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Chez Clarabel
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6 mars 2013

“Kiss me in a way I'll never forget. Kiss me in a way that will stay with me until I see you again❤”

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Comme un grand nombre de lecteurs, amateurs de la série Hush, Hush depuis la première heure, j'ai tenu à lire cet épisode ultime en sachant que je n'y attacherai aucune réelle importance. C'était comme si l'auteur avait tiré sur la corde pour remplir un livre supplémentaire, alors que tout avait été partiellement résolu auparavant. Donc, pour moi ce tome avait un goût de trop mais je n'allais pas lui en tenir rigueur non plus. C'est aussi une question de principe, on aime, on suit, on lit et on soupire.

Bon, aussi plaisante soit-elle, l'histoire n'est pas hyper excitante. Les personnages sont en place, les rôles ont été redistribués, Nora a beaucoup évolué tandis que Patch est tristement absent, mis au second plan. Désormais à la tête de l'armée des Néphilim, en digne héritière de la Main Noire, Nora doit faire ses preuves et sacrifier son amour pour Patch. Elle suit un entraînement de choc avec Dante, l'ancien bras droit de Hank Millar, et devient accro à une drogue puissante, capable de décupler ses capacités physiques et sensorielles.

La bataille s'annonce rude contre les déchus, d'autant que Nora entrevoit la possibilité de trahisons et autres complots. A elle de déjouer les coups du sort, mais on n'oublie pas que la demoiselle manque cruellement de jugeote et de discernement dès lors qu'elle est accablée par le doute et la jalousie. D'ailleurs, à ce stade, était-il utile de ressortir du placard cette chère Dabria ? Non mais, franchement...

C'est un peu le travers de ce dernier épisode, qui inspire un sentiment de déjà-vu : situations répétées, imbroglios sentimentaux à la mords-moi-le-nœud, confiance en péril, et toujours cet acharnement contre notre couple vedette qui ne peut vivre son amour sereinement. Sobrement, sans esbroufe, cette série se termine donc. Le roman aura certes manqué de brio et souffert d'un rythme inégal, mais c'est tout de même le dernier échelon d'une palpitante saga, qui doit amplement son succès à son personnage phare - j'ai nommé Patch, "trop hard-core pour être humain" comme dirait Vee.

Finale (Hush, Hush #4) ~ Becca Fitzpatrick
Le Masque, coll. MsK (2012) - traduit de l'anglais par Marie Cambolieu

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11 mars 2013

"I want to live in a world where I know the rules, where people are just people."

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Syrli Ainsley n’a jamais vu le ciel. Son monde se termine au bord de la barrière en forme d’immense dôme d’énergie qui entoure tout ce qui reste de l’humanité. Pendant des siècles, la ville a nourri cette barrière en puisant l’énergie magique que ses enfants engendrent quand ils atteignent l’adolescence.

Lorsque c’est au tour de Syrli, elle apprend qu’elle est plus qu’une adolescente, qu’elle appartient à la légende elle-même. Contrainte de fuir pour éviter de devenir à vie une sorte de batterie humaine, Syrli doit se battre et quitter son monde. Elle est traquée. Mais elle sait que d’autres adolescents semblables à elle ont fui et se cachent dans le bois de Fer.

Quel univers étrange et confus ! Longtemps j'ai eu le sentiment de n'y rien comprendre, c'est triste à dire. L'intrigue est aussi longue à se mettre en place, ce qui n'aide pas à trouver ses repères. Sincèrement j'ai peiné pour m'accrocher à cette histoire. Et puis les personnages sont vagues, pas très attachants non plus. J'ai traîné, attendu, espéré la petite étincelle ... finalement j'ai refermé mon livre de dépit. Pas du tout convaincue, séduite ou embarquée par ce qu'on me proposait. Dommage !

Syrli, par Meagan Spooner
Milan, coll. Macadam, 2013 - traduit par Guillaume Fournier

22 mars 2012

C'est le cuisinier lui-même qui donne de la saveur à sa cuisine : son caractère, ses rêves, ses sourires, ses larmes.

