus qu'aimé. Je me suis noyée avec bonheur dans ce roman-pavé de près de 600 pages. Impossible de l'abandonner. C'est en outre regrettable de tourner la dernière page et de lâcher la main de Miss Charity. Marie-Aude Murail a su brillamment nous enchaîner... encore, des lectures de la sorte !

Ecole des Loisirs, coll. Medium Grand Format - 2008 - 562 pages - 24,80€
Illustrations de Philippe Dumas

--) les avis de Marie , Alice et Emjy

 

16 mai 2013

“She was mine before she was yours.”

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Ce texte est court, puisqu'il s'agit d'une nouvelle de 60 pages, c'est assez frustrant et pourtant il a su me rappeler pourquoi j'avais autant aimé le roman de Lauren Oliver, [[Delirium]].

Cela raconte donc l'histoire éclair d'Hana, l'amie d'enfance de Lena, qui est à l'aube d'être opérée, vient de recevoir d'excellentes évaluations et a déjà été fiancée au fils du maire, ce qui comble d'aise la mère d'Hana. Pourtant, celle-ci a entrepris de sortir la nuit, de se rendre dans les fêtes interdites, de danser, de boire, d'embrasser un garçon, de tomber amoureuse. Hana plane sur son petit nuage, elle pense que Lena ne la comprend pas et blâme ses agissements. Son amitié lui manque, elle voudrait renouer le contact, mais Lena est distante. Aussi, lorsque Hana va retomber douloureusement sur la terre ferme, elle va nourrir une rancœur tenace, une jalousie naissante et très vilaine...

La lecture est rapide, mais poignante et laisse un arrière-goût d'amertume. La fin est choquante, révoltante mais elle colle parfaitement à l'esprit de la série, qui avait su si bien combiner les émotions diverses autour de la passion amoureuse et l'injustice d'être privé de ce droit le plus strict. Du coup, je lis le dernier tome, [[Requiem]], que j'aborde tout de même avec un peu d'appréhension !

Hana, par Lauren Oliver
Hachette jeunesse, coll. Black Moon, 2013 - Traduit par Alice Delarbre

9 décembre 2012

Qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son.

D'abord, les illustrations d'Ilya Green, qui s'étalent dès la couverture et ne cessent de nous en mettre plein la vue au fil des pages, puis le cd glissé dans le lecteur et les premières notes de jazz, là je m'installe et je redécouvre avec délice les aventures de Peter Pan et Wendy, en savourant l'humour, la poésie et l'espièglerie de l'histoire. Un régal. 

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Une maman, qu'est-ce que c'est ?
- Une maman, c'est une wendy, dit le jumeau numéro deux.
- Une wendy, c'est une maman, précisa le jumeau numéro un. 
Ça sert à raccommoder les chaussettes. 
- Eh ! moi j'ai perdu une chaussette...

Clochette, clignotant de fureur, interrompit la discussion.

- Tas de crétins ! Vous ne savez donc pas qu'une wendy, c'est malin, menteur, et ça mord ?

Les Garçons perdus hésitèrent.
Finalement, ils décidèrent d'attendre Peter Pan. 

Peter Pan & Wendy est un texte de James Matthew Barrie, adapté par Jean-Pierre Kerloc'h pour les éditions Didier Jeunesse (2011).
Musique de Charles Mingus - Récitant : Eric Pintus - Illustrations : Ilya Green

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18 décembre 2012

“Damn, girl. You space so hard, you ought to look into a career at NASA.”

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Ce sixième tome boucle le premier cycle de la saga, qui s'éternise jusqu'à 15 tomes, je vous le rappelle. Le sachant, cela a toujours eu le don de me glacer sur place. Je suis lasse des séries qui s'éternisent, le temps passant, les affinités s'étiolent, les envies également, j'en suis donc venue à la conclusion que ce tome 6 serait mon dernier rendez-vous à Morganville.

Pour mémoire, Bishop contrôle la ville et ses habitants, il a condamné à mort Shane et son père, Michaël est devenu son bras droit, Myrnin a retourné sa veste, Amelie a disparu et Claire est sa messagère attitrée. Eve a coupé les ponts avec tout le monde, elle est écoeurée mais ignore tout des intrigues secrètes de la communauté vampirique. Enfin, c'est sans compter sur cette chère Claire qui ne sait pas garder un secret. Sinon, chose promise, chose due : Claire a fêté ses 17 ans ! Rappelez-vous, selon la loi de l'état du Texas, elle est désormais considérée autonome et libre de ses actes sur le plan sexuel... C'est Shane qui va être content ! ^-^

Si vous appréciez les récits au rythme endiablé, avec les mauvais coups qui pleuvent à tous les coins de rue, les ambiances glauques et oppressantes, les personnages qui pédalent dans la semoule, les trahisons, les mensonges, les amitiés fortes et les promesses d'amour qui font chaud au coeur, vous avez toutes vos chances pour accrocher à cette série ! Pour ma part, il me semble avoir fait le tour de la question, j'ai apprécié cette synergie pendant un moment, mais je n'ai jamais éprouvé la moindre compassion pour les personnages, aussi il est temps de souhaiter bon vent à Claire Danvers et ses amis, la partie est finie pour moi !

Vampire City, tome 6 - Rachel Caine 
Hachette, coll. Black Moon, 2012. Traduction de Alice Delarbre.
en VO : Carpe Corpus

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11 octobre 2012

“We're the same. Two sides to the same coin.”

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L'action reprend exactement là où nous l'avions laissée à la fin de Lueur de Feu. ** spoilers - spoilers ** Cassian a retrouvé Jacinda, mis en déroute les chasseurs et reconduit la jeune fille et sa famille au sein du clan. Un miracle s'est produit, avec la manifestation de Tamra, désormais un draki estompeur. Elle a ainsi pu effacer la mémoire de Will et des siens pour prendre la fuite. C'est donc un retour en disgrâce pour Jacinda, le clan lui fait chèrement payer son histoire d'amour avec un humain, seul Cassian continue de lui manifester intérêt et protection.

J'adore cette série ! C'est un plaisir coupable sur toute la ligne, mais j'assume complètement. Cette suite cherche à raconter les moeurs des Drakis, une communauté très fermée, dictée par des règles strictes et archaïques. On a envie de compatir avec Jacinda pour toutes les épreuves infligées, mais dans le fond on ressent également de l'agacement pour son personnage. La jeune fille se montre égoïste, bornée et stupide. Elle est totalement obsédée par Will, un jour elle se résoud à l'oublier, le lendemain elle réalise que c'est impossible, qu'elle l'aime en dépit de tout, malgré les interdictions. Bref, c'est pire qu'une girouette et c'est gonflant ! C'est finalement sa soeur Tamra qui se dévoile, plus sensible, plus touchante, plus forte aussi. Toutes ces années à être traitée avec indifférence ont forgé son caractère, en bien. Par contre, le titre français induit le lecteur en erreur, car je n'ai nullement constaté de rivalités entre les deux soeurs. Au contraire, leur relation gagne en connivence. En fait, c'est juste un prétexte pour Jacinda de résister à Cassian, son élu désigné par les Anciens. Alors lui, vraiment, il ne se contente pas d'être beau et fort, il est vaillant, stoïque, conquérant. Pour une raison que j'ignore, il est dingue de Jacinda et fait tout pour la protéger ! Pfiou, petit coeur en émoi...

J'ai donc trouvé ce deuxième tome aussi bon que le premier, avec des passions interdites et folles et sauvages (on comprend mieux lorsqu'on sait que Sophie Jordan écrit beaucoup de romances pour adultes ! elle a le chic pour décrire les émois sentimentaux et les contacts physiques qui filent des frissons partout ! hihi). J'ai ressenti mille sensations en lisant ce livre, ne voulant jamais le reposer pour souffler, j'aime l'histoire, j'aime les personnages, j'aime râler et pester et soupirer, enfin c'est tout ce que j'attends d'une série : enthousiasme et distraction.

Lueur de Feu, tome 2 : Soeurs rivales, par Sophie Jordan
Gallimard jeunesse, 2012 - traduit par Alice Marchand

11 avril 2012

The only good angel is a dead angel.

