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Chez Clarabel
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6 janvier 2014

Le songe d'une nuit d'automne, Tome 1 : La neuvième nuit, par Lesley Livingston

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Kelley a tout quitté pour s'installer à New York et assouvir sa passion pour le théâtre. Elle vient d'ailleurs de décrocher le rôle principal dans la pièce de Shakespeare, Le Songe d'une Nuit d'été. Un jour, après avoir totalement perdu ses moyens sur scène, Kelley se réfugie dans Central Park et fait une rencontre particulièrement étrange... Un cheval est en train de se noyer dans un cours d'eau ! La jeune fille s'empresse de lui venir en aide, mais le retrouve peu de temps après, dans son son appartement, et plus précisément sous la douche.

Là, je sens que je vous en bouche un coin (j'ai moi-même cru à une bonne blague), mais ce cheval est en fait une créature féerique, chose à laquelle Kelley n'entend strictement rien. C'est un séduisant jeune homme, Sonny Flannery, qui va tenter de l'introduire à cet univers enchanteur, ravagé par la guerre des clans (la cour d'été, la cour d'hiver et la cour d'automne). Lui est un Janus, autrement dit un gardien des portes qui séparent le monde des mortels à celui des immortels, il travaille pour Aubéron, le roi Unseelie, dont la réputation n'est plus à faire, et il est tombé sous le charme de Kelley qu'il veut à tout prix protéger.

Vous obtenez ainsi une lecture facile, légère, charmante et absolument divertissante. Trame romanesque classique, folklore féerique sans surprise, personnages gentils et malléables, voués à vivre une passion amoureuse conflictuelle... demandez le programme ! On savoure, on craque pour les jolies scènes romantiques et pour le (faux) suspense de l'intrigue. On succombe à l'interdit et au pouvoir toxique de la féerie. En tout cas, moi, je suis cliente ! Certes tout n'est pas parfait, mais cela ne me pose aucun problème, à partir du moment où j'ai passé un très bon moment qui nous affranchit de toute réalité pendant 350 pages. La suite est déjà disponible (tome 2 : Les quatre cours). 

Panini Books, coll. Scarlett, juin 2013 - traduit par Cécile Tasson

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19 décembre 2013

La double vie de Cassiel Roadnight, de Jenny Valentine

« Je n'ai pas choisi d'être lui. Je n'ai pas désigné Cassiel Roadnight, je ne l'ai pas fait sortir d'une file de personnes qui me ressemblaient comme deux gouttes d'eau. J'ai simplement laissé faire. Je voulais simplement que ce soit vrai. C'est le seul tort que j'ai eu, au début. »

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Cassiel Roadnight a disparu de la circulation depuis deux ans, aussi sa famille n'en croit pas ses yeux lorsque les services sociaux leur signalent avoir retrouvé le garçon. C'est sa soeur Edie qui vient à sa rencontre. Très émue, la jeune fille lui tombe dans les bras et le ramène aussitôt à la maison. Le hic, c'est qu'il ne s'agit pas du vrai Cassiel Roadnight, mais d'un prénommé Chap, dont la ressemblance troublante avec le fugitif a confondu tout le monde.

Chap est aussi un adolescent en fugue, depuis quatre ans, il se débrouille par lui-même après avoir été séparé de son grand-père. Le garçon ne voulait pas duper les Roadnight en se faisant passer pour Cassiel, mais c'est suite à un malentendu et le voici maintenant prisonnier de cette mascarade. Il n'est pas fier de lui de tromper son entourage, il se sent même oppressé et songe à disparaître de nouveau du paysage.

Et pourtant, il continue de jouer la comédie. Un mystère plane sur la famille Roadnight et les causes du départ de Cassiel. Ce dernier semblait être un type arrogant et difficile à vivre, Chap tente de coller au moule, sans grande conviction. Il cherche alors à en savoir plus, il questionne, il rencontre les (mauvaises) personnes, il sonde les proches et il comprend assez rapidement qu'il est en danger.

Oui, parce que ce roman est tout de même ancré sur une solide base de mystère et de suspense. Non seulement on s'interroge sur le cas de Cassiel, mais on se demande aussi jusqu'où pourra tenir Chap dans son double rôle. C'est frustrant, très prenant, assez stressant aussi. Les doigts sont collés aux pages du livre, on n'en peut plus de savoir la vérité et on ne cesse de recevoir de nouvelles informations, toutes plus aberrantes les unes que les autres. (À ce propos, la fin est tout de même abusée. Trop facile.)

Ce titre a reçu la Pépite du Roman pour ados décerné lors du dernier Salon du livre et de la presse jeunesse à Montreuil. C'est totalement justifié. On plonge dans sa lecture avec une curiosité qui ne cesse d'être alimentée et grandement récompensée au fil des chapitres. L'histoire est pesante et mélancolique, sans frôler le désespoir absolu. C'est tout bonnement poignant de voir les liens qui se tissent entre les êtres, le portrait de la famille Roadnight qui est complètement brinquebalante et qui ne va pas forcément se reconsolider avec le retour du fils disparu.

C'est définitivement une ambiance qui envoûte et une histoire qui vous happe pour ne vous relâcher qu'à la toute dernière ligne. Très bon !

École des Loisirs, septembre 2013, traduit par Diane Ménard - illustration de couverture : Gabriel Gay.

18 octobre 2013

“Ecrire pour le journal de l'école ne fait pas de toi la prochaine Jane Austen, tu sais.”

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Quelle merveilleuse surprise que ce petit roman, qui chipe les bonnes astuces du roman gothique en l'assaisonnant à sa sauce (roman jeunesse oblige), mais qui parvient à vous filer une bonne chair de poule à force de rebondissements et autres tours de passe-passe dignes des plus grands ! L'histoire se passe à Londres, en 1899. L'héroïne s'appelle Penelope Tredwell, elle a treize ans et a hérité du magazine Le Frisson illustré à la mort de son père. C'est grâce aux histoires à succès de Montgomery Flinch que le magazine a pu redresser la barre et connaître un succès fulgurant. Mais en fait, l'auteur de ces histoires terrifiantes n'est autre que Penelope elle-même, sauf qu'il lui est impossible de le revendiquer, aussi a-t-elle embauché un obscur comédien pour la représenter publiquement.

S'affichant à ses côtés comme étant sa nièce, Penelope et le faux Montgomery vont rencontrer le directeur d'un asile qui a constaté des agissements troublants chez ses patients, quelques minutes avant minuit. Incontrôlables, ils se mettent à rédiger des propos sans queue ni tête, avant de retomber dans leur léthargie. Au moment de prendre connaissance avec ces Ecrits de Minuit, le trio constate avec stupeur qu'ils ont disparu de la circulation ! Intrépide et curieuse, Penelope ne va pas relâcher ses efforts pour démasquer ce mystère, quitte à mettre sa propre vie en péril.

Action, suspense, ambiance... Franchement, tout est là, réuni autour d'une intrigue efficace et habilement construite, qui vous laissera une méchante impression d'angoisse perfide et latente, surtout si vous portez une haine farouche envers les araignées (erk !), vous risquez donc d'en voir de toutes les couleurs ! J'ai cru que l'auteur allait jouer petits bras, mais pas du tout, son roman nous entraîne vers les tréfonds des ambiances fantastiques du XIXe siècle et réussit à nous toucher, nous embarquer, nous donner des sueurs froides. C'était vraiment très, TRES bien ! Sur cette belle lancée, deux autres titres vont paraître.

Douze Minutes Avant Minuit, par Christopher Edge (Flammarion, mai 2013 - traduit par Laurence Kiefé - ill. de couverture : Eric Orchard)

29 octobre 2013

Crains le pire: Audiolib lu par Philippe Sollier

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C'est l'histoire d'un type, Tim Blake, vendeur de bagnoles, récemment divorcé et père d'une fille de 17 ans, Sydney. Durant les vacances d'été, celle-ci est sous sa responsabilité, alors qu'elle effectue un job de réceptionniste dans un hôtel. Un matin, après un petit-déjeuner houleux, Sydney claque la porte de l'appartement et ne rentre pas le soir. Fugue ? Enlèvement ? Pire, un meurtre ? Tim Blake est mis k-o.

Aussitôt il mobilise toute son énergie pour avoir des réponses, obtenir des indices, secouer la police, interroger les amis de sa fille, écouter la musique de son iPod, créer un site internet pour toucher un plus large public, répondre à des coups de fil, se rendre dans une ville à l'autre bout du pays, espérer, y croire toujours et encore.

La mécanique de l'histoire est en fait parfaitement huilée, puisque l'auteur boucle chacun de ses chapitres sur de nouvelles révélations. A force de s'y attendre, on pourrait croire qu'on n'est plus surpris, qu'on finit par être blasé. Mais c'est tout le contraire, car on se laisse facilement prendre au jeu et on se demande justement sur quelles nouvelles pistes l'auteur va nous lancer. C'est très facile, vous dis-je, les ficelles, les retournements de situation, les enjeux, les personnages... C'est de la bonne cuisine à l'ancienne, en gros, mais c'est super efficace.