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La boutique de Madame Pamplemousse est unique. Niché dans un quartier de Paris, à l'abri des regards curieux, l'endroit fait davantage penser à l'antre du sorcier, avec ses articles aussi bizarres que du salami de Minotaure à la sauge et au thym sauvage, des queues de vélociraptor salées, du tigre à dents de sabre fumé et du roulé de langue de tyrannosaure, mais aussi des rognons de crocodile au vin de myrtilles, du piranha rôti au coulis de framboises, et j'en passe.
Il y a incontestablement un grain de folie dans ce roman, un zest de magie, une pincée de gourmandise, une cuillerée de bons sentiments, et beaucoup d'autres ingrédients savoureux ! Madame Pamplemousse est un personnage bien mystérieux, aux allures de sorcière, avec son chat au pelage blanc, répondant au nom de Camembert, et qui crache tout le temps des boules de poil dès qu'il se sent dérangé dans ses petites habitudes.
Ce chat cache lui aussi ses petits secrets.
Et c'est par hasard que la jeune Madeleine croise leur chemin, qu'elle découvre leur boutique en manquant tomber à la renverse parce que tout lui semble extraordinaire. Mais cette rencontre va aussi bouleverser sa vie et celle de son oncle, monsieur Lard, un grippe-sou tyrannique, propriétaire d'un restaurant sans attrait et sans âme, tout bonnement parce que son gros tonton autoritaire maltraite son personnel et sa cuisine.
Résultat, c'est gras, c'est lourd, c'est répugnant.
C'est alors que s'invitent les Fabuleux Délices de Madame Pamplemousse, et la Bête se transforme...

C'est indubitablement une lecture fantastique et enchanteresse. Déjà rien que la couverture donne envie d'avoir le livre entre les mains. Et croyez-moi les illustrations de Sue Hellard ne déçoivent pas un seul instant. Tout est beau dans ce roman, tout est délicieux et original. On a même le sentiment de plonger dans un Paris tout droit sorti d'un film coquet, ça fait très carte postale, mais c'est charmant.
L'histoire ressemble également à un conte merveilleux, avec une jeune héroïne au coeur d'or, exploitée par un malotru, qui va se découvrir un don exceptionnel. De plus, l'écriture fait preuve d'élégance et de beaucoup d'imagination (l'inventaire des recettes et des délices fait tourner de l'oeil par exemple !). C'est dire le bonheur qu'on a de plonger dans l'univers de Rupert Kingfisher, et on ne le regrette pas. 

Je connaissais la série dans sa version originale, et je suis très heureuse de la découvrir sur le marché français, c'est une découverte exquise, dont l'esthétisme vintage exerce un réel attrait. C'est à déguster sans attendre ! Le deuxième tome va paraître au mois de mai.

Madame Pamplemousse et ses Fabuleux Délices, par Rupert Kingfisher smileyc219
illustrations de Sue Hellard - traduction par Valérie Le Plouhinec 
Albin Michel jeunesse, coll. Witty, 2012

20 mars 2012

Même les morts racontent une histoire.

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Le père de Sig, Einar, vient de mourir de froid en tombant dans le lac gelé. Tandis que sa soeur et leur belle-mère se rendent en ville pour chercher de l'aide, le garçon veille sur le corps. Quelques instants après, un homme s'invite chez eux et réclame son or. Celui que Einar lui aurait volé dix ans plus tôt.
Nous sommes en 1910, dans un coin paumé en Suède, à Giron, près du cercle polaire. Wolff est une brute épaisse, qui n'a jamais cessé sa traque en réclamant justice, sauf que Sig ignore tout de cette magouille et défend farouchement l'existence d'or dans leur modeste bicoque. La famille n'a jamais eu le moindre sou, comme le prouvent les longues années de galère et d'errance, depuis Nome en Alaska.
Commence alors un tête-à-tête pesant et angoissant, entre le vieux baroudeur et le garçon qui sort tout juste de l'enfance. Celui-ci se sent dépassé par la situation, il est mort de trouille et songe de plus en plus à se faufiler dans le cellier pour récupérer le précieux Colt de son père.
Et c'est dans cette atmosphère étouffante, qui glace pourtant le sang, que le roman se construit, alternant les scènes antérieures aux évènements présents afin de mieux comprendre d'où sort ce Wolff et qu'aurait pu faire Einar pour l'agacer à ce point.
C'est habile, remarquable et bluffant. Pas moyen de reposer le livre avant la fin. Le suspense est tendu au cordeau, dans un cadre peu ordinaire, ce qui ajoute au charme du roman. L'auteur a su jouer avec nos nerfs, c'était tellement bon, terriblement stressant mais vraiment bon !