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En acceptant de lire l'avenir d'une fille de son lycée, Willow ne s'imaginait pas une seconde que son existence allait basculer dans une course-poursuite avec un assassin à ses côtés et une bande d'anges insatiables à ses trousses. En effet, en découvrant le secret de Beth Hartley, Willow s'attire les foudres des responsables de l'Eglise des Anges, un mouvement sectaire secrètement mis en place par des anges eux-mêmes, ces derniers étant venus sur Terre pour se nourrir de l'énergie humaine. En révélant ses pouvoirs, Willow s'avère une arme de destruction contre ces créatures. Nécessité faisant loi, il faut qu'elle déguerpisse de Pawntucket !
La vie de l'adolescente plonge donc dans l'horreur absolue, et pour sauver sa peau, elle accepte de suivre un type dont elle ignore tout et qu'elle ne supporte pas. Alex est un tueur à gages, il appartient à une branche spéciale de la CIA. Sa dernière mission consistait à éliminer la jeune fille, mais de troublantes révélations ont remis en cause ses convictions et sa motivation.
L'histoire s'engage sur plus de 500 pages à avaler du bitume et à tuer le temps dans des chambres de motel ou dans une cabane perdue dans les montagnes. L'alternance de rythme, entre l'action folle et les temps morts à essayer d'élaborer une stratégie de repli puis de riposte, permet d'apporter un certain équilibre au récit. C'est franchement très agréable à suivre, il faut dire aussi que l'alchimie du couple est tellement juste et quasi parfaite qu'il m'était impossible de ne pas craquer.
Cette lecture est à considérer sans prétention, juste dans le dessein de passer un bon moment avec des personnages attachants. J'ai été entraînée dans cette aventure palpitante, suivi avec intérêt la lente éclosion amoureuse des deux tourtereaux et senti mon coeur palpiter un peu plus fort au tempo des trépidations de l'intrigue. La recette est facile, mais efficace. Je suis impatiente de lire la suite !

Angel, par L.A. Weatherly smileyc002
Gallimard jeunesse, 2011 - traduit de l'anglais par Julie Lafon 

Sous le pseudonyme de Titania Woods, L.A. Weatherly est aussi l'auteur de la série L'Ecole des Fées en Folio Cadet (ma fille a lu les premiers tomes il y a quelques années, avant de se juger trop grande pour la suite). 

23 janvier 2012

‘‘No reason. I like my ladies with a pulse.”

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De mieux en mieux ! Cette série se lit vite et bien, on s'habitue aux rouages de l'intrigue et aux petites manies de l'auteur. Quant aux personnages, ils ne changent guère mais ce n'est pas bien grave non plus. Pourtant, Morganville est en train de vivre un grand bouleversement, depuis l'arrivée en ville d'un vampire nommé Bishop. Ce vieux cinglé n'a pas des intentions des plus honorables, Amelie demeure sur ses gardes et encore plus énigmatique que d'habitude. De plus, l'organisation d'un bal costumé met les nerfs de Claire à cran : tous ses proches et amis sont conviés à cette petite sauterie, sauf elle. Pourquoi pas elle ? Hein, on se doute que la petite demoiselle ne va pas se contenter d'attendre sagement à la maison. 
La fin du livre prend une tournure plus sombre, annonçant une suite riche en péripéties qui ne devraient épargner personne. La ville est en flammes, Bishop a déclaré la guerre, mais qu'en est-il de nos locataires de Glass House ?! Et la petite Claire cédera-t-elle à ses pulsions ? (Il faut en effet préciser qu'à travers la pression exercée par les méchants vampires, notre héroïne est de plus en plus attirée par Shane, mais elle n'a que seize ans et dans l'état du Texas ce serait illégal de passer à l'acte avant le dix-septième anniversaire, ce qui voudrait donc dire que les choses vont évoluer dans les prochains tomes... gniii !). 
La série, annoncée sur 15 tomes, est finalement décomposée en plusieurs cycles, le premier se boucle avec le tome 7. Cette nouvelle me réjouit, je faisais un peu grise mine de m'engager sur le long terme, parfois les auteurs devraient apprendre à mettre un point final pour conserver le meilleur. Nous verrons donc... Pour l'instant, je signe ! 

Vampire City, tome 4 - Rachel Caine 
Hachette, coll. Black Moon, 2011. Traduction de Alice Delarbre.
en VO : Feast of Fools (il y a d'ailleurs une erreur, à ce propos, dans l'édition française)

4 janvier 2012

“He said my name the way diabetics talked about hot fudge sundaes.”

Une série, pour le fun ! Premier tome lu ici.

undead2Dans ce tome 2, Betsy est toujours en pétard contre Sinclair, qu'elle accuse d'avoir abusé de sa naïveté pour obtenir son statut de consort. Elle a, de plus, sur les bras cette histoire de reine des vampires à gérer, ce qui n'est pas une mince affaire car sa position n'est pas crédible aux yeux de toute la communauté vampirique. Cette dernière est également la cible d'une bande de justiciers invisibles, et en son devoir de reine, Betsy doit arrêter le massacre ! 
Entre-temps, elle a trouvé du travail chez Macy's, le temple de la chaussure. Forcément Betsy est aux anges et refuse de céder sa place, malgré les remontrances de Sinclair. La situation est toujours tendue et torride entre eux deux, c'est exactement comme dans le premier tome, un mélange d'humour et de séduction, j'aime beaucoup ! 
Betsy Taylor est une vraie héroïne de chick-lit, elle est capricieuse, insupportable, tordue et chieuse, ses amis lui pardonnent tous ses défauts, et moi aussi, car franchement c'est un plaisir, simple mais vrai, de suivre ses aventures, lesquelles ne mangent pas de pain. C'est une lecture pour se divertir, et c'est tout ce que je demande.

 

undead3Betsy découvre qu'elle a une demi-soeur, qui n'est autre que la fille de Satan ! Une nouvelle fois, elle se fâche avec Sinclair pour lui avoir caché ce détail. Résultat, elle s'enferme dans la bibliothèque pour lire Le livre des morts et devient complètement folle. Ses pulsions démoniaques lui font commettre les pires atrocités et ce n'est pas sûr que ses proches lui pardonnent. Alors Betsy veut retrouver cette fameuse demi-soeur, chérie par l'Etoile du Matin, et promise à régner sur le monde. Grosse surprise le jour J ! 
De plus, Betsy devient jalouse de l'intérêt que porte Sinclair pour cette soeurette, ce qui lui fait ENFIN prendre conscience de ses sentiments cachés pour lui. Pas besoin de craindre un soupçon d'endormissement chez notre couple, Betsy et Sinclair ont trop mauvais caractère pour jouer les amoureux transis et mielleux. Chic, alors ! 
J'ai trouvé l'histoire complètement dingue, mais un peu plus poussive dans l'ensemble. La série fonctionne sur le même mode opératoire, jusqu'à présent c'est sympa à suivre mais il faudrait penser à pimenter le tout ou chercher à se renouveler. En attendant, les passages avec Sinclair sont toujours savoureux.

 

undead4Betsy est fiancée, mais la paix ne règne pas au sein de son ménage. Sinclair est jaloux, et pour la première fois il a peur ! Le petit Jon est de retour en ville et s'est installé dans leur grande maison de Summit Avenue, au grand dam du roi. Sous le coup de la colère, Betsy lui avoue qu'elle peut lire ses pensées intimes au moment où ils se livrent à leurs ébats passionnés, et la nouvelle passe mal, Sinclair prend ses cliques et ses claques, meurtri dans sa chair. 
Alors qu'elle tente de sécher ses larmes, Betsy doit répondre à ses devoirs de reine en écoutant les plaintes des fantômes qui se manifestent à elle, et notamment la victime du tueur en série qui s'en prend à toutes les belles plantes blondes de la ville. De plus, sa demi-soeur Laura commence à manifester un brusque changement de comportement. Basculerait-elle du côté de la force obscure ? 
Ce quatrième tome est toujours aussi drôle, mais il manque un peu de consistance. En gros, Queen Betsy fait son show, à côté de ça il n'y a rien de neuf sous le soleil. L'intrigue 'criminelle' est franchement traitée  à la légère (zou, un coup de bûche sur la tête et on n'en cause plus). Et même les histoires de couple de Betsy tendent à s'essoufler (c'est toujours la même rengaine, quoi). A lire sur le pouce, oui, génial : c'est drôle et divertissant, hyper efficace. Il faudrait cependant que Betsy ne devienne pas une caricature d'elle-même ! 

 

 Published August 2004 - July 2005 - May 2006 by Berkley (Berkley Sensation)

- disponibles en VF chez Milady, avec des ravissantes couvertures illustrées par Maureen Wingrove, alias Diglee : betsy2  betsy3  betsy4

26 octobre 2011

Encore un pêle-mêle !

(ce sont les vacances, ma fille retrouve un peu de temps pour bouquiner...)

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Théodore Chipmunk est inquiet : les animaux commencent à commettre les mêmes erreurs que les humains... Il décide de se rendre en bateau avec ses amis Chloé, Oscar et Brun, à l'Institut Mattakeunk pour faire des recherches plus approfondies sur la disparition des hommes. Seulement, en chemin, ils sont capturés par un terrible homme-loup : Upsilon. De leur côté, les ourses Olive et Rosa ont dû partir en catastrophe vers la Cité des Ruines envahie par les crabes mutants et les rats-visons de la Dragonne. Théodore et ses amis réussiront-ils à repousser l'attaque et à sauver les habitants de la Cité ?

C'est une parfaite conclusion à une série qui a su séduire à la fois un public jeune et adulte, non seulement l'histoire est plaisante à suivre, les personnages sont attachants et surtout l'esthétisme de l'ouvrage force l'admiration. Toutes les réponses sont apportées, et notamment concernant le mystère de la disparition des humains et pourquoi les animaux parlent. Les vilains sont vaincus, de nouvelles rencontres ponctuent l'aventure, comme Upsilon, un homme-loup qui raffole de viande crue et de légendes. Et l'idée de présenter la naissance de cette série au sein de l'histoire elle-même est un clin d'oeil judicieux.

