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Chez Clarabel
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22 octobre 2014

Ça n'existe pas ! par Ella Bailey

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Par une belle matinée d'octobre, Violette remarque d'étranges phénomènes... Les objets se déplacent, certains disparaissent et des toiles d'araignées font de plus en plus leur nid dans la maison. La fillette a une explication claire, nette et précise pour chaque phénomène. Sont épinglés le chien gourmand, le chat maladroit, la pie chipie, le frérot gribouille, l'écureuil voleur de citrouille, l'araignée fautive... Il suffit de bien observer.

Car, tout le monde le sait, les fantômes, ça n'existe pas ! Et ce n'est pas parce que Halloween approche qu'il faut se farcir la tête d'idées saugrenues. Mais n'est-ce pas une façon, pour Violette, de se rassurer? La nuit, seule dans son lit, le parquet grinçant et les ombres effrayantes paraissent soudain exagérés. Dernière chance pour se convaincre ? Les fantômes, ça ...  !

J'ai adoré cet album ! Déjà pour son esthétisme (couverture toilée) et les illustrations d'Ella Bailey : charme vintage, trait naïf... Cela me rappelle le style d'Aurélie Guillerey que j'affectionne tout particulièrement. Avec une histoire simple mais rigolote, la lecture nous enchante. Elle propose aussi en fil rouge de trouver le petit fantôme caché dans chaque page. Une lecture pour le plaisir des yeux et pour s'amuser en exerçant son sens de l'observation. Très, très sympa ! 

Gallimard jeunesse, octobre 2014

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24 octobre 2014

Juste avant le crépuscule, de Stephen King

Juste avant le crépuscule de Stephen King

Ces 13 nouvelles, dites terrifiantes, proposent une plongée déconcertante vers des univers hétérogènes, mais ayant en commun la volonté de troubler le lecteur. Juste avant le crépuscule, c'est « l'heure où les ombres se fondent dans les ténèbres, où la lumière vous fuit, où l'angoisse vous étreint ». Parfait descriptif, mais peu concrétisé via une mise en application peu convaincante. 

Non, vraiment, je n'ai pas été emballée par le menu de ce recueil. Certes, on peut croiser des fantômes, un psychopathe, un chat démoniaque, un sourd-muet trop discret pour être honnête, mais aussi sombrer dans des rêves hallucinatoires ou assister à une fin d'après-midi apocalyptique... bref, autant de rencontres toutes plus perturbantes les unes que les autres.

Mais le format de la nouvelle a été fatal : trop, trop frustrant. Et puis les histoires sont de qualité inégale. Je me sentais à peine à mon aise dans un univers qu'il me recrachait déjà pour d'autres horizons. Dur. Sur cette déconfiture, je ne m'avoue pas vaincue non plus. Michel Raimbault n'a jamais démérité et a livré une interprétation impeccable, tour à tour troublante et ensorcelante. Certaines pistes sont à déguster, juste avant de se glisser sous la couette, vos nuits seront plus blanches que jamais ! 

Audiolib, avril 2010 ♦ texte intégral lu par Michel Raimbault (18h 35) ♦ traduit par William Olivier Desmond pour les éditions Albin Michel  ♦ disponible en format poche

Pour un avis plus détaillé du contenu et des nouvelles, c'est ici

18 septembre 2014

Les Orangers de Versailles, d'Annie Pietri, Nicolas Digard & Christine Circosta

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Adaptation réussie du célèbre roman d'Annie Pietri par Nicolas Digard,
avec les couleurs et illustrations de Christine Circosta. 

Marion est fille de jardinier et a été choisie pour servir la favorite de Louis XIV, madame de Montespan. Éblouie par sa beauté, Marion supporte sans broncher la jalousie des lingères lorsqu'elle décroche le poste d'Occupée (qui consiste à veiller le sommeil agité de la maîtresse royale) et se distingue aussi lorsqu'elle reconnaît savoir lire et écrire, en plus de posséder un odorat exceptionnel (parfois à son grand dam, les couloirs de Versailles dégagent des relents fétides). Elle connaît les plantes comme sa poche et est capable de créer des parfums. Mme de Montespan lui en commande aussitôt.

Étourdie par cette nouvelle existence, Marion ne prend pas garde des faux-semblants ni de la mesquinerie derrière les sourires mielleux de la favorite du roi. Car Mme de Montespan est hautaine, capricieuse et exigeante. Elle voue aussi une haine farouche pour la reine, qu'elle rêve de détrôner. Pour cela, elle ourdit des complots d'empoisonnement et se rend à des messes noires orchestrées par la Voisin. Marion surprend ainsi leur plan machiavélique et va se démener pour dénoncer leurs crimes.  

On retrouve dans cette bande dessinée la reproduction du cadre magnifique de Versailles et ses jardins coquets, mais l'histoire nous entraîne aussi dans les coulisses et les dortoirs des domestiques, On découvre tout un tas de petits détails non négligeables, comme le manque d'hygiène et les odeurs pestilentielles dans le château. On comprend pourquoi les jardiniers mettaient le paquet à l'extérieur pour oxygéner la cour royale !

Outre cette mise en scène et ces décors impeccables, l'histoire est basée sur des faits historiques authentiques (l'affaire des poisons) qui sert à raconter la destinée incroyable d'une jeune fille sensible et innocente, livrée aux intrigues redoutables de Versailles. Cette partie n'est pas très crédible, mais on se laisse duper avec plaisir car le récit est entraînant et baigne tout de même dans un cadre fascinant et hors du commun.

BD Kids Okapi, septembre 2014

22 septembre 2014

L'Homme aux cercles bleus, de Fred Vargas

« Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ? » 

L'homme aux cercles bleus

Un Fred Vargas tout jeunot (1996), qui nous introduit un Jean-Baptiste Adamsberg fraîchement promu au commissariat du 5ème arrondissement... here I go ! Et de le découvrir faire ses premiers pas auprès d'une équipe pantoise face à ses méthodes de travail peu orthodoxes : l'homme se perd régulièrement dans de longues réflexions intérieures, les bras croisés sur son buste, se livre à du gribouillage sur un bout de papier posé sur les genoux, ou se balade la nuit, souvent près d'un cours d'eau... il dort peu, et rarement seul. Adamsberg n'est pas un romantique, mais son âme est torturée par les souvenirs d'une petite chérie, silhouette fugace, croisée, aimée puis échappée sans crier gare. L'homme est nostalgique et a le cœur ravi.

Pas étonnant que son intérêt de flic s'arrête sur des affaires sordides, comme ces cercles bleus qui pullulent dans Paris. Il prévient Danglard, ça s'annonce mal. Un matin, ça va saigner... En attendant, il rencontre une océanographe de renom, Mathilde Forestier, qui se vante d'avoir croisé l'homme aux cercles bleus et d'être capable de le reconnaître. Adamsberg, forcément, est interpellé et pénètre dans l'appartement cossu de la scientifique, où se côtoient d'autres figures insolites : un bel homme aveugle et une vieille dame solitaire, accro aux petites annonces. Ce refuge de bras cassés est aussi l'antre des soirées arrosées, à soliloquer sur le monde et sur l'enquête du commissaire. Franchement, on sourit, on jubile, on gobe tout et on en redemande.