On dévore cette lecture et on ne s'en sépare que lorsqu'on connaît le fin mot de l'histoire ! Ce n'est pas très subtil, l'ambiance est simple (on est loin des polars nordiques qui ont toute ma préférence) mais ça reste un vrai bon thriller qui colle aux doigts (ou aux oreilles). De temps en temps, ça ne fait pas de mal. A la technique, Philippe Sollier assure le job et m'a embarquée dans cette intrigue assez glauque, bien flippante et menée à fond de train.

Crains le pire, par Linwood Barclay
Audiolib, février 2012 - texte intégral  lu par Philippe Sollier, durée d'écoute : 11 h 50
Traduit par Marieke Merand-Surtel, pour les éditions Belfond, 2011. Existe en format poche, chez J'ai Lu.

- Patty ne me parle jamais de ce qu'elle fait ni de qui elle voit, et je parie qu'elle ne parle de moi à aucun de ses amis non plus. Ou alors, elle ne trouve rien de gentil à dire.
- Vous n'êtes pas très proches.
- Ça, on n'est pas vraiment les Gilmore Girls, s'est-elle esclaffée.

18 octobre 2013

“Nom d'une micropipette ! J'étais libre ! Quel talent !”

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Flavia de Luce, âgée de seulement onze ans (sa maturité m'épate !), nous revient dans une nouvelle enquête criminelle, qui aura le don de faire lambiner le lecteur, puisque celle-ci ne survient qu'à la moitié du roman. Alors oui, c'est usant pour les nerfs de se demander quand le coup va enfin tomber mais toute bonne chose mérite sa peine !
En attendant, nous suivons cette chère Flavia qui sillonne la campagne anglaise avec sa bicyclette Gladys et fomente des plans pour empoisonner ses sœurs aînées. C'est ainsi qu'elle croise au bord de la route le célèbre marionnettiste, Rupert Porson, et son assistante Nialla, en panne de véhicule. Ils sont diligemment pris en charge par le pasteur, qui va les loger chez un couple de fermiers, les Ingleby. En échange, ils acceptent de donner une représentation pour remercier la communauté de Bishop's Lacey de sa chaleureuse hospitalité.
Flavia est dans ses petits souliers, ravie de prêter main forte. Mais voilà, un drame survient... De nouveau, notre jeune enquêtrice, qui affiche un goût prononcé pour les détails macabres et les expériences chimiques, fait preuve d'une intelligence redoutable pour démasquer la vérité. Sa connaissance des lieux et des habitants lui permet de se faufiler partout, d'écouter et d'analyser, oui, oui, à la façon d'une Miss Marple en culottes courtes, bardée d'un humour froid et cinglant.
C'est savoureux en diable, un petit bonbon anglais à déguster. Ce que j'apprécie dans cette série, plus que tout, c'est son ambiance raffinée et sa galerie de personnages tous très attachants. So british dans l'art et la manière - je suis conquise, définitivement.

La mort n'est pas un jeu d'enfant, par Alan Bradley (éditions 10/18, coll. Grands Détectives, octobre 2013 - traduit par Hélène Hiessler)

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7 mars 2018

Le célèbre catalogue Walker & Dawn, de Davide Morosinotto

« Il ne restait qu'une chose à déterminer, la plus importante : qui serait le chef de l'expédition ?
Je ne voulais pas me proposer car c'était on ne peut plus évident : ça ne pouvait pas être Eddie parce qu'il était trop fragile (et puis il avait des lunettes), ni Joju parce que c'était une fille, et je ne parle même pas de Min. Forcément, c'était le plus petit et, par-dessus le marché, il était noir.
Malgré tout, un vrai chef ne doit pas se mettre en avant, il doit être choisi et acclamé par son peuple.
J'ai donc attendu d'être acclamé en songeant déjà à ce que je dirais avant d'accepter, non, non, je ne suis pas à la hauteur, vous êtes trop gentils, des choses dans ce goût-là, la modestie incarnée, quoi.
Au lieu de ça, Eddie a prétendu que c'était à lui d'être le chef car il était un chaman qui savait parler aux alligators ; Joju, elle, pensait que cette mission lui revenait car elle était la plus dégourdie de la bande, et Min lui-même donnait l'impression d'avoir son mot à dire en agitant la montre.
J'ai laissé échapper un soupir. »

le CÉLÈBRE CATALOGUE WALKER et DAWN

Quatre amis vivent et grandissent dans le bayou, se réunissant dans leur refuge secret pour inventer de nouveaux jeux, comme bricoler un nouveau canoé pour pêcher dans les flots boueux. Ce jour d'été 1904, P'Tit Trois, Eddie, Min et Julie trouvent une boîte à conserve rouillée, avec à l'intérieur trois dollars. Sans rien dire à personne, ils décident de passer commande dans le “célèbre catalogue Walker & Dawn” mais sont finalement déçus le jour de la livraison du colis, car celui-ci ne contient pas l'article attendu (un revolver de police) mais une vieille montre cassée. Même si le catalogue garantit les prix les plus bas et une totale satisfaction sous peine de remboursement, les enfants doivent se rendre en personne à Chicago pour obtenir gain de cause. Une perspective peu envisageable pour leurs familles qui triment, qui râlent, qui punissent à coup de ceinture en cuir sur les fesses. Finalement, des événements dramatiques vont précipiter leur décision et pousser la bande des quatre à se sauver par la rivière jusqu'à La Nouvelle-Orléans. Sur place, ils devront encore se débrouiller pour rejoindre la grande ville du Nord, en veillant à ne pas tomber dans les nombreux pièges tendus. 

Tout est absolument épatant dans cette lecture ! On a quatre enfants formidables, généreux, drôles, courageux et attachants, qui prennent tour à tour la parole au cours des quatre parties composant leurs aventures. On apprend ainsi à mieux découvrir les uns et les autres, à cerner leurs secrets, à aimer leurs rêves et leurs envies, à partager leurs émotions. On se sent un peu le cinquième membre du gang et on échangerait notre place pour rien au monde. De plus, malgré une épaisseur consistante, ce gros roman de 425 pages se dévore en un clin d'œil ! La lecture nous transporte dans une Amérique vintage, avec ses bateaux à aube, son jazz coloré, son bayou, ses trains de marchandises avec des wagons en bois, ses grandes villes semées de danger, ses bureaux de presse aux rédactions bourdonnantes, ses chasses au trésor et j'en passe... On n'a qu'à fermer les yeux pour y croire. Nos jeunes héros prennent une part active au dynamisme ambiant, et on plonge le cœur battant dans leurs péripéties, rapportées sur un ton plein d'humour et de suspense.

Faisant également penser à Tom Sawyer, le roman se révèle audacieux, surprenant et plein de ressorts. J'ai aimé fort, fort, fort. C'est même UN GROS COUP DE CŒUR ! ♥

L'école des loisirs, 2018 - traduit de l'italien par Marc Lesage

illustrations de Stefano Moro, Annalisa Ventura et Gabriel Gay

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19 février 2018

Origine, de Dan Brown & lu par François d'Aubigny

origine dan brownInvité à participer à la grande conférence donnée par Edmond Kirsch, son ancien élève devenu un éminent futurologue, le professeur Robert Langdon débarque au musée Guggenheim de Bilbao, où règne une véritable effervescence, chacun débattant avec excitation sur les révélations promises. Ce soir-là, pourtant, la cérémonie tourne en eau de boudin. Kirsch est assassiné sur scène. Langdon est aux premières loges. C'est la panique générale. Comme toujours, notre ami Robert prend la situation en charge et s'isole avec Ambra Vidal, la directrice du musée, proche amie d'Edmond et récemment fiancée au prince héritier. Tous deux vont alors partir en croisade et mener le projet d'Edmond Kirsch jusqu'au bout, même si cette initiative n'est pas au goût de tous, entre l'église, le palais royal, les adeptes du complot et un ancien amiral recruté pour la sale besogne... Bref, Robert et Ambra sont lancés sur une piste parsemée d'embûches et suivent à l'aveugle les conseils avisés de Winston, une intelligence artificielle créée par Kirsch et dédiée à le suppléer.

Quand je pense à Dan Brown, j'imagine toujours une histoire pleine de péripéties et de rebondissements extraordinaires, une lecture vouée à la distraction et puis basta. Avec “Origine”, étonnamment, le rythme est plus mou et l'intrigue diluée. Il faut dire aussi que l'action se concentre sur 24 heures et se déroule intra-muros, d'où cette sensation de calme plat. Même les révélations finales, qu'on se languissait de découvrir, ont un effet de gaz éventé. Tout est vu, revu et convenu. On a pourtant les mêmes schémas narratifs, les sempiternels spectres complotistes, le super Robert en charmante compagnie, l'Église déterminée à préserver ses mystères, sans oublier les concepts arbitraires et les idées exubérantes sur l'humanité... Tout paraît si familier, sans doute trop, car la lecture m'a semblé ordinaire.

Aucune déception quant au format audio et ce, grâce au lecteur. Non mais quelle classe, ce François d'Aubigny ! Dès les premières notes, j'ai eu un instant de flottement car j'ai aussitôt pensé à Nicolas Le Floch (série de Jean-François Parot) dont il est aussi le lecteur récurrent. J'aime beaucoup sa voix grave, aux intonations nobles, avec beaucoup de caractère et de prestance. Cela me donne envie de replonger dans un JF Parot ! ☺

©2017 Éditions Jean-Claude Lattès. Traduction française par Dominique Defert et Carole Delporte.