Le Mont des Brumes, tome 3 : Le rêve de Théodore par Jon Buller et Susan Schade
Bayard jeunesse, 2011.  

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Un recueil de neuf histoires très courtes (seulement six pages pour chacune d'elles) où Super Juju et Super Aglaé se transforment la nuit en super héros pour rendre service à la population (casser la solitude d'un vieux monsieur, réaliser le rêve d'un enfant d'avoir des poissons rouges, consoler un copain hospitalisé qui s'ennuie après son cheval, récupérer un doudou perdu dans l'arbre, aider un ami à réussir son contrôle de maths pour éviter que sa fête d'anniversaire soit annulée...). Résultat, c'est drôle, en dépit du scénario facile (la preuve que la simplicité reste un atout efficace), et les illustrations de Lucie Durbiano sont pleines de poésie, marquées par le rêve et l'humour. C'était sûr que nous allions aimer !

Les Super Super, tome 1 : Semeurs d'énigmes par Laurence Gillot et Lucie Durbiano
BD Kids pour Bayard jeunesse, 2011.
Les aventures des Super Super sont également à découvrir dans le magazine Astrapi. 

29 août 2011

"Tell freedom I said hello."

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Quel beau roman (oui, déjà par la couverture...) ! Je viens de refermer la dernière page et je suis encore sous le charme ! Je voulais prolonger la lecture, ne pas quitter Rhine et poursuivre sa quête à ses côtés. Que c'est noble, fort et brillant, bien que le fond soit dur et féroce aussi. Qu'est-ce que j'aime ce contraste ! C'est également une intrigue essentiellement basée sur de l'action lente et de l'introspection, cela confère un rythme nonchalant qui n'est pas pour me déplaire non plus.

Nous découvrons ainsi un monde ravagé où les jeunes gens sont condamnés à mourir très tôt (25 ans pour les garçons, 20 ans pour les filles). Dans ce climat de "Too young to die", au lieu de rendre la vie plus éclatante et plus belle, de la saisir à bras le corps parce qu'elle devient plus précieuse car éphémère, c'est tout le contraire qui se produit puisqu'il faut se terrer pour échapper aux kidnappings. Être du sexe féminin n'a d'autres valeurs que d'être une chose - sexuelle, pour la plupart des cas. 

Rhine, l'héroïne de seize ans, vit avec son frère jumeau à Manhattan. Depuis la mort tragique de leurs parents, c'est un combat quotidien pour se nourrir et survivre en évitant d'attirer l'attention. Mais la jeune fille tombera dans le piège : droguée, elle sera enlevée pour devenir une épouse d'un jeune gouverneur en Floride. Elle n'est pas seule, deux autres filles l'accompagnent - Cecily et Jenna. C'est un joli harem niché dans un manoir qui croule sous l'opulence, avec des jardins, des couleurs, des senteurs exceptionnels... mais ce décor en carton pâte masque une autre réalité. 

Dès l'instant où Rhine se réveille dans ce paradis factice, elle n'a qu'un seul désir : s'échapper. Elle met au point son plan d'évasion en simulant le bien-être et la félicité mais se fait rattraper par ses bons sentiments et sa compassion. C'est ainsi qu'elle se lie d'amitié avec ses soeurs épouses et s'attache à Linden, son époux affable. C'est un jeune homme rêveur, coincé dans une douce utopie, il est également totalement étranger au monde occulte mis en place par son père, le chercheur Vaughan (merveilleusement illustré par un serpent à sonnettes dans les cauchemars de Rhine, ça fait froid dans le dos mais c'est tout à fait ça !).

Finalement, j'ai trouvé un charme vénéneux à ce roman, parce qu'il est troublant mais envoûtant. Les relations transpirent le parfum de l'interdit, les sentiments amoureux ne sont pas sains (des jeunes filles s'amourachent de leur ravisseur), la frontière est mince entre l'acceptation et la répulsion. Entre l'admiration et l'horreur. Il est aisé de s'identifier à l'héroïne, de comprendre son tiraillement, sa résistance passive, sa frustration et son besoin de liberté. Facile de l'accompagner au cours des 350 pages en attendant le moment décisif - à quand le grand plongeon ?! Terrifiant, mais gratifiant. Dernière chose, j'ai apprécié qu'enfin un auteur tente de bousculer son jeune lecteur en abordant des sujets sensibles (polygamie, expérience génétique, comportement abusif et exploitation sans vergogne du corps féminin...). J'espère que les efforts ne seront pas vains, et que cela prouvera quelque part qu'il faut travailler dans ce sens. Pour l'heure, j'applaudis le tour de force !

Ephémère (Le Dernier Jardin#1) - Lauren DeStefano  smileyc002
Castelmore, 2011 - 350 pages - 12,90€
traduit de l'anglais (USA) par Tristan Lathière 

15 avril 2011

Let's get lost

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Isabel est insupportable - elle fume, elle boit, elle pique l'argent de son père, elle sort en cachette et elle ment. Au lycée, en dépit de ses résultats brillants, c'est la reine de la tyrannie, en guise de revanche sur le passé, elle est passée désormais maîtresse dans l'art de persécuter ses camarades. Elle est entourée de trois copines, toutes plus pestes les unes que les autres, avec lesquelles Isabel fait les 400 coups.

En mode off, Isabel est une fille paumée, totalement déboussolée depuis le décès de sa mère. Ses rapports avec son père sont détestables, elle passe son temps à se chamailler, elle fuit les responsabilités et refuse de rencontrer la psychologue de l'école. Elle excuse son comportement grossier parce qu'elle est une timide maladive et qu'elle a souffert d'avoir été martyrisée au collège. En fait, Isabel se sent seule et ne peut compter sur personne pour se confier (d'ailleurs, ce n'est pas son truc non plus).

Un soir, complètement pompette, elle fait la connaissance de Smith, un type également à côté de la plaque, qui la prend pour une autre et lui saute dessus. C'est plus fort qu'elle, il faut qu'elle lui sorte le grand jeu et se met à le baratiner. Mais le temps va passer, ils vont se revoir, Isabel se surprend à apprécier sa compagnie, à découvrir chez Smith des qualités insoupçonnables, lui seul parvient à la calmer par exemple. Commence alors une petite double vie, jusqu'à ce que la réalité vienne la frapper en pleine figure.

Et moi, lectrice attentive et quelque peu fleur bleue à ses heures perdues, j'étais totalement accrochée à cette histoire, j'avais mon petit coeur serré face à la détresse d'Isabel, surtout quand j'ai compris pourquoi elle se comportait ainsi, et inévitablement j'avais la larmichette au coin de l'oeil. J'ai adoré, même si Isabel est une enquiquineuse de première catégorie, je n'ai pas pu faire autrement que compatir à son désoeuvrement et vouloir pour elle des lendemains meilleurs. L'émotion est forte, surtout vers la fin, mais c'est pour un bien !

Au coeur de ma nuit - Sarra Manning  smileyswoonsmileyc002
traduit de l'anglais par Julie Lafon
Pocket jeunesse (2008) - 386 pages - 13,50€

Love. Love.

8 mai 2011

Mon royaume est un cheval

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Quatre auteurs se partagent l'affiche autour d'un même thème : le cheval. L'animal sert principalement à symboliser une envie, un rêve, l'enfance, l'espoir, l'acte de grandir, l'amitié, l'amour aussi... Yann Coridian évoque le premier amour, à travers un spectacle scolaire, où le jeune narrateur joue le rôle d'un cheval et n'a d'yeux que pour une petite copine qui interprète un arbre. Ils sont en CM2, la fin d'année approche, ils vont se séparer, ce sont les vacances et le garçon reçoit une carte postale avec un cheval, illustrant la réciprocité des sentiments. Et j'ai été attendrie par cette belle histoire, même si elle est bien trop courte aussi. C'est le souci du recueil de nouvelles, de toute façon. Les mondes s'enchaînent, les rencontres avec les personnages passent à toute vitesse, et le lecteur jongle avec l'immension frustration de dire adieu et bonjour à la fois.
Susie Morgenstern a le goût de la chute - un garçon est attaché à son cheval, c'est son trésor, le dernier cadeau de son grand-père, il n'en parle même pas à ses meilleurs potes, il se coupe du monde extérieur pour passer son temps avec, un peu aussi pour se réfugier des disputes incessantes de ses parents, lesquels divorcent puis se remarient avec un bébé à la clef. La nouvelle ne l'enchante guère, mais c'est sans se douter que cela l'aidera à grandir et à se détacher de son cheval. Pour un bien. Pour grandir, quoi.
Le texte de Christian Oster est celui qui m'a le moins emballée : un cheval (qui parle), vieux et traînant la patte, désormais sans maître ni cavalier, erre comme une âme en peine et rencontre un escargot. Ils font route ensemble, la bestiole sur la tête afin d'observer le paysage. Un lutin leur offrira un coup de bûche pour faire grossir l'escargot, qui bave de plus en plus, mais la proposition de la fée sera poliment déclinée, et même la promesse faite à la limace n'entravera pas cette jolie connivence qui s'est crée entre le cheval et l'escargot. Non, honnêtement je n'ai pas beaucoup apprécié.
Par contre, j'ai été fort sensible au joli récit de Brigitte Smadja où une jeune adolescente, rêveuse, passe deux semaines de vacances chez sa tante en soupirant d'ennui. Elle rencontrera sur la plage un cheval fou et sa cavalière et sera pleine d'admiration devant ce couple. Elle prendra conscience qu'elle a besoin de changement dans sa vie, elle aime le latin mais n'osait pas l'assumer devant sa bande de copains. A la place, elle suivait le mouvement en mettant le bazar et en se moquant de la prof. Elle en a soupé d'être un mouton, elle veut de nouveau ressentir ce que la rencontre du cheval et sa cavalière a éveillé en elle, et elle y arrivera à force de ténacité et d'indifférence. C'est un texte d'une telle force, laquelle se dégage tranquillement, j'ai beaucoup aimé ce doux paradoxe !
En bref, voilà un recueil à la qualité appréciable mais au plaisir parfois inégal. A la base, je voulais relire un texte de Yann Coridian, et je n'ai pas été déçue.

