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Chez Clarabel
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6 juillet 2016

Vive les Vacances ! par Enid Blyton

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Il souffle un vent de fraîcheur et de douce nostalgie sur cette lecture, que les amateurs du Club des Cinq (mais aussi du Clan des Sept, de la série des Mystères au Cirque ou de Malory School) auront plaisir à goûter ! Pour moi, Enid Blyton me rappelle les vacances, des heures à lire des histoires passionnantes et à s'imaginer partager un bout d'aventure avec Claude, François, Annie, Michel et le chien Dagobert.

C'est donc cette petite fille qui vient de se plonger avec délice dans cet ouvrage qui compile des histoires inédites de l'auteur : une vingtaine de textes courts, qui sentent bon l'air iodé, la crème solaire, les glaces et les châteaux de sable. Au programme : des intrigues simples et charmantes, certaines avec du suspense, d'autres avec de la magie, des histoires autour de la famille ou de la fratrie, avec des enfants qui se chamaillent et se réconcilient, qui combinent des projets pour occuper leurs journées oisives, qui s'improvisent détectives, explorateurs ou flibustiers. Les animaux aussi occupent une place importante au cœur de l'action, tous plus prodigieux, rusés et intrépides les uns que les autres (chiens, ânes, lapins, chats, mouettes...).

Je ne m'attendais pas à apprécier autant ma lecture, que je trouvais au départ délicieusement old-school, avec un contenu assez niais et dépassé, mais qui semble avoir eu prise sur moi, car j'ai dévoré ce bouquin en souriant comme une bécasse de bout en bout ! Toute la magie de l'enfance est remontée. Comme une grosse bouffée de chaleur. Je me sentais bien, heureuse, avec entre les mains un chouette roman aux histoires surannées, qui convient idéalement à la détente et l'évasion. Une belle invitation pour se prélasser... et penser aux vacances, enfin ! ^-^

Traduit par Luc Rigoureau pour Hachette, juin 2016

Illustrations de Mark Beech

Un autre recueil de textes inédits paraîtra fin novembre sur la thématique de Noël !

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22 janvier 2008

Festin de miettes - Marine Bramly

festin_de_miettesCe qu'en dit l'éditeur :

Lycéennes, elles étaient les meilleures amies du monde : Sophie, la petite provinciale, gauche, fille unique et mal-aimée de parents âgés et rabougris, et Deya, fascinante, racée, dotée de l’assurance de sa caste, les Rausboerling, grands bourgeois protestants, extravagants et libres.
Livrées à elles-mêmes, les deux adolescentes ont vécu une parenthèse enchantée dans la petite maison au fond du jardin de l’hôtel particulier de la famille de Deya, rue des Grands Augustins.
Et puis la rupture inexpliquée, suivie de l’exil en province, jusqu’à ce coup de fil de Deya, huit ans plus tard, qui conduit Sophie à abandonner travail et mari – cette existence médiocre qui lui fait horreur – pour sauter dans le train pour Paris.
La maison des Rausboerling à la splendeur perdue, puis la brousse sénégalaise où vivent la mère de Deya et son fiancé africain servent de cadre aux étranges retrouvailles des deux amies. Mais peut-on jamais revenir en arrière ? Face à l’exubérance de Deya et au poids du clan, se creuse le vide de Sophie. Face à l’élan de vie, le vertige, jusqu’à la folie…
Roman d’amour et d’amitié, roman de mœurs, roman de démence et de ténèbres, ce Festin de miettes nous mène de Saint-Germain-des-Prés à Dakar, en passant par la Porte de la Chapelle, dans une épopée contemporaine envoûtante où le romanesque se dispute avec brio au suspense intimiste.

Ce que j'en dis :

C'est une histoire entre deux amies d'enfance, qui se sont perdues de vue et se retrouvent près de dix ans après. On en a déjà lu, des histoires à cette sauce. Alors pourquoi se laisser tenter par cette énième copie, après tout ? Tout simplement parce que « Festin de miettes » donne l'impression que l'écriture coule de source, qu'une histoire peut s'écrire et se raconter de façon claire et limpide, que cela vous emporte et ne vous lâche plus avant la dernière page. 

C'est la quête d'une mère qui pousse Sophie et Deya, fraîchement réconciliées, à se lancer vers une piste qui les conduit tout droit au Sénégal. Mais pour toutes les deux, le parcours réveille des anciennes bouffées d'envie et d'aigreur. Le voyage n'est pas gratuit, il va les mener vers des vérités dérangeantes.
Avant cela, le décor était planté dans un « petit pavillon enfoui sous une perruque de glycine, dont la façade était en grande partie ouverte aux regards, comme dans une maison de poupée », une maison nichée au fond du jardin d'un hôtel particulier que possède la famille Rausboerling. Et ce théâtre de la rue des Grands Augustins semble coupé du reste du monde, plus rien n'existe autour. On entre chez les Rausboerling comme dans une autre dimension, dans une demeure splendide d'un autre temps, où l'on croise des figures flamboyantes et décaties.
Le vertige qui saisit Sophie est là pour lui rappeler les années de frustration, de rage et d'amertume. Sa propre vie est devenue si médiocre le jour où elle a quitté ce foyer d'adoption, poussée par la colère de Deya. Et pourtant, aujourd'hui, la jeune fille la réclame. Comme au bon vieux temps. 

L'histoire est étourdissante, passionnante et brillante !
Marine Bramly paraît aussi à l'aise en pleine brousse africaine ou dans un hôtel particulier d'une famille de vieux bourgeois, baladant personnages et lecteur au gré d'une aventure captivante. J'ai été soufflée, emportée, enjouée et séduite par ce récit. Peut-être la quatrième partie est un peu plus faible, plus esquintante... même si finalement j'ai trouvé que le point final était osé. 
C'est superbement envoûtant, d'un romanesque époustouflant, parfois déconcertant, mais quel brio ! Vous ne lâcherez pas ce livre avant la fin !

JC Lattès - 359 pages -  (Janvier 2008)  18.00 €

Madame Figaro, 01-2008

"A lire Marine Bramly, on a l'impression qu'un roman c'est simple comme bonjour. Il y faut simplement du talent, un brin d'humour et d'émotion, une façon de cueillir les phrases comme elles se présentent, sans tambour ni trompette." Eric Neuhoff

"La diabolique Sophie, qui a mis son existence entre parenthèses dans le secret espoir de renouer leur amitié passionnée, n'a qu'une idée en tête : «fusionner en paix» avec son ancienne amie. Cette insupportable créature «aurait tellement aimé être comme Deya, aussi relax, aussi indifférente, et se laisser porter par le cours des événements», mais elle est toujours si mal lunée qu'elle en devient comique. Passé l'âge de se contenter des miettes de son idole, celle qui se perçoit comme un «hérisson avec les épines à l'intérieur» a appris, sous des dehors caressants, à sortir les griffes."   Le Figaro.fr

4 mars 2023

Quand tu écouteras cette chanson, de Lola Lafon & Lu par Irène Jacob

Quand tu écouteras cette chansonCette lecture est indescriptible à raconter ! Elle vient se poser dans vos oreilles et fait état d'une expérience quasi mystique. Croyez-moi, il faut l'entendre pour le comprendre.

Un jour d'août 2021, Lola Lafon passe la nuit au Musée Anne Frank, au cœur même de l'Annexe. Le lieu est complètement dépouillé, sans chauffage. Juste des souvenirs et des fantômes hantent les murs.

