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Chez Clarabel
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20 janvier 2020

Dernier été pour Lisa, de Valentin Musso

Dernier été pour Lisa

Il y a un parfum de Harry Quebert dans cette histoire : au cours de l'été précédant son entrée à l'université, Lisa est assassinée sur la plage. Son petit copain Ethan est accusé du crime, son meilleur ami Nick est sidéré.
Des années plus tard, Nick est devenu un écrivain à succès et retourne dans sa ville natale pour les obsèques de son père. Il apprend également la libération de Ethan et rencontre un détective privé convaincu de son innocence. Il voudrait inciter Nick à revoir les faits et étudier plus longuement la potentielle rédemption de son ami d'enfance.
Cette position va rapidement le mettre mal à l'aise. Au fil de ses retrouvailles avec le passé, Nick est chamboulé par ses découvertes. L'intrigue prend d'ailleurs des tours et des détours assez déconcertants - sans trop surenchérir dans les rebondissements à outrance - et se boucle sur une note pleine d'amertume.
En fait, ce roman se lit facilement car il est habilement ficelé. Par contre il distille une note de tristesse, de regret et de remords qui laisse un sensation de peine indélébile. Plus j'y songe et plus je me demande si j'ai réellement apprécié ce dénouement... Et le style pompeux (« dans l'ébène de la nuit » ... par exemple) m'a de temps en temps fait lever les yeux au ciel.
Somme toute, la lecture a honoré correctement son contrat : intriguer et divertir. Bon point, donc.

©2018 Éditions du Seuil (P)2018 Sixtrid

Avec ce nouveau thriller d'une redoutable efficacité, Valentin Musso nous entraîne au cœur d'une petite ville américaine en apparence sans histoires, et qui cache bien ses secrets.

Texte lu par Marc-Henri avec toujours autant de dextérité et de confort à l'écoute ! Un très bon moment.

 

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19 septembre 2019

Pêle-mêle : Quatre pattes - Un drôle de truc pas drôle - Laissez-moi tranquille...

quatre pattes

Après le magnifique Tout doux, dans lequel Gaëtan Dorémus exprimait déjà sa tendresse et sa poésie en donnant naissance à son ourson, on retrouve notre cher ami dans son apprentissage de la vie à quatre pattes... Marcher sur le goudron, danser sur les petits cailloux, sentir le chatouillis de l'herbe, patauger dans la boue, grimper et explorer le monde.

Cette histoire donne la sensation de partir loin dans une aventure inconnue et parfois dangereuse. Attendez de voir cette ascension vertigineuse, ce froid aux pattes, cette ivresse soudaine qui vous cloue sur place ! On vit auprès de l'ourson les mêmes émotions et à travers son regard innocent... d'où la chute rigolote et pleine de sourire.

Encore une fois, cet album est remarquable par ses couleurs, son atmosphère mystérieuse et son suspense qui donne des frissons. C'est beau, en plus d'être fascinant. Ça se lit avec des yeux ronds comme des billes - la découverte du monde à hauteur d'ourson est juste une prodigieuse plongée, riche en enseignements. Magnifique.

Quatre pattes, par Gaëtan Dorémus

rouergue, 2019

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un drole de truc pas drole

Rien ne va plus pour notre jeune héroïne : un drôle de truc pas drôle ne cesse de la poursuivre. Cela ressemble à une pelote noire, embrouillée, indéfinissable. Par contre, elle ne cesse de la coller et refuse de s'en aller.

Mais comment expliquer à maman ce drôle de truc pas drôle ? Simplement que c'est gênant, que c'est là, présent, encombrant. Qu'on a beau lui faire peur, chasser ce truc, menacer, crier, l'enfermer à double tour... il refuse de lâcher prise. Reste alors à mieux cerner ce truc, à comprendre son pourquoi et son comment, à regarder autour de soi, à réaliser que c'est partout, que tout le monde porte ce drôle de truc et que la terre continue de tourner.

Bravo à cet album qui met en scène les états d'âme - ces émotions si complexes qui nous saisissent par surprise et nous laissent souvent à plat - cet album a su les exprimer avec justesse, dans un grand festival de couleurs et au cœur d'un graphisme ordinaire et néanmoins intimiste. On suit la réflexion méthodique de la jeune fille, ses doutes, ses colères, ses bonnes idées pour vivre avec son drôle de truc. On applaudit bien fort ce tour de passe-passe... très habile et astucieux. 

Un drôle de truc pas drôle, par Giulia Sagramola

rouergue, 2019

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Laissez moi tranquille

Parfois Leyla en a assez de vivre au sein d'une tribu nombreuse et bruyante, qui colle et qui donne des bisous tout le temps. Parfois Leyla a envie de calme et de tranquillité. Un jour, elle décide donc de s'éloigner du clan et de partir à l'aventure.

Une aventure non moins périlleuse et pleine d'inconnues ! Car Leyla se blesse au pied - ouille - puis croise un lézard indolent et peu bavard. En écoutant ses plaintes, il lui confie pourtant une astuce - faire silence et fermer les yeux, se dorer la pilule au soleil et réfléchir au sens de la vie.

Miracle, cette formule donne à Leyla le goût de retrouver sa famille et de raconter sa folle épopée. Tous sont en admiration - quel courage, vraiment - et tous répondent en chœur pour cajoler cette héroïne intelligente et déterminée !

On aime beaucoup cet album plein d'humour et de tendresse, aux illustrations douces et réconfortantes. Galia Bernstein a déjà illustré La grande famille (drôle et génial également).

Laissez-moi tranquille... par Galia Bernstein

Album Nathan, 2019

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31 juillet 2019

Les filles d'Ennismore, de Patricia Falvey

LES FILLES D'ENNISMOREBof bof bof ... quoi !
Tout d'abord je n'ai pas du tout accroché aux personnages - mention spéciale à cette chère Rosie qui ne se remet JAMAIS en question et qui renvoie toujours la faute sur les autres.

Fille de fermiers, Rosie va recevoir une proposition inespérée en suivant des leçons au domaine Ennismore, auprès de la jeune lady Victoria, sur l'invitation des propriétaires. Les fillettes envisageraient d'être amies *n'ai rien vu de tel* mais ne perçoivent pas encore les difficultés à venir. Car Rosie va grandir en reniant ses origines mais avec la conscience de ne pas être à sa place parmi la noblesse non plus. Ce sentiment va lourdement handicaper son parcours et ses choix car la vie va la conduire à ravaler sa fierté et la contraindre à faire des choix dégradants.
Sauf que Rosie va pointer du doigt la famille Bell, à commencer par son ancienne camarade Victoria qui fait son entrée dans le monde et lui propose maladroitement de devenir sa femme de chambre *huhuhu* ainsi que Valentin qui lui a fait miroiter des rêves d'amour !

Je ressors donc de cette lecture avec un sentiment de tromperie car lecture injustement comparée à Downton Abbey pour un contenu assez pauvre et très artificiel. J'ai quasiment passé mon temps à me demander ce que les avis élogieux trouvaient au roman... Rien ne colle. Les événements qui s'enchaînent ne sont pas crédibles. Tout est survolé ou bidouillé de façon absurde. Coïncidences improbables, rebondissements attendus. J'ai beaucoup, beaucoup soupiré.

Amitié, jalousie, lutte des classes, émancipation féminine, drame amoureux... À l'aube du XXe siècle, au cœur d'une Irlande en ébullition, une saga inoubliable dans la droite ligne de Downton Abbey.  *description éditeur*

©2019 Belfond. Traduit de l'anglais (Irlande) par Julia Taylor (P)2019 Audible Studios

 

 

11 juillet 2019

Le lilas ne refleurit qu'après un hiver rigoureux, de Martha Hall Kelly

Septembre 1939 : les hordes nazies déferlent sur la Pologne. Un hiver rigoureux s'installe en Europe. Commence aussi le début de l'horreur pour les tristement célèbres « Lapins » de Ravensbrück. 

Le lilas ne refleurit qu'après un hiver rigoureux

On croise dans ce roman trois portraits de femmes très distincts : Caroline, vivant confortablement à New York, travaille pour un fonds de soutien aux réfugiés et tombe amoureuse d'un acteur français (bientôt envoyé à Drancy) ; Kasia, une jeune polonaise idéaliste, s'embarque dans la résistance mais sera arrêtée devant le cinéma en compagnie de ses proches ; et enfin Herta, une fière allemande, très ambitieuse, ne supportant plus d'avoir étudié la médecine sans obtenir la reconnaissance de ses pairs, accepte un poste dans un camp de rééducation pour femmes.