Neuf de l'Ecole des Loisirs (2011) - 100 pages - 8,00€
illustration de couverture : Sereg

6 mai 2011

Pêle-mêle Clarabel #33

Quel bonheur de retrouver les petits héros de Perdus ? Retrouvés ! d'Oliver Jeffers.

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Le pingouin rêve de voler, le petit garçon cherche toutes les astuces possibles, mais il faut se rendre à l'évidence : les pingouins ne volent pas. C'est alors qu'une affiche attire son attention (Vous rêvez de voler ? Le spectacle forain recherche un nouveau boulet de canon vivant.) et le pingouin disparaît. Quel drame. Nos deux meilleurs amis sont séparés et sont tristes l'un sans l'autre. Bien entendu le petit garçon n'abandonne pas l'idée de retrouver son pingouin et d'être présent au moment où celui-ci en aura le plus besoin ! Tout est là : l'amitié, la séparation, la tristesse, l'obsession du rêve qu'on n'atteindra jamais, l'espoir, la trouille, le sentiment d'abandon et d'impuissance, les retrouvailles qui vous nouent l'estomac... Ce sont des émotions fortes, tantôt joyeuses ou désabusées, que parvient à nous transmettre Oliver Jeffers avec un style faussement minimaliste et encore moins naïf. Et puis ses petits héros sont vraiment attachants ! (kaléidoscope, 2011)

Cette histoire de boulet de canon vivant m'a fait penser à JIM POP de Tom Henni,

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Ou l'incroyable numéro du célèbre homme-canon : Jim Pop est projeté en l'air mais, coup de théâtre, il s'envole au-dessus du filet et est propulsé si loin qu'il fait le tour du monde ! L'album est composé de doubles pages où l'on suit dans la partie supérieure ce qu'il se passe sous le chapiteau du cirque et dans la partie inférieure nous suivons la trajectoire fantasmée de Jim Pop autour de la planète. Les couleurs sont pétantes, comme l'histoire !

IMG_3780 IMG_3781 IMG_3782 IMG_3783 IMG_3784 (Rouergue, 2011) 

Un autre spectacle qui ne manquera pas de vous faire sourire, Le loup ne nous mangera pas ! d'Emily Gravett.

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Emily Gravett revisite le conte des 3 petits cochons et du loup. Cette fois, notre trio n'a peur de rien et le prouve à travers une formidable représentation : ils viennent de capturer le grand méchant loup, admirez ! La bête est docile, apprivoisée, courbe l'échine et connaît son maître. (Effectivement, le Loup se plie à leurs caprices avec une déconcertante facilité !) Le stress monte. Quel suspense. Quand arrive le show où nos cochons dodus et roses se glissent entre les crocs acérés, le coeur du lecteur loupe un battement... Prudence est mère de sûreté. Voyons, les cochons ! Les histoires de bravoure sont souvent des cochonneries. Héhé. Nous avons là du Emily Gravett tout craché - c'est facétieux, joliment croqué, judicieusement détourné, avec un final qui survient après le roulement de tambours. (Ce n'est pas mon préféré non plus. Je trouve qu'il lui manque cette petite touche magique et espiègle qui caractérise le style de cet auteur, dont j'admire beaucoup le travail.)  (Kaléidoscope, 2011)

12 avril 2011

Pêle-mêle Clarabel #28

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 Toute la nuit, la tempête a soufflé sur la petite ville. Le lendemain matin, les fillettes, en vacances chez leurs grands-parents, bravent l'interdiction de quitter la maison pour se rendre aux alentours et découvrir les dégâts. Elles arrivent au cimetière, complètement ravagé, et se chargent alors de tout remettre en ordre, de nettoyer les allées et de réorganiser les fleurs pour mieux embellir les tombes. Elles ignorent que leurs petites silhouettes filantes ont été aperçues par la femme du maire et que cela a déjà été colporté à la connaissance des grands-parents, lesquels font alors mine de se poser des questions. L'histoire est toute mignonne, simple et souligne l'innocence de l'enfance. J'ai aimé les illustrations de toute beauté de François Roca, ce qui n'est guère surprenant.

Après la tempête, de Charlotte Moundlic & François Roca (Albin Michel, 2011)

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J'ai parcouru un autre album illustré par François Roca - vraiment superbe ! Il y a un réel souci du détail et les ressemblances avec le vrai personnage d'Elinor sont bluffantes (cliquez ici par exemple). L'histoire met à l'honneur une femme d'exception - Elinor Smith, une américaine pionnière de l'aviation. Son aventure est éblouissante car tout est parti d'un rêve, à l'âge de six ans, qui n'a jamais été contrarié par ses parents ou par l'adversité. Elinor souffrait de petits handicaps comme son âge, son sexe (nous sommes dans les années 20) mais cela n'a jamais été un frein pour elle. Elle a atteint ses objectif, relevé le défi de voler sous les quatre ponts de la ville de New York, décroché des médailles de mérite, bref Elinor Smith est un beau symbole de féminité et de détermination. L'exemple parfait qu'il faut s'accrocher à ses rêves et ne jamais renoncer.

L'incroyable exploit d'Elinor, de Tami Lewis Brown & François Roca (Albin Michel, 2011)

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J'ai aimé l'originalité qui se cache dans cet album de Merlin - Le garage. Ce sont des pliages, des pages qui s'ouvrent en grand, des indices cachés et des clins d'oeil rigolos qu'on trouve à la pelle. Une belle partie de cache-cache chez un garagiste qui a bien du mal à gérer sa petite troupe facétieuse.

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Le Garage - Merlin (Albin Michel, 2011)

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CHALLENGE Je lis aussi des albums (édition 2011) - 18

19 décembre 2009

Graceling ~ Kristin Cashore

Livre un : Le don de Katsa
Hachette, 2009 - 425 pages - 14,90€
traduit de l'anglais (USA) par Raphaële Eschenbrenner

gracelingKatsa est une Graceling, un être rare doté de pouvoirs incroyables : elle peut tuer un homme à mains nues.  Sa réputation a déjà fait le tour du royaume et au-delà des frontières, elle est la Lady tueuse. Orpheline et nièce du roi Randa, elle est à son service pour accomplir les basses besognes avec ses compagnons d'armes, Giddon et Oll. Parallèlement, avec la complicité de son cousin, Raffin, le fils du roi, elle est à la tête du Conseil, une association secrète qui agit pour le bien et pour venir en aide à des situations de détresse. Leur dernière mission - libérer le vieux père du roi de Lienid - place sur le chemin de Katsa un individu dont les pouvoirs semblent être de compétence égale avec les siens. Cette rencontre rend la jeune femme perplexe, elle assomme le type au lieu de le tuer et prend la fuite. 

En fait, Katsa va prochainement retrouver son adversaire lorsqu'il se présente au château du roi Randa en tant que prince Greening Grandmalion de Lienid. Il est en quête d'informations sur l'étrange disparition de son grand-père, Tealiff, qui se trouve à l'abri dans les couloirs secrets des appartements de Raffin. C'est encore trop tôt pour faire confiance à ce jeune prince, et les membres du Conseil se tiennent à carreau. Katsa accepte pourtant de s'entraîner avec lui - il se prénomme Po, faisons plus court - et une connivence se crée. La jeune femme découvre des facettes cachées, prend conscience d'être une marionnette entre les mains de son oncle, ne veut plus assumer cette part de bestialité qui la rend si différente des autres et la tient à l'écart, Katsa découvre en Po un ami sûr, lui aussi possède le don du combat et pour la première fois elle se sent comprise et en confiance. Cela va leur permettre d'étudier la raison de l'étrange kidnapping de Tealiff, et de fil en aiguille d'étonnantes révélations vont fleurir !