Je n'ose imaginer ce qu'elle a pu ressentir ! Elle-même explique que c'est seulement au moment où elle a pu poser ses mots sur le papier qu'elle a enfin saisi ce qu'elle avait vécu.

Cela me laisse sans voix.

J'ai écouté religieusement Irène Jacob faire la lecture de cet ouvrage. J'étais absorbée par tout ça - l'introspection, le rapport au passé, l'innocence, la fraîcheur d'Anne, le drame du survivant, le déni dans les années qui ont suivi la guerre. Et surtout la pudeur et l'émotion pure au-delà des mots.

Je n'ai pas du tout été déçue par cet essai. La voix de la comédienne est également calme et mesurée. C'est un accompagnement très important, dans le fond. Comme une forme de douceur et de retenue dans le partage.

Oui, vraiment. C'est très, très fort ! ♥

©2022 Éditions Stock (P)2023 Audiolib

⭐⭐⭐⭐

7 février 2019

Anatomie d'un scandale, de Sarah Vaughan

Anatomie d'un scandaleConseiller influent et proche du premier ministre, James Whitehouse est un homme charismatique et brillant. Marié et père de deux enfants, il incarne l'ambition, la réussite, l'accomplissement. Une image sans tache.
Pourtant, James est accusé de viol. Une ancienne collaboratrice, avec laquelle il aurait entretenu une liaison plusieurs mois durant, vient de porter plainte suite à leur rupture. Kate Woodcroft, une avocate pénaliste, est en charge du dossier. Et elle est particulièrement remontée car elle va tout mettre en œuvre pour avoir la tête de Whitehouse. Spectatrice tétanisée, son épouse Sophie n'a plus les idées claires mais pense avant tout à préserver son image en affichant son soutien.
Viennent aussi s'ajouter les souvenirs de leurs années d'études à Oxford au cours desquels le sulfureux club des Libertins a fait couler beaucoup d'encre. Ceci pouvant expliquer cela, une lente et déconcertante plaidoirie se construit. Plaidoirie contre les abus, pour les droits des femmes et tristement révélatrice des arcanes du pouvoir.
Je ne suis pas mécontente d'en avoir fini car cette lecture m'aura inspiré un profond ennui : c'est très long, assez austère et tellement froid. Je n'ai eu aucune empathie pour les personnages ni pour leurs histoires. Non, c'est très distant. Très emprunté. J'ai aussi longtemps espéré un rebondissement, des révélations fracassantes, la moindre bagatelle qui ferait exploser cette fichue tension psychologique qui colle à la peau... en vain. 
J'en sors sidérée et déçue. Les deux comédiennes ont pourtant prodigué une lecture irréprochable. Leur talent ne peut hélas lutter contre la sensation glaciale qui filtre à travers leurs confessions. Sarah Vaughan opère un sérieux changement de cap avec ce roman, peu convaincant à mon goût. 
La ferme du bout du monde avait été une découverte rafraîchissante, quel revirement...

©2018 Préludes, pour la traduction française (P)2018 Audiolib

 

 

4 avril 2018

Les Trop Super : Peter le poussin péteur, de Henri Meunier & Nathalie Choux

les trop super peter le poussin peteur

Dans cette dixième aventure des Trop Super, Bruno et Balbir disputent une partie de football enfiévrée dans la forêt... hélas écourtée par la pollution des champugnons ! Ce sont en fait des champignons spéciaux qui dégagent une très vilaine odeur. Ils sont aussi la création du perfide Poussin Péteur, autrement dit Peter, qui se venge des moqueries subies par son camarade P(ierre) T(ujol). Celui-ci souffre de problèmes digestifs et n'est jamais invité à partager leurs jeux à cause de ses fuites malodorantes. Les affaires sont-elles liées ? En attendant, les Trop Super, décidés de mettre un terme à la culture des champugnons, poursuivent avec zèle le Poussin Masqué...

Que c'est drôle ! que c'est farfelu ! que c'est charmant ! On retrouve dans cet épisode tout le zeste de la série qui allie le loufoque à l'observation pertinente (oui, les pets des animaux d'élevage sont sources de pollution importante). Tout ça est glissé avec sourire dans un bel emballage soigné. C'est frais et acidulé. Une lecture loufoque, comme on adore ! ♥

Actes Sud junior, 2018

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Et pour rêver les yeux ouverts, plongez dans cet album “cherche et trouve” qui explore les profondeurs de l’océan et révèle l'univers éblouissant de Peggy Nille !

Le lecteur pourra ainsi contempler 10 paysages spectaculaires et scruter chaque détail avec attention.

20 animaux y sont en effet camouflés, de la tortue joyeuse à la rascasse coquette, de l'anémone mal coiffée à la murène tristounette, du poisson-perroquet gourmand à l'écrevisse trouillarde...

Tout un joli monde fabuleux et surprenant, qui se révèle tour à tour drôle, poétique et original !

Les raisons pour s'évader vers les fonds marins et approfondir ses connaissances en s'amusant sont donc nombreuses dans cet album au caractère féerique.

Une lecture étonnante, instructive & ludique. 

Cachés dans la mer, de Peggy Nille

Actes Sud junior, 2018

Cachés dans la mer

 

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4 avril 2018

Babymouse : Super-héroïne, de Jennifer L. Holm & Matthew Holm

Babymouse super heroine

Babymouse est une petite souris ordinaire, qui possède une imagination débordante. Face aux petits tracas du quotidien, elle fabule et rêve d'aventures extraordinaires. Le matin, quand elle loupe le bus, elle se figure dans l'ouest américain, en train de marcher dans le désert, épuisée et vaincue par l'effort... en chemin, elle croise un chariot de pionniers, où se trouve son ennemie jurée, Félicie Féline. Driiiing, retour à la réalité ! La vie à l'école n'est qu'une succession de drames et de larmes - trop de devoirs, trop de maths indéchiffrables, trop de cantine, trop de corvées. Aussi, pour s'empêcher de sombrer, Babymouse a recours à sa technique habituelle et s'évade dans ses pensées. Or, comment échapper à son pire cauchemar ? Compétition obligatoire de la balle aux prisonniers. Une longue, longue histoire pour Babymouse, traumatisée à vie par cette activité au cours de laquelle Félicie Féline prend son pied à l'écraser comme une crêpe. Humiliation légendaire. Babymouse cherche une issue de secours. Son meilleur ami Ben la Belette décide de l'entraîner. En vain. La veille du jour J, Babymouse implore l'arrivée d'une créature monstrueuse, qui ravagerait tout sur son passage. Driiiing, retour à la réalité ! Ce matin-là, Babymouse est dans ses petits souliers. Ah non, c'est vrai, elle a encore oublié sa paire de baskets à la maison ! Gloups.

Cette petite lecture, qui fait partie d'une collection de trois titres, est destinée aux enfants dès 8-9 ans. Elle se présente comme une bande dessinée romancée, au ton plein d'humour, avec une héroïne coquine et attachante, qui affectionne les aventures fantasmées. Le graphisme n'est peut-être pas très séduisant - le trait lourd et noir manque de charme. Par contre, l'histoire est drôle et assez insolite. L'imaginaire occupe une part importante dans son déroulement. Au lecteur de délimiter les frontières avec le réel ! ... Très sympa.