Même si j'ai trouvé la lecture globalement entraînante, je dois reconnaître que l'ensemble est parfois trop lisse et mielleux. Les démêlés sentimentaux de Caroline n'apportent pas grand-chose. Sa vision de l'héroïsme est vécue à travers son amour aveugle (et interdit). Les témoignages de Kasia et Herta sont davantage plus éloquents. À partir de la page 400, de toute façon, l'histoire devient plus diluée et moins originale. Ce n'est plus aussi accrocheur, sauf peut-être l'affrontement entre la victime et son bourreau. Sinon on a vite fait le tour.

Cela reste une bonne lecture sur un sujet trop triste mais qui manque parfois de caractère.

Pocket (2019) - Traduit par Géraldine d'Amico

La voix de Caroline Breton incarne sobriété, justesse et émotion sans débordement. C'est très bon.

le lilas martha hall kelly

©2018 Leduc.s. Traduit de l'anglais par Géraldine d'Amico (P)2018 Audible Studios

 

 

2 juillet 2019

221b Baker Street, par Graham Moore

221b Baker StreetCet habile roman à suspense mêle deux enquêtes à près d'un siècle d'écart. Mais les spectres qu'on y croise n'en sont pas moins imposants.

En 1893, Conan Doyle décide de tuer sciemment son personnage fétiche mais rencontre une grogne populaire sans précédent... sa jalousie et sa haine envers Sherlock Holmes ne font que se renforcer. L'ironie voudra qu'il va finalement jouer au détective avec son ami Bram Stoker et ainsi se rapprocher du héros honni. 
Janvier 2010. Un membre d'une société holmésienne annonce crânement avoir enfin mis la main sur le journal perdu de l'écrivain. Mais on retrouve le type assassiné dans sa chambre d'hôtel... étranglé par le lacet de sa chaussure. Pour Harold White, la dernière recrue des Baker Street Irregulars, commence aussi une enquête palpitante en compagnie d'une charmante journaliste.

Quelle lecture fort sympathique et étonnante ! On ne nous demande pas de connaître par cœur tout Sherlock Holmes ou Conan Doyle pour savourer toutes les subtilités de l'intrigue. On se dit juste que c'est comme un roman policier entre deux époques (contemporaine et victorienne) avec des personnages passionnants. Il y a du vrai et du faux dans l'histoire - les notes finales viendront mettre leur grain de sel - pour le reste, ça se découvre, ça se discute, ça soulève des interrogations, ça fuse et ça use. Tout ça pour dire que le rythme, l'ambiance et l'histoire tiennent la dragée haute. Et c'est pas mal du tout.

J'ai aimé ce personnage d'un Conan Doyle qui bouillonne contre sa création et qui réalise aussi n'avoir rien compris à son influence dans les foyers populaires. J'ai aimé plonger dans les rues de Londres pour faire semblant de vivre une enquête à la Sherlock. J'ai aimé enfin le passage au présent, toujours sur les traces du mythe, à fouiller dans les archives et élaborer toutes folles théories. C'est franchement très distrayant à lire. J'ai vraiment passé un bon moment.

Pocket (2013) - Traduit par Françoise Smith pour Le Cherche Midi

Titre VO : The Sherlockian

 

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15 mai 2019

Pêle-mêle : Chips et Biscotte - Hulot domino - La révolte des animaux moches - Mamie fait sa valise

Chips et biscotte

Chips et Biscotte sont les meilleurs amis du monde. Deux meilleurs amis, pourtant, très différents. L'un adore les glaces, le basket, les bottes et le cerf-volant, l'autre préfère la pastèque, le ukulélé et les mocassins. Pourtant, ils sont inséparables. Dès que le soleil darde ses beaux rayons, ils filent jouer au parc et dégainent leur sac. Dedans, on trouve tout et n'importe quoi. Surtout des solutions à tous leurs problèmes car l'entraide, c'est ce qu'il y a de vrai. En amitié, on donne à l'autre sans compter.

Cet album frais et pimpant assure la bonne humeur dans la maison. Sa lecture est guillerette, simple mais craquante. On aime ça : un ton juste et des super potes très attachants. Pour un premier album, c'est tout bon. Bravo.

Chips et Biscotte, par Mickaël Jourdan

Rouergue, 2019

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Hulot domino

David Merveille continue l'exploration de l'univers de Jacques Tati et son personnage iconique de Monsieur Hulot. Ses albums sont des prouesses de technique, de couleurs, de charme, d'élégance et de facétie. Pour les yeux, c'est du bonheur !

Avec ce Hulot domino, ce sont des découpes laser de la silhouette de Monsieur Hulot qui vont révéler bien des surprises. Là, un Hulot à la plage, ou en train de jouer au tennis, ou dégainant son parapluie, et aussi conduisant un bolide. Et l'instant d'après, c'est une autre réalité qui se découvre à nous... une poêle à frire, un bouquet de fleurs, un bain moussant. Cet album va au-delà des apparences et surprend le lecteur avec ses tours de passe-passe. Visuellement, c'est réussi. Le plaisir ressenti est également garanti - c'est cocasse et franchement génial. Je le conseille.

Hugo domino, par David Merveille (d'après Jacques Tati)

Rouergue, 2019

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La révolte des animaux moches

En 2018, les animaux ont revendiqué leur droit à l'émotion et l'intellect. Depuis, ils peuvent aller en cours ou travailler car ils ont acquis les mêmes droits que les humains. Enfin, une certaine ségrégation demeure car tous les animaux ne sont pas à la même enseigne. Certains ont ainsi des accès vip à des postes ou des statuts que d'autres non pas. Au nom de quoi ? D'un physique pas facile. Ainsi, Marie-Odile le crocodile, Issa le boa, Sven le hyène et Pascale la mygale décident de se bouger pour que ça change.

Ils créent le mouvement des bestioles indignées, bientôt rejoint par de nombreux sympathisants, et font le tour des plateaux tv ou des écoles. L'opinion publique reste encore sourde. Après tout, les chevaux sont portés aux nues. Nos animaux moches contre-attaquent avec le hip hop de Issa le boa. Les enfants en deviennent dingues et réclament des peluches. La tendance enfin s'inverse... mais suscite des jalousies - harcèlement en ligne, tentatives d'intimidation. Même son vieux pote Marcel le cheval cherche à influencer Issa le boa de cesser le mouvement. Mais bientôt le scandale va éclater.

Anne l'ânesse a mené se petite enquête dans l'école des pur-sang et a découvert que c'est une école de sape (encourager les étudiants à saquer les autres animaux). Tollé général. La presse met son grain de sel. Alfred le sdf vole au secours des opprimés. Et la police se jette dans la mêlée. Finalement, un ministre fait voter une loi pour obliger une parité entre animaux et autoriser les études pour tous. Nos animaux moches vont s'en tirer avec les honneurs et auront également une belle et longue vie durant laquelle ils vont tous concrétiser leurs rêves. Et on applaudit bien fort cette lecture mignonne et optimiste, qui fait un bien fou. Bravo. C'était drôle et totalement décalé.

La révolte des animaux moches, par Coline Pierré

dacodac du rouergue (2018)

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Mamie fait sa valise

Mamie débarque avec sa valise pour une histoire de papier peint à fleurs qu'elle ne supporte plus. Elle a quitté Papie et veut divorcer. Le seul à se réjouir de la situation, c'est Armand. À lui les crêpes et les soirées sans les parents sur le dos... Mamie le bichonne et ronchonne. Après tout, « l'amour n'est pas une équation » ! Armand est encore trop jeune pour comprendre le pourquoi du comment. Pour lui, papie n'a qu'à faire plaisir à Mamie en lui achetant des fleurs qui sentent bon. Celle-ci explique alors que l'amour se cultive autrement, en temps, en minutes, en secondes, en effort en application. Ce qu'elle veut, ce sont des lettres, des mots doux, des secrets de l'âme, des gentillesses pleines de poésie... Et ce n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd ! Armand, toujours complice, transmet l'info au concerné... et viva Italia ! Un petit roman d'une tendresse délicate et attendrissant par cette naïveté dont fait preuve notre jeune héros.

Mamie fait sa valise, par Gwladys Constant

dacOdac du rouergue, 2019

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9 mai 2019

En poche Pôle fiction ! Mon homard - Qui veut la peau de Lola Frizmuth ?

« Elle est sexy, elle vit dans une maison immense et elle porte le nom d'une bière. C'est la femme idéale. »

Mon homard tom ellen lucy ivison

Sam et Hannah se rencontrent à une fête, mais se quittent sans avoir échangé leurs noms ou leurs coordonnées. Pourtant, Hannah jure à ses amies que « c'est son homard » - celui pour qui elle serait prête à sacrifier sa virginité. C'est lui, le bon, le seul, l'unique. De son côté, Sam aussi en pince sérieusement pour la jolie inconnue mais vient de décrocher un rencard avec une autre demoiselle ... qui n'est autre que la meilleure amie d'Hannah !