J'ai beaucoup, beaucoup aimé ce roman. Un roman dont le souffle gagne peu à peu le lecteur. Entre fantasy et romance, l'histoire a de formidables atouts pour étourdir en nous entraînant dans ce monde merveilleux et inquiétant des Gracelings. Les personnages sont de toute beauté, Katsa en tête est une jeune femme forte et qui revendique son désir d'indépendance et d'être libre. Elle refuse le mariage, les enfants et les prétendants. Aussi, est-elle bien embêtée lorsqu'elle prend conscience de ses sentiments pour le prince Po (formidable personnage, entre nous, compréhensif, charmeur, vaillant...). Il n'y a néanmoins pas un torrent d'érotisme dans ce roman (ou si peu), nous sommes à la frontière du roman pour jeunes adultes, mais point d'hypocrisie non plus car Katsa et Po vont vivre leur amour en choisissant d'être des amants. D'où passage à l'acte. (Je le précise, si vous souhaitez le confier à des lecteurs qui pourraient s'émouvoir d'une telle audace ! ;o) La description de la scène est gentille, je peste !).

A partir du moment où la liaison est affichée, le couple n'en devient pas niaiseux pour autant, et c'est tant mieux ! La demoiselle est une tigresse, son alter ego se révèle d'une noblesse exemplaire et digne pour établir le bon équilibre. En fait, l'émotion est très souvent bridée, ou n'est-ce que mon sentiment, au profit de l'action : longues chevauchées dans la forêt, lente ascension des cols montagneux, et j'en passe. L'ennemi que doivent affronter Katsa et Po est particulièrement redoutable, à tel point que la fin de l'histoire en devient frustrante (trop précipitée et improbable) ! Ce sont des défauts infimes, sans conséquence, car j'ai diablement savouré cette lecture ! Et n'imaginez pas que ce livre soit hermétique, totalement froid, exempt d'émotions sincères, il en possède aussi. D'ailleurs tous les instants que passent Katsa et Po ensemble sont de très, très beaux moments qui donnent le sourire (et serrent mon petit coeur de midinette).

Verdict : J'AI AIME ! Amis lecteurs, je vous préviens, nous sommes cernés par une pile de romans dont les échos sont tous meilleurs les uns que les autres. Les jours qui suivent vont nous perdre ! Comment allons-nous survivre !?! ... :/

Le nouveau roman de Kristin Cashore, déjà paru aux USA, s'intitule Fire. Il n'est pas la suite de Graceling, mais il est lié, il se passe trente ans plus tôt et introduit un personnage d'une importance considérable. Le troisième livre à paraître, Bitterblue, se passera six ans plus tard. J'ai hâte !!!   

 

-) pour lire un extrait

illustration couverture française : Anne-Claire Payet
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-) à lire, sur le blog de l'auteur, un billet où elle expose qu'elle n'a pas franchement de béguin pour tel ou tel acteur, mais plutôt des béguins pour des personnages - nuance !  j'ai trouvé ça excellent, car finalement je me sens un peu dans le même cas (bientôt je listerai tous ces personnages qui me font perdre la tête !)  LIEN

23 décembre 2006

Les enquêtes de Vipérine Maltais : Mortels Noëls - Sylvie Brien

viperine_maltais_mortels_noelsLire les enquêtes de Vipérine Maltais, 13 ans, procure un réel dépaysement qui envoie le lecteur dans un Québec des années 1920, entre les murs d'un pensionnat religieux, où Vipérine et sa soeur Olivine sont élèves. Les fêtes de Noël ne sont qu'un décor de fond pour cette pièce de théâtre où le mystère frappe le sommeil de la soeur économe, Aurore, persuadée d'avoir été la victime manquée d'un meurtre. Vipérine mène son enquête, remonte quelques pistes d'un Noël ancien, sur les douces et mélodramatiques dernières lignes du conte d'Andersen et de La petite fille aux allumettes... C'était une belle rencontre de faire connaissance avec Vipérine Maltais, fillette très intelligente et qui pense avoir un physique ingrat. Dans "Mortels Noëls", le dénouement ne soulèvera guère de soupirs d'étonnement, surtout si le lecteur a bien suivi, dès la 50ème page les jeux sont faits (du moins, pour moi). Mais j'ai trouvé plutôt amusant que tous les suspects soient réunis autour de Vipérine en train de clamer les conclusions de son enquête, cela rappelle la méthode d'une certaine Dame Agatha Christie... Bref, une petite collection plaisante, qui ne chatouille pas les neurones, qui se contente donc d'être distrayante ET dépaysante !

Gallimard jeunesse, coll. Hors Piste

2 novembre 2008

L'oiseau - émoi ressent ce qu'on sent au fond de soi...

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On ne l'a jamais vue, mais on sait qu'elle est là, au fond, tout au fond de soi : l'âme.

Et au fond de l'âme, il y a un oiseau perché sur un pied, qui ressent ce qu'on sent au fond de soi : c'est l'oiseau-émoi.

Il se morfond de douleur lorsqu'on nous blesse, il sautille et gambille quand on nous aime. Il se roule en boule, muet de tristesse, quand on nous agresse. Il se déploie et emplit l'espace dès qu'on nous embrasse.

« Au fond,
tout au fond de nous
vit l'âme.
Nul ne l'a jamais vue,
mais chacun sait qu'elle y est.
Jamais
personne ne vint au monde
sans elle.
Elle étincelle
dès qu'on naît
et, comme l'air qu'on respire,
jamais ne nous abandonne,
pas même une seconde...
... tant qu'on est. »

L'oiseau est fait de tiroirs bien verrouillés et l'oiseau seul peut ouvrir ses tiroirs. Un tiroir pour chaque sentiment, donc l'oiseau-émoi a beaucoup, beaucoup de tiroirs !

« Des tiroirs
pour rire, pleurer,
désirer, être comblé,
espérer, désespérer,
patienter, s'impatienter,
et puis un pour haïr
et un pour être aimé...
Il y a même
un tiroir pour la paresse
et un, c'est fou,
pour ne rien faire du tout !
Et aussi un tiroir secret
pour nos secrets les plus secrets
qu'on n'ouvre presque jamais.
Et d'autres, encore et encore,
tous les tiroirs
qu'on peut rêver d'avoir ! »

A présent vous avez compris que chacun est différent parce que vit en lui un oiseau différent.

**********

Ce petit traité des émotions est adapté du best-seller The Soul Bird écrit par la poète israélienne, Michal Snunit. Dans sa version française, les illustrations délicates et raffinées de Martine Delerm évoquent à merveille la vie intérieure.

Sensible, délicat, subtil et précieux.

Seuil jeunesse, Septembre 2008 - 12€

 

 

 

 

 

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29 octobre 2008

La vie parfois fait plouf *

* Paroles de Plouf / Les Wriggles

**********

Attention, petite perle de drôlerie !

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Hamster et ses amis de la forêt s'apprêtent à célébrer l'anniversaire de notre petit animal... qui est épatant ! Imaginez un hamster gourmand et égocentrique, qui gribouille dans son journal des mensonges irrésistibles. Il invite ses amis mais attend d'eux qu'on lui offre des gaufrettes et des noix, sinon pas la peine de venir.

C'est lui le plus beau, c'est lui le meilleur. Il rêve en contemplant les étoiles et cultive son narcissisme. Il ne pense qu'à sa petite personne et à son ventre. Il se goinfre, il ne partage pas, il ment et il est paresseux !

Ses petits amis, aussi, sont fort sympathiques dans leur genre : Hérisson rêve d'être doux et de porter un manteau de mousse, Taupe boit du thé dans son lit et écrit un roman, Escargot rêvasse sur le pourquoi du monde et se demande si la pluie va tomber, Lapin est admiré de tous mais jalousé par Hamster... qui ne l'invite pas à son anniversaire mais découvre sa venue et une surprise de taille : une émouvante chorale, avec danse et chant à tout casser !

Bref, c'est indispensable de se ruer dessus !
Les dessins sont simples, le tout est composé à la manière d'une bande dessinée.
Les textes sont délirants, les personnages croqués à point.
J'ai savouré !

Par Astrid Desbordes
Illustrations de Pauline Martin

Albin Michel Jeunesse, septembre 2008 / 12 €

15 juillet 2008

(lectures de vacances - 3)

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Qu'est-ce que j'ai été déçue par ce livre ! Au menu, on trouve sept nouvelles, aussitôt précisées comme étant caustiques, féroces et intraitables avec le dogme de l'apparence, le féminisme et le poids de la société qui influence l'estime de soi. Et franchement je n'y crois pas aux critiques, "On se tient les côtes. Ces femmes sont drôles, tordues, actuelles." (Madame Figaro) "A lire pour se réconcilier avec sa cellulite." (Biba)... Ah bon ? Autant le dire de suite : non je n'ai pas ri. J'ai plutôt senti combien ces histoires étaient tristes, sans appel et pitoyables pour les êtres mis en scène.