La Martinière J. (2018) - trad. Marion Hameury

Existe aussi : Babymouse Reine du Monde / Rock-star

Couverture de l'ouvrage Babymouse, tome 1 Couverture de l'ouvrage Babymouse, tome 3

31 août 2017

Blackout Baby, de Michel Moatti

BLACKOUT BABY

Londres, 1942. Alors que la ville sombre en plein chaos, essuyant les bombardements intempestifs de la Luftwaffe, la population se rue dans les abris et panse ses plaies dans l'attente de jours meilleurs. Pourtant, les britanniques ne se démontent pas et enchaînent leur routine avec morgue et insouciance.
Dans ce tumulte indescriptible, un type hante les rues de la ville, se faufile parmi la foule et séduit des jeunes femmes au gré de ses rencontres. Ses inclinations ont néanmoins un sévère penchant vers la folie furieuse et le morbide, car ce dangereux pervers assassine froidement et sauvagement ses conquêtes.
On n'ignore hélas rien de ses pulsions, encore moins de ses obsessions ni de son modus operandi, car on le suit dans ses dérives, on assiste avec effroi à ses séances de torture et on retient son souffle.
Les services de police aussi sont aux abois, face à ce « Blackout Ripper » qui réveille les vieux cauchemars du tristement célèbre Jack R. D'où l'apparition d'Amelia Pritlowe, infirmière déjà croisée dans Retour à Whitechapel, sollicitée pour apporter ses lumières et se servir de son expérience pour soulager cette inquiétante enquête.
L'histoire, inspirée de faits réels, nous plonge dans une atmosphère opaque et oppressante, et c'est là une grande richesse. Elle donne en effet à la lecture une aura particulière, non dénuée d'intérêt. Sensible à l'époque et aux détails historiques, j'ai été transportée dans ce roman globalement prenant et rondement mené.

10x18 Grands Détectives / 2016

31 août 2017

Le cercle de Farthing, de Jo Walton

Le cercle de FarthingEn épousant David Khan, son amant juif, la ravissante Lucy Eversley brise les tabous de son entourage et provoque LE scandale de la saison. Ses parents ne lui pardonnent pas cet affront, alors que leur nom est auréolé d'une gloire politique, puisque huit ans plus tôt, les membres du cercle de Farthing, auquel ils appartiennent, ont convenu d'un traité de paix avec l'Allemagne et Hitler.
Malgré tout, le calme semble revenir au beau fixe et Lucy est conviée à passer le weekend au domaine Eversley, en compagnie d'une poignée d'amis issus de la gentry. Son époux David se retient de bondir face aux petites mesquineries et autres provocations des invités, affichant sans complexe leur antisémitisme galopant.
La tension monte d'un cran lorsqu'un des convives est retrouvé assassiné dans sa chambre, une étoile jaune plantée sur son cadavre. Tous les soupçons se portent sur le mari de Lucy, qui le défend bec et ongles. Entre en scène l'inspecteur Carmichael, dont l'enquête s'annonce sinueuse et ardue.
Son introduction dans le sérail fermé de l'aristocratie fait débat, chacun se drapant dans ses états de service pour se défiler et se laver de toute responsabilité. L'identité du criminel ne fait aucun doute, même la famille Eversley blâme stoïquement cette éventualité.
Dans ce décor de faux-semblants, de rancœur et de vengeance, l'auteur tisse sa trame avec élégance et adresse. Le cadre uchronique est certes esquissé, mais sert à dépeindre une Angleterre en lutte avec elle-même, débordée par des courants politiques qu'une paix alternative n'a finalement guère résolu d'étouffer.
C'est donc dans ce contexte tantôt raffiné, tantôt fielleux, qu'on se glisse pour découvrir une histoire classique mais captivante. J'ai infiniment apprécié le style guindé et délicat de Jo Walton, l'ambiance sophistiquée du domaine Eversley, où l'on perçoit les mensonges, les troubles et les non-dits. C'est bien ficelé, bien mené.
Au final, le roman peut surprendre, par son inspiration historique, où l'on envisage une issue différente pour l'Angleterre dans le tournant de la guerre, et qui se préoccupe à raconter une intrigue criminelle traditionnelle, se déroulant en vase clos et distillant quelques pistes en devenir. La lecture est inattendue, pertinente et conduite avec habileté, sans soubresauts inutiles. Le deuxième titre de la trilogie du Subtil changement - Hamlet au paradis - paraît prochainement en Folio. 

Folio SF (n° 572) / 2017 - Trad. par Luc Carissimo

 

29 novembre 2016

Si j'ai bonne mémoire, d'Anne Icart

Si j'ai bonne memoire

Après une première lecture enthousiasmante introduisant le clan Balaguère, dans Ce que je peux te dire d'elles, je me faisais une joie de retrouver cette famille au destin incroyable, que les aléas de la vie n'avaient guère épargnée non plus. 
L'histoire nous embarque rapidement dans une cacophonie de rires et d'éclats de voix prises au dépourvu par l'annonce d'un mariage ou d'un retour au pays. Violette a en effet décidé de quitter Paris pour renouer avec ses racines, elle se réjouit de vivre auprès de sa mère et de ses tantes, tandis que Babé informe son entourage de ses noces avec le banquier. Justine, notre couturière, en fait une affaire personnelle pour que sa sœur affiche fièrement les couleurs de sa maison.
Plus discrète, Blanche peine à participer aux effusions de joie et a souvent la tête en l'air. Sa santé flageolante préoccupe Violette, mais ses tantes sont convaincues d'un simple surménage passager. D'une certaine façon, la jeune femme prend note de l'information et la range dans une case pour y revenir plus tard. Pour l'heure, elle se lance dans son grand projet : connaître l'identité de son père. 
Il lui faut néanmoins se heurter à la cohésion familiale. Aucune des Balaguère ne consent à livrer le moindre indice. Secret de famille sous triple verrou. Et puis, Violette croise à son boulot une jeune femme très à fleur de peau, avec laquelle elle se découvre des atomes crochus, et qui va devenir plus qu'une amie. Une rencontre tellement peu anodine, que j'avoue avoir soupiré fort, fort, fort.
J'étais franchement pleine d'espérance à la lecture de cette suite, et j'ai savouré l'ambiance et l'harmonie de cette famille si attachante, par contre j'ai trouvé le scénario hyper décevant, car cousu de gros fils blancs. Pff. Trop facile, trop commun, trop mièvre. Je me suis sentie flouée, et dépitée. 
Une pointe d'amertume plus tard, je boucle mon tour de piste en chouinant, à tort ou à raison, parce qu'il faut admettre que je reste très attachée à la tribu Balaguère, à leurs chichis, à leurs démonstrations empressées et maladroites, à leurs histoires simples et superficielles, et néanmoins bouleversantes. Je suis une lectrice faible en matière d'histoires de famille !
Malgré quelques réserves, toutes personnelles, cela reste une jolie lecture, douce et naïve.

Texte lu par Bénédicte Charton pour Audible Studios (durée : 7h 43)

>> en exclusivité & en téléchargement sur Audible.  