Revolver, par Marcus Sedgwick smileyc002
éditions thierry magnier, 2012 - traduit par Valérie Dayre 
illustration de couverture : Séverin Millet 

14 mars 2012

Held you in my arms one time, Lost you just the same

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Je suis tombée amoureuse de ce livre ! 
Aurélien est un cowboy solitaire, il aime les conquêtes mais pas les attaches, jusqu'au jour où il rencontre Jolene. Franche, vigoureuse, exaltée, passionnée et passionnante. Aurélien tombe sous le charme. Sauf que c'est trop pour lui, et il prend peur en prenant le large. C'est à lui qu'il inflige la plus grande claque. A son tour de connaître les souffrances de l'amour.
Jolene n'a pas seulement le charme et l'insolence, c'est aussi une jeune femme blessée et fragile, avec un passé chargé de mauvais souvenirs. Elle aussi va apprendre ce que signifie de se donner à l'autre sans peur d'en payer le prix. Et cette relation, improbable au départ, devient belle, forte, entière, fusionnelle et tumultueuse.
C'est doux, souvent volcanique. Les coups de gueule valent autant les déclarations lyriques. C'est ce qui rend l'histoire plus émouvante, plus touchante, plus troublante.
Comment ne pas succomber face à ce roman qui parle d'amour, de musique, de blues et de rencontres uniques qui bouleversent le cours d'une vie ?! Aurélien est un rebelle qui se découvre un coeur de guimauve, d'abord il y a eu Rosemarie, si pure et bouleversante, puis Jolene, l'insoumise, et Perdita Cruz, notre cauchemar à tous. Trois rencontres, trois petits cailloux dans la santiag.
Des papillons dans le ventre, et la gorge nouée.
Il y a un passage où Jolene apprend à Aurélien à jouer To Love Somebody, elle râle en disant ceci : "Cette chanson ne supporte pas la médiocrité, sinon elle devient mièvre et débile."
Pour moi, cette réflexion s'applique aussi au roman de Shaïne Cassim.
Il faut le lire, le savourer par petites lampées, faire une pause, écouter Ray LaMontagne, se replonger avec la sensation d'y trouver autant de tendresse que d'amertume, en apprécier la texture, soupirer, et refermer la dernière page avec un léger goût de tabac et de fraîcheur sur la langue.

Jolene, par Shaïne Cassim
Ecole des Loisirs, coll. Medium, 2012 - illustration de couverture : Carine Brancowitz / www.pellmell.fr 

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8 mars 2012

"... ton autre moi s'évadera de ton corps pour se réfugier on ne sait où."

la lecture du premier tome est nécessaire,
 http://blogclarabel.canalblog.com/archives/2011/05/23/21181706.html

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Complètement emportée par les nouvelles aventures de Neil Galore, je n'ai fait qu'une bouchée de cette lecture absolument passionnante.
Nous accompagnons toujours l'apprenti agent de l'agence Pinkerton, de la branche spéciale, en route vers l'Ouest américain, dans une petite ville de prospection minière où il apparaît très vite que sa présence embarrasse tout le monde. Et le voilà en train de commettre une faute de débutant, en voyant son suspect lui filer sous le nez et en se coltinant la vindicte populaire. Heureusement son vieil ami Calder Weyland lui sauve la peau et l'entraîne vers les traces de leur ennemi commun, à savoir la Brigade Pâle, une société secrète, nostalgique du Vieux Sud, aux pratiques douteuses et démoniaques, qui rêve de renverser le gouvernement pour installer leurs propres idéaux.
On apprend tout ça dans le premier tome, ce qui est bien avec cette suite c'est qu'on passe moins de temps à comprendre et expliquer, du coup l'action est plus riche, les rencontres et autres retrouvailles sont aussi plus percutantes et excitantes. Franchement j'ai savouré du début jusqu'à la fin, l'histoire roule sa bosse, les personnages ont gagné en grade, ils sont plus mystérieux et volontaires, à aucun moment je n'ai été déçue.
L'enquête de Neil va donc le conduire jusqu'à San Francisco où il va renouer avec ses anciens camarades, Armando Demayo et Elly Aymes, et ... bon, quand on sait comment ça s'est terminé précédemment, on est drôlement emballé de leur retour dans l'aventure ! Neil a en effet découvert le corps d'un entomologiste dans une grotte, avec son carnet de croquis à ses côtés. En le feuilletant, il a bien cru tourner de l'oeil : des papillons rouges, une espèce rare... et la révélation que ces lépidoptères offriraient probablement l'immortalité tant convoitée par la fameuse Brigade Pâle. 
C'est le début d'une piste, qui va une nouvelle fois plonger l'intrigue dans les méandres de l'étrange et du fantastique, vraiment c'est passionnant, particulièrement haletant dans les derniers chapitres, avec d'autres indices parsemés qui enrichiront probablement la suite de la série... je suis comblée ! 
Pour qui aime l'ambiance western, qui sent bon le flingue, le whisky, la poussière et les combats à plein nez, et qui ne boudera pas contre un peu de policier, d'historique et de fantastique, c'est banco. Adoptez cette série ! 