C'est l'été, le temps des vacances, de l'insouciance et de la tortueuse question du déniaisement. Sam et Hannah ont 17-18 ans, des tonnes d'arrière-pensées et la trouille de se tromper. Alors ils vont se perdre, se retrouver, se méprendre ou balbutier des vérités arrangées. Croyez-le ou non, c'est une lecture hyper attendrissante et aux effets inattendus ! Car le roman est très drôle, confondant de maladresse, adorable et authentique. On y trouve aussi des tonnes d'allusions à Harry Potter, Twilight et tout le toutim, ce qui m'a fait énormément sourire.

L'histoire nous embarque dans les aventures délirantes d'une bande de potes (soirées, plage, rencontres, beuveries, bisous, camping, festival dans un champ, séance d'épilation, trampoline, le grand soir, etc.). Il est question d'amour, d'amitié, d'avenir, d'études, du temps qui passe (trop vite), du changement, des attentes et de la frustration. C'est surtout raconté de façon cocasse, sans détour ni vulgarité. Et j'ai adoré. Sans complexe. Sans tabou. Avec dérision et tendresse. Je le conseille fortement.

Mon homard, de Tom Ellen & Lucy Ivison 

Gallimard, coll. Pôle Fiction, 2019 ♦ traduit par Julie Lopez (Lobsters) 

Préalablement paru sous le titre : Celui qui sera mon homard (coll. Scripto)

« Plus grands sont les obstacles, plus vous êtes faits pour être ensemble. Regarde Ron et Hermione. Des obstacles partout. Mais Hermione a-t-elle baissé les bras quand Ron est sorti avec Lavender Brown ? Ron a-t-il baissé les bras quand Hermione s'est tapé ce joueur de Quidditch bulgare ? Ont-il laissé la pression de devoir retrouver les derniers Horcruxes les séparer ? Non. Grâce à tous les drames qu'ils ont traversés, ça a été encore plus poignant quand ils se sont finalement mis ensemble. » 

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Qui veut la peau de Lola Frizmuth

Suite à ses folles aventures au Japon, Lola Frizmuth est désormais choriste pour un groupe de pop. Mais elle a la maladresse chevillée au corps... et le soir de la grande première, Lola va connaître une humiliation publique en se vautrant sur scène. Horrible expérience pour notre héroïne. Par contre, nous on se marre ! Les réjouissances sont d'ores et déjà ouvertes.

Lola va également être témoin d'un crime crapuleux (qu'elle filme sur son portable) et comme elle n'est pas discrète, elle doit prendre ses jambes à son cou pour échapper à ses poursuivants. Elle court se réfugier chez son maître de chant, non sans entraîner son ennemie jurée dans cette galère - la délicieuse Maki, l'autre choriste, qui est vicieuse sur les bords.

Encore une fois, l'action est menée à fond de train, l'humour est partout, frétillant, jubilatoire. Lola est impayable et parfaite maîtresse de cette aventure farfelue (avec robots et clones à bord). On sourit tout du long tant c'est bon et rigolo. On ne s'ennuie pas un instant. Forcément, je dis banco. 

Qui veut la peau de Lola Frizmuth ? d'Aurélie Gerlach

Gallimard jeunesse, coll. Pôle Fiction (2019)

 

1 mai 2019

Mon amie Adèle, de Sarah Pinborough

mon amie adelePouah pouah pouah. Quelle arnaque.
Je me souviens des avis dithyrambiques à la sortie du livre et de ma curiosité à découvrir ce phénomène. Quelques mois plus tard, je prends enfin connaissance du sujet : un homme et une femme se rencontrent dans un bar et échangent un baiser. 
Mais l'homme est marié. Il est aussi le nouveau patron de Louise. Son épouse Adèle devient son amie pour tromper sa solitude. Louise et David ont également une liaison dans le dos d'Adèle. De ce triangle amoureux, rien de bon ne peut en sortir. 
Évidemment on n'a pas tout lu ni eu connaissance de toutes les infos. Car Adèle n'est pas une victime. Elle fait de Louise sa complice, sa confidente. David devient un tyran dont on craint les réactions. Emballez c'est pesé. Sauf qu'on a encore tout faux !
En fait, ce roman s'amuse à raconter un peu n'importe quoi. Au fil des chapitres les versions n'ont de cesse de se renouveler. Manque de bol, tout ça m'a plutôt éreintée. 
Je n'ai pas été convaincue non plus par l'option prise par l'auteur pour boucler son roman. Là on atteint des sommets ! Je n'ai pas du tout adhéré. J'ai été agacée aussi par les personnages - la Louise qui fonce bille en tête et se mêle d'une affaire qui ne la regarde pas. Entre nous, c'est abusé et carrément tordu. D'où ma très grande déception. J'en espérais tellement...

©2017 Librairie Générale Française pour la traduction par Paul Benita. Titre VO : Behind her eyes (P)2019 Audiolib

Très bonne performance des trois lecteurs choisis par Audiolib pour incarner ce trio infernal : ambiance sombre et pesante pour thriller psychologique tendance malsaine et dérangeante... C'est du lourd !

 

16 avril 2019

L'Anniversaire, de Robyn Harding

L'Anniversaire Robyn HardingImaginez une soirée d'anniversaire pour votre fille de 16 ans : sous votre toit, entre copines, pas d'alcool ni de drogue, interdit aux garçons. Il y aura de la pizza, du gâteau, de la musique et des films. Vous vous couchez sur vos deux oreilles (en avalant un comprimé avec du vin)... jusqu'à ce qu'on vous tire de votre sommeil pour faire face à une adolescente aux yeux exorbités et les mains ensanglantées.

Et là, c'est votre idéal familial qui explose. Votre idée d'une petite vie parfaite brutalement laminée. Les Sanders mènent une existence confortable, grande maison, voitures de luxe, loisirs à outrance. Ils ont façonné cette illusion au fil des ans et de nombreux efforts. Ce qu'on lit ensuite, c'est tout ce qu'on ne voudrait pas connaître : des ados idiots, des mères au bord de la crise de nerfs, des hommes démissionnaires, des profs complaisants, des avocats aguerris, des réseaux sociaux venimeux, de la course à la popularité, du diktat des apparences, des mensonges et des faux-semblants... On ne voudrait pas y croire, et pourtant c'est tellement vrai.

Dans ce roman, tous les personnages sont détestables. Ils font ou disent des trucs qui vous énervent profondément. On a envie de les taper, de les secouer. Sûr que la lecture est horrible pour l'agacement qu'elle suscite. Mais ça parle de cette vie moderne qui va trop vite et qui broie les plus faibles dans son sillage. C'est flippant - vraiment - et ça se lit d'une traite ! Soupirs.

©2018 Le Cherche Midi. Traduit par Élodie Leplat. Titre original : The Party (P)2018 Lizzie

La lectrice excelle à se mettre dans la peau des uns et des autres (parents, ados etc.) en adoptant leurs caractéristiques qui font hérisser les poils sur les bras. Ça vous met dans l'ambiance en un rien de temps... on a déjà envie de tout casser à les entendre s'excuser ou se dédouaner du comment et du pourquoi. Bref. Très bonne interprétation.

 

 

28 avril 2019

La Dernière Nuit à Tremore Beach, de Mikel Santiago

la derniere nuit à tremore beachJ'ai adoré l'ambiance de ce roman carte-postale : une maison isolée sur une plage irlandaise. Clenhburran, comté de Donegal. La pluie, le vent, l'orage... c'est somptueux.
Un homme vit seul, en retraite forcée après un divorce douloureux et une carrière en souffrance - il est pianiste de renommée internationale. Peter n'est plus capable de composer et boit trop. Un soir de tempête, en se rendant chez ses voisins, il est victime d'un accident et est frappé par la foudre. Hospitalisé en urgence, il ressort quasi indemne mais souffre de migraines atroces.

Les jours passant, la douleur peine à s'effacer et Peter constate qu'il fait de de plus en plus de rêves étranges, paranoïaques ou prémonitoires, en fait notre homme est convaincu que ses amis vont mourir. Impossible pour lui d'expliquer ce phénomène. La médecine aussi est impuissante. Et ça tourne en boucle comme de la paranoïa aiguë ou une grosse crise hallucinatoire. On nage en plein délire.
Résultat, on trépigne d'envie de savoir ce qui se trame car la narration est lente et longue. Certes, elle fait traîner le suspense et entretient savamment un flou artistique sur les rêves de Peter. Mais c'est parfois un peu trop disparate - heureusement que le décor est magnifique, ça fait passer le temps - aussi on pardonne tous les petits défauts de ce roman chaotique à ses heures perdues. Le dénouement est d'ailleurs explosif - d'un seul coup, sans prévenir. On a un enchaînement intense et vibrant... mais est-ce un rêve ou la réalité ?
En tout cas, le dépaysement a été appréciable. Je me sentais ailleurs durant ma lecture. Complètement transportée.