Si j'ai bonne mémoire | Livre audio  Audible.fr

©2015 Robert Laffont (P)2016 Audible FR

10 septembre 2016

Piste noire, par Antonio Manzini

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Un corps vient d'être écrasé par une dameuse en pleine action sur les pistes de la station de Champoluc, dans la vallée d'Aoste. Le sous-préfet Rocco Schiavone est convoqué sur les lieux pour constater le décès et ouvrir une enquête. Schiavone s'illustre aussitôt comme le parfait dandy, débarqué de Rome, arrogant et méprisable. Il traite ses subalternes avec condescendance, ne craint pas non plus sa hiérarchie et a souvent la main leste en présence des suspects. Ses méthodes peu orthodoxes amènent malgré tout des résultats probants. À sa façon, Schiavone impose le respect. Pourtant, les raisons de sa mutation demeurent floues et douteuses. Le type déteste le froid, la province, les cigarettes bon marché, roule uniquement en BMW conduite par un subordonné, refuse de se déguiser en esquimau et patauge dans la neige avec ses Clarks en pestant contre le manque de bol. L'intrigue criminelle va également nous surprendre agréablement et cultive un suspense appréciable, en démêlant l'écheveau dans les toutes dernières minutes, à la façon de Hercule Poirot. Mais le succès du livre tient évidemment à la personnalité haute en couleurs du sous-préfet Schiavone (ne pas confondre avec commissaire et s'attirer les foudres du concerné !). J'ai déjà tracé son charmant portrait - un type cynique, snob et roublard, qui révèle néanmoins une sensibilité cachée et un trauma personnel qu'il ne parvient pas à effacer. Le personnage ne manquera pas de s'étoffer au fil des épisodes, s'il consent toutefois à enlever les épluchures de sa carcasse de dur à cuire. Pour l'heure, c'est très bon et cela vous ouvre l'appétit. Cette nouvelle évasion transalpine tient la route et présage déjà de bons moments de lecture. Mon exploration de la littérature italienne, dans le domaine policier, n'en finit plus de me réserver de belles découvertes ! Pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Une deuxième enquête de Rocco Schiavone est déjà disponible chez Denoël sous le titre : Froid comme la mort

Traduit de l'italien par Samuel Sfez pour les éditions Denoël, coll. Sueurs froides (2015)

Repris en poche chez Folio Policier, février 2016

 

1 mars 2016

Opération Sweet Tooth, par Ian McEwan

Opération sweet tooth

Au début des années 1970, Serena Frome, une jeune anglaise, fille de pasteur, étudiante en mathématiques à Cambridge, fait la rencontre d'un éminent professeur, qui va la modeler intellectuellement, avant de la recommander aux services secrets du MI5. Son idylle se termine douloureusement et, pour oublier son chagrin, Serena travaille d'arrache-pied pour décrocher sa première mission : l'opération Sweet Tooth, qui consiste à encourager de jeunes écrivains, en subvenant à leurs besoins financiers, pour qu'ils publient des écrits dont les idéologies concordent avec celles du gouvernement britannique. Tout ceci dans la plus grande discrétion, naturellement. La cible de Serena s'appelle Tom Haley, une plume prometteuse et pleine de talent, mais à l'univers assez sombre et torturé. La jeune femme tombe néanmoins amoureuse de ses nouvelles, avant de connaître le personnage... et de succomber de nouveau au charme de l'intellectuel. C'est une récurrence chez cette héroïne, belle et vaniteuse, qui reconnaît son attirance pour la même figure masculine dominatrice. Et fatalement, en tombant amoureuse de son client, la jeune femme compromet sa mission et s'attire le courroux de son superviseur fou de jalousie...

Serena n'étant toutefois pas une figure très attachante, son histoire ne nous touche pas davantage, aussi admirablement écrite et fascinante soit-elle. Dans ce roman d'amour, sur fond d'espionnage, l'auteur tente d'exploiter une nouvelle palette de sensations, où les relations semblent plus douces, plus délicates et à la sensualité plus nuancée, mais l'ensemble sonne faux, froid, imperméable aux émotions. L'auteur se sert aussi de la littérature comme un outil de manipulation - l'univers sulfureux de Haley rappelle celui de McEwan - la cruauté et la perversité s'étalant dans toute leur splendeur. Les femmes, aussi, sont traitées comme de simples objets jetables, dans une société qu'on devine désœuvrée, en quête de nouveaux ennemis (la guerre froide s'étiole, mais les premières frictions en Irlande du Nord apparaissent). C'est donc un roman pour le moins troublant et poignant... mais tellement déconcertant. J'en sors quelque peu perplexe. 

Folio / Octobre 2015 ♦ Traduit par France Camus-Pichon pour les éditions Gallimard

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1 juillet 2016

Treize marches, de Kazuaki Takano

TREIZE MARCHES

J'avais quelques craintes avant de me lancer dans cette lecture, j'appréhendais de me mélanger les pinceaux avec les noms japonais ou de tomber sur une intrigue un peu lente, comme c'est souvent le cas dans les romans nippons. Foin de tout ça. La lecture a été passionnante du début à la fin. Je n'ai pas vu le temps passer (10 heures d'écoute) et j'ai adoré le déroulement de l'histoire, dont les nombreuses ramifications viennent s'emboîter en toute délicatesse au fil des chapitres. J'ai été complètement emballée par la découverte.

Jun'ichi Mikami bénéficie d'une remise de peine, après deux années de prison pour coups et blessures ayant entraîné la mort. Il est rapidement contacté par un ancien gardien de prison, Shôji Nangô, qui lui propose de travailler en équipe sur la révision d'une affaire de double meurtre. Le suspect est condamné à la peine capitale, toutefois un bienfaiteur anonyme a promis une forte récompense si le binôme réussissait à prouver l'innocence de l'individu, qui n'a aucun souvenir de ses crimes. Pour Jun'ichi et Nangô, c'est l'occasion pour faire amende honorable auprès de la société - tous deux se sentent marqués à vie de leurs actes accomplis. Leur entente est immédiate, leur motivation pressée par les impératifs des décisions judiciaires. Pas le temps de chômer. Ils relisent ensemble le dossier, se rendent sur place, rencontrent la famille, font des liens, fouillent et explorent des zones jamais soupçonnées. Leur enquête va rapidement prendre un nouvel élan et les conduire sur de sérieuses pistes... aux révélations parfois sidérantes.

Et c'est ce qui m'a plu, dans ce roman, outre de découvrir un autre aspect du Japon, à travers sa politique carcérale et son milieu judiciaire aux antipodes de ce que l'on connaît, c'est aussi de participer à une quête de la vérité pointilleuse, méthodique et captivante. Pas de surenchère. Une tension impeccable, qui ne faiblit jamais. Une mise en situation pertinente et juste. Des personnages très éloignés du cadre irréprochable et qui renvoie là aussi une autre image de la société japonaise, où l'on marginalise hâtivement ceux qui sont en-dehors des clous. 

C'est un roman riche et distrayant, un autre œil sur la planète, qui lorgne sur cet univers nippon si particulier, mais dont le pouvoir de fascination reste sans égal... 

 

Traduit par Jean-Baptiste Flamin pour les éditions Presses de la Cité (13 Kaidan)

Treize marches | Livre audio

Texte lu par Jean-Marie Fonbonne pour Audible FR (durée : 10 h) - avril 2016

En exclusivité sur Audible - uniquement disponible en téléchargement

 

Un thriller au suspense savamment distillé. Une plongée angoissante dans le système judiciaire japonais. Saisissant.

6 septembre 2012

Il y a toujours un moment où il faut partir, pense Pomelo.

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C'est décidé, Pomelo part pour une Grande Aventure, une aventure sans but, sans destination, guidée selon son instinct (et un petit caillou). C'est l'Aventure de la Vie, la Vraie. Celle qui fait grandir, qui fait découvrir le monde. Sur son chemin, il y a des rencontres qui font réfléchir, parfois on enrage alors qu'on croyait en sa bonne étoile, parfois on n'ose pas y croire tellement c'est bon, c'est chaud et réconfortant.

La Grande Aventure promet de l'exaltation, avaler des kilomètres en sentant le vent dans les oreilles, ou manger des saucisses pour la première fois, mais elle est aussi source de déconfitures et de découragement. Des moments de papamaman, comme il dit. De la solitude, des doutes, une perte de confiance... Et puis, heureusement ça repart au quart de tour.