(P)2017 Audiolib. Texte lu par François d'Aubigny. Durée : 15h env.

 
5 février 2018

Miss Peregrine #3: La Bibliothèque des âmes, de Ransom Riggs

Miss Peregrine la bibliotheque des amesAinsi se termine la série de Ransom Riggs, Miss Peregrine et les enfants particuliers...

Après l'épisode Hollow City, dans lequel Jacob et Emma tombaient de haut en pensant sauver leur Ombrune et découvraient en fin de compte une énorme supercherie, l'aventure reprend dans le Londres d'aujourd'hui, le long de la Tamise. Les enfants font la connaissance de Sharon, un énigmatique batelier qui accepte contre rémunération de leur faire traverser le fleuve. Nos jeunes amis vont pénétrer, non sans risque, dans l'Arpent du Diable, un lieu mal famé et hanté par des Estres. Ils y font une autre rencontre décisive, Myron Bentham, un ancien ami du grand-père de Jacob, qui va tout leur dévoiler de l'origine des particuliers et des dérives engendrées.

Pour avoir ressenti un soupçon d'ennui à la lecture du deuxième tome, j'avais quelques craintes avant de me lancer dans ce dernier volume, plus gros, plus conséquent. Mais la lecture a été une évasion riche en sensations. Une franche réussite. J'ai repris goût avec l'univers cryptique et singulier qui avait tant su me séduire au tout début. Cette fois, le suspense se déploie et l'action ne manque pas. On se passionne pour le sort des enfants particuliers kidnappés, pour les ignobles ruses et autres combines pour pomper leurs âmes, pour le mystère Bentham et pour Miss Peregrine, dont les secrets de famille viennent bouleverser le cours de l'histoire. Accrochés à Jacob et Emma, nous sommes entraînés au cœur du danger et assistons aux premières loges à des scènes de combats mémorables. 

Au final, la lecture se vit avec panache et émotion ! C'est fascinant et en même temps remarquable. Esthétiquement, les romans sont de toute beauté. Le format audio propose en compensation une interprétation dynamique et vibrante de Benjamin Jungers. Certes, il se joue de nous avec des intonations de voix exagérées mais donne surtout l'illusion d'une lecture qui file comme le vent. Légère, aérienne, merveilleuse et bizarre. La série se clôt avec brio, me laissant aussi un très bon souvenir.

©2015/2016 Ransom Riggs / Bayard Éditions, pour la traduction française

(P)2017 Audiolib. Lu par : Benjamin Jungers (durée  11h 40 env.)

16 janvier 2018

Le garçon qui nageait avec les piranhas, de David Almond

Le garçon qui nageait avec les piranhasPARUTION CHEZ FOLIO JUNIOR D'UN ROMAN FORMIDABLE !

C'est l'histoire d'un jeune garçon, Stanley Potts, qui vit heureux chez son oncle et sa tante. Suite à la fermeture du chantier naval, Oncle Ernie perd son boulot mais entreprend de transformer leur maison en une conserverie de sardines, maquereaux et pilchards. La manufacture prend toute la place, le travail est colossal, heureusement le succès est au rendez-vous.
Oncle Ernie est néanmoins obsédé par le rendement et en oublie de célébrer l'anniversaire de son neveu ! Pour se consoler, Stanley se rend à la fête foraine installée en ville et découvre le stand de la pêche miraculeuse avec ses misérables petits poissons rouges. Touché par leur détresse, le garçon négocie avec le forain pour lui acheter son stock, en échange il accepte quelques corvées pour payer la note.
Malheureusement, au cours de la nuit, Oncle Ernie est frappé d'un nouveau coup de folie. Le réveil est cauchemardesque pour Stanley, qui quitte aussitôt la maison pour rejoindre la caravane Dostoïevski et poursuivre la tournée en leur compagnie. 

S'ensuit le début d'une chouette aventure qui va entraîner notre jeune héros à la découverte du monde et de ses possibilités. Stanley Potts est un grand sensible, avec un cœur d'or, si bien qu'il attendrit quiconque le croise sur son chemin. Même Nitasha, la fille du forain, grincheuse et renfrognée depuis le départ de sa mère, va retrouver le sourire à son contact ! Appelé à accomplir de grands exploits, Stanley Potts va notamment rencontrer la légende vivante, Pancho Pirelli, l'homme qui nage avec les piranhas. Le destin de l'enfant va de nouveau être bouleversé, sous nos yeux ébahis et rêveurs.

J'ai tout bonnement adoré ce petit roman. Il est à la fois étonnant, gai, joyeux, fou et adorable. L'histoire aussi est lumineuse, drôle et attachante, surtout grâce à son personnage central, Stanley Potts, un garçon remarquable pour sa simplicité, sa générosité et son courage. La lecture peut sembler naïve mais elle est surtout éblouissante et nous émerveille de page en page en nous tirant des sourires ! À découvrir. ♥

Couverture illustrée par Oliver Jeffers, qui invite à elle seule de plonger dans un univers fabuleux et savourer une lecture hors du commun. Promesse tenue. 

Collection Folio Junior - N°1807
Traduit (anglais) par
 Diane Ménard
Parution 2018

 

4 janvier 2018

P.S. I love you, de Cecelia Ahern

PS I love you_Ahern

Brisée par la perte de son mari, Holly peine à sortir de son lit et reprendre goût à la vie. Les semaines ont passé quand ses proches se rappellent à elle pour l'extirper du naufrage. Les copines tambourinent à la porte. Le coiffeur sonne la sirène d'alarme. Sa sœur rentre du bout du monde, son frère renoue avec les liens familiaux. Ses parents lui signalent également qu'un paquet de lettres l'attend à la maison - Gerry a pensé à elle, lui léguant 12 précieuses enveloppes à ouvrir mois après mois, contenant toutes des missions à relever. Une façon pour le disparu de tenir la main et de guider Holly vers un retour à la vie, avant de lâcher prise.

Histoire terriblement émouvante, et pourtant magique et merveilleuse à lire ! J'étais sur un petit nuage et j'ai savouré chaque minute de ma lecture. Le sujet avait pourtant matière à refroidir, mais ce serait oublié tout le charme du roman qui se révèle doux, chaleureux, apaisant et vivifiant. On rit, on pleure, de manière compulsive. Mais c'est tellement bon, et fort. Je ne voulais plus quitter cette petite bulle, dans laquelle on ressent combien la vie vaut malgré tout la peine d'être vécue. Roman doudou par excellence. Un rendez-vous drôle et poignant, forcément incontournable. J'ai maintenant très envie de revoir le film de Richard LaGravenese (2007) avec Hilary Swank et Gerard Butler. ♥

“Quand on trouve l'âme sœur, on croit que le bonheur durera toujours.”

Le roman audio est lu par Raphaël Mathon - bonne interprétation, etc. Par contre, j'ignore pourquoi, mais j'aurais préféré une voix féminine pour cette lecture. Cela aurait été la perfection absolue. ☺



>> Ce livre audio en version intégrale est proposé en exclusivité par Audible et est uniquement disponible en téléchargement.

©2004 Cecelia Ahern / Éditions Albin Michel. Traduit de l'anglais par Françoise du Sorbier

(P)2017 Audible StudiosLu par : Raphaël Mathon - Durée : 13 h 

 

16 janvier 2018

La boutique Vif-Argent : Une valise d'étoiles, de Pierdomenico Baccalario

La boutique Vif Argent Une valise étoilesREPRISE EN FOLIO JUNIOR D'UNE SÉRIE DÉBORDANTE DE CHARME, DE MAGIE ET DE MYSTÈRE !

Puni pour avoir fait l'école buissonnière et récolté des notes catastrophiques, Finley McPhee doit bosser tout l'été et remplacer le facteur dans sa tournée. Une aubaine pour notre garçon vif comme l'éclair et qui aime gambader dans la campagne avec son chien Chiffon. Mais au hasard de sa distribution, Finley découvre l'existence d'une maison rouge habitée par la famille Lily.
Témoin malgré lui d'étranges événements (des enveloppes écrites à l'encre d'or, un pantalon qui marche tout seul, une araignée mécanique etc.), le garçon a le sentiment d'être continuellement épié et veut percer le mystère derrière la vitrine de la Boutique Vif-Argent, quitte à se faufiler en pleine nuit dans le cimetière et trembler d'effroi devant ce qu'il l'attend !


Fidèle à sa réputation, Pierdomenico Baccalario, auteur des séries à succès comme Century & Ulysse Moore, a concocté un univers fabuleux, étrange et magique. On y adhère très vite et avec aisance, grâce au choix judicieux de l'assaisonnement : un rythme assez lent pour distiller le suspense, un jeune héros sympathique, une intrigue bien ficelée autour de vieilles légendes et des secrets enfouis...
La suite est inutile à raconter. Poussez la porte de la boutique Vif-Argent et plongez dans une aventure étourdissante ! Ce petit village d'Applecross, en Écosse, vous réserve encore de bien belles surprises !

Les illustrations élégantes de Iacopo Bruno viennent compléter le tableau et apporter une touche de raffinement à cette lecture agréable et distrayante. N'attendez plus d'y faire halte. ☺

Collection: Folio Junior - N°1806

Traduit (italien) par Diane Ménard

Parution : 2018 /  Dès 9-12 ans.