L'Agence Pinkerton, tome 2 : Le rituel de l'ogre rouge, par Michel Honaker smileyc002
Flammarion, 2011 - illustration de Benjamin Carré

-) tome 3 à paraître en mai 2012

12 décembre 2011

Des animaux si placides et autonomes...

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Je m'attendais à un roman plus enfantin, et bien pas du tout ! Quelle bonne surprise ! Certes, des animaux sont au coeur de l'intrigue, mais leurs agissements et leurs pensées sont tellement calqués sur le modèle humain que ça en est confondant. Alors, on trouve des magouilles politiques, des kidnappings, des trahisons, des meurtres, de gros profits sur le dos des plus malheureux, des êtres égarés qui ne savent plus à quel saint se vouer... L'ambiance n'est pas à la fête, mais c'est justement ce climat sombre et sans pitié qui a su me captiver. 

A Foxboro, les renards crient famine et réclament auprès de leurs dirigeants de trouver une solution. N'y aurait-il pas dans les environs une forteresse de lapins, un garde-manger ô combien tentant pour des estomacs qui n'en peuvent plus de se tordre de douleur  ? Isaac, le vénérable directeur de l'administration de la ville, convoque son frère Harry pour une mission fortement monnayée. Il lui faut se rendre dans la forêt pour découvrir quel triste sort ont connu les éclaireurs précédemment envoyés afin de déterminer l'existence réelle, ou pas, des lapins. En chemin, il lui est notamment déconseillé de se rendre à l'Auberge de la Forêt ... il risquerait d'y faire des mauvaises rencontres. Un vison, par exemple. Un dénommé Gérard, très roublard à toujours vouloir arrondir les angles. Harry n'est pas un exemple de vertu non plus, aussi il sait toujours quand on cherche à le tromper. De toute façon, l'affaire confiée par son frère sent le mauvais plan pourri à des kilomètres à la ronde. Isaac et Harry se détestent depuis l'enfance, ils ont pris des chemins différents, aujourd'hui c'est juste par profit mutuel que tous deux se rencontrent. 

Et effectivement, il existe bel et bien une forteresse où sont planqués tous les lapins ! Eux aussi vivent au sein d'une communauté civilisée et hiérarchiquement organisée. Toutefois, depuis plusieurs mois, le climat est à la suspicion suite aux multiples disparitions de concitoyens. Le gouvernement veut arrêter les rebelles et leurs complices. Ce faisant, Quentin, un jeune lapin érudit, qui apprécie le confort et la routine, voit son existence bouleversée par la faute d'un ancien camarade d'école, Wally, qui prenait plaisir à le torturer. Il est de retour en ville et déterminé à se venger. Quentin doit à tout prix quitter l'enceinte protectrice de la forteresse, pensant trouver refuge auprès des rebelles, mais en chemin il va fourrer son museau dans une vaste escroquerie. 

J'ai beaucoup apprécié l'étonnante intrigue de ce roman, où les intentions les plus viles sont mises en scène, avec un certain humour noir. Même les personnages ne sont pas tous purs et nobles, mais opportunistes, craintifs et complices malgré eux. C'est une interprétation libre et intéressante de notre société corrompue par l'appât du gain, où il n'est pas dit que ce sont les meilleurs qui gagnent à la fin. Voilà un roman à lire, très vite et sans attente particulière. Ce fut un vrai plaisir !