La Grande Aventure est une histoire d'Amitié et de Partage. Il y a des Ombres Silencieuses qui vous poussent dans le dos en vous soufflant du courage et de l'espoir. Il y a les étoiles dans le Ciel qui racontent des histoires avec des messages secrets. Il y a finalement une petite étoile de mer qui vous accueille avec le regard qui pétille, qui a des tas d'idées géniales et des jeux rigolos, qui revisite le monde au coin du feu, et qui fait dire que tout ça ressemble à la Grande Aventure. On n'aurait pu en rêver de plus belle ! 

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Une lecture aux effets magiques ! Des retrouvailles incontournables avec Pomelo, une philosophie de vie et un regard sur notre monde qui vous redonne comme un coup de boost pour repartir de plus belle. Forcément, c'est indispensable.

Pomelo et la Grande Aventure, par Ramona Badescu & Benjamin Chaud
Albin Michel jeunesse, 2012

1 mars 2011

Pêle-mêle Clarabel #24

Enfin des nouveaux Zig Zag !

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J'étais curieuse de lire le roman de Rachel Corenblit, Ceux qui n'aiment pas lire. Parce que c'est un fait tellement répandu, il ne faudrait pas l'oublier. Imaginez un groupe d'enfants - ceux du club qui n'aiment pas lire - qui lance leur propre révolution en mettant à sac la bibliothèque. Ce qu'ils revendiquent ? D'être libres de lire ou de ne pas lire. De lire seulement s'ils en ont envie et ce qu'ils désirent, pas ce qu'on leur dicte. C'est tellement vrai, le roman rappelle des paroles grinçantes - il faut lire des classiques pour être cultivé (au secours !) - et malheureuses qui s'échappent trop souvent des bouches des adultes. Les enfants n'en peuvent plus, ils se sentent transparents, il est temps d'agir et de faire réagir.
Globalement, ce roman n'apporte rien de neuf et c'est même une pitié de devoir toujours répéter l'un des messages qu'il véhicule, comme de devoir batailler contre de vieilles idées préconçues concernant la jeunesse et les livres... tout ça m'épuise. Alors, que retenir ? La couverture est flippante, mais ça fait partie de son charme. L'histoire est folle, complètement folle. Elle ne m'a, toutefois, pas complètement séduite. Cependant, j'espère de tout coeur que le message sera entendu - un enfant a le droit de ne pas aimer lire, ce n'est pas une honte. (Mais pas besoin de se livrer au vandalisme non plus !)

Ceux qui n'aiment pas lire - Rachel Corenblit
Illustrations de Julie Colombet
Rouergue, coll. Zig Zag (2011) - 6€

Petite bulle de fraîcheur avec le roman de Thomas Gornet ! J'ai beaucoup aimé l'histoire de Zouz, qui doit lutter contre sa surchage pondérale, comme l'a dit le docteur. Sa maman lui concocte donc un programme pour chaque mercredi en diversifiant les activités sportives ! L'angoisse. Zouz déteste le sport !
Chaque expérience est pour le lecteur un grand moment d'humour, mais attention, on ne se moque pas non plus ! On devine le calvaire de Zouz, on le partage, on compatit. Et sa mère qui s'entête et s'acharne à trouver LE sport qui lui conviendrait le mieux... c'est désolant pour le garçon. Or, Zouz ne cherche pas à susciter la pitié, il a un don pour l'auto-dérision qui force l'admiration. Et en même temps, il ne cache pas sa détresse. C'est sur cette belle ambiguité qu'il devra composer et tirer profit, en trouvant l'activité du mercredi où il s'épanouira ENFIN !
Ce petit roman est vraiment génial, il est drôle, un peu ironique (dans le bon sens) et donne franchement envie de connaître Zouz pour de vrai. J'ai également beaucoup aimé les illustrations de Clothilde Delacroix !

Mercredi c'est sport - Thomas Gornet
illustrations de Clothilde Delacroix
Rouergue, coll. Zig Zag (2011) - 6,50€ 

8 février 2010

La Forêt des Mains et des Dents. Et moi ! Brrr.

La_foret_des_damnes_de_RyanQuelle angoisse, ce roman !
Mais qu'est-ce que c'était bon. Au début, cela me paraissait assez lent, mystérieux aussi, baignant dans une ambiance post-apocalyptique et vraiment flippante. Un village forme une enclave où se nichent des humains, en protection de la forêt. Celle-ci est habitée par des Damnés, qui gémissent en se collant à la clôture, guettant la moindre brèche, espérant envahir le village pour mordre et se repaître du sang humain. Très vite, on comprend qu'une infection entraîne une Mutation, et ainsi s'explique cette épidémie de Damnés, contre laquelle la poignée de survivants se bat avec la force du désespoir.

Dans le village où vit Mary, la narratrice de l'histoire, la Congrégation des Soeurs a largement pris en charge les solutions de survie, les règles du quotidien, les leçons dans les écoles, selon la parole du Livre Sacré. Soeur Tabitha, la mère supérieure, est intransigeante et n'a aucune pitié avec les contestataires. Seule Mary oppose aujourd'hui une résistance, avec ses questions, ses doutes, son manque de foi et sa rebellion. Elle parle d'un monde au-delà de la Forêt, elle rêve de voir l'océan, mais ce sont des histoires racontées par sa mère. Toutefois, Mary s'y accroche. Elle n'a pas le choix. Elle voit son horizon restreint et étouffant. Soit elle embrasse la vie de la Congrégation, soit elle accepte de s'unir à Harry, son ami d'enfance. Or, Mary est amoureuse de Travis, son frère, qui a choisi de se fiancer avec Cass, sa meilleure amie.

L'histoire, ensuite, se laisse découvrir ! C'est sombre, envoûtant, vraiment bien écrit, dans une langue généreuse et élégante. L'atmosphère est aussi admirablement dépeinte, je craignais, avec raison, ce monde des Damnés, et finalement ce n'est pas si gore ou horripilant. Enfin, disons que c'est tout ce qu'il faut pour donner la chair de poule, cela représente une menace permanente et épuisante. Je ne vous raconte pas la deuxième partie du roman, là j'avais les nerfs en pelote ! Je dévorais les pages, j'avais l'estomac noué, je n'en pouvais plus de savoir, j'étais inquiète et terrifiée, j'hallucinais et je me retenais de hurler.

En attendant, le début est lent. Accrochez-vous, car la suite vaut le détour. Avec le recul, cependant, j'ai trouvé que c'était une mise en place idéale, mettant en scène le lieu, le contexte et les personnages, plus la dose de suspense, avec les secrets que seule Mary découvre, en plus du climat inquiétant, de la tension qui monte, qui monte. Voilà de quoi bien vous ferrer ! Seul point sur lequel j'ai du mal à me prononcer, c'est la narratrice - Mary. C'est une vraie héroïne qui nous donne des bouffées de rage et de frustration, tant elle est splendide dans ses qualités et ses défauts : Mary est égoïste, curieuse, inconstante, amoureuse, jalouse, têtue et obstinée. On suit ses états d'âme et ses réflexions plus ou moins pertinentes, on partage ses doutes et on aspire comme elle au bonheur et à l'espoir. Rarement une héroïne a su autant m'irriter et me toucher !

Près de 400 pages plus tard, je vous conseille vivement cette lecture ! J'en suis sortie sonnée, folle d'angoisse et impatiente d'en (s)avoir plus. Un prochain livre sort aux USA en mars 2010, sous le titre de The Dead-Tossed Waves, mais ce n'est pas une suite, plus un "companion book".