Roman traduit de l'espagnol par Delphine Valentin (Actes Sud, 2016 pour la traduction)

Repris en poche BABEL NOIR (2018)

 

28 mars 2019

Jamais deux sans trois (Agatha Raisin enquête 16) de M. C. Beaton

Jamais deux sans trois AudiblePour sauver son agence qui bat de l'aile, Agatha accepte de s'immiscer dans l'intimité du couple Smedley : un mari veut espionner sa femme trop parfaite. Tout de suite, Agatha Raisin prend en grippe l'individu mais se ressaisit en agissant en digne professionnelle qui se respecte et traque ladite épouse avec son nouveau photographe. Mrs Smedley mène cependant une vie tout à fait ordinaire - une vraie sainte à qui l'on donnerait le bon dieu sans confession. Trop beau pour être honnête ? Mrs Raisin fait appel à son bon sens. À côté de ça, Agatha enquête sur la disparition d'une adolescente après une virée en discothèque. Ses copines sont des bêcheuses, totalement ignorantes et d'aucun secours, sauf qu'en fouillant bien cette histoire va dépasser leurs espérances. Et notre tandem va s'en mordre les doigts.

Comme souvent lorsque notre héroïne soupire d'ennui, un meurtre sonne à sa porte ! Ding Dong. Salut Agatha, c'est l'heure du crime. Arme-toi de ton flegme légendaire car les rebondissements vont te donner le tournis. Si l'histoire n'est sans doute pas transcendante - les adolescentes sont horribles - trop de clichés et de lourdeur ci et là, le final pourrait bien vous en boucher un coin. Je dis ça... Mais c'est juste pas possible de nous lâcher un sourire aussi innocent après tant de haine ! Bref. On retient vite la date du 29 mai pour la suite des réjouissances. En attendant, une nouvelle série de MC Beaton arrive fin avril introduisant le policier écossais Hamish Mcbeth - dont Albin Michel propose un extrait ICI.

Toujours sympa à écouter en livre audio. François Carrière donne du bonheur à nos oreilles. Son incarnation d'Agatha Raisin nous imprègne : elles sont toutes deux indissociables.

 

©2019 Albin Michel. Traduit par Béatrice Taupeau (P)2019 Audible Studios

 

12 février 2019

Avec des Si et des Peut-être, de Carène Ponte

Avec des Si et des Peut êtreMax enseigne le français dans un lycée et se désespère de partager sa passion pour les auteurs classiques à des élèves qui pensent Stromae, Christian Grey ou Bella Swan à la place d'Anna Karénine ou Emma Bovary. Elle est convaincue d'être passée à côté d'une grande carrière de journaliste, à cause d'une foulure à la cheville le jour de son concours. Elle s'épanche donc auprès de ses copines ou de sa sœur. Avec des si et des peut-être... on connaît la chanson. Un soir, en écoutant une émission de radio, elle surprend le discours d'un écrivain sur les vies parallèles. Le lendemain matin, bim bam boum, elle plonge dans la quatrième dimension : une toute nouvelle vie s'offre à elle, en somme sa vie rêvée. Maxine tombe des nues mais va profiter de l'occasion à fond.

Troisième roman que je lis de l'auteure, avec déception à la clef. On a d'abord une trame romanesque peu folichonne (comme Lexi Smart a la mémoire qui flanche de Sophie Kinsella, hélas peu transcendant également). À croire que j'ai un blocage sur le concept, car je n'ai pas été convaincue par cette nouvelle lecture. Histoire trop courte, qui survole son propos, beaucoup trop de clichés, de situations rebattues, héroïne immature, un tableau familial bancal (les parents ont mis les voiles sans rien expliquer à leurs enfants), dénouement hâtif et convenu. Hmmm. Côté technique, la voix n'est pas désagréable à écouter mais l'interprétation sonne trop sirupeuse et agaçante. C'est le rôle, après tout. Et puis ça aurait été sympa que la lectrice chante aussi quand Maxine se met à pousser la chansonnette (souvent, d'ailleurs). Non, vraiment. Ce n'était pas un rendez-vous pour moi, car ça m'a semblé tellement creux et superficiel. Je suis déçue. 

©2018 Éditions Michel Lafon (P)2019 Lizzie

31 janvier 2019

Bilan du mois de Janvier 2019 ♪♫•*¨*•...•*¨*•♫♪

Book january

♪♫•*¨*• Nos lectures •*¨*•♫♪ 

La petite librairie des gens heureux, de Veronica Henry

Des millions de larmes et de rires, de Karma Brown

iRachel, de Cass Hunter

La première fois qu'on m'a embrassée, je suis morte, de Colleen Oakley

Rêver n'est pas un vilain défaut, de Carole Cerruti

Le Réseau Corneille, de Ken Follett

Les Enchantements d'Ambremer (Le Paris des Merveilles 1), de Pierre Pevel

La Cité du feu sacré (The Mortal Instruments 6), de Cassandra Clare

ReBorn (tome 2), d'Alex Scarrow

Snow, de Danielle Paige

 

Ce mois de Janvier m'aura semblé interminable ! J'ai pris également l'initiative de débroussailler mes étagères où m'attendent sagement, parfois depuis des lustres, mes nombreux livres. J'ai tout enregistré sur mon compte Goodreads, je sélectionne mes lectures par tirage au sort, pour l'instant je suis disciplinée et j'espère tenir ce rythme toute l'année. ☺ 

 

♪♫•*¨*• Séries vues ce mois-ci •*¨*•♫♪ 

La Casa de Papel série espagnole créée par Álex Pina. Début diffusion : 2017

la casa de papel

Difficile de passer à côté de cette série dont le buzz n'a pas cessé de siffler à mes oreilles. On a finalement craqué ce mois-ci, on ignorait de quoi il retournait, une histoire de braquage, et puis encore ? En fait, laissez-vous porter par l'ingéniosité du scénario : c'est redoutable et terriblement addictif ! On a quasiment dévoré la saison 1 d'une traite, on a adoré. La suite est très bonne, même si j'ai quelques réserves (moins d'effets de surprise, plus d'anticipation sur les rebondissements et des situations trop aberrantes pour être crédibles). Et je n'aime pas du tout le personnage de Tokyo : trop, trop, trop... pour tout. J'en avais ras-le-bol d'elle. L'annonce d'une saison 3 m'étonne beaucoup et me laisse assez perplexe. À voir.

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Stranger Things série américaine de Ross Duffer et Matt Duffer avec Winona Ryder (Joyce Byers), David Harbour (Jim Hopper). Début diffusion : 2016

Stranger Things 1

Cette série est fantastique : avec ses références, son ambiance 80s, sa musique, ses personnages, son décor, son humour, son suspense aussi. Tout ça, tout ça. C'est excellent. L'histoire se passe dans une petite ville de l'Indiana, un garçon d'une dizaine d'années est porté disparu. Ses meilleurs potes mènent leur enquête, tandis que la mère remue ciel et terre en refusant les conclusions hasardeuses de la police. Peu à peu, le shérif va s'impliquer dans cette aventure qui nous plonge dans une sorte de dimension à l'envers, avec des créatures immondes qui se nourrissent de votre âme et une gamine sortie de nulle part qui possède des dons de télékinésie. C'est surprenant, dramatique, intense, palpitant, drôle. Enfin, c'est génial ! J'attends la suite avec impatience. Et j'adore la bande-son : enfin des tubes du grenier pas trop ringards et pas rejoués à toutes les sauces au karaoké du coin.

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Shadowhunters série américaine développée par Ed Decter. Adaptée des romans de Cassandra Clare. Début diffusion : 2016

shadowhunters

 Absolument rien à voir avec les romans de Cassandra Clare : la série s'en inspire mais le scénario part dans tous les sens. Souvent ridicule, totalement abracadabrant et très mal joué (euh, on en parle du type qui joue Jace Wayland ?)... On sent la production poussive et désemparée. J'ai trouvé ça affligeant.