Ah mais c'est redoutable, sous couvert de tendres excentricités, on ne soupçonne pas l'incroyable ingéniosité de l'intrigue. Et c'est écrit avec rondeur, en jouant sur les mots, en se moquant des personnages avec affection, en distillant de l'humour aussi. Bref, c'est décalé, un brin philosophe, finaud et clairvoyant. On se régale ! Mais à quand une nouveauté, madame !??

Audiolib, août 2014 ♦ texte intégral lu par Jacques Frantz (durée d'écoute : 6h 23) ♦ disponible aussi aux éditions Viviane Hamy ou en poche J'ai Lu

5 décembre 2012

Are there angels in the wilderness?

❊ C'est le dernier tome de la série des Vampires de Manhattan ! 

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** attention, spoilers ** C'est inévitable, puisque nous sommes enfin au dernier tome ! Quelle attente. Après les récents évènements survenus en Egypte, Jack et Mimi ont rejoint le Prince des Ténèbres, mais jouent un double jeu en prétendant lui venir en aide. Toutefois, Lucifer n'est pas dupe et parvient à les piéger en réclamant que l'un et l'autre lui livrent sur un plateau d'argent le sacrifice de leur grand amour. Jack courbe l'échine, Mimi est sous le choc. Elle a vendu son âme pour sauver Kingsley, qui semble l'avoir oubliée, mais leurs retrouvailles sont explosives et croustillantes. Malgré les faux-semblants, la flamme est bien vive entre ces deux-là !

De son côté, Theodora parcourt le monde avec Oliver sur les traces de ses origines paternelles. Et là, une surprise de taille l'attend ! Elle n'a aucune nouvelle de Jack, mais ne va pas être déçue quand cela va se produire. Ce livre sonne aussi le retour de Bliss, qui s'est égarée dans un autre univers, on en saisit des morceaux mais il aurait été plus judicieux de la part de l'éditeur français de traduire le fameux livre, Wolf Pact, qui explique sa nouvelle vie ! Terrible frustration, en ce qui concerne toute sa partie, car cela ouvre des perspectives intéressantes mais déconcertantes d'incompréhension.

Grande nouvelle, la bataille finale aura bien lieu. C'est devenu tellement courant de maintenir un suspense éventé... Melissa de la Cruz, heureusement, ne se débine pas, le combat sera froid, sanglant et impitoyable. Avec un sacrifice majuscule, préparez-vous au choc. Sans quoi, la conclusion apporte son lot de révélations, de pertes et de nouveaux départs, pour une vue d'ensemble très romantique ! Il ne faudrait surtout pas se méprendre. C'est d'ailleurs tellement surprenant que j'ai froncé les sourcils au sujet d'Oliver, là j'avoue, je n'ai pas tout compris ou j'ai sauté un passage ? ...

Néanmoins, cette série se clôt sur une note de satisfaction, le rythme aura été haletant et entraînant, sans cesse à vouloir se renouveler, à proposer des idées neuves et à construire une mythologie originale, sans casse-tête. C'est l'exemple parfait de la petite série distrayante, qui a cru bon qu'un zeste de superficialité aurait pu faire la différence, et puis non, le dosage était juste ! Pas une seule fois je ne me suis lassée.

Les Portes du Paradis - Melissa de la Cruz
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2012 - traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec 

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21 octobre 2010

La légendaire histoire des douze soeurs Flûte

COUP DE COEUR pour ce nouvel album de Vincent Cuvellier !!!

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Racontée avec humour, l'histoire de la famille Flûte, qui compte pas moins de douze filles, est absolument désopilante ! Le père, Monsieur Flûte, centième du nom, est un type débonnaire qui passe son temps à chercher une aiguille dans une meule de foin, tout en réfléchissant longuement devant l'ampleur de sa tâche.

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Sa tendre épouse est décrite comme « charmante, oh! légèrement dodue, mais charmante »Et d'ailleurs... «  Au fil de ses grossesses, elle finit par ressembler à une énorme boule de graisse surmontée de deux petits yeux méchants. »

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Sur ce ravissant postulat, les héritières de la famille Flûte voient donc le jour : toutes plus différentes les unes des autres, l'une est renfrognée, l'autre se tient à genoux et prie toute la sainte journée, l'autre encore est quelconque, l'une sourit à la lune, une autre fait tout le contraire de ce qu'on attend d'elle, les jumelles sont des copies carbones, impossible de les distinguer, mais ce n'est pas grave, car les soeurs Flûte se suivent, à un train d'enfer, le château grouille de petites Flûte qui portent parfois le même prénom, le narrateur ne sait plus où donner de la tête ... et le lecteur s'esclaffe !

Vraiment, c'est GENIAL ! Et puis, c'est drôle.

Arrive, cependant, LE drame : « Alors qu'on fêtait le douzième anniversaire de la première et le premier de la douzième, vint au monde un bébé, aussi rose, aussi blond, aussi dodu qu'on le pouvait rêver. Monsieur et madame Flûte, par dépit, allaient le nommer Béatrice, quand madame Flûte, bien que harassée, vit dépasser entre les jambes du nourrisson un petit truc aussi exceptionnel qu'inattendu : un zizi. »

Le choc est rude : madame Flûte claque sur le champ, monsieur Flûte perd la boule. Les petites filles prennent sous leur aile leur petit frère et le bichonnent comme une poupée. Un autre événement va frapper cette quiétude familiale, contraignant la petite troupe à aller loin, loin, loin, le dos à la mer...

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Je me suis régalée à suivre l'aventure de cette famille très productive, où tout est conté avec une pétillante légèreté. Les illustrations de Ronan Badel nous transportent au-delà des siècles, les demoiselles ont des frimousses craquantes, le texte de Vincent Cuvellier y trouve une mise en valeur inestimable. Il suffit de fermer les yeux pour s'entendre raconter cette histoire foldingue, c'est déjà un bonheur garanti. L'ensemble vaut bien un grand moment de swoushitude (copyright : gaëlle la libraire). Bravo ! Et j'en veux encore !!!

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  La légendaire histoire des douze soeurs Flûte - Vincent Cuvellier / Ronan Badel
Gallimard jeunesse (2010), coll. Giboulées - 14,50€

10 avril 2010

Knock ! knock ! knock ! Who's there ?

IMGP7343L'inspecteur Lapou est de retour ! Sourire banane sur le visage.

Dans le potager, ça sent pourtant le grabuge depuis l'arrivée du melon. Il est snob, se croit le plus beau, le plus fort. Les légumes sont agacés et se plaignent auprès de Lapou. Or, la situation dégénère et notre inspecteur se voit contester son rôle. Accusé d'être couard et menteur, il est dénigré par ses compères qui lui tournent le dos et élisent le melon nouveau chef du potager. Quel retournement de situation ! Mais n'est-il pas dit : aux grand maux, les grands remèdes ? A la fin, Lapou ne met pas de gants pour remettre de l'ordre dans le potager. Nom d'un petit melon ! Ce n'est pas une cucurbitacée qui mènera la danse.