Au choix : dans une société du futur, dirigée par le bistouri, le Botox et la silicone, les hommes pleurent d'être de plus en plus privés du moelleux de la femme ; aux élections présidentielles, une femme a décroché le poste suprême et décide d'ouvrir des maisons closes pour femmes respectables ; une épouse devient l'objet sexuel mis au centre des contrats à négocier par son mari et son patron ; un anniversaire de mariage met à plat les coucheries des uns et des autres ; une femme au foyer a choisi de briser l'habitude en couchant à droite et à gauche avec le postier, le boulanger, le boucher etc.

Je suis passée totalement à côté. Je n'ai pas souri un instant, je me suis pratiquement ennuyée. J'ai trouvé les portraits de ces femmes pas loin d'être pathétiques, mais surtout ça m'a fichu un voile glacial sur tout le corps. Plus je lisais les nouvelles et plus je m'enfonçais dans une énorme tristesse. La vision du couple, par exemple, est terriblement amère, désespérante. Non désolée, ça ne prend pas avec moi...

Eloge de la cellulite et autres disgrâces - Dominique Dyens

Editions Héloïse d'Ormesson, 2006 - Livre de poche, 2008. 180 pages.

... sur un conseil de Laure ;o)

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Celui-ci est un roman, mais il est constitué de dix courtes histoires pré-publiées dans des magazines sous forme de nouvelles. Le tout assemblé se lit d'une traite, se cogne, se fait signe et se répète... c'est la règle. Mais ce n'est jamais redondant, au contraire. On souligne combien la mort du père, par exemple, a morcelé la vie des deux garçons, dont le narrateur, le cadet. Il y a eu un avant, et il y aura ensuite l'après, les restes, la vie qui tente de continuer...

Au centre, demeure cette figure céleste et sublime de la mère. Son nom, Maria Dolorosa. En espagnol, cela signifie la Mère des Chagrins. Coquette, féminine, la touche de Shalimar dans les airs, rêveuse, pointilleuse et secrète, cette femme est l'image même de la fascination pour le jeune garçon. Avec son nouveau copain du quartier, Denny, le fiston aimait se faufiler dans les placards de la mère et se pavaner avec ses toilettes. A onze ans, avec le décès brutal du père, le garçon reçoit une gifle cinglante quand ses cachotteries sont mises à jour... Tu seras un homme, mon fils. C'est la phrase qu'on peut lire entre les lignes, jamais noir sur blanc. La mère pressent, tremble et pourtant elle refuse de l'admettre. Promets de ne jamais devenir homosexuel, lui souffle-t-elle lorsqu'elle le surprend en train d'écouter des disques de Piaf.

Les derniers chapitres du livre concernent de loin en loin les souvenirs d'enfance, ciblent les deux fils devenus adultes. Davis va connaître une morte violente et prématurée, la mère va vieillir en perdant la tête et le narrateur, au centre, cherche à assumer son identité sexuelle, malgré les réminiscences d'une enfance encadrée de reproches, de non-dits et d'évidences tues :  "Je savais déjà , je suppose, que j'étais le fils de ma mère, tout comme Davis était le fils de notre père." Une nostalgie sourde résonne, un arrière goût de chagrin mêlé à un sentiment d'observation. Le narrateur partage avec le lecteur son portrait de famille et la peinture d'une époque (l'Amérique des années 50) avec tendresse et mélancolie. C'est joli, mais la fin est désolante et a gâché mon plaisir...

La mère des chagrins - Richard McCann

Editions des Deux Terres, septembre 2006 pour la traduction française / Points, 2008

traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Anne Damour

Les avis de Lily & Cathulu

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Et si l'amour n'était qu'un rêve ? La question est posée, elle nourrit sept textes assez courts et dont l'autre point commun est de mettre en scène des personnages féminins. Elles se prénomment Harriet, Anna, Madame, Ellie Pearl et Rupe Pearle. Elles n'ont pas le même âge, ne sont pas issues du même rang social mais elles attendent toutes l'amour. Ce n'est pas un sentiment qui les sauve, parfois cela les plonge dans un profond désarroi, mais cela procure quelques pages de divertissement pour le lecteur impassible que nous sommes (ou que je suis, tout simplement).

Car hélas, ces sept histoires sont trop vites lues. C'est bien la première fois que je m'entends me plaindre d'un livre trop court ! En fait, ce qui frustre ici, c'est que j'ai l'impression qu'on a raclé les fonds de tiroir. Ce sont les derniers récits, inédits, de Kressmann Taylor. Je me rappelle avoir lu et beaucoup apprécié Ainsi mentent les hommes, son précédent recueil, sauf que les nouvelles me paraissaient plus consistantes. Ou peut-être aurait-il été plus judicieux de compiler les textes dans un seul ensemble.

Bref, je retiens de ce maigre butin une très bonne impression avec Ellie Pearle. Cette jeune fille a grandi dans les montagnes, un milieu rudimentaire et difficile pour les conditions féminines. Par le soutien de sa mère, elle est partie en ville suivre des leçons de dactylo, gagner son propre argent et s'élever coquettement. De retour chez les siens, pour une semaine de vacances, Ellie Pearle retrouve son ancien petit copain Tige Tagard, le fermier rustre par excellence, et voit là un conflit d'attirance - sa vie rêvée en ville ou ses amours passionnelles dans les montagnes. Personnellement, je pense que ce texte aurait pu nourrir un début de roman plutôt appétissant... Dommage.

Ainsi rêvent les femmes - Kressmann Taylor

Editions Autrement, 2006 pour la présente édition /  Livre de Poche, 2008

Nouvelles traduites de l'anglais (Etats-Unis) par Laurent Bury

Lu par Lilly (très enthousiaste) ; Laurence (déçue, comme moi)

4 juin 2008

^ Shinobi Life ^

Shinobi Life est un petit chef d'oeuvre poignant et passionnant, une véritable histoire d'amour profonde et intelligente, intense et romantique, une romance touchante qui devrait plaire à toutes les lectrices qui aiment les shôjos !!!

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Cela débute dans le Japon médiéval avec une scène entre une princesse et un ninja sur le point de s'échapper, quand une explosion plonge le garçon dans un bond dans le temps. Il tombe du ciel et sauve in extremis une jeune fille prénommée Beni, qui fait l'objet de nombreux kidnappings par la faute de son père (un homme étrange, qu'on soupçonne puissant, mais mauvais et calculateur). Âgée de dix-sept ans, Beni est pressée de trouver la mort pour enquiquiner son paternel. Sa rencontre magique avec le ninja va pourtant changer le cours de son destin.

Kagetora est sonné par son traumatisme et reste persuadé de vivre dans une "illusion". Il ne comprend pas qu'il vient de voyager dans le temps, qu'il n'est plus au service de la princesse Beni mais de sa descendante. En effet, la ressemblance physique entre les deux est frappante, de plus elles portent le même prénom. Beni n'imagine pas qu'il est un vrai ninja, trouve que le garçon est charmant et pense qu'il vient d'être engagé comme garde du corps par le secrétaire de son père. Elle lui trouve une attitude délicieusement rétro, et pour cause ! (...)

La relation entre Beni et Kagetora est éblouissante. Ce dernier est hyper protecteur, possède un charisme renversant, il est renfermé et obligeant. Toutefois, il se dévoue corps et âme pour "sa princesse". Beni va finalement comprendre qu'il ne joue pas un jeu, quand à son tour elle va plonger dans le passé féodal de Kagetora ! L'inévitable face-à-face avec la vraie princesse risque de mettre le ninja devant un constat terrible : la Beni qu'il chérissait n'est qu'un imposteur, sa mission prend subitement fin et Kagetora est condamné à mourir, ainsi le décrète le pacte des ninjas et son ennemi juré, un ami d'enfance nommé Hitaki, compte bien appliquer cette loi.

Waouh ! C'est drôlement bien ! Et ceci n'est qu'un aperçu !

En fait, Shinobi Life était voué à n'être qu'un one-shot, d'où l'impression de précipitations dans le feu de l'action et une fin engageante, bref le succès aidant, la mangaka Shoko Conami a été poussée à en faire une série ! Cette idée de rencontre entre une jeune fille moderne et un ninja exilé de son époque est étourdissante, aidée de quelques bonds dans le temps, qui pimentent la sauce, et de grands coups de théâtre avec des vilains très méchants, qui veulent séparer notre couple, plus des instants estampillés de mille étincelles (oui, c'est tellement merveilleux, on a des étoiles dans les yeux !)...

Au début, la relation entre Beni et Kagetora est balbutiante, pétrie des us et coutumes d'un autre temps. L'attirance entre nos deux protagonistes est hallucinante, et pourtant lui sait qu'il doit tenir son rang et elle s'en mord les doigts de ne pouvoir lui mettre dans le crâne le fait qu'ils vivent désormais dans une société totalement différente. Le deuxième tome va même introduire un troisième larron, sur l'initiative du père de Beni qui complote des fiançailles arrangées. Encore et toujours, l'histoire d'amour - qui crève les yeux - est freinée et dérangée par la force des choses. (Sans cela, on s'ennuierait profondément !) (Et puis, ce serait troop facile !)