 

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Retribution (One of Us) mini-série britannique créée par Harry et Jack Williams pour la BBC. Diffusion 2016

Retribution

 Attention, grosse vague de désarroi en regardant cette mini-série, même si l'histoire nous transporte dans les magnifiques paysages écossais. Deux familles vivent un drame commun : leurs enfants ont été sauvagement assassinés par un individu qui se présente à leur porte, un soir de tempête. Ce type a eu un accident de voiture, il est grièvement blessé. Les familles découvrent son identité. Et là, vous faites quoi ? Les Elliott et les Douglas décident de se faire justice. Mais la culpabilité les ronge, face à la police qui mène son enquête, les liens infaillibles vont finalement lâcher prise. Et donc, on se prend tout ça en pleine figure, pas trop mal, ça se suit avec intérêt, par contre j'ai trouvé ça d'une tristesse... Me sentais complètement déprimée à la fin.

  

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♥ MA SÉRIE COUP DE CŒUR ♥

Atypical série américaine créée par Robia Rashid. Diffusion août 2017

Atypical

Deux saisons sont disponibles, il nous tarde de découvrir la suite ! J'ai adoré cette histoire d'une famille ordinaire qui nous raconte son quotidien, entre la maman qui se réapproprie son corps de femme, le fils de 17 ans autiste et la fille athlète qui reçoit son billet pour aller dans une école privée. En fait, ça ne se résume pas, ça ne s'explique pas, ça se découvre en toute innocence. On a complètement succombé au charme de Sam, à sa logique implacable, à son humour, à son copain pervers, à sa ravissante thérapeute (maladroite), à sa détresse aussi... parce qu'on avait parfois le cœur gros et la larme à l'œil en suivant son parcours. Sam est en dernière année de lycée, il a envie de connaître une première histoire d'amour et il vit tout ça avec un naturel désarmant. C'est sans filtre, sans chichis. Beaucoup de tendresse, de sincérité et d'empathie. C'est une série qui nous a fait fondre tellement on a trouvé ça parfait. On en veut encore !

 

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Séries en cours : The Last Kingdom - Miss Fisher's Murder Mysteries - Sherlock...

 

21 novembre 2018

Club Audible : Le maître du haut château, de Philip K. Dick & lu par Bernard Gabay

Le maitre du haut chateau banderole

En 1947 avait eu lieu la capitulation des alliés devant les forces de l'axe. Cependant que Hitler avait imposé la tyrannie nazie à l'est des Etats-Unis, l'ouest avait été attribué aux japonais. Quelques années plus tard la vie avait repris son cours normal dans la zone occupée par les nippons. Ils avaient apporté avec eux l'usage du Yi-King, le livre des transformations du célèbre oracle chinois dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Pourtant, dans cette nouvelle civilisation une rumeur étrange vint à circuler. Un homme vivant dans un haut château, un écrivain de science-fiction, aurait écrit un ouvrage racontant la victoire des alliés en 1945.

Au sortir de cette lecture, une impression confuse me gagne : la lecture n'est pas inintéressante, mais peine à s'imprimer dans mon subconscient de lectrice. Je ne comprends pas pourquoi. L'histoire semblait prometteuse, par contre j'ai été surprise que le contexte reste si peu exploité. L'action est lente, sans sursaut, juste quelques pistes lancées, dans le vide. Même les révélations sur le Yi King, censées tout chambouler, tombent à plat car il y avait déjà trop d'insinuations tout au long du texte. 

Ce n'est pas un pétard mouillé, simplement cela rejoint le sentiment qu'on attend beaucoup et qu'au final ce n'est pas aussi spectaculaire. Il règne juste une ambiance solennelle dans cette histoire qui glace un peu et ne nous embarque pas vers l'infini et au-delà... J'en reviens toujours à cet aspect de distance générale : je découvre une histoire, je rencontre des personnages, je suis le chemin tracé par l'auteur, j'aime la voix du narrateur, je trouve tout ça propre et lisse. Vient le point final. Je ne suis pas mécontente, pas déçue. En fait, je ne suis rien. Comme un grand vide, une impression de coquille vide. Ou peut-être aurait-il mieux valu que je me contente du roman papier, car le format audio ne semble guère adapté à l'univers de Philip K Dick. 

J'ai bien aimé la voix de Bernard Gabay. Écoute très agréable de ce côté.

©1962 / 2012 The man in the high castle, traduit de l’anglais par Michelle Charrier. / J’ai Lu pour la traduction française.

(P)2018 Audible Studios.

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1 - Qu’avez-vous pensé de ce livre ? Avez-vous aimé ? La voix de Bernard Gabay vous a-t-elle plu ?

Impression confuse : une lecture pas inintéressante, mais qui peine à s'imprimer dans mon subconscient de lectrice. Je ne comprends pas pourquoi. J'ai bien aimé la voix de B. Gabay. Écoute très agréable de ce côté.

2 - Est-ce votre premier titre de Philip K. Dick ? Si non, pouvez-vous relier ce livre à un autre de ces romans ?

C'était mon premier titre de Philip K. Dick également ! Je connaissais l'auteur de nom (en fait j'ai découvert que nombre de ses histoires ont été adaptées au cinéma). J'ai voulu tenter. Bon. Ok. Je ne pense pas retenter un autre titre. En fait ça ne me correspond pas tellement. 

3 - Qu’avez-vous pensé de la contextualisation de cette fiction ? Aussi bien temporelle que spatiale ?

L’idée est géniale : l’Allemagne et le Japon ont gagné la guerre, les Etats-Unis sont divisés entre les vainqueurs et l'histoire se passe dans les années 60. Je n'en attendais pas moins, et puis non. Dommage : idée pas assez exploitée.

4 - Quelle a été votre plus grosse surprise dans ce récit ?

D'abord, grosse surprise d'avoir une action aussi lente, sans sursaut, juste quelques pistes lancées, dans le vide. Et les révélations sur le Yi King sont censées surprendre, sauf qu'il y avait déjà trop d'insinuations tout au long du texte. Ce n'est pas un pétard mouillé, simplement cela rejoint le sentiment qu'on attend beaucoup et qu'au final ce n'est pas aussi spectaculaire. Frustration, frustration.

5 - L’emploi des noms de familles allemands et japonais, ainsi que les accents du narrateur vous ont-ils aidé à vous immerger dans l’histoire ?

Ni plus ni moins. Mais le jeu de B. Gabay est irréprochable. Il règne juste une ambiance solennelle dans cette histoire qui glace un peu et ne nous embarque pas vers l'infini et au-delà... Après, ce n'est pas facile d'identifier tout le monde ou surtout d'admettre que les personnages auront très peu (voire aucune) interactivité entre eux.

6 - L’uchronie dans l’uchronie : quel rôle dans le récit a selon vous le livre « Le Poids de la sauterelle » ?

C'est le grain de sable qui vient gripper la belle mécanique ! :) Roman souvent évoqué, virant à l'obsession pour certains, et puis... et puis... on réalise alors et enfin... Bref, il vient tout remettre en question et chambouler la perspective que Dick semblait tracer. Il nous roule bien dans la farine, le filou.

7 - Quel a été votre personnage préféré ? Qu’avez-vous pensé globalement des personnages ? Car ils possèdent presque tous une double identité.

Difficile d'avoir un personnage préféré ou de s'attacher à l'un d'eux en particulier. J'en reviens toujours à cet aspect de distance générale : je découvre une histoire, je rencontre des personnages, je suis le chemin tracé par l'auteur, j'aime la voix du narrateur, je trouve tout ça propre et lisse. Vient le point final. Je ne suis pas mécontente, pas déçue. En fait, je ne suis rien. Comme un grand vide, une impression de coquille vide. Gloups. Ou peut-être aurait-il mieux valu que je me contente du roman papier, car le format audio ne semble guère adapté à l'univers de Philip K Dick.

©1962 / 2012, The man in the high castle, traduit de l’anglais par Michelle Charrier.

(P)2018 Audible Studios. Lu par : Bernard Gabay. Durée : 10 h env.

le maitre du haut chateau club audible

>> Ce livre audio en version intégrale est proposé en exclusivité par Audible et est uniquement disponible en téléchargement.