Un ton décalé et plein d'humour, des illustrations naïves et colorées, un inspecteur qui ne perd jamais son flegme, ou si peu, des légumes à l'honneur et une bonne petite recette qui boucle la lecture ... Les enquêtes du potager sont une collection imparable de Bénédicte Guettier. (Oui, je suis amoureuse de l'inspecteur Lapou. Ma fille me charrie, la vilaine.)

Le melon prétentieux ~ Bénédicte Guettier
Gallimard jeunesse, coll. giboulées, 2010 - 7,00€

*****

Les_fabuleuses_pochesAutre instant de bonne humeur à partager, grâce à Quentin Blake. Les fabuleuses poches d'Angélique Brioche est un album de couleurs, de facétie, d'inventivité, de chaleur, de poésie et d'imagination. Angélique Brioche est un personnage étonnant grâce au manteau qu'elle porte. Ce n'est pas un manteau ordinaire, il est cousu de poches, des dizaines, des centaines de poches, lesquelles contiennent des chapeaux pour les chèvres, des mouchoirs assortis, des parapluies, des maillots de bain, des canards, des bateaux, des glaces, de la menthe à l'eau, des passoires, des râpes à fromage... bref les poches d'Angélique Brioche sont fabuleuses. Chaque page nous réserve son lot de surprises ! Et les illustrations de Quentin Blake, pour couronner le tout... Soupirs.

Les fabuleuses poches d'Angélique Brioche de Quentin Blake
Gallimard jeunesse, coll. giboulées, 2010 - 12€

 

23 mars 2013

“The word friends doesn't seem to stretch big enough to describe how we feel about each other.”

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C'est le deuxième été pour Bridget, Léna, Carmen et Tibby, le deuxième été pour le jean magique aussi ! Toute l'année, il attend sagement dans un placard et ne ressort que pour accompagner les jeunes filles dans leurs aventures estivales. Alors, au programme : la mère de Carmen a un amoureux et se comporte comme une gamine, ce qui a le don d'exaspérer sa fille. Tibby, elle, s'est inscrite à un stage de cinéma et tente de reprendre goût à la vie, depuis la disparition de Bailey. Léna a rompu avec Kostos et s'en mord les doigts. Bridget a décidé de rencontrer sa grand-mère maternelle, en Alabama, mais en lui dissimulant sa véritable identité. Elle a aussi abandonné le foot, changé de couleur de cheveux et pris quelques kilos.

La saga, donc, se poursuit, entre rires et larmes (j'ai eu le cœur gros pour Léna et son grand-père !). Les adolescentes apprennent à grandir, à accepter le fait que leurs parents sont aussi des êtres imparfaits, elles se cherchent dans la création artistique, dans le sport ou à travers leurs origines, elles ont soif d'aimer et d'être aimées, même si ce n'est pas facile tous les jours.

En bref, c'est un nouvel été riche en émotions, conforme aux idées et aux rêves que peuvent se faire toutes les jeunes filles de leur âge ! Chacune des histoires, de Tibby, Léna, Bridget et Carmen, est personnelle, attachante et on peut s'y identifier facilement. Pour ça, et pour le plaisir d'évasion qu'elle procure, je continue de porter une affection toute particulière à cette série...

Quatre filles et un jean (livre II), par Ann Brashares
Gallimard jeunesse, 2009 pour la présente édition - traduit par Vanessa Rubio
existe aussi en format poche, dans la collection Pôle Fiction

26 août 2009

Mon enfant de Berlin ~ Anne Wiazemsky

Gallimard, 2009 - 250 pages - 17,50€

J'ai aimé d'amour ce roman, impossible à expliquer pourquoi, comment, c'est arrivé comme ça, un amour immense qui a gonflé, gonflé... Bonheur absolu. 

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Ce livre raconte l'histoire de Claire Mauriac, ambulancière à la Croix-Rouge française durant la 2nde guerre mondiale. Elle a vingt-sept ans, c'est une très belle femme, issue de la classe bourgeoise et catholique, fille de l'illustre écrivain.

Elle a pourtant le souci de faire oublier son pedigree et voudrait qu'on l'apprécie pour elle. Nous sommes en septembre 44 et depuis quelques mois la jeune femme a le blues. Son boulot à la Croix-Rouge lui plaît, elle n'entend plus rentrer à Paris mais ses fiançailles avec Patrice, prisonnier en Allemagne, l'étouffent.

Entre les lettres qu'elle envoie à ses parents et les extraits de son journal intime, se dessine un portrait en finesse d'une jeune femme en plein épanouissement, elle qui était une petite fille gâtée, choyée, dorlottée, se découvre délivrée des convenances depuis sa récente émancipation.

C'est seulement en partant pour Berlin qu'elle prendra la pleine mesure de son envol, lorsqu'elle fera la rencontre du prince russe, Yvan Wiazemsky, réfugié politique et expulsé de son pays depuis la révolution. Wia est un homme charmant, plein d'entrain, extraverti et drôle, il affiche très rapidement son amour pour Claire. Un tel empressement ferait fuir la plus prude des jeunes filles, mais Claire n'est plus cette jouvencelle parisienne, ou juste un peu. Très attachée à sa famille, elle continue d'écrire des lettres nunuches pour s'attacher le consentement de ses parents, qui jugent sévèrement sa récente toquade.

Le temps file, on parle d'amour, mais pas seulement. Car dans la foulée on suit les activités de la fière équipe du 96 Kurfürstendamm (Rolanne, Mistou, Plumette, Olga, Leon de Rosen...). Ils sont jeunes, ils vivent à Berlin les plus belles années de leur vie, les plus intenses. Ils ont le désir fou d'oublier les souffrances de la guerre, d'aider les autres. Rechercher les personnes disparues, les retrouver, les sauver devient un idéal à la hauteur de leurs exigences. D'office, le lecteur les adopte. Il les aime d'une amitié forte et indéfectible.

Et puis il y a cet amour entre Claire et Wia. « Un amour qui nous éblouissait, qui rejaillissait sur nous et qui nous soudait tous ensemble. Quelque chose qui nous rendait incroyablement heureux et solidaires de leur bonheur. ». Cette romance au coeur d'un quotidien plus morose devient la touche qui illumine le texte. Tout ce qui a trait à la guerre et ses conséquences ne s'avère pas barbant ou rédhibitoire. Bien loin de là. C'est un ensemble. Le lecteur se sent immédiatement intégré à l'histoire, et particulièrement à l'équipe du 96 Kurfürstendamm, comme s'il partageait leur routine, leur mission, leurs heures de gloire, de faiblesse. C'est totalement prenant.

Mon enfant de Berlin est une parenthèse enchantée, l'histoire d'un amour fou vécu à un moment incrusté dans le temps, la solidarité d'un groupe et leur amitié soudée dans la communion d'une même vocation - aider les autres, oublier les heures sombres. C'est un très, très beau roman, le cadeau d'une fille pour ses parents, car c'est elle, Anne, l'enfant de Berlin. Livre après livre, elle nous raconte son incroyable destin romanesque, sans déballage impudique, et c'est tout bonnement admirable.
J'aime infiniment.

Ce billet est dédié à Alice.