21 décembre 2017

Alfie Défenseur du Royaume #1: Chevalier blanc contre Dragon noir, de Nick Ostler & Mark Huckerby

Alfie Chevalier blanc contre Dragon noirHéritier du trône d'Angleterre, Alfie grandit sous les objectifs des photographes qui épinglent ses moindres faits et gestes. N'en pouvant plus, le garçon rêverait d'échanger sa place avec son frère jumeau, Richard, son cadet de dix secondes. Hélas leur père décède brutalement, contraignant Alfred à assumer son héritage sans plus attendre.
Découvrant alors les coulisses du pouvoir et ses enjeux, Alfie apprend qu'il doit désormais endosser l'armure du Défenseur du Royaume (sorte de superhéros masqué) et survoler le pays à dos de cheval pour lutter contre Dragon Noir !
Mais lors d'une récente attaque à la Tour de Londres, une adolescente, témoin de la scène, a emporté un petit souvenir du combat (une précieuse écaille arrachée de la cuirasse du monstre)... ignorant qu'elle vient aussi de sceller son destin.
Clap des mains pour cette série très originale !
L'idée d'un monarque à la double vie est excellente, même si l'histoire ne nous présente pas un garçon à la hauteur du rôle dévolu. On suit en effet un adolescent accablé par le poids des responsabilités, indécis et angoissé face aux attentes. D'où un héros attachant et proche du lecteur.
Attendez aussi une aventure tourbillonnante et un flot de péripéties qui rend cette lecture étonnamment drôle et distrayante ! Je ne m'y attendais pas... et j'ai tout aimé, sauf les couleurs criardes de la couverture du roman. À quand la suite ? ☺

 

Gallimard jeunesse, 2017 - trad. Sophie Brun

illustration de couverture : Loïc Sécheresse

 

20 décembre 2017

Un Noël à New York, de Anne Perry

Un noel à new yorkEn ce mois de décembre 1904, Jemina Pitt traverse l'Atlantique pour se rendre à New York avec son amie Delphinia Cardew qui doit épouser le fils de l'associé de son père. Accueillie chaleureusement par la famille Albright, Jemina est également séduite par le nouveau continent et par son ambiance cosmopolite. Harley Albright, le frère du fiancé, s'est même offert d'être son guide personnel durant son séjour. Ainsi, au détour de leurs flâneries, celui-ci s'épanche sur la possible menace qui plane sur les prochaines noces. En effet, il a eu écho du retour en ville de la mère de Delphinia, qu'on croyait disparue depuis des années. Harley craint qu'elle ne s'approche de sa fille pour lui extorquer de l'argent. Afin d'empêcher tout scandale, Jemina accepte de faire équipe et de mener une enquête discrète. Mais les affaires de famille peuvent parfois se révéler périlleuses, entraînant dans leur sillage la réputation et l'innocence de notre héroïne.
L'ambiance hivernale et le paysage new-yorkais à l'approche des fêtes plantent le décor et sont les principaux atouts de cette lecture. L'histoire est délicieuse, nous présentant la fille de Thomas Pitt comme étant une demoiselle indépendante, au tempérament affirmé et doué de bon sens. Ce qui se trame en coulisses est également charmant et captivant (dîners dans la haute société, secrets et non-dits). J'étais pleinement intriguée, curieuse d'aller plus loin et désireuse de fouiller encore. Hélas, le format du conte traditionnel est court (moins de 200 pages), ce qui ne permet guère à l'histoire de se déployer. Or, j'avais envie d'ampleur et de ne pas m'arrêter en si bon chemin. Au lieu de ça, le livre se termine trop tôt, avec un dénouement précipité. Je suis franchement frustrée, car j'avais anticipé un rendez-vous à la hauteur des promesses vendues. Dommage. La lecture est loin d'être mauvaise, mais nous laisse une sensation de dispersion et de brusquerie en raison de son format imposé. Les contes de Noël façon Anne Perry demeurent, malgré tout, une rencontre incontournable en cette période ! ☺

10-18 Grands Détectives, 2016 - Trad. Pascale Haas

6 novembre 2017

Le Magicien d'Oz, par Maxime Rovere & Charlotte Gastaut

Gros coup de cœur pour cette nouvelle adaptation du classique de L. Frank Baum - Le Magicien d'Oz - par Maxime Rovere et la fantastique Charlotte Gastaut ! En plus d'y apporter sa touche personnelle avec ses illustrations raffinées, c'est aussi la narratrice de l'histoire à écouter dans cette édition avec CD. 

LE MAGICIEN D’OZ

C'est donc l'éternelle histoire de Dorothy qui vit dans une ferme au Kansas et qui se réveille au pays d'Oz, suite à un violent cyclone qui a tout ravagé sur son passage. Abasourdie, la fillette découvre qu'elle vient de mettre k-o la méchante sorcière de l'Est et hérite ainsi de ses souliers en argent. S'aventurant dans ce pays imaginaire, en compagnie de son chien Toto, Dorothy croise en chemin un épouvantail en paille, qui rêverait avoir un cerveau, puis un bûcheron en fer blanc, qui voudrait un cœur, et enfin un lion craintif, désireux de trouver du courage ! Ils partent ainsi rencontrer le puissant magicien d'Oz avant d'affronter une autre vilaine sorcière et sa redoutable armée des singes ailés...  La route s'annonce longue pour rentrer à la maison !

Cette œuvre classique a déjà été lue, relue, adaptée et revisitée dans d'autres éditions prestigieuses (cf. Le magicien d'Oz chez Didier Jeunesse), mais cette revisite portée par le talent de Charlotte Gastaut réunit le charme, la poésie et la magie ! On y trouve en effet un graphisme époustouflant, des illustrations élégantes, des traits fins et des dorures, de l'entrain et de l'émotion, des rebondissements, du mystère, des surprises et de l'allégresse. Ce sont ainsi de pleines pages féeriques qu'on parcourt, avec des champs de coquelicots... capables d'endormir votre vigilance, on voit du pays et on croise des créatures effarantes, comme les Munchkins ou les kalidahs, avant de rencontrer l'énigmatique magicien, parfaitement insaisissable, puisqu'il apparaît sous différentes formes selon ses interlocuteurs. Dorothy fait néanmoins preuve de courage et tient la dragée haute à ses adversaires, même s'il lui arrive parfois de craquer en doutant de retrouver le Kansas. J'ai adoré le look de la fillette - son béret, ses chaussettes et ses souliers magiques - et son arrivée à la cité d'émeraude réserve aussi de splendides pages d'émerveillement !

C'est donc une lecture assez conséquente, mais passionnante à suivre tous les soirs, qui comporte parfois des séquences fortes et inquiétantes, comme lors des attaques des singes, mais heureusement le souvenir de celles-ci est balayé par un dénouement jovial et de bon aloi. La lecture faite par Charlotte Gastaut est plaisante et douce à l'oreille. Sincèrement rafraîchissante à découvrir. Bon public et passionnée de cette histoire intemporelle, je suis fatalement conquise. ♥

Milan, 2017

Suivre l'actualité de Charlotte Gastaut  : https://www.instagram.com/charlotte.gastaut/

 

12 octobre 2017

Pêle-Mêle : Nomi-Nomi Dans ma ville - Le crocodile du boulevard de Belleville - Papa à grands pas - Tohu Bohu

Nomi-Nomi Dans ma ville

Passionnée par le chant et le spectacle, Noémie Brosset - alias Nomi Nomi - est depuis son plus jeune âge une “touche-à-tout” : danse à 4 ans, piano à 11 ans, théâtre à 15 ans. Élève au Conservatoire de Lyon, entre 16 et 19 ans, elle suit le cursus de chant lyrique avant de se lancer héroïquement dans la création. Elle écrit et compose, avec ses claviers et son ordinateur, ses propres chansons. Cet album est donc le fruit de son labeur - un album plein de pep's et de mélodies rafraîchissantes, qui viennent égayer le quotidien des enfants. Au menu, on trouve diverses comptines, sur Paris, les promenades en plein air, la gourmandise, l'Amérique, le chat de la sorcière, le blues du policeman ou les copines coquettes. La lecture est d'autant plus adorable car ce sont les illustrations d'Aurélie Guillerey qui viennent ponctuer tout ça de leur note enjouée. Un album très enfantin, qui séduira les plus jeunes.

Nomi-Nomi : Dans ma ville, illustrations d'Aurélie Guillerey

Nathan, 2017

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Le crocodile du boulevard de Belleville

Tous les soirs, le petit Wang et son ami Ban-Ji le tigre se promènent dans les rues de Belleville et se racontent des histoires sur la Chine éternelle. Ils surprennent également une dame et son crocodile à la sortie du métro, approcchent timidement avant de lier connaisance. Madame Aminati est une férue de constellations et scrute chaque nuit le ciel à l'aide d'une longue-vue. Moboutou son crocodile n'est pas bien méchant, il préfère de loin écouter les histoires sur les étoiles du cosmos et les grains de sable du fleuve Niger. Tous les quatre prennent ainsi l'habitude de se retrouver chaque nuit pour se balader et partager des anecdotes... jusqu'au jour où Moboutou se présente seul - Madame Aminati “est partie explorer les étoiles”. Wang lui propose aussitôt de l'adopter et de poursuivre leurs explorations, avec une pensée pour leur grande amie en train de “faire dada sur les astéroïdes”. Quel tour de passe-passe ! À aucun moment, l'histoire ne laisse filtrer une pointe larmoyante, alors que la mort est suggérée mais jamais évoquée textuellement. C'est joliment troussé et cela rend hommage à l'imagination, à la curiosité et au partage. Les enfants seront sensibles à ce quatuor improbable qui vit sa vie secrète dans les rues de Belleville en se racontant des contes et des légendes sur la culture des uns et des autres. Une lecture pleine de tact et de richesse.