 

12 octobre 2018

Sang famille, de Michel Bussi

sang familleColin Rémy est de retour sur l'île de son enfance, à Mornesey, qu'il a quittée suite à la tragédie familiale survenue dix ans plus tôt. Le garçon souhaite aujourd'hui percer le secret de ses racines. Son oncle et sa tante ayant fait planer le doute quant à la vraie disparition de son père, Colin est persuadé qu'il est toujours en vie, planqué quelque part sur l'île.
Il s'inscrit donc à un camp de vacances, peu avant son seizième anniversaire, et se lie d'amitié avec Armand et Madi, qu'il met rapidement dans la confidence. Ils ne le savent pas encore, mais Simon Casanova, un étudiant en emploi saisonnier à Mornesey, vient aussi de se plonger dans l'histoire de la famille Rémy, en fouillant dans les archives des ruines des Sanguinaires et de la folie Mazarin, en même temps que deux détenus en cavale.
Ce roman a finalement le goût d'un fruit à peine mûr, mais qu'on goûte sans déplaisir, car ça a la forme et la saveur de ce qu'on connaît chez Michel Bussi. Préalablement publié en 2009, Sang famille surprend le lecteur d'aujourd'hui parce qu'il rassemble déjà toutes les obsessions de l'auteur (secrets de famille et quête d'identité, mensonges et faux-semblants). Après tout, c'est dans les vieux pots qu'on fait la meilleure confiture.
Honnêtement, cela ne m'a pas déplu : ça se lit vite et bien, c'est classique et efficace. Il y a du suspense, sans frémir, un souffle d'aventures, une chasse au trésor épique, des personnages simplets et un peu de légèreté. Le bon point revient surtout à l'île (fictive) de Mornesey qu'on croirait réelle tant elle est décrite avec exactitude. Qui n'a pas vérifié sur Google Earth ? Levez le doigt. On se laisse donc prendre au jeu. L'action est présente, l'intrigue fignolée à la truelle, mais ça passe.

©2018 Presses de la Cité (P)2018 Lizzie


Ce roman à l'ambiance vaporeuse et distrayante a été lu par Adrien Larmande, également avec beaucoup d'éloquence. On passe un bon moment à l'écouter : agréable, entraînant. Tout simplement.

 

11 septembre 2018

Poppy Wyatt est un sacré numéro, de Sophie Kinsella

Poppy Wyatt est un sacré numéroPoppy Wyatt passe la soirée avec ses copines pour fêter ses fiançailles avec Magnus.. mais dans l'effervescence générale, la jeune femme égare sa bague et son portable.
Et là, coup de bol, elle trouve un téléphone dans une poubelle - vraisemblablement jeté par une assistante de RP qui vient de démissionner. Poppy s'en saisit mais l'homme au bout de la ligne, un certain Sam Roxton, n'est pas d'accord. Il a besoin de récupérer son portable et ses messages.
Poppy parvient alors à le convaincre d'un prêt temporaire - une question de vie ou de mort - en échange elle promet de faire suivre toute sa messagerie. Ce faisant, Poppy fourre son nez dans les dossiers de son entreprise et de sa vie privée, et dresse un portrait de son interlocuteur - qu'elle imagine froid et insensible, pressé par le temps et trop accaparé par sa carrière.
Sam, de son côté, ne masque pas son exaspération mais se laisse amadouer quand il comprend son dilemme : les parents de son fiancé sont d'illustres universitaires arrogants, qui se complaisent à la jauger et mépriser sa culture. À l'idée de révéler sa bévue, elle sent déjà leurs regards dédaigneux et son mariage en péril.
Un pacte est donc conclu : une sorte d'alliance inattendue pour un duo de choc (et de charme). Car Poppy et Sam vont se révéler impayables. Ensemble ou à distance, ils vont se lancer dans une aventure rocambolesque, combinant scandale politique, Scrabble imbattable et espionnage industriel.
Leur couple fait mouche et nous régale avec leurs dialogues explosifs et hilarants ! Poppy est une héroïne pleine de peps, tandis que Sam paraît en apparence guindé et détaché (l'archétype parfait du beau brun ténébreux... on craque). Forcément, on sourit béatement et on passe un super moment.
La reine Sophie est indétrônable dans ce registre. On a là une pure comédie enjouée et charmante. L'intrigue a su me tenir en haleine jusqu'aux dernières pages (mais pourquoi une mariée traîne son portable jusqu'à l'autel ?). Bref. J'ai adoré.

Pocket (2014) - Traduit par Daphné Bernard 

 

2 août 2018

Les enfants du fleuve, de Lisa Wingate

les enfants du fleuveAlors que leur mère est en plein accouchement difficile, les cinq enfants Foss sont arrachés de leur péniche pour être conduits dans un étrange orphelinat. On leur explique que leur maman est morte et que leur père a renoncé à ses droits parentaux. Les adorables bambins aux boucles blondes sont rapidement exhibés et présentés à des riches familles qui les adoptent les uns après les autres. Rill est l'aînée de la troupe, elle a douze ans et se rebiffe contre cette séparation forcée. Elle ne comprend pas non plus qu'on leur impose de changer de nom et qu'on leur interdise d'évoquer leur vraie histoire. En attendant, la fillette s'accroche pour supporter les conditions difficiles au foyer, les regards libidineux du gardien, les brimades des autres gamins... Leur famille est éclatée mais Rill ne perd pas espoir de sauver sa fratrie.

En Caroline du Sud, de nos jours, Avery Stafford est une jeune avocate à qui tout sourit. Elle vient de se fiancer à son ami d'enfance et se mobilise pour la nouvelle campagne de son père (sénateur) quand elle fait la rencontre d'une vieille dame qui s'émeut à la vue de son bracelet en forme de libellule. Un détail en amenant un autre, Avery va contacter un certain Trent Turner, chargé de remettre un courrier en mains propres à sa grand-mère, laquelle n'a hélas plus toute sa tête. Négociant au mieux, la jeune femme parvient à obtenir les documents qui la poussent à enquêter toujours plus loin sur un héritage familial complexe et inattendu.

Sitôt les premiers chapitres avalés, le temps de replacer chaque personnage dans son contexte, j'avoue que l'histoire n'a pas cessé de me hanter ! On suit avec passion les deux parcours racontés en parallèle, attendant avec fébrilité la collision, car l'intrigue est conduite de longue haleine et remue profondément notre corde sensible. On y découvre aussi le scandale Georgia Tann ou, pendant trente ans, son trafic d'adoptions sous le manteau a fait sa fortune, en volant les plus démunis pour complaire aux foyers argentés. Bénéficiant au passage de complicités bienveillantes, son marché juteux n'a jamais été inquiété mais propulsé de nombreuses familles dans un chaos sans nom.

En somme, cette lecture est excellente ! Elle m'a fait vivre mille émotions et se révèle étonnamment attachante. On se balade ainsi en plein cœur de l'Amérique bon chic bon genre à courir après une histoire invraisemblable, tour à tour romanesque, poignante et passionnante. Une belle trouvaille.

éditions Les escales (2018) - Traduit par Aude Carlier

 

6 juillet 2018

Pêle-Mêle : Riquette à la Coque - Calpurnia apprentie vétérinaire - Papa Coq

Riquette à la coquePar une belle nuit du mois de mai de l'an 2000, la reine de Washington et la reine du Mexique donnent respectivement naissance à un enfant : un bébé biscornu pour la première et un bambin d'une beauté éblouissante pour la suivante. Elles vont aussi se rendre chez le même médecin, la docteure Corazon, qui possède des dons de fée.

Celle-ci fait passer un examen aux bébés et diagnostique - sans surprise - une intelligence inégalable pour Riquette et un niveau plus limité pour Beau, qui porte bien son prénom mais qui est bête comme chou. La docteure leur prédit pourtant qu'en grandissant l'amour va les métamorphoser.

Allons donc. Au fil des années, les deux enfants vont se croiser durant les goûters et autres bals guindés, mais leurs tempéraments diamétralement opposés ne créent aucune étincelle. L'une est souvent grondée, l'autre pleurniche sans cesse. Résultat, au cours de leur quinzième année, Riquette et Beau font grise mine et se rencontrent dans la forêt, à l'abri des regards indiscrets.

Après quoi, tous deux vont disparaître. Les familles sont en état d'alerte. Sur quoi, la fée Corazon débarque enfin pour expliquer son entremise... La suite appartient au grand peut-être ! Mais c'est une histoire fabuleuse, aux illustrations savoureuses et parsemée de notes d'humour qui rendent le lecteur béatement heureux. On a là un très bel album, librement inspiré du conte de Charles Perrault.

Riquette à la Coque, de Daniel Hénon

L'école des loisirs, 2018

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Calpurnia apprentie vétérinaireDeuxième titre à paraître dans la collection Neuf, adapté des romans (en Médium) de Jacqueline Kelly et s'adressant aux plus jeunes grâce à leur format court (95 pages illustrées).

Cette fois, Calpurnia doit aider la brebis à mettre bas mais doit se débrouiller seule car le vétérinaire a été appelé sur une autre urgence. Et c'est sous le nez de sa maman qu'elle va prodiguer des soins insoupçonnés... Bravo Calpurnia !