Nota Bene :

Comme une ombre bienveillante, on retrouve bien évidemment la figure paternelle. Oui, celle de François Mauriac. J'ai notamment aimé cette petite phrase, chuchotée avec tendresse, débordante de complicité : « Je suis content que tu l'épouses, lui saura te rendre heureuse. C'est que tu es difficile, ma petite fille, très difficile... »   

 

 

12 mai 2009

L'origine de la violence ~ Fabrice Humbert

origine_de_la_violenceLe narrateur, professeur de lettres, effectue un voyage scolaire à Buchenwald où son regard est happé par un cliché qui représente un tortionnaire nazi, médecin du camp, avec un individu dont la ressemblance frappante avec son propre père le trouble instantanément. Après quelques recherches, l'homme met à jour un secret de famille.
Et c'est pas à pas que nous suivons son enquête, il n'y a pas d'autre mot pour décrire la construction du roman, c'est minutieux, palpitant et digressif. C'est aussi subtil, intelligent et brillant. L'auteur, ou le narrateur, nous raconte son histoire comme s'il se la racontait à lui-même, pas d'effet de style trop lourd, pas de pathos, juste des faits, des noms, des anecdotes. Il remonte le temps, il recompose des visages, il expose des théories et il se perd dans le dédale de l'Histoire, dans celui des mensonges et des silences également.
Il ne s'agit pas d'un énième roman sur la Shoah, et n'attendez pas non plus que l'on vous révèle la véritable origine de la violence, tout dans ce roman est terriblement personnel. Le narrateur, en fin observateur qui veut trouver des réponses à ses questions, traite de l'origine de tous les maux, et particulièrement de cette violence qui grouille en lui depuis l'enfance, de son intérêt pour la question juive et l'horreur des camps, pourquoi s'est-il senti interpellé par ce chapitre, et comprendre aussi l'idée du Mal absolu, qu'on ressent à l'intérieur de soi, qui vous taraude et ne vous lâche plus, du genre marche ou crève... Plusieurs fois il le répète, il s'intéresse autant aux victimes qu'aux bourreaux. Pourquoi ?
C'est aussi et avant tout l'histoire banale et terrifiante d'un type très beau et ambitieux, qui voulait épouser une femme pour de l'argent, qui en aime une autre parce qu'elle est son double, et qui sera déporté dans un camp à cause de tout ça.
Notre narrateur est l'héritier de cette lourde histoire familiale, « Je suis mon grand-père livré aux bourreaux, je suis mon père frémissant d'une violence suicidaire, je suis l'héritier d'une immense violence qui traverse mes rêves et mes récits. »
Et c'est très difficile de parler d'un tel livre, il est riche en secrets et en révélations, voilà pourquoi il est nécessaire de le lire en toute innocence. C'est un roman époustouflant, qui vous agrippe et ne vous lâche plus avant la fin, et c'est fort, c'est prenant, c'est éblouissant.
Je vous le conseille sans attendre !

Et puis il y a ce petit caillou à ramasser dans sa poche :

« Des hommes et des femmes à prénom et sans prénom, à histoire et sans histoire, des bons et des mauvais, des ni mauvais ni bons, des beaux et des laids, des lucides et des fous (...) Comme nous tous, ils n'ont aucune importance particulière et chacun d'eux, pourtant, est l'âme du monde (...) » 

Le Passage, 2009 - 315 pages - 18€

Fabrice Humbert est également l'auteur de : Biographie d'un inconnu (2008)

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20 mai 2009

Mon beau-père est un agent secret ~ Sophie Laroche

beau_pereLe beau-père d'Olivier est un agent secret. Le garçon l'a en fait deviné en surprenant une conversation téléphonique de sa mère, qui chuchotait des mots comme agent, entretien, mission et secret.
Avec son meilleur ami Rémi, le garçon va mener sa petite enquête. Les premiers constats sont décevants : l'homme paraît bien banal. Il s'appelle Marc, porte des jeans et un tee-shirt, roule en Clio. Son beau-père n'est pas un agent secret comme on en voit au cinéma.
Olivier et Rémi poussent toujours plus loin leur investigation, se prêtent au jeu de la filature, du camouflage et des messages codés. On se croirait dans un vrai film d'espionnage, sauf que la réalité, elle, est moins glamour et plus terre à terre.
Mais ça a le mérite d'être drôle, bien troussé, avec des réflexions qui font sourire, ma fille s'est exclamée de joie en découvrant les remarques du jeune narrateur, sauf à un moment, je cite : « comme on n'est pas des filles, on ne s'est pas attardés plus longtemps dans le sentimental ». Un sursaut féministe précoce, que voulez-vous !?
Un texte fluide, agréable à parcourir, qui se destine pour les 7-9 ans. Avec des illustrations en accord avec le ton comique de l'histoire.

Editions MiC_MaC, coll. Même pas cap' - 2009 - 50 pages - 5,50€
Illustrations par Loïc Méhée

A écouter : James Bataille  ^_^

13 mai 2009

Fascination ~ Stephenie Meyer

Le 1er tome de la saga est disponible en version audio !

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Lu par Maia Baran, une comédienne d'origine russo-polonaise qui vit en Belgique, elle a déjà prêté sa voix au doublage francophone de nombreux films et séries télévisées et d'animation.

Sous format mp3, la durée totale d'écoute est de 12 heures et des poussières, découpée en 34 plages et sur 2 cds.

**********

Faut-il rappeler l'histoire ? ... pour les quelques-uns qui l'ignorent encore.

Bella, 17 ans, arrive au lycée de Forks où elle rencontre Edward Cullen, un garçon très, très beau mais à l'humeur changeante. La jeune fille est naturellement attirée, même si elle devine chez lui un secret qui le rend inaccessible. La passion est si forte, l'histoire d'amour entre Bella et Edward dépasse les interdits, c'est la rencontre de l'agneau et du lion... avec tous les poncifs du genre (Edward ne parle pas, il roucoule !), mais la puissance romanesque est incomparable !

J'ai testé par curiosité, c'est bon d'être cobaye certains jours, car je ne regrette pas l'expérience. C'était pour moi l'occasion de me replonger dans du Stephenie Meyer, de revivre la première rencontre et de suivre les balbutiements d'une relation (adolescente) naissante. J'en ai profité, dans le bain, dans la voiture, en faisant du repassage... et même ma fille de 9 ans, qui connaît le film, n'a pas boudé son plaisir lorsque l'occasion se présentait.

La lecture par cette comédienne Maia Baran est très agréable, elle nous oblige à suivre son rythme (12 heures) contre un marathon à bout de souffle lorsqu'on plonge son nez dans le livre, surtout la première fois ! (suivez mon regard) Et pour le coup, j'ai ressenti du plaisir, beaucoup de plaisir, pas cette folle excitation qui est devenue une véritable obsession l'an dernier, non j'étais heureuse. L'histoire me plaît toujours autant, son effet sur moi est indescriptible entre l'apaisement, l'exaltation, le rêve et l'agacement. Cependant je ne me sens pas enfermée dans une bulle, au contraire... c'est devenu un réconfort, un cocon.

Le tome 2, Tentation, va sortir en Audiolib début juin.