Le crocodile du boulevard de Belleville, de Didier Lévy & Aurélie Guillerey

album nathan, 2017

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Papa à grands pas

Mathieu est inquiet, car c'est son papa qui doit venir le chercher à la crèche avec sa vieille voiture verte, qui a toujours du mal à démarrer. Et si elle décidait de ne plus jamais démarrer ? Comment faire ? Le papa de Mathieu ne manque pas de ressources - il fera appel au voisin, il piquera le tracteur rouge, il volera à dos de dragon ou il demandera aux lapins un coup de pouce... Les solutions ne manquent pas ! Et au grand jamais, papa peut également prendre ses deux jambes à son cou pour voler jusqu'à son fiston. C'est un papa infaillible ! Et une lecture pleine de tendresse pour rassurer les petits bouts qui se sentent abandonnés et pour dédramatiser l'angoisse de la séparation. L'histoire met en avant l'imagination de papa qui tourne à plein régime ! C'est franchement drôle. ☺

Papa à grands pas, de Nadine Brun-Cosme & Aurélie Guillerey

album Nathan, 2016

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tohu bohu

En voilà une fantastique lecture, qui ne se contente pas d'être un basique inventaire d'instruments de musique, car Rémi Courgeon a choisi de jouer avec les mots et leur musique pour proposer un concerto vraiment rigolo ! J'ai souri tout du long... pour le trompettiste et le tronc péteur, la cornemuse et le corps de muse, la basse pourrie et le basset peureux, le tambourin et le taon bourré, le duo d'olifants sur le dos d'éléphant... et j'en passe ! C'est délicieusement décalé, ingénieux et surprenant. Un album que je recommande fortement. ☺

Tohu-Bohu, de Rémi Courgeon

album Nathan, 2016

 

30 octobre 2017

Pêle-Mêle : Le voyage d'Ignacio - Tant pis pour la pluie ! - Mes endroits à moi

Le voyage d'ignacio

Ignacio est impatient de rendre visite à son cousin Hans, qui vit dans le grand Nord. Mais à l'annonce de cette nouvelle, ses amis Ferdinand et Ernest fondent en larmes et le supplient de ne pas les abandonner. Ignacio est faible et accepte de repousser son voyage, or c'est au tour de son cousin d'être très déçu de son choix. Ignacio est pris entre deux chaises. Malheureux, il s'enferme dans le silence et n'ose pas confier son tourment.

Pourtant, il fait bonne figure et participe aux activités organisées dans la forêt, comme la récolte des noisettes pour préparer la pâte onctueuse qui régale toutes les papilles. Car au fond de lui, Ignacio ressent tristesse et frustration. Même le soir de son anniversaire, parmi ses plus chers amis, son cœur n'est pas à la fête et le renard s'enfonce dans la déprime.

Branle-bas de combat chez nos joyeux camarades qui comprennent tardivement qu'en accaparant exclusivement l'amitié d'Ignacio, ils le privent de vivre ses propres rêves. Ses copains n'ont pensé qu'à eux et le regrettent, si bien qu'ils veulent réparer leur maladresse ! C'est toute une histoire de partage et d'entente, finalement. Voler de ses propres ailes, se lancer dans une aventure, prendre des risques, se mettre à la place de l'autre et comprendre ses attentes.

Voilà une jolie histoire qui désamorce les malentendus en les résolvant en toute simplicité ! Amitié, tendresse, compréhension et partage en sont les règles d'or. C'est tout aussi joliment illustré et donne à lire un album généreux et d'une grande sensibilité ! 

Le voyage d'Ignacio, d'Anne Cortey & Vincent Bourgeau

Grasset jeunesse, 2016

 

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Tant pis pour la pluie

Que faire les jours de pluie, à part se morfondre chez soi en soupirant d'ennui ? ! Les enfants, pourtant, rêveraient de se faufiler dehors et jouer à chat-mouillé. Au lieu de ça, ils se contentent d'écouter la petite musique des gouttes d'eau et rêvent de tresser des couronnes de pissenlits. Ils observent par la fenêtre une bergeronnette se réfugier dans l'arbre ou un escargot tracer sa route. Plus la pluie chante à tue-tête, plus l'envie d'en découdre gagne nos bambins. Finalement, maman craque et ordonne d'enfiler les cirés. Allez ouste, on sort d'ici !

Quelle belle ode à la pluie, souvent synonyme de grisaille et de mélancolie. Cette lecture montre un aspect plus poétique et enchanteur des bonnes rincées, ici tout sonne doux, tout semble dépaysant, tout paraît déchargé de toute contrainte. C'est une invitation à courir dans les flaques et à jouer à la pêche ! Tout est soudain plus joyeux et débordant de pep's. À l'image du texte chantant, qui se lit comme une comptine. Un chouette album qui invite à penser positif ! ☺

Tant pis pour la pluie ! de Stéphanie Demasse-Pottier & Lucia Calfapietra

Grasset jeunesse, 2017

 

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Mes endroits à moi

Alice nous entraîne à la découverte de ses endroits préférés, à commencer par sa maison, “son château, son abri”, où l'on trouve même une table ronde, comme celle du roi Arthur ! Puis, un petit tour dans la serre où elle se sent pousser des ailes d'exploratrice dans cette jungle peuplée de plantes inconnues. Alice aime aussi le théâtre - un lieu si calme et surprenant, qui fait bouillonner son imagination - tout autant que le musée, où elle découvre sans cesse de nouvelles choses et apprend à peaufiner sa sensibilité artistique.

Alice voue également une admiration sans borne pour les pompiers, “des acrobates qui surgissent pour vaincre les flammes”. Elle adore le cocon douillet de la bibliothèque, plonger son nez dans les livres pour se perdre au bout du monde ou se faire des nouveaux amis. Et n'oublions pas le planétarium, où sous le toit en forme de dôme, la fillette contemple l'univers avec ses constellations, ses planètes, ses étoiles...

Encore un bel album sur l'enfance qui dévoile ses secrets à travers son univers familier et qui laisse apparaître un champ des possibles vaste et incroyable. L'histoire fait la part belle à la poésie et à l'imagination, tout en explorant un graphisme frais et lumineux pour une jolie balade distrayante. En fin de parcours, c'est au tour du lecteur de se pencher sur ce qui l'entoure et constitue “ses endroits à lui”. 

Mes endroits à  moi, de Gaia Stella

Grasset jeunesse, 2017

 

10 novembre 2017

David Bowie n'est pas mort, de Sonia David

David Bowie n'est pas mortJe suis clairement dans une thématique à fendre l'âme, ces temps-ci, et j'enchaîne les lectures bouleversantes à un point... Je ne suis plus qu'une flaque de larmes, c'est dit. Ce roman de Sonia David a également fait big-bang dans mon cœur et ma tête. Il a pour lui de parler de famille dysfonctionnelle, de parents qui s'éteignent, de deuil à absorber, de souvenirs à redorer, de portraits sans fard à dessiner... C'est tout ça, mais c'est surtout terriblement personnel, ça résonne partout, ça vous touche et ça vous interpelle.
Hélène a 52 ans et deux sœurs, Anne et Émilie, qui ont respectivement 55 et 49 ans. Elles mènent chacune une existence autonome et se voient une fois par an pour conforter leur lien sororal. Fin mai 2015, Hélène apprend par téléphone la mort de sa mère. Un choc, plutôt qu'un chagrin, car Hélène avait pour sa mère, égoïste et fantasque, des sentiments contradictoires. Un an plus tard, c'est au tour de son père de tirer sa révérence - un père doux et mystérieux, qui aimait défendre ses idées avec ardeur.
Hélène et ses sœurs, Anne et Émilie, sont donc tiraillées entre la tristesse et la colère, jugeant, blâmant, condamnant. Leur mère était une “connasse” sans cœur, qui ne montrait jamais son affection, mais exerçait un chantage affectif à sa façon. A contrario, leur père brillait en société, se passionnait pour les débats et luttait contre les injustices, il avait abandonné le foyer familial, refait sa vie et s'était brouillé avec l'une de ses filles, il en souffrait mais avançait sans se retourner. Hélène et ses frangines ont ainsi grandi entre le marteau et l'enclume, se forgeant au mieux leur force de caractère et leur désir d'indépendance. Elles ont rapidement mis les voiles pour échapper au naufrage, mais se retrouvent pour gérer ensemble le deuil, pour évoquer leurs souvenirs, pour ranger, jeter, classer les papiers, pour organiser les funérailles, et disperser les cendres, pour se lancer dans des démarches administratives et renoncer à leur héritage.
Au milieu de ces deux disparitions, vient se glisser David Bowie. L'artiste est décédé début janvier 2016. Et avec lui, s'envole une autre part de l'enfance et déferlent les réminiscences d'un passé oublié. C'est toutefois à travers lui que la narratrice parvient à tisser les liens familiaux, à reconstruire son arbre bancal et à retrouver sa place sur l'échiquier. Elle nous raconte son histoire avec force et authenticité, c'est tout à la fois émouvant et bouleversant. D'une grande justesse, et d'une sincérité aussi magnifique que déconcertante.
En somme, j'ai beaucoup, beaucoup aimé. 