J'ai été franchement attirée par les couvertures du manga, elles éveillent un sentiment d'attirance et de sensualité. On y voit (ou devine) cette liaison sulfureuse entre la belle et le very sexy garde du corps (qui ne craquerait pas, hein !?!). Cette série est entrée dans mes conseils de lecture après l'achat de Vampire Knight (merciiii Lamousmé). Son succès repose sur l'idée assez originale du scénario (un ninja et le voyage dans le temps) mais connaît son apothéose car LE personnage de Kagetora remporte haut la main tous les suffrages. Le type est beau, il parle peu mais agit beaucoup, rapide comme l'éclair, toujours présent dans l'ombre de sa belle, c'est le chevalier servant par excellence ! Et puis, il a le don du sacrifice, un côté gentleman et viril, bref... que de vapeurs ! ! !

J'ai sans doute trop misé sur la touche sentimentale du manga, mais il faut savoir aussi que c'est hilarant, avec quelques scènes d'anthologie (Kagetora est choqué des tenues de sa belle et pense qu'elle porte un pagne - qui n'est autre qu'un string !).

Une intrigue prenante et un humour décapant sont au programme !

Shinobi Life : Shoko Conami

Asuka, 1ère impression : Novembre 2007. Actuellement 4 tomes disponibles, la série est en cours au Japon.

Collection : Shôjo  Genre : Aventure - Sentimental

Edit après lecture des tomes 3 & 4 : J'ai terminé la série hier soir, enfin terminé... je suis à cran, je veux la suite et très vite ! J'avais un sourire gaga sur le visage, je buvais toutes les pages, j'étais rondement emballée et comblée. L'action ne faiblit jamais et notre couple se bat contre leurs ennemis pour pouvoir vivre leur grand amour. Ce Kagoretora, quel dieu vivant ! De plus, on commence à découvrir les faces cachées d'autres personnages, comme Rihito ou la mère de Beni. On devine un Hitaki revenchard mais avec des blessures secrètes... aussi ! Me voilà toute fleur bleue ! C'est du propre !!! :o)

 

Lamousmé a établi une liste de mangas à découvrir et/ou lire d'urgence !

26 octobre 2008

^ Blowin' in the wind ^

 

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51yeJk4_2Bi5L__SS500_Petit-Renard vit dans un moulin et aime le son du vent, qui fait Voooonnnnn ! Cela fait tourner les ailes de son moulin et crée une douce musique qu'il ne se lasse pas d'écouter. Un jour, soudain, il se demande d'où vient le vent...  La petite araignée suspendue au bout de son fil n'en sait rien, ni le nuage accroché à la flèche du moulin. Mais le nuage réfléchit avant de répondre : Je voyage grâce à lui, mais je ne sais pas d'où il vient.

Le vent continue de souffler, sans doute fier de son grand mystère. Petit-Renard décide alors de partir à l'aventure. Mais le vent devient terrible, se transforme en tornade. Il faut s'accrocher à la branche d'un arbre pour ne pas être emporté. Petit-Renard ne renonce pas pour autant à trouver la source du vent, il continue. Il renifle, il hume et il repart dans le sens indiqué par le vent. Il marche, marche...

Et puis il tombe dans un trou obscur.

Petit-Renard fait la connaissance d'un lutin qui l'invite à visiter la fabrique du vent. Car ça y est ! le petit renard a trouvé ! Et ce qu'il découvre est enchanteur. Des tuyaux partout, des bulles, des chansons, du parfum, des saisons... c'est magnifique ! Et très ingénieux.

Mais toute bonne chose a une fin, et il faut rentrer chez soi. Epuisé, mais heureux !

Un livre poétique et enchanteur, avec des illustrations d'inspiration japonaise.

Par Chiaki Miyamoto
Gallimard jeunesse, coll. Giboulées / 13 €
Dès 3 ans.

Du même auteur :  Petit fantôme

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19 avril 2008

*** Hésitation - Stephenie Meyer

version courte

Depuis le retour du clan Cullen à Forks, Edward est décidé de se faire pardonner et ne quitte plus d'une semelle Bella, refusant ainsi qu'elle retrouve son ami Jacob Black. Cette privation frustre la jeune fille qui se sent poussée vers lui, en souvenir des mois agréables passés ensemble. Mais une haine "ancestrale" oppose le clan d'Edward à celui des Quileute, en plus de la jalousie croissante au sujet de Bella. Tous deux sont amoureux de celle-ci, qui n'imaginait pas un seul instant se trouver dans la position délicate de choisir l'un ou l'autre !

Cet imbroglio amoureux nourrit l'essentiel du roman, provoquant maints agacements et quelques crises d'hystérie. Nos trois protagonistes sont tous coupables de leurs actes et de leurs pensées, Bella est perpétuellement agaçante avec son inconstance, Edward trop excessif et Jacob opportun. Cependant, cela ouvre à la jeune fille une nouvelle perspective d'avenir : obnubilée par son désir de "transformation", elle oublie la part de sacrifice que cela implique. Différents témoignages (de Rosalie ou de Jasper) vont la mettre face à cette cruelle réalité.

Le suspense est particulièrement intense dans ce tome 3, de part la menace des Volturi et de l'autre par l'arrivée d'une armée de jeunes vampires assoiffés. Une guerre se prépare, et Victoria rôde toujours. Les scènes de stratégie orchestrées par Jasper sont denses et excitantes ! De même, la relation entre Edward et Bella continue de nous émerveiller, avec quelques scènes croustillantes. L'intrusion de Jacob Black est un élément non-négligeable, déjà évoqué ci-dessus, car ce personnage m'est prodigieusement antipathique et étouffant !

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*** énorme avalanche de spoilers, avis à ceux qui n'ont pas lu ce livre ! ***

hesitationEdward est revenu, Edward et le clan Cullen ont regagné leurs quartiers à Forks, Edward est auprès de Bella et Edward a fait une promesse ! Youpi, tout roule comme sur des roulettes. Mais alors, pourquoi cette Hésitation ? Ah oui, Jacob Black... Ne l'oublions pas (pourtant, j'ai serré les poings très fort pour l'évincer de mes yeux, peine perdue) ! Edward a commis une erreur monumentale en s'éloignant de Bella, pensant que c'était pour son bien. Il a laissé la place à ce gamin de 16 ans qui n'a pas ménagé ses efforts ni boudé son plaisir pour profiter des instants passés auprès de la jeune fille. Certes, elle était cassée mais, à force de patience, elle a su se reconstruire, et auprès de Jacob elle a trouvé une chaleur qu'elle croyait ne plus jamais retrouver. Ce n'est pas rien, et ça laisse des traces ! Ah malheur, Edward doit maintenant ronger ses remords, son agacement et cherche à se rattraper. Il ne veut plus quitter d'une semelle sa dulcinée, au point de l'empêcher de fréquenter son meilleur ami. Une haine raciale les oppose, s'ajoutant au fait que tous deux ont des sentiments très forts pour Bella.

Dans cette histoire, ils sont plusieurs à plaider coupables : Edward, trop excessif, emprisonne sa chérie et exacerbe l'envie à travers cette interdiction de revoir Jacob. Bella, éternelle inconstante, s'entête à renouer les liens très forts avec son camarade, n'ignorant pas que celui-ci est entiché d'elle, même si elle ne lui laisse aucun espoir de retour. Et Jacob Black, jeune chien fou, immature et buté, a juré de conquérir le coeur de Bella, pour au moins lui offrir la possibilité de choisir. Superbe exemple de la relation triangulaire, qui agace prodigieusement !

Au début de ce livre, Bella obtient ce qu'elle désire par-dessus tout (disons, la promesse d'une transformation après l'obtention de son bac). Jusqu'à présent, c'était une décision qui semblait capricieuse et irréfléchie. Or, ce tome 3 va montrer à Bella l'enjeu de ce billet sans retour, surtout grâce au témoignage de Rosalie, qui se révèle dans ses pages extrêmement émouvante.

Une autre épée de Damoclès pend au-dessus de la tête de Bella, depuis qu'un clan puissant a lancé un ultimatum à Edward, et qui la concerne. A ceci, se mêle également (bah oui, pourquoi se contenter de si peu ?!) une série de meurtres qui frappe la ville de Seattle, pas très loin de Forks. Les Cullen s'inquiètent et craignent la naissance d'une armée de jeunes vampires assoiffés - dans quel  but ?

Ce tome 3 promet de ne pas nous ennuyer ! Il y a une vraie tension psychologique, la menace est réelle, la chape de plomb quasi étouffante, avec des affrontements sur plusieurs fronts (physiques, émotionnels, amoureux) et beaucoup d'action au tournant de quelques chapitres, là, sans s'y attendre. J'ai franchement beaucoup aimé les scènes de stratégie orchestrées par Jasper (qui lève un voile sur son mystère, ouah !). Que les âmes romantiques se rassurent : on ne passe pas son temps à se battre, à fuir, à traquer, etc. Il y a, certes, un malaise qui s'installe et qui trouve ses racines dans un affreux imbroglio sentimental.