Audiolib / 2009 -- 21€

« Quand la vie vous fait don d'un rêve, qui dépasse toutes vos espérances, il serait déraisonnable de pleurer sur sa fin. »

***

Quelques extraits :

1_FASCINATION.mp3  (le cours de biologie)
FASCINATION_2.mp3  (révélations d'Edward)
FASCINATION_3.mp3
  (discussion entre Bella et Alice)

***

Francesca en parle également

20 mai 2008

Apolline et le chat masqué - Chris Riddell

apolline “Apolline Brun” est une petite fille blonde, qui vit au vingt-quatrième étage de l'immeuble Poivrier (en réalité, cet immeuble s'appelle la tour P.W. Huffledinck, mais il ressemble à un poivrier, du coup, tout le monde le surnomme le Poivrier). Ses parents sont de grands explorateurs, qui parcourent le globe à la recherche de raretés pour peaufiner leurs nombreuses collections. Trop jeune, la demoiselle doit rester à la maison, en compagnie de son fidèle Monsieur Munroe, une petite créature poilue venue de Norvège, qui craint la pluie et déteste se coiffer. Apolline adore patauger dans les flaques, coiffer Monsieur Munroe et résoudre des problèmes compliqués. Et ça tombe bien, car Monsieur Munroe attire l'attention de sa meilleure amie sur une affichette découverte au cours de leur promenade. Des avis de recherche de chiens d'appartement pleuvent dans la presse, très souvent suivis par des constats aberrants de vols à répétition. Cette situation tordue ne peut qu'intriguer notre enquêtrice en herbe. Grâce à la complicité de Monsieur Munroe, ils vont remonter une piste alléchante, concevoir un plan habile, grâce à leur expertise en déguisement,  et révéler le pot aux roses !

 

 

Apolline et le chat masqué est le premier livre d'une série qui devrait plaire à tous les jeunes lecteurs, qui débutent. Le style est un enchantement, c'est drôle, truffé de dessins hyper rigolos, avec des personnages craquants, sur un scénario rondement bien pensé. Le dénouement n'est pas spectaculaire, toutefois on mord avec plaisir dans cette enquête. C'est aussi le portrait d'une petite fille exceptionnelle, qui vit seule dans un grand appartement. Elle reçoit des cartes postales de ses parents, nourrit une passion étonnante pour les chaussures orphelines et accueille très régulièrement une armée de services à domicile pour subvenir à tous ses besoins. Et puis, Apolline n'est pas seule puisque son compagnon Monsieur Munroe est le plus loyal des amis, peu bavard mais toujours à l'affût des bons tuyaux.

 

L'univers de Chris Riddell est atypique, surfant sur une ambiance surannée avec des illustrations en noir & blanc, dans un décor chic, british et joliment désuet. Il y a énormément d'espièglerie dans ses dessins, des détails microscopiques qui ne peuvent que vous faire sourire. J'ai été totalement charmée par ce livre qui a déjà un look à lui tout seul (couverture cartonnée, reliure dorée). Comment résister ?

Editions Milan, 2008 - 175 pages - 11€

Traduit de l'anglais par Amélie Sarn. Titre vo : Ottoline and the yellow cat.

NB : Pourrait-on m'expliquer pourquoi l'anglaise Ottoline a été rebaptisée en Apolline sur notre sol français ? ! C'est tout de même dommage, je trouve...

A été lu (en anglais) par Gaelle la libraire

17 juillet 2021

Origines (Rebecca Kean #6), de Cassandra O'Donnell

OriginesMoi qui voulais avancer dans la série par petites bouchées, j'ai finalement dévoré ce sixième tome dans la foulée ! Tsss. C'était trop tentant.

Mais l'univers de Rebecca Kean est tellement accrocheur. Et même si les événements surviennent rapidement ou bousculent nos idéaux, on en redemande. Là, j'avoue, les prétendants de notre Asayim m'ont terriblement manqué. Bruce, reviens ! Ali, comment est-ce possible ! ? C'est bien ce que je crois, Raphaël ? !!! Enfin, la valse des sentiments est étourdissante.

Par contre, les héroïnes de la série explosent. Les Vikaris sont extraordinaires. Beth me touche en plein cœur. Et Leonora n'en peut plus de prendre le pouvoir. Comme elle, je refuse de renoncer à William. Ariel, c'est noooon ! Ouhlala.

Enfin, voilà. C'est déjà terminé. Ô frustration. Ce roman était dramatiquement trop court - et je me retiens pour lire le prochain. Sauf que j'en veux encore. 😚

©2017 Les éditions J'ai lu (P)2017 Audible Studios

  • Lu par : Caroline Klaus
  • Série : Rebecca Kean, Volume 6
  • Durée : 8 h 11
  • Une bande d'illuminés et de créatures magiques fanatiques ont discrètement envahi mon territoire, ma meilleure amie est tombée enceinte (on ne sait comment) de son amant muteur, ma fille est en train de se transformer en "ange de la mort" et je m'apprête à entamer l'un des voyages les plus terrifiants de ma vie... pas de doute : cette fois, j'ai vraiment besoin de vacances.
  • Performance audio au top. Merci Caroline Klaus.

⭐⭐⭐⭐⭐

19 mai 2014

Promise, par Ally Condie

en poche ! 

Promise

Cassia avait tout pour être heureuse : à dix-sept ans, sa cérémonie de Couplage est un vrai succès, son Promis n'est autre que son ami d'enfance Xander et ses résultats aux exercices de classement la destinent à une grande carrière. Le bonheur à l'état pur pour cette promesse de petite vie parfaite.

Mais tout se complique lorsque le visage d'un autre garçon apparaît sur sa microcarte, suivi du décès programmé de son grand-père et la découverte de deux poèmes interdits glissés dans son poudrier. Un monde nouveau s'offre à elle et Cassia n'est plus sûre de vouloir suivre le droit chemin. 

“Promise” est le premier tome d'une série qui s'inscrit moins dans l'action que dans l'exploration subtile, délicate et profonde des sentiments et émotions. L'histoire peut déconcerter, tant son rythme est nonchalant, mais elle saura conquérir un lectorat davantage amateur de réflexion ou de contemplation. En effet, ici il n'y a aucune mise en scène spectaculaire, mais un univers dystopique fouillé et intéressant, une intrigue brodée avec finesse et une héroïne presque ordinaire, qui part en quête de vérité...

La conduite générale est posée, sans exubérance, avec le minimum de scènes d'action pour secouer les foules et remettre les pendules à l'heure. Cela préfigure une histoire qui ne demandera qu'à s'épanouir en douceur. 

Gallimard jeunesse, coll. Pôle Fiction, mai 2014 ♦ traduit par Vanessa Rubio-Barreau

19 mai 2022

Witch Games : Liaison interdite, de Shana Lyès

Espoirs déçus avec cette nouvelle romance paranormale (qui devait hélas relancer le genre chez Harlequin.) 

Witch GamesHannah appartient à une longue lignée de sorcières et, selon la coutume, doit renoncer à tomber amoureuse - mais pas à devenir nonne non plus. En effet, la jeune femme aime batifoler et collectionne les aventures d'un soir selon un subterfuge bien rodé. Ni vu ni connu, elle glisse un filtre d'amnésie dans les boissons de ses prétendants et efface ainsi leurs souvenirs après avoir passé du bon temps ensemble. Après quoi, chacun peut pousuivre son chemin sans la moindre culpabilité. Joie et plaisir pour tous.