Fantastique Micky Sebastian qui est la lectrice pour Audible Studios de cette histoire renversante. 


>> Ce livre audio est proposé en exclusivité par Audible et est uniquement disponible en téléchargement.

©2017 Robert Laffont (P)2017 Audible Studios. Texte lu par Micky Sebastian - Durée : 4 h 18 

 

 

8 novembre 2017

Les fondus de l'Arctique, par Erwan Seznec

LES FONDUS DE L’ARCTIQUE

Voilà où ça peut mener de manger des poissons panés ! Antoine Delamoute vient de gagner un concours organisé par la société Celsius, qui a choisi d'emmener quatre collégiens sur leur navire scientifique pour une expédition jusqu'au Groenland. Julien, Joris et Marie sont les trois autres petits veinards à embarquer avec leur valise, leur slip chauffant et leurs moufles pour une aventure ô combien déjantée.
J'avoue, c'est très, très drôle à lire. Il ne se passe pas une page sans un élément désopilant, une réplique qui fait  mouche, un détail qui coince, un événement inattendu. On n'en perd pas une miette et c'est vraiment trop bon ! Car tout va rapidement de travers, à bord de La Suspicieuse, comme de démasquer un intrus parmi nos jeunes lauréats, puis d'apprendre que le capitaine est héminégligent, sans oublier le syndrome islandais qui frappe nos petits camarades, ou la crise de nerfs du patron des panés devant les caméras de la télévision, et que dire de la concurrence déloyale où tous les coups fourrés semblent permis !
L'histoire est complètement dingue et saugrenue, mais c'est de l'humour bon enfant et opportun. On trouve aussi des petits clins d'œil sympas, comme les noms des personnages (Roger Rouscaille ou Ernest Shackleton) et des illustrations adorables venues mettre leur grain de sel pour agrémenter de loufoquerie les 135 pages du roman. 
Une excellente découverte et une lecture distrayante au possible. À partager autour de soi. ♥☺

Neuf de l'école des loisirs, 2017

Illustrations de Vincent Bourgeau

 

19 octobre 2017

Pêle-Mêle : Laissez-moi tranquille ! - Le petit ogre veut voir le monde - L'abri

Laissez moi tranquille

Qui n'a jamais rêvé d'un petit moment de répit au cœur d'un chaos indescriptible ? C'est le cas de notre héroïne, notre sémillante tricoteuse, qui vit dans une petite maison avec une très grande famille. Tous les jours, les petits-enfants se bousculent, font du bruit, courent dans tous les sens et s'amusent avec ses pelotes de laine. Impossible de travailler. Avec l'hiver qui approche, voilà qui complique ses projets.

Au bout du rouleau, la vieille femme abdique et quitte sa maison, avec un grand sac. En claquant la porte, elle a juste le temps de hurler : “laissez-moi tranquille !”. Elle part loin et s'installe d'abord dans la forêt... Mais même la famille Ours lui fait des misères, puis ce sont les chèvres de la montagne, jusqu'aux petits hommes verts sur la lune. C'en est trop. La coupe est pleine. Et la grand-mère sort par un trou noir. Aaaah, enfin la paix !

Cette histoire est surprenante sur toute la ligne, elle déjoue les attentes, pioche les ingrédients du conte traditionnel mais s'échappe des codes pour mijoter une aventure à sa sauce. Et c'est savoureux, audacieux et truculent. On adore cette petite bonne femme qui rouspète pour avoir du temps pour elle, et qui n'aspire qu'à tricoter tout son saoul. Ce n'est pas la mer à boire ? Il n'est pas dit que la solitude soit un remède à tout, juste une parenthèse appréciable avant le grand retour à la normale.

Un album décidément trompeur et étonnant ! Très, très belle découverte, distinguée par la prestigieuse Médaille Caldecott en 2016.

Laissez-moi tranquille ! de Vera Brosgol

Bayard jeunesse, 2017 (trad. Alice Boucher)

 

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LE PETIT OGRE VEUT VOIR LE MONDE

Ah, la vie d'un Petit Ogre n'est pas aisée lorsqu'on a des envies de voir le monde et des parents qui tremblent pour vous et ne veulent pas que vous quittiez le bout du jardin... Snif ! Le petit ogre veut faire ses propres expériences, ne plus entendre les excès de prudence de son père ou de sa mère qui s'imaginent que le monde extérieur est dangereux.

Seul, devant sa mappemonde, le petit ogre rêve donc d'aventures en pointant du doigt des villes comme Rio de Janeiro, Venise ou Istanbul... N'y pouvant plus, il brave l'interdiction parentale et enfile les bottes de sept lieux de son père. En trois pas, notre petit ogre débarque en Turquie, pays des loukoums, puis décolle au Brésil pour danser la samba, et termine son périple en Italie devant une platée de spaghettis à la carbonara.

Apprenant que ses parents sont fous d'inquiétude, le petit ogre rentre chez lui et annonce à sa famille qu'il existe un monde merveilleux, coloré, parfumé et enjoué autour d'eux ! Plus besoin de se cacher, il faut croquer la vie à pleines dents. Bon point pour cette histoire qui rappelle la richesse culturelle en s'ouvrant aux autres et donne ainsi le goût des voyages avec ce jeune héros fétiche du magazine Les Belles Histoires. Tout simplement, adorable.

Le petit ogre veut voir le monde, de Marie-Agnès Gaudrat & David Parkins

Bayard jeunesse, 2017

 

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l'abri

Ce matin, dans la forêt, les maisons s'éveillent sans se douter du branle-bas à venir - une tempête est annoncée ! Tout le monde se prépare au mieux pour affronter le choc. Seulement, dans le brouillard, deux frères se profilent et toquent à chaque porte pour quémander un peu de chaleur. Mais les portes restent closes. Les familles ont peur, elles s'enferment à double tour et tremblent pour leurs provisions, leur tranquillité, leur confort. Seul Petit Renard est sensible à la détresse des deux étrangers et leur confie une petite lanterne pour égayer leur soirée.

Outre son message prônant la tolérance et la solidarité, l'album nous touche aussi pour ses belles illustrations à l'encre et à l'aquarelle. Visuellement, c'est magnifique. Émotionnellement, l'histoire inspire une grande empathie. Elle ne cherche pas à condamner, ni à juger. Elle raconte simplement les aléas de la vie, un soir de tempête, un coup dur, une fraternité et un chant d'espoir. C'est un très bel album, d'une sensibilité et d'une justesse bouleversantes. À découvrir.

L'abri, de Céline Claire & Qin Leng

bayard jeunesse, 2017

 

 

crédit photo : Livres et merveilles

 

 

18 octobre 2017

Le Club de la Pluie contre Satin-Noir, de Malika Ferdjoukh

LE CLUB DE LA PLUIE CONTRE SATIN-NOIRÉbullition dans les dortoirs du Pensionnat des Pierres-Noires. La classe de Mme Archer est conviée à assister au Festival du livre pour y rencontrer des auteurs de best-sellers. Chacun y va avec ses motivations personnelles, Nadget doit décrocher pour son petit frère la dédicace d'un auteur farouche, Ambroise masquer la présence de son chien et Rose participer à la conférence de Jerry Austen, un gentleman cambrioleur désormais reconverti en auteur de polars. Et bim, les événements se précipitent dans les coulisses du festival - un tableau est volé, une bague a disparu, un exemplaire de Flaubert envolé. Ces menus larcins portent tous la signature de Satin-Noir. De quoi émoustiller la fibre détective de notre Club de la Pluie !

C'est savoureux, c'est frais, c'est drôle. Ça virevolte avec insouciance dans les couloirs du luxueux hôtel Le Grand Pavois, non loin de la place Chateaubriand. On y croise une galerie de personnages pittoresques, dans le cadre d'un festival littéraire authentique et farfelu. Et Saint-Malo bourdonne, en toile de fond superbe et imperturbable. Cet épisode est une réussite, encore une fois. Le Club de la Pluie est une série fabuleuse et délicieusement extravagante, elle est riche en acrobaties verbales et fredonne un petit air musical enchanteur, qui ne peuvent que toucher le lecteur. Son intrigue aussi est électrisante, masquant à peine ses sources d'inspiration, comme Arsène Lupin de M. Leblanc. Un gros coup de cœur. Dès 9-12 ans.

Neuf de l'école des loisirs, 2016

Illustrations de Cati Baur♥

19 octobre 2017

Pêle-Mêle : Une si charmante verrue sur le nez - À pas de loup - La bête de mon jardin

Une si charmante verrue sur le nez

Léon déteste ce qui est joli, mignon, gentil et sympa. Il n'aime pas non plus les gens, surtout quand ils sont polis et affables. Aussi, lorsqu'il rencontre Gertrude Crocheblaze, c'est le coup de foudre. Elle a tout pour plaire à notre loustic - le cheveu filasse, le menton en galoche, les dents noires, les yeux globuleux et une charmante verrue sur le nez. Gertrude est aussi une sorcière, affreuse et mauvaise. C'est dit, Léon et elle forment le couple parfait.