La Forêt des Damnés ~ Carrie Ryan
titre vo : The Forest of Hands and Teeth
traduit de l'anglais (USA) par Alice Marchand
Gallimard jeunesse, 2010 - 380 pages - 15,50€

Cette bande-annonce pour vous plonger dans la tourmente :

   

 

the dark side challenge - 4

the_dark_side_challenge

26 février 2010

Je lis aussi des Albums ! #4

Cet album va enchanter tous les amoureux des livres. Petits et grands.
le_meilleur_ami_des_livresA travers l'histoire d'un chien qui aime passionnément la lecture et décide d'ouvrir une librairie pour partager son goût des livres, nous suivons ses premiers pas teintés de déception, de frustration, de solitude pour enfin s'ouvrir sur la magie, l'imagination et la révélation. Car finalement, tout le plaisir de la lecture réside dans le partage.
C'est un album qui ne manque pas d'humour, et qui nous montre que lire permet de casser la monotonie, l'ennui et d'ouvrir l'esprit, d'inviter au rêve et à l'évasion. J'ai été tout simplement charmée !
Les illustrations sont tendres, j'ai vraiment apprécié, et puis j'aime les chiens, donc j'étais plutôt gâtée. Notre héros de l'histoire est craquant et plus qu'attachant. 
Louise Yates se révèle pour moi une très belle et enthousiasmante découverte.

Le meilleur ami des livres  ~ Louise Yates (Milan jeunesse, 2010 - 10,90€)

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Au début, l'histoire d'Un loup à la maison semble être une simple version revisitée du Loup et des Septs Chevreaux. Sympa, mais sans plus. C'est après que la bonne surprise arrive et que ça touche la corde sensible.
un_loup_a_la_maisonOn découvre comment Mme Bê, une ménagère accomplie et qui aime tenir sa maison, son jardin et ses enfants à la baguette, va progressivement s'assouplir du fait de sa cohabitation avec un loup, vieux, fatigué et usé. Papilou a été recueilli par les enfants alors que leur maman était au marché. Il est faible, très malade, les chevreaux s'attachent à lui alors qu'il se retape une santé et commence à s'occuper d'eux en leur racontant des histoires. Mais cette situation exaspère Mme Bê, qui n'en peut plus. Sa maison est en désordre, il y a des poils partout, elle déteste ce loup ! Celui-ci en a conscience, il se montre discret, prévenant et petit à petit il invite sa bienfaitrice à se détendre. A prendre le temps de se prélasser sous un pommier. A ouvrir les fenêtres et les portes de la maison. C'était devenu si rare, dans le quartier chaque maison  reste cloîtrée et plus personne ne rend visite à son voisin. La présence de Papilou va finalement décomplexer la crispation générale. Les visites deviennent plus nombreuses, la maison de Mme Bê ne désemplit plus, même si elle se montre souvent excédée, elle prend finalement plaisir à voir son quotidien bousculé, à avoir de la compagnie, à vivre dans l'harmonie, la joie et la bonne humeur.
La fin est un chouia triste, les enfants y seront probablement sensibles, mais ils en apprécieront davantage la portée de l'histoire. Le loup, qui incarnait l'ennemi de longue date, s'avère ici le ressort pour faire sauter les soupapes de sécurité d'une petite vie trop bien rangée et malheureusement étriquée. Cet album est très beau, grâce aux illustrations et aux couleurs de Sébastien Pelon, et Mim nous raconte une histoire qui traite d'amitié et de respect.
Une lecture qui gagne à être connue. (Milan jeunesse, 2010 - 13€)

challenge Je lis aussi des albums - 8

challenge1jelisaussidesalbums

 

23 juin 2016

Pingouins en pagaille : L'Abominable bête des neiges ! de Jeanne Willis

L’abominable bête des neiges

C'est avec grand plaisir qu'on retrouve nos délurés pingouins dans cette nouvelle aventure pleine de folie ! ☺

Alors que nos amis pensaient avoir résolu leur problème, en assurant leur place au zoo et en lui redonnant un second souffle, ils constatent avec effroi que le vent est de nouveau en train de tourner. Notre joyeuse bande de gorfous sauteurs, manchots pygmées, manchots empereurs et manchots à jugulaire n'a plus les faveurs du public et ignore le pourquoi de ce désamour !

On murmure qu'un nouveau locataire, installé dans une grotte gigantesque, avec cascade et tout le confort, attire les foules en masse au détriment de nos adorables pingouins. On raconte même qu'il s'agit d'une créature féroce. Rien ne va plus dans les chaumières, il est temps d'éclaircir ce mystère.

Toujours aussi délirant, toujours aussi pétillant, le roman s'inscrit dans la rigolade et ne manque pas d'imagination pour raconter les frasques de nos charmants pingouins qui ne cessent de nous surprendre ! Leur mot d'ordre : gags à répétition.

C'est également raconté avec une telle énergie (jeux de mots, situations saugrenues & quiproquos) qu'on ne quitte jamais le sourire affiché sur nos lèvres. On y découvre des pingouins rusés et fantasques, adeptes d'aérobic ou de masques en peau de poulpe (blurp), mais aussi lanceurs de crottes en rafale pour se venger des indifférents et casser leur image trop lisse. 

Polissons, nos pingouins ? Certainement. Et l'histoire démontrera encore l'étendue de leurs talents en matière de camouflage et d'espionnage ! ^-^

La lecture s'accompagne d'illustrations réjouissantes et de chansons entraînantes. Un franc succès pour ce troisième titre d'une série découverte l'année dernière, avec Zizanie au zoo & Opérations poussins. Bidonnade assurée. Bonté sardine ! 

Nathan, février 2016 - Traduit par Lilas Nord /  illustrations de Nathan Reed

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« On chante, on danse, on se fait des bœufs.
- Vous avez mangé un bœuf ? J'espère que ce n'est pas celui de la mini-ferme. »

🐧🐧🐧🐧🐧🐧🐧🐧

9 juin 2012

So wrong for each other...and yet so right.

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Prise d'une soudaine envie de retrouver mes 17 ans, j'ai opté pour la lecture du roman de Katie McGarry. Outre la vilaine couverture française, j'avais deviné qu'il s'agissait d'une histoire où deux opposés s'attiraient pour vivre une folle romance avec papillons dans le ventre. Certes, tout ça fait partie du programme, mais il y a plus encore : deux parcours bouleversants, avec des familles en vrac et des combats à mener. C'est à peu près ce que ce roman cache, et j'étais ravie !

Au commencement, Echo et Noah doivent travailler ensemble sous la houlette de leur psychologue scolaire. La jeune fille est une ancienne star du lycée, qui n'est plus que l'ombre d'elle-même depuis son séjour à l'hôpital, à propos duquel de folles rumeurs circulent. En vérité, elle vit un drame familial et a perdu la mémoire suite à son traumatisme... Noah, lui, est le caïd arrogant et effronté, avec une réputation de drogué et de débauché. Marqué par la mort accidentelle de ses parents, il a été baladé dans des familles d'accueil minables, en a perdu toute confiance dans les adultes et souhaite désormais se battre pour récupérer ses petits frères.

Ainsi Echo et Noah se détestent, puis vont apprendre à se connaître avant de réaliser qu'ils sont tous les deux sur la même longueur d'onde. Toujours la même rengaine, pense-t-on. De plus, l'histoire est racontée en alternant les points de vue, ce qui fait instinctivement penser aux romans de Simone Elkeles. (Quel régal de se glisser dans la tête d'un garçon aussi complexe et sexy que Noah Hutchins ! On craque, forcément.)