Du moins, c'était le cas jusqu'à sa rencontre avec Lionel. Son Bon Samaritain qu'elle ne cesse de croiser partout. Depuis qu'elle a posé les yeux sur lui, elle est incapable d'activer le mode reset. Entre eux, l'attraction est purement physique. Mais une autre connexion prend forme. Et elle a beau dire, elle a beau faire, ce bel inconnu est plus tenace qu'on ne le pense.

Ça semble mignon et très tentant ?

Malheureusement leur idylle va sonner trop artificielle à mon goût. La sensualité, les dialogues... c'est plat ! Et le manque d'action, surtout dans la première partie, qui est longue à se mettre en place, renvoie la sensation d'une romance rapide et qui manque de tension. Dommage. Je n'ai pas accroché aux personnages non plus - ils sont sympas mais ordinaires. Et le prénom Lionel, je ne peux pas. #sorry

Shana Lyès étant astrologue, les allusions ne manquent pas concernant les symboles, les signes, les interprétations... L'histoire n'en a peut-être guère l'utilité. Ou quand on n'en a cure, comme moi, c'est inintéressant au possible. Bref. Petit bilan mitigé. En fait, j'ai davantage le sentiment d'avoir lu un exercice appliqué mais sans fantasie. Peu d'originalité. La plume est charmante, mais la lecture reste ennuyeuse. 

Ceci reste évidemment mon avis personnel. 😞

Harlequin - coll. &H - 2022

⭐⭐⭐

31 juillet 2019

Le Moulin du Loup, de Marie-Bernadette Dupuy

LE MOULIN DU LOUPÔ agréable surprise ! J'ai quasiment bu d'une traite les 680 pages du roman ! Un exploit.
En fait c'est super facile et très entraînant à lire. On monte à bord du train en toute bonhomie et on ne le quitte plus avant le terminus. Préparez-vous cependant à une histoire sentimentale mais que voulez-vous... j'ai perdu tout sens commun et n'ai pas boudé mon plaisir.
L'histoire se passant dans la région d'Angoulême a également interpellé la vacancière que je suis car j'aime beaucoup le cadre verdoyant et campagnard. Bref. Chez la famille Roy dont le père, maître papetier, a quelques difficultés pour honorer ses dettes, l'heure est grave.
L'homme a accepté de marier sa fille Claire au fils Giraud non sans savoir que Frédéric traîne une réputation de brute débauchée. Celui-ci jure pourtant de se ranger pour les beaux yeux de Claire... n'imaginant pas qu'elle vient de succomber au charme d'un bagnard en fuite et qu'elle est prête à tout pour le sortir des griffes de la police.
La lecture va ainsi enchaîner les heurts et bonheurs de cette famille et de leurs proches à travers des alliances, des trahisons, des mariages, des naissances, des morts et tout ça. On absorbe ainsi une grande quantité de scènes crémeuses et parfois trop mielleuses. J'étais néanmoins scotchée et impatiente d'avancer car la lecture est honteusement addictive.
Mais la Claire du début - la jeune fille intrépide et désinvolte - devient une créature plus sombre et amère au fil des chapitres. La morosité et le mélodrame s'abattent sur son existence. Elle semble se résigner trop facilement et devient l'ombre d'elle-même. Quelques 100 pages avant la fin, on ne vibre plus du tout à ses aventures ou disons qu'on aimerait bien une sérieuse reprise en main pour soutenir à nouveau ses combats.
Affaire à suivre dans Le Chemin des Falaises.

Saga familiale, amours impossibles et secrets de famille : en Charente, les aventures semées d'embûches d'une jeune fille rebelle et d'un bagnard, à la fin du XIXe siècle. 

©2015 Presses de la cité (P)2016 Sixtrid

Le Moulin du loup sixtrid

 

13 mai 2014

Teaser Tuesday #57

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Tout adolescent se demande en quoi consiste le passage à l'âge adulte. Le corps se transforme, des émotions intenses nous traversent et l'on se pose d'innombrables questions que l'on garde souvent pour soi...  

Voici donc un livre sans tabou, sans complexe et sans interdit, qui répondra à toutes les interrogations, à l'aide de photographies et autres montages fleuris ou sucrés, très rigolos, et qui bazarde vos dernières inhibitions en un éclat de génie (le coup des carottes rangées par taille ou les petites cuillères au jus de cerise). On sourit devant tant de transparence et de spontanéité.

Ce bouquin est génial, pour les ados et jeunes adultes. Même les parents y trouveront leur compte, si une larmichette d'angoisse se pointe sur leur front à l'approche des premières questions qui chatouillent. Au sommaire : transpiration, odeurs, premiers poils et jolis rêves, tout ce que les hormones peuvent provoquer, tout sur les symptômes amoureux, le baiser, le sexe, pourquoi se protéger, comment on tombe enceinte, à partir de quand ça peut arriver, etc. etc.

C'est une lecture au ton moderne, résolument libre et sans contrainte, qui embrasse des sujets multiples et inavouables, sur un ton débordant de peps, d'humour et avec beaucoup de respect. INDISPENSABLE si on a des enfants qui grandissent trop vite à la maison ! ☺

Est-ce que ça arrive à tout le monde ? par Antje Helms et  Jan von Holleben, traduit par Roland Funtès (Syros, avril 2014)

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14 novembre 2013

Dans les bois, par Harlan Coben

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Paul Copeland est un homme brisé par la vie. Veuf, il élève seul sa petite fille. Il s'est démené dans sa carrière et a été promu procureur du comté de l'Essex. Brillant, ambitieux et charismatique, il cache ses blessures et n'évoque jamais le drame de son adolescence, alors qu'il était en colonie de vacances, quatre jeunes gens ont disparu dans les bois, parmi eux il y avait sa sœur Camille.

Et voilà que vingt ans plus tard, il est appelé pour identifier un corps et reconnaît le petit copain de sa sœur ! Il croit alors à l'impossible, relance l'enquête, traque le moindre indice, retrouve son premier grand amour et va dénicher de vieux secrets de famille dont il n'avait pas idée. C'est même là tout le drame ! A côté de ça, il doit garder la tête froide pour son procès, l'affaire est ardue, la défense a la rage au ventre et use de tous les moyens pour l'intimider.

Pour mon premier Harlan Coben, j'ai voulu miser sur un titre qui ne s'inscrit dans aucun cycle en particulier (pas de Myron Bolitar à l'horizon, par exemple). Ma foi, je n'ai pas été déçue du voyage : la lecture a été rapide, prenante, angoissante, bien menée et bien rendue. La fin, peut-être, prête à confusion mais c'est en lisant Sans un mot que vous obtiendrez les réponses qui évacueront tout malentendu ! Un roman au suspense efficace, qui tient ses promesses.

A noter : Pierre-Marie Escourrou interprète le rôle du gendarme Pierre Roussillon dans la série Une femme d'honneur sur TF1.

Audiolib, mars 2008, texte lu par Pierre-Marie Escourrou, traduit par Roxane Azimi pour les éditions Belfond

8 septembre 2021

La charmante librairie des flots tranquilles, de Jenny Colgan

J'avoue, cette nouvelle histoire de Jenny Colgan m'a inspirée quelque déception. La tournure des événements m'a semblé plus lourde et surtout les personnages ont été moins attachants que dans La charmante librairie des jours heureux.