Nos deux amoureux décident un jour de partir en voyage, en Afrique. Ils ne rêvent pas de paysages romantiques, mais se réjouissent de rencontrer des crocodiles hideux et des hippopotames obèses. Hélas, sur place, ils tombent sur les trois animaux les plus débonnaires de toute l'Afrique - Richard, le lion végétarien, Alfred, l'éléphant élevé par une duchesse anglaise et Émilie, la tortue timide.

Quelle calamité d'avoir des voisins dégoulinants de politesse ! Léon et Gertrude n'ont vraiment, vraiment pas de bol. Dans leur désir d'affronter le laid, le moche, l'horrible, ils n'ont que faire du lisse, du mielleux, du contrit. Et boum, au volant de leur voiture polluante, en vadrouille dans la savane, notre couple teigneux ne voit soudain plus qu'un écran noir à travers leur pare-brise.

Pourquoi, comment ? C'est toute la férocité de cette histoire, racontée non sans humour noir, et qui met en scène deux affreux jojos dans une aventure follement rocambolesque. André Bouchard met à l'honneur deux méchants pas charmants, en accentuant bien le sordide, et c'est très, très rigolo ! La chute finale est tout aussi désopilante. ☺

Une si charmante verrue sur le nez, d'André Bouchard

Seuil Jeunesse, 2017

 

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A pas de loup

Claire et Louis passent la nuit chez leurs grands-parents, quand ils sont saisis d'une petite fringale nocturne. Ils se faufilent hors du lit, en toute discrétion. Du moins, c'était leur intention car les enfants ne vont cesser d'être maladroits, de buter dans les meubles, de briser des vases, de renverser le lait dans la cuisine ou de casser la branche du cerisier.

Quel ramdam ! Forcément, cela attire l'attention de Papi et de Mami... et là Coco le toucan, Grangrogris l'éléphant ou Minouchette la tigresse endossent toute la responsabilité et servent judicieusement d'alibis.

En voilà une lecture étonnante, qui fait appel à l'imagination et qui mélange avec subtilité le rêve et la réalité. Les illustrations baignent dans une ambiance claire-obscure de toute beauté. C'est apaisant, et le texte d'une grande poésie parachève l'impression d'ensemble d'une lecture pleine de douceur.

À pas de loup..., de Christine Schneider & Hervé Pinel

Seuil jeunesse, 2017

 

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La Bête de mon jardin

Dans sa chambre, un garçon scrute derrière sa fenêtre la pénombre du jardin. Caché dans les buis, se trouve une bête. Il le sait, il devine sa silhouette, il la redoute également, mais il décide de sortir pour s'en approcher. Inversement, la bête scrute l'enfant depuis sa cachette. Il sent son odeur et s'en pourlèche les babines. Il n'y a pas que le garçon à avoir été nourri de légendes et de contes du soir... La bête aussi connaît ses classiques et craint l'homme... le chasseur.

C'est donc un troublant jeu de miroirs qui s'orchestre sous les yeux du lecteur. L'enfant et la bête s'observent, mais tous les rôles ne sont pas définis et les mythes entretiennent le mystère. Et puis, il y a aussi le jeu des lumières, celui de l'imagination. En gros, c'est un jeu de dupes. Entre songe et illusion, cet album séduit, par ses jolies découpes, son univers graphique et ses couleurs crépusculaires. Un bel exercice de style, qui fait appel au pouvoir de l'imagination.

La bête de mon jardin, de Gauthier David & Samuel Ribeyron

Seuil jeunesse, 2017

 

 

11 octobre 2017

Fidèle au poste, d'Amélie Antoine

Fidèle au posteMariés depuis cinq ans, Chloé et Gabriel mènent une existence heureuse à Saint-Malo, jusqu'au jour où la jeune femme se noie accidentellement au cours d'une baignade matinale. Gabriel est sonné, abruti de chagrin. Il trouve néanmoins du réconfort en adoptant un chien, puis en participant à des réunions d'un groupe de parole pour personnes endeuillées. Il fait ainsi la rencontre d'Emma, une photographe fraîchement débarquée en ville, avec laquelle il noue rapidement une connivence très forte. Toutefois, la présence de Chloé semble toujours palpable et obsédante. La lecture est d'autant plus troublante qu'elle donne la parole à l'épouse disparue, qui veille sur Gabriel. Elle est là, invisible mais attentive, jalouse du rapprochement entre son mari et Emma, mordante et belliqueuse, d'où les détails déconcertants qui se glissent dans le quotidien de Gabriel, qui n'y comprend plus rien. Mais le roman a plus d'un tour dans son sac et n'aura de cesse de le prouver, car la suite n'a pas fini de vous surprendre. J'ai été la première interloquée par les nombreux subterfuges de l'intrigue - franchement, c'est rondement ficelé ! Rien que pour ça, je salue le tour de force de ce roman, découvert par un heureux hasard (j'ai discuté avec une copine de l'auteur lors d'un EVJF cet été). J'ai été complètement bluffée, totalement convaincue. Je recommande sans détour. ☺

Interprété par trois voix - Elsa RomanoJean-François Carias et Delphine Fouquou - ce livre audio offre une écoute captivante, car riche en rebondissements. Chaque pièce du puzzle est glissée avec dextérité et distille avec brio un insoupçonnable climat de duperie. Le lecteur est vite pris dans les filets, l'engrenage est infernal et cela vous tient en haleine jusqu'à la dernière minute. Franchement, prodigieux.


>> Ce livre audio est proposé en exclusivité par Audible et est uniquement disponible en téléchargement.

©2016 Michel Lafon (P)2017 Audible Studios

Texte lu par Elsa RomanoJean-François Carias & Delphine Fouquou /  Durée : 4 h 21  /  Éditeur : Audible Studios

DISPONIBLE AU LIVRE DE POCHE (2017)

Fidele au poste

21 octobre 2017

L'Âme du Mal (La trilogie du Mal #1), de Maxime Chattam

L'âme du mal AudibleJuliette Lafayette, une étudiante en psychologie, est enlevée par le tortionnaire Leland Beaumont... et sauvée in extremis par Joshua Brolin, ancien agent du FBI, travaillant désormais à la police de Portland, en sa qualité de profiler. Un an plus tard, de nouvelles découvertes macabres viennent ressusciter le fantôme de Beaumont car des similitudes apparaissent dans le modus operandi et perturbent leur conviction d'avoir mis un terme aux actes criminels du tristement célèbre Bourreau de Portland. Brolin relance l'enquête, retrouve Juliette et s'inquiète du tournant de cette affaire.

Roman auréolé de sa réputation implacable, L'âme du mal se présente d'emblée comme un rendez-vous de noirceur et d'extrême violence. On a en effet une débauche de scènes morbides, scrupuleusement déballées avec des détails sordides, au fil d'une enquête pointilleuse et ahurissante en révélations. Mieux vaut être averti du programme, sous peine d'être mis k-o. En bon élève, Chattam s'applique à reproduire dans son scénario tous les effets de style d'une série américaine (écriture cinématographique, mise en scène convenue et personnages clichés). Mais parfois, il en fait trop, en nous arrosant de techniques de criminologie et de profiling, par exemple, on se croirait limite dans un manuel. On sent son souci de faire ses preuves et d'apporter une légitimité à son roman. Mine de rien, celui-ci commence pourtant à dater (2002) ce qui ne rend plus le spectaculaire d'hier aussi impressionnant aujourd'hui. Aussi, je pense qu'il ne s'agissait là que d'une ébauche à un univers en devenir, cf. le remarquable La conjuration primitive. Cela reste un thriller efficace sur toute la ligne, mais je m'attendais à recevoir une grande claque, or j'avoue être un peu frustrée à l'arrivée. Ce que je n'ai pas apprécié, par contre, ce sont les envolées lyriques et les interludes mielleux entre Brodin et Juliette. C'était largement dispensable, à mon avis. 

Côté technique, Audible Studios reprend peu à peu dans son catalogue les titres édités par VDB depuis leur fermeture, parmi lesquels la trilogie de Maxime Chattam qu'on trouvait en occasion à des prix exorbitifs. En toute honnêteté, j'avais une grande affection pour les éditions VDB dont la réalisation sonore était facilement identifiable (bruitages, bandes-son, musiques, etc.) en plus des deux fidèles comédiens, Véronique Groux de Miéri et Hervé Lavigne. À écouter, la lecture est étonnante, à la fois vivante, réaliste et palpitante. Une performance très réussie. 

>> Ce livre audio est proposé en exclusivité par Audible et est uniquement disponible en téléchargement.