La Forteresse des Lapins, par Linda Zuckerman
Seuil jeunesse, 2011. Traduit de l'anglais (USA) par Daniel Lemoine. 
illustration de couverture : Elizabeth Parisi 

29 septembre 2011

« Tisse sa toile, fille de l'Araignée... »

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Quelle très, très bonne surprise ! Ce roman a su me prendre au dépourvu, moi qui pensais qu'il s'agissait d'une énième lecture tout simplement sympathique et divertissante, j'ai été étonnée de la rapidité avec laquelle j'enfilais les chapitres sans vouloir reposer le livre ! Tant mieux. 
Cela commence à notre époque, par la visite scolaire d'un vieux château en Allemagne, quand tout à coup Eva, l'intello de la classe, est bousculée par un camarade et fait une chute en se cognant la tête. En revenant à elle, c'est la stupéfaction : la voilà au coeur d'un conflit armé et se voit confier la garde d'un jeune prince dont le père vient d'être assassiné. 
Gloups. J'en connais d'autres qui auraient déjà recouru à leurs sels pour moins que ça. Eva, elle, se débat et sauve sa peau. Elle prend sous son aile le dénommé Emil, l'héritier, qui souffre de cécité mais qui n'est pas empoté pour autant. Tous les deux doivent fuir le plus vite possible le pays pour se réfugier outre-Rhin avant de reconquérir les terres volées par l'ennemi. Mais en attendant, le chemin est long, mouvementé et périlleux. 
Pour précision, nous sommes en 1490. Heureusement Eva s'adapte vite et bien au changement, elle n'a pas trop le choix non plus. Une mission plus importante l'attend, de même qu'elle doit rester saine et sauve et protéger le prince Emil. Ces deux-là forment une équipe épatante. Ils ont de la répartie, font preuve d'humour, se comprennent instinctivement et ne se jugent pas. On sent bien qu'une attirance est en train de se créer, mais c'est dosé juste ce qu'il faut pour que ça ne paraisse pas mielleux et gonflant, juste cocasse et ravissant. 
Avant tout, place à l'action ! L'intrigue repose sur un rythme qui ne s'essouffle jamais et qui transporte le lecteur. Des révélations sont encore à venir, d'autres mystères aussi seront à percer, comme cette prophétie sur la fille de l'Araignée, et de belles rencontres viennent compléter le décor. Et puis, c'est très drôle aussi ! Franchement, tous les ingrédients ont été réunis pour satisfaire le jeune amateur d'heroic fantasy. D'ailleurs ce livre figure désormais en bonne place sur les étagères de ma fille.
Au passage, je n'ai pas un avis très favorable sur la couverture, mais c'est une affaire de goût. 

Le Prince des Maudits, tome 1 : La fille de l'Araignée par Lenia Major smileyc002
Balivernes Editions, 2010 - 255 pages - 17€
illustration de couverture : Marc Simonetti 

En Octobre,  "Emil le Clairvoyant" de Lenia Major, le second et dernier tome du "Prince des Maudits".
 
babelio

 

15 octobre 2011

Old habits died hard.

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Là où commence notre histoire, les demoiselles de bonne famille se pressent dans des bals pour la rencontre opportune, celle qui fera d'elles l'épouse de, afin d'asseoir leur réputation et leur futur. Victoria Gardella est une jeune beauté de 19 ans, également promise à se trouver un riche mari, mais qui se voit confier un héritage familial d'une autre envergure : être une Venator (une tueuse de vampires). 
C'est sa tante Eustacia qui va tout lui apprendre et la préparer à affronter ses missions. Notre héroïne n'est point farouche, et compte bien prouver à Max Pesaro, son soutien appelé d'Italie, qu'elle n'est pas qu'une péronnelle soucieuse des fanfreluches, des quadrilles et des bons partis. Sa famille a d'ailleurs désigné pour elle le candidat idéal : lord Rockley, marquis de son état. 
Entre les soirées mondaines, les séances de badinage avec son élu, ses chasses nocturnes, ses rencontres fortuites, Victoria sent poindre la migraine ! Qu'à cela ne tienne, elle a juré de retrouver un livre ancien, de l'arracher des griffes de l'ennemi, de protéger les simples mortels et de préserver son secret. Or, un autre cas de conscience s'impose à elle - entre la félicité conjugale et la destinée à accomplir, le choix est crucial et n'accepte aucun compromis. 
J'étais très curieuse de découvrir cette série (je la convoitais depuis deux ans !), mais j'ai été un peu déçue du résultat. Je n'ai pas été convaincue par le mélange des genres, d'un côté la romance historique, affreusement plate, sans humour ni effronterie, de l'autre la version Buffy-the-vampire-slayer apparaît plus sympathique, avec un assistanat de choix, en la personne de Max mais aussi de Sebastian. Ces deux-là dégagent un charisme dévastateur, nimbé de séduction et de danger, hmm. 
L'intrigue, dans son ensemble, n'est guère originale et souffre de stéréotypes sans ternir l'aspect divertissant du roman non plus. Parce qu'il faut admettre que l'histoire prend aussi de vilaines tournures, pas toujours au profit des protagonistes, et c'est ce qui m'embête au fond, parce que je n'ai pas été complètement emballée par ce 1er tome, je me disais oui mais bof, et pourtant je ressens comme une petite démangeaison à vouloir en savoir plus et connaître la suite. 
Qui a dit qu'un clic vous facilite la vie ?