La charmante librairie des flots tranquilles

Dans ce roman, nous retournons donc en Écosse où l'héroïne précédente (Nina) avait élu domicile en trouvant l'amour et un boulot formidable. Mais des soucis de santé la contraignent à lever le pied. Elle doit donc embaucher Zoe de Londres pour assurer sa tournée sur les routes de campagne.

Cette nouvelle héroïne est au bout du rouleau. Maman célibataire et sans le sou, elle vient de trouver un poste de nounou dans ce trou paumé de Kirrinfief. Elle débarque dans une grande demeure respectable où vivent des enfants turbulents avec leur père (Ramsay, très grand et très peu présent). La maman semble avoir disparu des radars car nul n'a le droit de l'évoquer. 

D'où un tableau brinquebalant car la famille Urquart est plus désespérée que polissonne.

Zoe va ainsi mettre un peu d'ordre dans ce foyer qui refuse d'être cadré (pas d'école, pas de repas potable, pas de vêtements à la bonne taille). Elle va en baver mais elle n'a pas d'autre choix que de rester. En particulier pour son fils, Hari (qui ne parle pas). Après tout, Zoe sent que ce changement d'air ne peut que leur être bénéfique.

Vous l'avez compris : ce roman n'est pas une suite mais un livre-compagnon. On croise quelques-uns des personnages de La charmante librairie des jours heureux (Zoe est l'ex-copine du frère de la coloc de Nina). On passe vite fait par Kirrinfief. Et puis c'est tout.

En fait, on s'enterre principalement dans la grande demeure des Urquart (figée dans le temps, avec ses pièces verrouillées ou ses tonnes de bouquins interdits d'accès). On va donc dépatouiller leurs conflits familiaux, nombreux et pas anodins (dépression, déni de parentalité, harcèlement, scarification, mutisme) etc.

Que de problèmes ! On sent que l'histoire sera plus poignante et dramatique. Au détriment de l’ambiance écossaise dont le folklore et les autochtones sont plus en retrait. Là, vous sentez ma frustration. J'avais adoré les décors et les gens dans La charmante librairie des jours heureux.

Cette nouvelle lecture est donc moins légère et tellement peu crédible. Vous dire que Super Nounou retrousse ses manches pour relever TOUS les défis ? Ça me fait lever les yeux au ciel mais passons.

Pour le coup, le format audio n'a pas aidé car la voix de la comédienne est larmoyante et s'engouffre dans un tunnel d'émotions gnangnan. Qu'est-ce que j'ai pu soupirer. Franchement, ce titre est moins bon que La charmante librairie des jours heureux.

Enfin, pour moi, il n'y a pas assez d'Écosse ou de Kirrinfief, trop de drames hélas ! 

©2021 Prisma Media (P)2021 Audible Studios

⭐⭐⭐

7 juin 2021

Le feu des forges, de Penny Watson-Webb

Le feu des forgesSuite à une invasion viking, le village de Jodelle tombe entre les mains des hommes de Rollon. Veuve et enceinte, Jodelle n'a pas d'autre choix que d'épouser un barbare qui réclame aussi sa forge et ses enfants. Elle a beau maudire cet inconnu, elle est prête à tout pour protéger son fils à naître.

De son côté, Rurik est un spécimen à part. Par son physique, viril et conquérant, il dicte sans sourciller sa façon de penser et prouve sa détermination à obtenir ce qu'il veut. Par contre, il ne cherche pas à brusquer la jeune femme et comprend qu'il doit lui donner du temps pour s'adapter à la situation. 

Lui aussi est un homme marqué par la vie (son passé est hanté par des blessures), mais cette forgeronne au caractère volcanique a su le séduire dès le premier regard. Ceci dit, n'attendez aucune niaiserie de leur part. Le couple se lance dans une relation tumultueuse, même si elle est mûrement réfléchie. Disons qu'ils ont le sens du sacrifice mais qu'ils se chamaillent aussi pour l'honneur.

En tout cas, l'histoire est palpitante, écrite avec justesse et douceur. La romance est ancrée dans une vie de village qui se révèle très active. Les vikings prennent leurs quartiers, se mettent en couple (sans violence) et composent avec les deux cultures. On assiste ainsi à une cohabitation houleuse, car les opposants n'abdiquent jamais, mais elle s'avère également très instructive.

Du moins, c'est ce que j'ai ressenti à la lecture de ce roman. Car j'ai été agréablement surprise par l'histoire, les personnages, le contexte et les détails. C'est en effet un roman attachant, riche en rebondissements et loin des clichés des romances historiques. L'ensemble peut parfois manquer de chair ou de folie, en comparaison des séries du genre Vikings ou The Last Kingdom par exemple, mais ça reste très distrayant à lire. Je suis même ravie de la découverte !

Harlequin coll. Victoria, 2021

⭐⭐⭐⭐

22 novembre 2019

Fugitive parce que reine, de Violaine Huisman

G02701Quel beau roman... qui m'a d'ailleurs fait penser aux films de Diane Kurys et au roman de Gwendoline Hamon, Les dieux sont vaches. Des univers profonds, qui puisent dans l'intimité et l'authenticité, tout en titillant notre corde sensible. Ça peut effrayer, lasser, exaspérer - moi, ça m'a bien plu.

Dans ce roman, Violaine Huisman évoque sa maman, Catherine, une femme très belle et farouche, qui se voulait libre d'aimer sans la moindre attache. Par contre, c'était aussi une femme fragile, exigeante envers les hommes et tyrannique avec ses filles. Elle buvait trop, fumait comme un pompier, était malade, n'avait aucune convenance sociale. Honteuse de ses origines modestes et de son manque d'éducation, elle avait mis l'accent sur son charme, sa sensualité, son aura. Toute sa vie, Catherine a ainsi tracé son chemin sans tergiverser, se donnant sans retenue mais griffant comme une tigresse à la moins incartade.

Ce portrait de femme est raconté à travers les yeux de sa fille qui déballe son enfance tumultueuse, ses chagrins, ses frustrations, ses lacunes, ses désirs... avec toujours son besoin désespéré d'attirer l'attention de celle-ci, de crier son amour et d'en recevoir autant. C'est assez violent et sans concession (d'où l'étalage de sexe et d'obscénités... pas top !). Mis à part ce détail, le roman est envoûtant et touche au cœur de la cible (quand tu es en plein chaos affectif ou quand tu lis tout ce qui touche à la famille ou avec des mères sur la corde raide). C'est tout bon !

©2018 Éditions Gallimard (P)2019 Éditions Gallimard

Ce premier roman raconte l'amour inconditionnel liant une mère à ses filles, malgré ses fêlures et sa défaillance. Mais l'écriture poétique et sulfureuse de Violaine Huisman porte aussi la voix déchirante d'une femme, une femme avant tout, qui n'a jamais cessé d'affirmer son droit à une vie rêvée, à la liberté.

Violaine Huisman met en voix ses propres mots et livre une déclaration d'amour bouleversante. Une lecture d'une rare intensité. Note de moi-même : excellente perfomance ! Car il est rare qu'un auteur soit aussi bon lecteur... hé oui.