On aime le charme de la campagne, la vie à la ferme, le portrait d'une famille nombreuse, l'éducation à l'ancienne, la curiosité scientifique de l'héroïne, ses frères malicieux, son grand-père bienveillant, les papillons et les agneaux... En bref, c'est enfantin mais adorable. Je préfère néanmoins les gros romans à la texture plus croustillante ! ☺

Calpurnia apprentie vétérinaire 2. À saute-mouton, de Jacqueline Kelly

neuf de l'école des loisirs (2018)

traduit par Dominique Kugler - illustrations de Daphné Collignon

 

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Papa CoqEt une petite mignardise pour boucler la boucle...

Au poulailler, papa Coq aimerait que son poussin pousse le plus puissant cocorico jamais entendu. Seulement, le poussin est assez nigaud. Sa mère poule réclame un peu de patience, tandis que les autres animaux de la ferme se réunissent pour soutenir l'exercice !

Simple et adorable : un petit texte délicat et qui prête à sourire.

Papa Coq, de Jean-Charles Sarrazin

lutin poche de l'école des loisirs (2018)

 

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29 juin 2018

Comme une ombre, de Pascale & Gilles Legardinier

Je n'ignorais pas que ce roman avait été écrit sur commande à une époque où Gilles Legardinier galérait pour se faire éditer. L'homme se gaussait des romances à la Barbara Cartland et avait fait le pari de proposer à son tour une aventure sentimentale. Voici donc le fruit de son labeur - version revue et corrigée aux goûts du jour - mais c'est tout de même très éloigné des romans qui ont depuis fait son succès. Je ne vous cache pas ma déception...

G02086Alexandra est une belle jeune femme qui aime parcourir le monde sur les sites archéologiques, mais son millionnaire de père tremble pour sa sécurité et l'oblige à voyager avec un cerbère. Notre demoiselle rebelle supporte mal cette surveillance constante et s'amuse à faire tourner en bourrique chaque garde du corps.
C'en est trop pour son père, qui embauche finalement un vrai mercenaire - promu à assurer la sécurité du président américain - sans rien dire à sa fifille. Tom Drake entre alors en scène. Décrit en des termes de killer - mâchoire carrée, voix grave et yeux de braise - on frémit d'avance...
Entre la belle et son garde du corps, bien sûr le courant ne passe pas. Ils ont tous deux ont des caractères de chameau et aucun ne veut céder à l'autre une part de raison. Alexandra se comporte comme une enfant gâtée (même si elle se sent blessée d'être prise pour une bécasse sans cervelle). Tom veut montrer qu'il est seul maître à bord (mais comprend tardivement que c'est un gros lourdaud aux jugements hâtifs). 
On tombe vite dans les rouages d'une romance classique et saupoudrée d'action avec un kidnapping interminable (à lire pour le plaisir des scènes nunuches et les clichés à la pelle). Les personnages sont risibles ou aveugles ou nigauds ou grotesques (au choix). Je ne confierai certainement pas ma vie à ce Tom Drake - qu'est-ce qu'il est long à la détente ! Sérieusement, j'aime beaucoup Gilles Legardinier donc je vais fermer les yeux mais je le préfère dans un autre registre. Moi je veux de l'humour, de l'humour et encore de l'humour.
J'ai ainsi été agréablement surprise par la nouvelle qui clôt cette lecture : « Mange le dessert d'abord » se déguste en une bouchée tout à fait digestive. Cela m'a d'ailleurs fait oublier tout le reste ! Car le reste est tout à fait dispensable.

Gallimard coll. Écoutez Lire (2018) - Lu par Anatole de Bodinat

Anatole de Bodinat nous entraîne dans le périple d’une jeune fille téméraire et intrépide. L’homme qui la suivra comme son ombre n’est pas au bout de ses surprises... (résumé de l'éditeur)

 

21 juin 2018

La Terrifiante histoire de Prosper Redding #1 : Une Alliance diabolique, d'Alexandra Bracken

la terrifiante histoire de prosper reddingQuelques jours avant leur douzième anniversaire, les jumeaux Redding sont conviés dans le Cottage de leur grand-mère pour une grande réunion familiale. C'est sans se douter du piège à venir... car Prosper et sa sœur Prue vont être testés pour savoir lequel des deux est possédé par le démon. Vrai de vrai.
En fait, une vieille malédiction court chez les Redding - un pacte aurait été conclu mais sans jamais s'acquitter de la dette. Résultat, le démon est en colère et réclame son contrat avec âme en péril. Prosper, mouton noir de la famille, découvre qu'il vient de décrocher le gros lot. Aussitôt, ses proches lui tombent dessus et l'enferment dans un cachot. Le reste tombe dans l'oubli... Prosper se réveille dans une maison inconnue, chez un oncle et une cousine qu'il ne connaît ni d'Eve ni d'Adam.
Pourtant, Barnabas et Nell sont ses dernières roues de secours. Ils connaissent le sortilège capable de le libérer du démon, mais doivent réunir tous les ingrédients dans un laps de temps très court. En attendant, Prosper doit se cacher, prendre une nouvelle identité, rompre tout contact avec les Redding et résister à l'attraction démoniaque.
Car Alastor est un démon charmeur et persuasif. Il va habilement se servir du garçon pour qu'il gagne en popularité à l'école ou décroche les honneurs en arts plastiques. Ses intentions sont claires - pactiser avec Prosper - mais celui-ci n'est pas né de la dernière pluie. Il connaît trop les ravages d'une vie vouée à la destruction et à la vengeance pour tomber sous sa coupe.
Résultat, ils vont former un duo impayable ! Alastor est une créature mauvaise et perfide, mais joue franc jeu et avance sans filtre, si bien que Prosper n'est pas dupe de son numéro mais copine avec lui pour servir ses intérêts. Le gamin, particulièrement maladroit, possède aussi un solide sens de l'humour et une autodérision à toutes épreuves.
Qu'est-ce qu'on rit ! Je m'attendais, au vu de la sublime couverture, à une histoire sombre et effrayante, au bout du compte je découvre avec plaisir une intrigue savoureuse et cocasse. Quel bonheur. Certes, il y a aussi de la tension et du suspense, une bonne surprise finale et des haussements de sourcils qui font que j'ai vraiment très, très envie de lire la suite !
La lecture est surprenante et extraordinaire. J'ai dégusté chaque bouchée à la petite cuillère. Miam.

seuil jeunesse, 2018 - traduit par Cécile Magné

illustration de couverture : Anaïs Albar

 

 

6 mai 2018

La Sœur de la tempête (Les Sept Sœurs 2), de Lucinda Riley

Ally Soeur de la tempetePremier tome - Maia - lu l'an dernier. La saison printanière m'incite décidément à plonger dans des ambiances romanesques et dépaysantes !
Retrouvons donc la numéro deux de la grande fratrie d'Aplièse : Ally est passionnée de voile et vient de rejoindre un nouvel équipage pour une course prestigieuse conduite par le skipper Theo Falys-Kings. Une rencontre bouleversante pour la jeune femme. Un coup de foudre qui va chambouler sa vie et son cœur.
Au même moment, elle apprend la mort de son père, Pa Salt, et rentre en catastrophe en Suisse. Comme ses sœurs, elle reçoit quelques indices sur ses origines, dont la biographie du compositeur Jens Halvorsen et son épouse Anna Landvik, contemporains de l'artiste norvégien Edvard Grieg. 
Mais découvrir le lien entre ces destinées et celle de notre héroïne demande aussi beaucoup, beaucoup de temps car la construction du récit est lente et longue. Cela commence fin du XIXe siècle avec une jeune fille sortie de sa campagne, dont la voix exceptionnelle lui fait ouvrir les portes d'une éducation raffinée en ville et côtoyer les orchestres pour acquérir une grande renommée. Son parcours va croiser le chemin d'un homme charmant et séducteur, de là l'avenir d'Anna va connaître un revers étonnant.
Et ainsi, le roman avance au gré de va-et-vient entre le passé et le présent - n'oublions pas Ally en pleine tourmente émotionnelle, qui débarque à Bergen en quête de vérité et qui découvre aussi, comme Maia, un héritage familial inattendu !
Dommage que le tout manque de crédibilité et se révèle moyennement captivant. Les personnages ne sont pas attachants. Et surtout, c'est beaucoup trop long. Au final, cet épisode a été - pour moi - une déception. Je laisse néanmoins une autre chance à la série en lisant le #3 (La sœur de l'ombre) car le résumé est assez tentant.

©2016 Leduc.s. Charleston éditions. Traduit de l'anglais (Irlande) par Marie-Axelle de La Rochefoucauld

(P)2017 Audible Studios. Texte intégral lu par Marie Bouvier (durée : 20h)

Série : Les sept sœurs, livre audio 2

Très bonne lecture faite par Marie Bouvier. Voix agréable, intonation délicieuse, écoute plaisante. Mais les 20 heures d'écoute m'ont paru trèèès longues !