Cette lecture se révèle un vrai tourbillon d'émotions, avec des coups de griffe, des révélations attendrissantes, de doux mots d'amour, de la colère et de la folie, de l'impuissance aussi face à tant d'issues improbables. Forcément on lit tout ça avec la gorge serrée... et on en sort avec le sentiment d'avoir partagé une lecture différente de nos attentes. C'est léger, mais avec une pincée de sentiments forts et sincères. Un joli roman d'amour, mais qui évoque les drames familiaux et leurs conséquences face à la nécessité de retrouver une vie normale. Surprenant, et poignant !

Hors Limites, par Katie McGarry
Harlequin, coll. Darkiss, 2012 - traduction par Isabel Wolff-Perry 

4 juin 2012

Beau temps en juin, abondance de grain.

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Lu sur un conseil de libraire, le roman de Susie Morgenstern m'a très sincèrement surprise !

C'est l'histoire d'une jeune femme, Alizée Tramontane, 30 ans, institutrice et célibataire. Elle est passionnée par son métier et par la météorologie. Mais une collègue, jalouse d'elle et de sa beauté, parvient à monter toute l'école contre elle, cherchant à la contrarier dans ses moindres projets jugés exubérants. Par l'intermédiaire de sa tante, elle rencontre aussi un homme séduisant, riche, entreprenant, Axel D. Bertrand. C'est un homme de force, un homme conquérant, et Alizée se sent comme une petite fourmi à côté.

C'est un petit roman chic, et qui invite à rêver. L'histoire de cette jolie institutrice fait lever les yeux au ciel, de tendresse. C'est comme regarder les nuages filer et se représenter des formes imaginaires. C'est doux et apaisant, vraiment une belle invitation à flâner. Et puis c'est romantique, l'histoire entre Alizée et Axel est tourbillonnante, improbable mais elle régale les papilles. Ce roman séduira, et séduit, les jeunes filles et les mamans qui mettent du sent-bon à la rose derrière l'oreille.

Mademoiselle Météo, par Susie Morgenstern
Neuf de l'Ecole des Loisirs, 2011 - illustration de couverture : Gabriel Gay 

4 avril 2012

The vampire in me was closer to the surface...

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Deuxième tome de la série Evernight (qui se boucle en 4 livres). 

Ce qu'on découvre ici tend à suggérer que Bianca est VRAIMENT différente de celle qu'on imaginait. Sa séparation avec Lucas ne tartine pas le récit de mélancolie amoureuse indigeste, et puis cela profite à Balthazar, qui se met doucement en avant.

Bianca et lui sont proches et se rapprochent - sur papier, c'est dans le but de pouvoir s'échapper d'Evernight sans éveiller les soupçons, et ainsi pouvoir retrouver Lucas à l'extérieur. Concrètement, on sent bien que cette relation factice tourneboule les concernés, même Lucas devient jaloux, inutile de chercher plus loin. Le clash arrive au grand galop !

En chemin, Charity-la-folle fait son apparition. Il s'agit en fait de la soeur de Balthazar, elle déteste Mrs Bethany et Evernight, s'est jurée de se venger et d'être sanguinaire envers les humains et ses ennemis. Je pensais que son intrusion serait purement anecdotique, bien qu'envahissante, il n'en est rien.

De même, Bianca fait connaissance avec les spectres - les ennemis jurés des vampires. Depuis toujours, un semblant de paix existe entre eux, alors pourquoi aujourd'hui les spectres envoient tout balader et hantent les murs d'Evernight, en prétendant réclamer un dû ?

Tout ceci donne des frissons à notre héroïne, mais pas seulement. Chaque fois qu'elle s'infiltre parmi les membres de la Black Cross, je retiens mon souffle ! Claudia Gray a déjà démontré qu'elle pouvait lâcher des scuds capables de TOUT remettre en question. En bref, ce deuxième tome enchaîne les événements et annonce d'autres rebondissements. La série a désormais son rythme de croisière, j'en soupire d'aise.

Evernight, livre II par Claudia Gray
Pocket jeunesse, 2011 - traduction de Cécile Chartres 

9 mai 2012

Madame Pamplemousse #2 : Le café à remonter le temps

Un deuxième tome toujours aussi charmant, et qui nous transporte au-delà des possibles.

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Madeleine va en effet découvrir le café à remonter le temps de monsieur Moutarde, qui est aussi un ami de madame Pamplemousse. Cette dernière a disparu depuis plusieurs semaines, mais c'est avant de la retrouver dans une cabane perchée, dans une forêt préhistorique, en train de récolter les derniers ingrédients pour son tonic secret. Son chat Camembert est également à ses côtés, venant au secours de la fillette alors qu'un tyrannosaure cherche à remplir son estomac. Suivront d'autres bonds dans le temps et d'autres rencontres étonnantes, avec en parade des créatures comme le monstre du Loch Ness ou le Sphynx. C'est plus que dépaysant, presque déroutant, mais Rupert Kingfisher a de la suite dans les idées.

En effet, la ville de Paris est actuellement menacée par une politique de restauration intensive de tous les quartiers populaires ou touristiques, le but est d'effacer l'authentique pour rentabiliser au maximum le lieu et l'espace. Les parisiens eux-mêmes se sentent groggy et ne réagissent quasiment plus. Madame Pamplemousse a ainsi l'intention de réveiller tout ce petit monde et d'affronter la redoutable mademoiselle Fondue, le bras droit du président, dont la beauté froide en impressionne plus d'un, à commencer par Madeleine, menacée d'être envoyée dans un centre de détention pour enfants criminels !

Ce deuxième rendez-vous, une nouvelle fois, captive l'imaginaire. L'histoire est fantaisiste et fabuleuse, de facture classique et démodée, mais aussi originale et inventive. Et puis l'emballage vintage a tout pour plaire, attirer, intriguer, personnellement c'est ce que j'apprécie le plus, avec les illustrations de Sue Hellard. Cette petite série, idéalement destinée à de jeunes lecteurs, peut plaire aux plus grands qui ont l'esprit en vacances, aux conteurs qui se régaleront à raconter à voix haute cette aventure étonnante, et à ceux qui en ressentent l'envie et la curiosité.

Madame Pamplemousse et le Café à remonter le temps, par Rupert Kingfisher 
illustrations de Sue Hellard - traduction par Valérie Le Plouhinec 
Albin Michel jeunesse, coll. Witty, 2012

10 juin 2015

Les Petits bonheurs, Album chanté par Domitille & Amaury

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Comme cette lecture / écoute aura été douce et enchanteresse !

Le duo Domitille & Amaury a puisé dans le patrimoine de la chanson française, de Charles Trenet à Henri Salvador, Eddy Marnay ou André Hornez, pour étourdir un jeune public ignorant et séduire les plus nostalgiques de la bande grâce à des mélodies enjouées et pétillantes remises au goût du jour. Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? - Route Nationale 7 - Une chanson douce - Ballade irlandaise - Du soleil plein la tête... et 5 autres titres constituent le répertoire de cet album plein de fraîcheur et d'enthousiasme.

Vous n'avez pas fini d'accompagner les chanteurs en suivant le texte ou en vous laissant, de temps à autre, distraire par les illustrations d'Olivier Tallec, qui font de cet album un rendez-vous absolument indispensable. Eh oui, messieurs - dames, on applaudit bien fort ! La tournée est en préparation, guettez les dates ! ;-)

Gallimard jeunesse Musique /mai 2015

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♦♦♦♦

Pour toute la tendresse qu'elle me rappelle ♪♫♫♪ ♥

26 octobre 2011

Le Yark : il adore les enfants !