Disponible en collection Folio (n° 6631)

  G02630

PRIX LITTÉRAIRE DE L'ENS CACHAN 2019

PRIX FRANÇOISE-SAGAN 2018

PRIX MARIE CLAIRE DU ROMAN FÉMININ 2018

 

 

 

 

 

 

20 octobre 2012

“Verity, you have a choice. We eat, we talk, we pass the evening with an attempt at civility. Or we f***. It’s up to you.”

amourfouLa divine Soraya, la plus célèbre courtisane du pays, décide de prendre sa retraite sans en avertir ses admirateurs. Son dernier protecteur, le duc de Kylemore, son amant durant un an, avait choisi de lui demander sa main pour provoquer son insupportable mère. Hélas pour lui, il découvre une maison vide. La belle s'est fait la malle et lui voit rouge.

Il décide de retourner le pays pour la retrouver. C'est dans un petit village au bord de mer qu'il tombe nez à nez avec Verity Ashton, parée d'une robe noire guindée et d'un chignon strict. Elle est froide, distante, ne lui doit rien et le lui rappelle. Alors il l'enlève sur le champ et l'enferme dans sa maison au fin fond de l'Ecosse.

La jeune femme entre en résistance, elle veut se racheter une vertu, lui est trop blessé pour la comprendre, il agit comme un gamin frustré d'avoir été privé de son jouet préféré, il est bête, borné et brutal. Ses intentions sont claires : il veut la briser, bafouer sa fierté, salir son âme. Il va s'y employer avec des gestes rudes, pour ne pas dire choquants et révoltants.

Car ce roman m'a sérieusement posé un cas de conscience. Pour la première fois, une liaison tumultueuse m'est apparue malsaine, ce n'est plus de la passion animale, ni un coup de folie, ça ne ressemble pas du tout à de l'amour, c'est dérangeant. Il y a trop de scènes violentes, avec des actes forcés et de la brutalité (le premier rapport, entre eux, après leurs retrouvailles, a été pour moi le plus abominable !).

A cause de tout ça, je n'ai pas aimé le duc, son attitude est exagérée et inexcusable. Je n'ai pas compris non plus comment les sentiments de Verity avaient pu s'éclairer aussi soudainement. Que de frustration, que d'amertume. J'avais bien aimé le début, pourtant.

L'amour fou, par Anna Campbell
J'ai Lu, coll. Aventures & Passions, éd. 2010 - traduit par Viviane Ascain

23 janvier 2017

Lock & Mori, de Heather W. Petty

Lock moriToujours dans ma monomanie holmesienne, j'ai opté pour le roman suivant - Lock & Mori, qui propose une nouvelle interprétation du couple fatal de Sherlock et Moriarty.
Direction l'Angleterre du XXIe siècle. Lock et Mori sont tous deux lycéens, lui est un excentrique passionné de chimie, qui s'enferme dans un laboratoire sous le théâtre de l'école pour se livrer à des expériences improbables, et elle... oui ELLE, porte le nom de James “Mori” Moriarty et affiche une morgue pour mieux se protéger car la jeune fille vit un drame personnel dont elle a honte. La rencontre entre ces deux-là n'est malheureusement pas explosive, mais leur relation ne va pas se tisser sans heurt ni passion. Tout commence par un défi, lancé par Lock à Mori : démasquer ensemble le tueur en série qui sévit dans les rues de Londres. Même si la compétition fait rage, leur enquête ne doit pas étouffer les indices trouvés et faire état de toutes les observations glanées en chemin. Seulement, Mori va déroger aux règles établies et ne pas partager certains secrets et autres doutes qui vont rapidement poindre. Or, si elle ose en parler, c'est toute sa vie qu'elle met en péril. 
D'abord déçue par la couverture du livre, j'ai ensuite été chagrinée par son contenu : pas de vrai suspense, des personnages sans relief, manque d'alchimie et une propension au  mélodrame un poil trop présente. Cette mise en scène contemporaine des personnages mythiques de Sherlock Holmes et Moriarty n'est finalement pas à la hauteur des attentes, l'auteur focalise l'attention sur les tourments de l'adolescente qui vit dans un foyer plongé dans le cauchemar depuis la mort de la mère. Son père, pourtant inspecteur de police, a sombré dans l'alcool, la dépression et la violence... mais nul n'en a conscience car Mori prend garde à préserver ses frères. Elle encaisse les coups et les humiliations en serrant les dents, d'où son attitude fuyante avec Lock, alors qu'il l'attire beaucoup. Mais leur relation est très en-dessous de son potentiel, c'est plat, sans sucre, sans miel, sans sel, sans piment. Complètement fade. Sans compter qu'on voit tout venir à des kilomètres à la ronde, il n'y a aucune surprise, que ce soit dans l'intrigue policière ou dans l'évolution de leur histoire amoureuse. C'est fichtrement banal et languissant. Suis très déçue. On a là une lecture insipide malgré une initiative savoureuse en imaginant Sherlock Holmes et Moriarty hors de leur contexte habituel. Le flop total.

Traduit par Luc Rigoureau pour les éditions Hachette - Octobre 2016

 

Original Title : Lock & Mori

 

5 septembre 2018

Lumière noire (D. D. Warren 8), de Lisa Gardner

Lumière noireUne jeune femme entre dans un bar et commence à boire plusieurs verres en séduisant les hommes de passage. Grisée par l'alcool, elle accepte de suivre un inconnu mais tombe dans un traquenard... dont elle échappe en brûlant le corps de son kidnappeur. La police réalise alors qu'elle fait face à Flora Dane - une survivante ayant passé 472 jours de séquestration auprès de son tortionnaire. Depuis, celle-ci suit une thérapie et traque les prédateurs en faisant sa propre justice. Le commandant D.D. Warren est perplexe et rencontre le docteur Samuel Keynes, victimologue de son état, pour cerner sa personnalité. Peu de temps après, la mère de Flora avertit la police que sa fille a de nouveau disparu. Son appartement est pourtant verrouillé, mais nulle trace de la jeune femme. Le suspense monte d'un cran et l'enquête s'intensifie. Même si elle est en restriction d'activité en raison de sa blessure (cf. À même la peau), D.D. Warren est dopée à l'action et ne se résout pas à demeurer dans son bureau, encore moins à déléguer. Et pendant que l'enquêtrice se débat avec ses soucis, le lecteur est dans la confidence du calvaire que vit Flora Dane... et pire encore, on replonge dans son passé pour découvrir sa relation ambivalente sous l'emprise de son agresseur. Tout ça est très, très perturbant. Non seulement on avance dans l'histoire avec la chair de poule, mais on est assailli par le doute, l'horreur et l'angoisse. Je n'ai pas suivi la série donc je découvre au pif un épisode avec une héroïne récurrente, pas facile pour se familiariser, mais cela reste une bonne pioche et une invitation à fouiller davantage dans les romans de Lisa Gardner. C'est noir, c'est prenant (un peu facile dans la dernière ligne droite) mais ça tient en haleine de bout en bout.

©2016 / 2018 Lisa Gardner, Inc. / Éditions Albin Michel. Traduit par Cécile Deniard (P)2018 Audiolib

 

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