 

9 mai 2018

Mange prie aime, de Elizabeth Gilbert

Changer de vie, on en a tous rêvé... Elle a osé !

Mange, prie, aime

Dans le genre « je réfléchis à ma vie et je cherche la voie du bonheur » - façon Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une de Raphaëlle Giordano - je dis STOP. Je n'en peux plus. Car je réalise que je ne suis PAS DU TOUT réceptive à cette tendance. Preuve avec ce roman d'Elizabeth Gilbert qui m'a semblé long, bavard et peu intéressant.

À 31 ans, pleurant à chaudes larmes dans sa salle de bains, Elizabeth comprend qu'elle n'est pas heureuse et décide de mettre un terme à son mariage. Elle se console auprès d'un amant toxique, sombre dans la dépression avant de partir pour un voyage vers de nouvelles expériences. En Italie, Elizabeth cède à ses instincts d'épicurienne. Pâtes, pizza, pains et glaces... Elle fait une razzia, prend douze kilos mais se sent en paix avec son corps. Elle continue son périple en se rendant en Inde où elle s'installe dans un ashram et s'astreint à une rigueur ascétique pour parfaire sa quête spirituelle. Après quoi, elle part à Bali et rencontre un homme d'affaires brésilien. Elle est séduite, comprend que le temps de la disette sexuelle est révolu. Amen. Elizabeth est pleinement épanouie et peut rentrer à la maison.

Tout ceci résonne un peu trop nombriliste et simpliste. De plus, son personnage incarne également l'archétype de l'américaine complaisante, égocentrique et sans difficulté financière (tant mieux) mais inspire au final beaucoup d'ennui et peu empathie. En bref, j'ai trouvé son parcours peu convaincant. Et ma lecture décevante.

À noter que l'interprétation de Catherine Creux - pas désagréable mais un peu pédante - a sans douce exacerbé mon scepticisme. Mais ceci n'est qu'une affaire de goût... J'aimerais donner une 2nde chance à l'auteur en suggérant La Tentation du Homard à Audiolib ou Audible Studios. Merci. ☺

©2008 Calmann-Lévy. Traduit par Christine Barbaste

(P)2018 Audiolib / durée : 14h 30 env.

Le roman a été adapté au cinéma en 2010, avec Julia Roberts et Javier Bardem (jamais vu, pas envie non plus).

 

11 avril 2018

Émile et le joint de culasse, de Vincent Cuvellier & Ronan Badel

Emile et le joint de culasse

Branle-bas de combat, Émile nous attend pour sa 16ème épopée.

Pas de temps à perdre, car le copain de maman nous embarque en voiture pour une traversée de la France. Vroum vroum. Notre Émile est aux anges ! Et puis bim, la voiture casse. Les laissant en rade sur le bord de la route. Dépanneur, garage, et tout, et tout.

Plus Émile jubile et fait la danse des sioux, plus le copain de maman fait grise mine et rouspète que ça va coûter bonbon. Un joint de culasse, pardi ! C'est vraiment pas de bol. Et pas le temps de dire ouf, il faut déjà rentrer à la maison...

Alors, c'était chouette ? demande maman. Oh oui. Émile a, de plus, rapporté un super souvenir.

Applaudissements pour cette lecture complètement décalée - qui parle de joint de culasse dans un album jeunesse ? Pour ça, on peut compter sur Émile pour nous faire voir du pays.

La série fait toujours preuve d'originalité, de facétie et d'humour. On sourit à chaque page (dommage pour la coquille finale) et on se dit vivement le prochain, merci, hasta luego. ☺ 

Gallimard Jeunesse Giboulées, 2018

 

6 avril 2018

Qui ment ? de Karen M. McManus

qui ment karen mcmanusCinq lycéens, partageant la même heure de colle, découvrent qu'ils ont été piégés exprès pour être réunis tous ensemble au même endroit. Un carambolage sur le parking détourne l'attention de leur surveillant, lequel s'absente un bref instant, les abandonnant à leur sort. L'un des jeunes va décéder. Que s'est-il passé ?

À première vue, la victime ne comptait plus ses détracteurs -  colportant tous les potins possibles sur internet et n'inspirant guère une grande sympathie chez ses camarades, car tous redoutaient d'être un jour touchés par son fiel. Bronwyn, Addy, Nate et Cooper font partie du nombre. Eux aussi ont leurs petits secrets qu'ils ne voudraient pas étaler au grand jour. Or, la police va mettre le doigt dessus et s'en servir pour les livrer à la vindicte populaire... espérant ainsi faire tomber les masques. Étrange, très étrange.

Le scénario est pourtant redoutable et diablement rusé. Le suspense est constant et bien ficelé, le roman n'en est que plus haletant ! Entre faux-semblants et non-dits, l'intrigue trace sa route avec une apparente sagesse mais égraine ses petites révélations comme un lâcher de bombes. Cela peut surprendre, même si cela reste attendu dans ce domaine. Les personnages étant tous stéréotypés, ils incarnent au choix la bonne élève, le bad boy, la reine du bal ou le sportif top niveau. Mais leur image va souffrir et s'effriter au cours de l'enquête, laissant apparaître d'autres facettes de leurs caractères. Au final, l'histoire s'en sort sur une pirouette inattendue... je ne suis pas sûre d'en apprécier tous les rouages et regrette certains détails nunuches. Cependant, la lecture a offert de bonnes heures de tension et de stress, invitant souvent le lecteur à partager ses spéculations et échafauder toutes sortes de théories ! Pas mal du tout.

Bémol sur la narration faite par Leïlou Bellisa pour Audible Studios : une écoute crispante et agaçante, du fait d'avoir choisi d'accentuer les voix en les singeant au possible. Le rendu est niaiseux et parfois insupportable. C'est franchement dommage.

©2017 / 2018 Pour l'édition originale publiée sous le titre "One of Us Is Lying"  / Pour la traduction française par Anne Delcourt pour les Éditions Nathan

(P)2018 Audible Studios. Texte lu par Leïlou Bellisa. Durée : 10h env. En exclu pour Audible Studios  

 

12 mars 2018

Une fille au manteau bleu, de Monica Hesse

A66845Gros coup de cœur pour ce roman ! L'histoire se passe à Amsterdam, en 1943. Alors que les soldats allemands patrouillent en ville, la jeune Hanneke file sur son vélo en toute innocence, malgré un panier rempli de produits issus du marché noir qu'elle distribue selon les commandes reçues en douce. Un jour, au cours de ses livraisons, une voisine interpelle Hanneke pour une mission bien particulière - retrouver une jeune fille juive qui vivait cachée dans un réduit de la maison et qui a disparu sans crier gare. La vieille dame, Mrs Janssen, est complètement chamboulée et ne doute pas que Hanneke saura tirer la situation au clair. Au départ, celle-ci n'est nullement désireuse de franchir la ligne jaune. Elle voue une haine farouche envers les Nazis, mais se sent coupable de la mort de son petit ami Bas (engagé volontaire) et souhaite se tenir à distance de la guerre. C'est pourtant cette blessure qui va l'inciter à partir sur les traces de Mirjam Roodvelt, dont elle sait uniquement qu'elle porte un manteau bleu. Ce maigre indice va conduire son enquête et l'entraîner dans le flou, puis dans des cercles clandestins et enfin dans des actions impensables. Pour Hanneke, déjà douloureusement confrontée aux drames intimes de la guerre, c'est un cap supplémentaire qui lui fait perdre ses dernières plumes de l'enfance insouciante. 

Loin d'être un énième roman sur le sujet, cette lecture offre surtout la possibilité de découvrir une histoire passionnante, qui puise autant dans l'émotion que dans l'action et le suspense. Avec son héroïne de 18 ans, si juste et imparfaite, par ses choix, ses failles et ses engagements, on se lance dans un parcours bouleversant et inattendu. Il y a d'abord sa quête pour retrouver Mirjam, puis sa prise de conscience des dangers qui rôdent, l'horreur des rafles et des dénonciations, la culpabilité et la rédemption. C'est un cheminement chaotique, mais poignant, qui emprunte de nombreuses bifurcations, qui fait aussi battre le cœur plus fort et qui noue l'estomac à l'énoncé des enchaînements tragiques et malheureux. En un mot, c'est excellent ! Et c'est à remettre entre les mains des plus jeunes sans délai.

Gallimard jeunesse, 2016 - traduit par Anne Krief

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À lire aussi...

Cachés, de Sharon Dogar - Max, de Sarah Cohen-Scali - Les valises, de Sève Laurent-Fajal

 

 

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