... et particulièrement leur odeur d'amande et de beurre frais. C'est aussi bon qu'un bonbon fondant ! 

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Le Yark est donc un conte moderne délicieusement effrayant.
C'est l'histoire d'un ogre qui ne mange que les enfants sages, parce que les premières de la classe ont le goût de la tarte aux cerises par exemple. C'est plus fort que lui, il adore ça et en raffole. Mais les temps sont devenus durs, les enfants d'aujourd'hui ne sont plus ce qu'ils étaient et il devient difficile de se mettre sous la dent un plat consistant. C'est la fête pour les chenapans, simplement parce que tous les livres rapportent que le Yark souffre de gaz et d'indigestion s'il les croque. Il décide alors de se rendre chez son vieil ami le Père Noël afin de lui chiper sa liste des enfants sages. Or, le vieux barbu en habit rouge ne l'accueille pas à bras ouverts, oh non ! Par son faute, le Père Noël risque d'être au chômage. Oust, va au diable ! Le Yark est une créature incomprise et son ventre crie famine. D'aventures en mésaventures, il finit par rencontrer une charmante petite fille, prénommée Madeleine, qui vit dans un phare à l'autre bout du monde. Sa gentillesse l'émeut tellement qu'il finit par perdre la boule, à tel point que sa perception du bien et du mal va en prendre un coup dans l'aile ! 
Sur une base très classique, l'histoire prend des virages inattendus et patauge avec bonheur dans l'humour malicieux ... pour le plus grand plaisir du lecteur. Les illustrations de Gapaillard ne sont pas sans rappeler l'univers de Chris Riddell, et l'humour noir de Santini fait franchement sourire. Même les réflexions sur les enfants d'aujourd'hui sont justes, affreuses et donc jubilatoires !!!

Le Yark, par Bertrand Santini et Laurent Gapaillard smileyc002
Grasset jeunesse, 2011. 
Ce livre est édité sous le même format que La boulangerie de la rue des dimanches d'Alexis Galmot et Till Charlier. 

8 juin 2011

C'est tellement facile de tout oublier. Quand on écrit quelque chose, ça reste.

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Depuis la mystérieuse disparition de leurs parents survenue dix ans plus tôt, trois enfants, Kate, Michael et Emma, étrennent tous les orphelinats avec tristesse et amertume. Ils ignorent tout de leurs origines, ne portent que la lettre P en guise de nom de famille, n'ont aucun souvenir des leurs, à part l'aînée, Kate, qui s'est jurée de toujours prendre soin de son frère et sa soeur.

L'histoire commence alors qu'ils arrivent à Cambridge Falls, dans un orphelinat désert, tenu par un vieux majordome, une gouvernante revêche et celui qui se présente comme étant le docteur Pym. Au hasard de leur exploration des murs, les enfants découvrent un livre avec des pages blanches, lequel les envoie aussitôt dans le passé, grâce à une photographie. Et là, la machine se met en marche, l'aventure peut démarrer, vous n'êtes qu'au début de vos surprises. Car des voyages, Kate va en faire, pour sauver son frère, pour retrouver un livre, pour échapper à une sorcière folle, pour sauver les enfants d'un village, pour comprendre le pouvoir qui prend forme en elle, pour saisir chaque instant d'une prophétie qui se construit, et qui aurait été écrite bien des années plus tôt.

J'ai beaucoup, BEAUCOUP aimé cette lecture ! L'immersion a été quasi immédiate, c'est un univers riche et foisonnant, teinté de magie et de voyages dans le temps, avec des rebondissements, de l'action, des événements tellement liés entre eux que le moindre souffle peut tout faire basculer, c'est passionnant. Les héros sont jeunes (14, 12 et 11 ans), ils ont des caractères bien différents, mais ils sont très attachants (et même parfois agaçants avec leur science, leur excentricité, leurs caprices, leurs doutes et leurs mensonges), paradoxalement c'est ce qui fait qu'on les apprécie autant. Il y a aussi beaucoup d'humour, involontairement de la part du roi Hamish, et essentiellement grâce à Michael qui réalise son rêve en rencontrant des nains ! Quel choc. Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire.

Je n'aime pas trop comparer ou poser des étiquettes, mais malgré moi, je ne peux m'empêcher de conseiller ce livre à tous ceux qui se sentent orphelins du monde de Harry Potter & co. Vous y trouverez ce même plaisir de baigner dans un espace hors du temps, de votre bulle et vous ne compterez plus les heures passées le nez dans votre bouquin. C'est dire l'immense plaisir qu'il procure, en plus de cet instinct d'avoir décroché de la réalité pour basculer dans un autre monde. Les éditions Milan ont eu le flair en traduisant ce premier tome alors même qu'il vient de paraître aux USA (par contre, la suite ne sera pas imminente...).

L'Atlas d'Emeraude - John Stephens  smileyc002
Milan, 2011 - 440 pages - 14,90€
traduit de l'anglais (USA) par Nathalie Zimmermann

Ce roman a été gracieusement distribué aux blogueurs, je ne compte plus les liens, aussi voici celui de Bladelor qui ouvre sur d'autres...

25 septembre 2015

Et rien d'autre, de James Salter

Et Rien D'autre CD

Présentation de l'éditeur : La Seconde Guerre mondiale touche à sa fin. À bord d’un porte-avions au large du Japon, Philip Bowman rentre aux États-Unis. Il a deux obsessions, qui l’accompagneront tout au long de sa vie : la littérature et la quête de l’amour. Embauché par un éditeur, il découvre ce milieu très fermé, fait de maisons indépendantes, et encore dirigées par ceux qui les ont fondées. Bowman s’y sent comme un poisson dans l’eau, et sa réussite s’avère aussi rapide qu’indiscutable. Reste l’amour, ou plutôt cette sorte d’idéal qu’il poursuit, et qui ne cesse de se dérober à lui. 

Quelle déception. J'ai tenté de découvrir ce roman encensé par OdL lors de la rentrée 2014, en profitant du format audio (roman lu par l'excellent Eric Herson Macarel), mais quelle lecture ennuyeuse ! Elle m'est apparue lente, plate, inintéressante. Cela raconte l'histoire d'un pauvre type, Bowman, qui est mou et barbant, de surcroît misogyne, et qui m'a très vite tapé sur le système. Allez comprendre pourquoi. Le texte est farci de scènes de sexe très détaillées (pour moi, elles sont vulgaires et malvenues). Et il ne se passe rien d'exceptionnel dans la vie de cet homme qui mérite qu'on s'y arrête. Tout est banal. C'est une histoire sur le temps qui passe. Super. On a déjà lu ça mille fois. Salter a cependant une belle écriture, agréable à lire. Mais son roman m'est tombé des mains. Abandon à mi-parcours pour cause de saturation. 

Ce que continue d'en dire l'éditeur : Ce livre magnifique est comme le testament d’une génération d’écrivains, derniers témoins, sans le savoir, d’un monde promis à la disparition. Parce que l’art est le seul lieu où les contraires coexistent sans se détruire, il noue d’un même geste la soif de vivre de la jeunesse et la mélancolie de l’âge mûr, la frénésie érotique et le besoin d’apaisement, la recherche de la gloire et la conscience aigüe de son insignifiance.

Sixtrid / Juin 2015 ♦ Interprété par Eric Herson Macarel (durée : 11h 27) ♦ Traduit par Marc Amfreville pour les éditions de l'Olivier (All That Is)

 

Et rien d'autre

Disponible en format poche chez Points, août 2015

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