La relation entre Bella et Edward ne cesse de nous émerveiller, nous gratifiant plusieurs scènes assez "chaudes" (si, si ! ). Il reste, cependant, cet énorme grain de sable que représente Jacob Black. Dans ce tome 3, le minet va nous servir de délicieuses séquences qui ont bien failli me faire envoyer valdinguer le bouquin à travers le carreau de la fenêtre ! J'ai été irritée à maintes reprises par ce personnage, que je trouve arrogant, sournois, lourd et puéril. Et cette histoire d'imprégnation, longuement rapportée par les légendes des Quileute, me faisait dresser les cheveux sur la tête (trop d'insistance, à mon goût).

Je n'adhère définitivement pas à Jacob Black, il incarne l'antithèse d'Edward Cullen : le chaleur contre le bloc de marbre. { Pour cela, j'ai beaucoup aimé la citation du poète Robert Frost en épigraphe, Fire and Ice. } Jacob n'est que précipitation, alors qu'Edward est sophistication. D'un autre côté, Bella Swan n'est pas non plus l'image la plus glamour, c'est juste une fille banale, guère chichiteuse et peu goûteuse des artifices de la mode (au grand dam d'Alice !). { Aaaah Alice et son grand amour pour Jasper, quel couple aussi !!! }

Alors je m'interroge beaucoup, je m'inquiète pour la suite. La perspective d'avenir de Bella m'échappe. Quand je pense à Stephenie Meyer et ses convictions religieuses, je m'interroge sur cette éventualité de faire perdre son âme à la jeune fille (le sujet sur la vertu étant déjà à prendre avec des pincettes, alors que c'est bougrement hypocrite tant la sensualité est éclatante dans ce récit !). En fin de tome 3, je sens une Bella plus amère qu'excitée par son futur engagement. Des failles sont très largement apparues dans ce livre. J'ai été assez choquée par Bella, je ne comprenais plus les motivations de la jeune fille (qu'elle pleure comme une madeleine m'a mise très mal à l'aise, par exemple).

J'ai donc été lire l'interview de l'auteur sur son site (ici) où Stephenie Meyer excuse les faiblesses de Bella selon le fait qu'elle est écrasée par le poids de son amour, avec Edward, c'est tout bonnement « a very sudden, dramatic, sweep-you-off-your-feet, change-your-world, magical, passionate, all-consuming thing» et donc qu'elle n'a pas la mesure de comprendre comment tomber amoureux autrement, plus subtilement. (Ok, mais c'est dur !)

Et notre Edward n'est pas toujours très bon, soit il en fait trop ou pas assez, notamment avec cette fichue patience d'ange (sic) qu'on lui attribue en cours de route, à un point que son aura tend à pâlir lors du face-à-face des deux mâles. (Pitié, pitié, pitié...) { Mais quel chapitre palpitant que celui intitulé Le feu et la glace !!! } Enfin c'est carrément frustrant ! 

Amis lecteurs, vous assistez à un drame semi-annoncé : j'ai terminé la lecture des trois tomes de la série Twilight et je me sens abominablement vide ! J'ai vécu une semaine à Forks, j'ai frémi et j'ai perdu ma raison. Je me sens dépossédée, un coup d'oeil à mes piles de livres à lire me dit que je ne suis pas en manque, mais pourquoi rien ne m'attire ?! Je dois crever ma bulle, je ne veux pas. J'ai rarement vécu ce bouillonnement d'émotions avec une lecture, je m'enthousiasme souvent, mais il est plus rare de vivre cet état de transe pour une série, qui n'est pas un modèle de référence. Toutefois, je m'en moque des règles et des formules. L'américaine Stephenie Meyer a su nous  «imprégner » et nous  « éblouir » (histoire de rappeler nos deux coqs !) et c'est un don qu'on ne peut qu'applaudir !

Breaking Dawn, le tome 4, est annoncé pour le 2 août 2008. On parie sur le titre vf ? Décision ? ;o)

 

 

 

Hésitation, de Stephenie Meyer

 

 

 

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Luc Rigoureau (Titre original : Eclipse)

Hachette, 2007. 620 pages. 18€

5 septembre 2018

La femme secrète, d'Anna Ekberg

La femme secrèteLouise mène une vie tranquille sur une petite île danoise, auprès de son amant, Joachim, un écrivain de dix ans son aîné, quand débarque un bel homme, dans un costume élégant, qui prétend être son mari. Serait-elle Helene Söderberg, cette épouse disparue sans crier gare, laissant derrière elle deux enfants et une entreprise familiale prospère ? Petit à petit, Louise se raisonne et consulte des médecins pour recouvrer la mémoire. Parallèlement, Joachim refuse d'être quitté par la femme qu'il aime et mène sa propre enquête pour découvrir la vérité sur l'énigmatique Louise Andersen.
Les premiers pas de l'histoire sont simples mais efficaces. Sont convoqués suspense, non-dits, rebondissements, meurtre... On a donc du lourd, du bon, du poignant. J'étais tout de suite intriguée et curieuse d'avancer plus loin. Et puis, patratas...
Les révélations deviennent sordides - limite nébuleuses et choquantes. L'histoire part dans tous les sens et vire au glauque. L'auteur emprunte des chemins biscornus et brandit de sa sacoche des éléments nouveaux qui ne ressemblent plus à rien. Les personnages sont... bizarres. C'était comme être spectatrice d'un drame en plusieurs actes, sans la moindre émotion. Juste du détachement. C'est froid, distant. Je m'attendais à mieux, d'où ma déception.
Lecture correcte de Juliette Croizat pour Lizzie.

10/18 - Traduit par Hélène Guillemard

©2018 Lizzie - Lu par Juliette Croizat (durée : 14 h 30 env.)

 

 

2 février 2024

Malédiction (Joey Santana #1) de Karina Espinosa

Malédiction Joey SantanaNouvelle saga disponible aux éditions Alter Real, avec une héroïne qui tente de comprendre le bazar qu’est devenue sa vie, après la tentative de meurtre survenue le soir de son anniversaire. Et le plus cocasse, ce sont ses propres parents les responsables !

Joey Santana doit donc sa survie à l'Alpha de la meute. Mais sa morsure entraîne aussi de lourdes conséquences.

📌 C'est la première fois qu'une humaine est transformée !
📌 Un scandale politique se prépare.
📌 L'accueil parmi les surnaturels n'est hélas pas une réussite.
📌 Le propre fils de l'Alpha n'est pas tendre avec Joey.
📌 Tiens, tiens. Une malédiction entre en compte.
📌Joey ne sait plus à qui accorder sa confiance. Se planquer chez l'alpha ? Non merci. Son babysitter est insupportable. Retrouver son meilleur ami ? C'est risqué sa propre vie aussi.
📌Ses ennemis sont plus accros que jamais : la capturer, se servir d'elle pour créer un marasme politique et soumettre la communauté surnaturelle.
📌 Conclusion : Joey Santana est détestée de toutes parts.
📌 Est-ce une bonne idée de reprendre le contrôle de sa destinée ? 
📌 Franchement, non.

Ce premier tome annonce donc une suite très prometteuse. Joey Santana est une héroïne qui vivait une vie ordinaire jusqu'à l'attaque de sa famille. Elle doit désormais abandonner une existence pour une autre. Et ses découvertes ne vont guère l'enchanter. Elle a aussi le chic pour s'attirer des problèmes, en réalisant trop tard qu'elle devrait écouter ce qu'on lui dit. Mais n'imaginez pas une jeune femme étourdie ou irréfléchie. Joey est une fonceuse, mais une fonceuse attachante.

Sa relation avec Reed est également explosive. Par contre, s'ils affichent 25-27 ans au compteur, ils se comportent plutôt comme deux adolescents qui chipotent et se tirent la langue pour un rien. Cela peut surprendre, puis ça se noie dans l'ambiance survoltée car je n'y ai plus prêté attention, tellement le rythme du livre fait oublier le superflu. Et puis il y a du suspense, une famille dysfonctionnelle, une malédiction, des loups, des vampires, des sorcières, des faes... Bref. Tout un contexte qui ne demande qu'à s'étaler. En 240 pages, le récit est entraînant, sans temps mort, l'action sans cesse relancée. J'ai été conquise.

Éditions Alter Real, 2024 pour la traduction.

⭐⭐⭐⭐

“Terrifiée, je tombai en chute libre en agitant les bras, un cri coincé dans ma gorge. Je fermai les yeux et attendis l’impact qui me briserait les os. Ma dernière pensée fut pour le film 300 et la phrase « Nous sommes des Spartiates ! ».
Je me sentis complètement ridicule. Sérieux, j’allais mourir, ça ne pouvait pas être ma dernière pensée !
Je devais bien avoir quelque chose de plus profond à inventer.”

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