©2002 Éditions Michel Lafon (P)2007 Éditions VDB

Texte lu par : Véronique Groux de Miéri & Hervé Lavigne pour Audible Studios (2017)  Durée : 16 h 48 

Série : La trilogie du mal, Livre 1

1 octobre 2017

Pêle-Mêle : Les Quiquoi et l'étrange attaque du coup de soleil géant - Escargots à gogo - Une petite voix

Les Quiquoi et l'étrange attaque du coup de soleil géant

Olive et ses joyeux compères sont assommés par la chaleur. La faute au soleil énorme dessiné par notre artiste. Résultat, tous se plaignent de porter une robe, une casquette à oreilles, un parasol ou de la crème solaire. ILS N'EN PEUVENT PLUS. Olive se met alors à dessiner un ventilateur... oups, un peu trop puissant. Raoul a voldingué vers l'inconnu et ses amis doivent traverser une forêt de cactus pour le retrouver. Mais chaque défi trouve sa solution dans une pirouette dessinée astucieusement, ou pas. Les rebondissements s'enchaînent et donnent ainsi à lire une fabuleuse aventure de nos Quiquoi préférés. C'est drôle, inattendu et complètement farfelu. Le trait d'humour d'Olivier Tallec et Laurent Rivelaygue se met ici au service de la prévention contre les méfaits du soleil (cf. le coup de soleil féroce et prêt à bondir sur nos jeunes amis). Une interprétation désopilante, qui tire des sourires et des larmes de bonheur aux lecteurs enchantés. Je suis FAN. ♥

Les Quiquoi et l'étrange attaque du coup de soleil géant, de Laurent Rivelaygue & Olivier Tallec

Actes Sud Junior - BD - 2017

 

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escargots à gogo

En vacances chez son grand-père, Paula découvre les joies du jardinage en explorant “ses petites bêtes” - à quoi servent les taupes, comment distinguer l'abeille de la guêpe, pas besoin d'insecticides quand on a des coccinelles, et que dire des escargots... La fillette voue alors une passion peu commune pour les gastéropodes et ne se lasse pas de les observer - escargots des jardins, petits-gris, escargots de Bourgogne. Papi Alfred est intarissable, il sait tout, il connaît tout, et partage sa vaste culture à une petite-fille fascinée. C'est vrai que le sujet est captivant ! Contre toute attente, j'ai moi-même été piquée de curiosité pour cette histoire de bestioles peu ragoûtantes, mais dont je découvre l'univers avec étonnement. Les illustrations d'Audrey Calleja sont rafraîchissantes et participent à l'émerveillement suscité par cette lecture remarquable ! 

Escargots à gogo, de Sandrine Le Guen & Audrey Calleja

Actes Sud junior, 2017

 

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Une petite voix

Solitaire et secret, Jérémy est un enfant qui semble vivre dans sa bulle, mais qui ne renvoie pas non plus une image très charismatique. Le garçon est incompris - “avec ses airs bizarres” - et est rejeté par ses camarades ou ses proches. En fait Jérémy vit dans un monde imaginaire, dont l'héroïne, April March, est anglaise, enfermée dans un pensionnat qu'elle cherche à fuir. Son personnage incarne tout ce que Jérémy n'est pas - audacieux, joyeux, intuitif - si bien que le môme tourne de plus en plus le dos au réel pour se complaire dans le fictif. Cherry on top, Jérémy rêve de rencontrer son April pour vivre de fabuleuses aventures à ses côtés. En attendant, sa famille tourne autour de lui en cherchant la brèche dans la carapace. Le garçon est visiblement hermétique à toute manifestation émotionnelle. C'est un bloc, un rempart. Après avoir exprimé son ras-le-bol, sa famille se rétracte et éprouve une sincère inquiétude à son sujet.

J'avoue avoir, moi aussi, ressenti une grande perplexité face à ce petit Jérémy, qui chamboule pas mal ma vision sur l'enfance et l'hypersensibilité. C'est d'ailleurs la grande force du livre - on vit et on partage ses doutes, ses peurs, ses rêves, ses espoirs, mais aussi ses éclairs de lucidité ou de désarroi. On s'imprègne de son mal-être et on ressent une grande tristesse. C'est assez déstabilisant d'avoir un môme de huit ans, conscient de sa différence et du regard qui se pose sur lui, sans pouvoir lui donner un coup de pouce. Quelle frustration, que d'impuissance à tourner les pages du roman... Mais c'est aussi une grande prouesse de l'auteur qui est parvenu à toucher au plus juste le lecteur en nous sensibilisant au “problème” des grands rêveurs. Imaginez, dans une société formatée, le rêve devenir une maladie ? Chair de poule assurée, brrr... 

Une petite voix, de Patrick Olivier Meyer

Actes Sud Junior, 2017

illustration : Sébastien Mourrain

29 septembre 2017

Pêle-Mêle BD Kids : Ocarina Marina - La Cantoche - Les trois cochons petits

Ocarina Marina Face de bulotEn tant que princesse des fonds marins, Marina doit passer une année chez les humains, à Aquatown. Sa famille adoptive, sous l'emprise d'un charme puissant, ignore tout de ses origines... Seul Sasha, son prétendu cousin, est complètement insensible à ses pouvoirs et redoute les futurs débordements de cette princesse qui découvre la vie terrestre avec trop d'enthousiasme et d'impatience. Résultat, de nombreuses bourdes sont à prévoir, comme la présentation en classe, la découverte du gâteau au chocolat, la première neige ou la fête d'Halloween... Une simple goutte d'eau, rien qu'une larme, et boum, notre princesse redevient sirène. Heureusement il y a son Ocarina magique pour envoûter les foules et effacer leur mémoire ! Son adaptation s'annonce compromise avec l'arrivée d'Olly, une étoile de mer, ennemie jurée de notre jeune altesse, mais elles vont finalement allier leur force pour contrer le nouveau projet immobilier du maire, lequel menace leur royaume sous l'océan.

Très, très chouette série ! L'histoire est débordante de pep's, de couleurs acidulées, de bonne humeur, de situations cocasses, d'humour, d'amitié, etc. En douze chapitres, la lecture nous transporte dans le fabuleux monde d'Aquatown avec son héroïne adorable. Marina et son pote Sasha ont une complicité attendrissante et partagent de folles aventures dans un esprit guilleret. Une série que je trouve enthousiasmante et originale. À conseiller dès 6 ans. 

OCARINA MARINA #1 Face de bulot ! de Mr Tan & Stan Silas

BD KIDS, 2017

 

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La cantoche Les goûts et les couleursRetour à la Cantoche, après des vacances bien méritées... Se griller la carcasse comme une merguez au soleil, pêcher des vieilles canettes de coca, faire des kilomètres de randonnée en chantant à tue-tête, préserver la nature en ne jetant pas ses déchets à tout bout de champ, découvrir les joies de la vie à la ferme, avoir des envies de poulet grillé dès le lendemain matin, avaler des asperges et des épinards pour chasser les moustiques, avoir la nostalgie de la cantine... Hop, ça repart dans la joie et la bonne humeur. Se régaler des choux de Bruxelles, pester contre les fruits exotiques, devenir le roi de la galette, manger épicé, traverser la semaine bio, se venger du racket, rêver d'une pizza en avalant sa quiche aux poireaux... et conclure cette belle année sur un spectacle de légumes grandeur nature !

C'est toujours aussi réjouissant à lire, rien qu'une page pour croquer une anecdote du quotidien des écoliers, c'est rapide et efficace. On voit les pages défiler sous nos yeux ravis, avec un sourire qui ne quitte jamais notre visage ! Très chouettes illustrations et de l'humour à revendre. On adopte ! 

LA CANTOCHE #2 : Les goûts et les couleurs, de Nob

BD KIDS, 2017

 

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Les trois cochons petits et les drôles de loups

Michel Van Zeveren signe avec facétie cette série, reprenant son thème fétiche des contes détournés, avec trois cochons petits, Igor, Nestor et Fédor, les héros de ces charmantes histoires.

Vivant dans une maison au cœur de la forêt des contes, ils comptent parmi leur voisinage une flopée de loups précédés de leur sinistre réputation. Imaginez donc... Pierre et le loup, Le Petit Chaperon Rouge, les Sept Chevreaux, le vrai grand méchant loup, etc. Nos trois bambins sont néanmoins rusés, ils connaissent leurs classiques, et donc ils courent plus vite que l'éclair pour rejoindre leur Mère-Grand ou jouent de la flûte magique pour entraîner un flippant escadron hors de leur chaumière. Ouf. Ils ne manquent pas d'imagination ni de ressources pour affronter chaque nouveau défi.

L'ambiance générale est tout de même bon enfant, car chaque histoire se conclut sur une pirouette qui prête à sourire !

 

 

Les Trois Cochons Petits Grenouilles, princes et princesses

Il en va ainsi dans chaque volume de cette série (qui compte déjà trois titres à ce jour). Le dernier né propose une revisite des contes sur les princes et les princesses, et ça glousse pas mal !

On connaît nos princesses, Peau d'Âne, la Belle au bois dormant, Blanche Neige, la princesse au petit pois, Poucette ou la Belle et la Bête... Mais imaginez tout ce joli monde dans une version alternative, où un baiser de Gribouille la grenouille réveille la princesse endormie de son triste sort, où Blanche Neige en personne se propose en baby-sitter, et où une petite princesse capricieuse réclame de la gadoue et de l'eau froide... Gare aux usurpations !

Cette série est truffée d'impostures, mais c'est pour la bonne cause. On prend plaisir à découvrir ces versions alternatives des célèbres contes, d'autant plus que cela ne manque pas d'humour ni de modernité. Tous ces clins d'œil amuseront beaucoup les jeunes lecteurs !

LES TROIS COCHONS PETITS #2 Et les drôles de loups / #3 Grenouilles, princes et princesses

MINI BD KIDS, 2017

 

 

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