The Rest Falls Away (The Gardella Vampire Chronicles#1) - Colleen Gleason
Published January 2007 by Signet  - DISPONIBLE EN VF :  Chasseurs de Vampires (ed. City)

LUENVOLu en VO - 37

7 novembre 2011

Pêle-mêle Clarabel #44

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Oncle Tatoo est un raconteur d'histoires. Il lui suffit de relever la manche de son Perfecto pour dévoiler son bras tatoué (ici, pas de Joconde ni de Radeau de la Méduse, mais un champignon, une licorne, un ressort, un raton laveur, une chaise...) et ainsi livrer le récit d'aventures palpitantes. Ce sont les fillettes La, Lala et Lalala qui sont ravies ! Les histoires du tonton sont riches en anecdotes, farfelues ou poétiques, rigolotes et invraisemblables, mais à chaque fois elles en sortent ravies, tapant dans les mains et suppliant 'encore, encore'. On les comprend ! C'est un ouvrage, avec couverture cartonnée et illustrations pleines de couleurs, qui procure un vrai plaisir de lecture.

Les Histoires de l'Oncle Tatoo, par Rascal & Peter Elliott 
Ecole des Loisirs, coll. Pastel, 2011. 

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Une poulette et un poulain se chamaillent l'affection du fermier. Chaque jour, l'un et l'autre guettent le moindre indice prouvant que Siméon est plus attentionné envers le premier au détriment du second. Ce sont alors de grosses, grosses scènes de jalousie qui fomentent dans l'ombre... mais elles sont vite étouffées par l'évidence que leur traitement est strictement égal. Il n'y a pas un pour dépasser l'autre, et cette situation aurait pu piétiner jusqu'à la fin des temps si Silène n'avait pas fait son apparition. C'est la voisine de la ferme, elle aussi se promène à dos de cheval et ne peut se séparer de sa basse-cour, ce qui rend heureux notre poulain et notre poulette (parce qu'ils vont trouver l'élu de leur coeur !). Et la terrible question du départ sera vite chassée d'un revers de la main (ou de la patte). 

Vous aimez les histoires drôles et poétiques, où l'on danse la polka, le rock et la rumba et où l'on pense promenade, escapade. Et tartine à la marmelade. Les histoires où on déménage une table aux pieds tournés, une collection d'étoffes à carreaux et des verres en forme d'oiseau. Les histoires où l'on glousse, roucoule et trépigne de bonheur. Alors lisez ce livre ! C'est encore une promesse de bonheur.

La Terrible Question, par Jeanne Ashbé
Ecole des Loisirs, coll. Pastel 2011.
Egalement l'auteur de Parti...   

IMG_5700  C'est l'histoire d'un arbre, d'un chat et d'un oiseau. Ce dernier vole dans le ciel, se pose sur l'arbre puis s'envole à nouveau... Le chat tente de lui faire sa fête, mais l'oiseau n'est pas dupe et s'envole de plus belle. Vient enfin l'enfant qui assiste à la scène et qui attend avec impatience le retour de l'oiseau.  Dialogue de sourds, pensez-vous ? Pas du tout ! Le livre est un bel objet, mais la lecture ne m'est pas apparue assez consistante. 

A la place, les tout-petits rigoleront sur l'histoire de la culotte envolée et dont l'utilité questionne les animaux du jardin ! 

IMG_5704  Quelle culotte ! par Yumiko Imai

28 septembre 2011

"Commence à te souvenir."

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Voilà un très bon roman sur la manipulation mentale, les faux-semblants, les limites à franchir et le premier véritable amour. Un roman passionnant, glaçant et stupéfiant.
Nous sommes à Candor, une ville créée de toutes pièces par Campbell Banks suite à un drame familial. Son but est de proposer un monde parfait, et illusoire, où les soucis et problèmes n'ont pas droit de cité. Pour y parvenir, l'homme bidouille des messages subliminaux diffusés dans une musique d'ambiance qui passe en boucle afin de modeler la jeunesse de ces familles richissimes, souvent poussés à bout et voulant le meilleur pour leur progéniture. 
Seul le fils de Banks, Oscar, n'est pas dupe de ce manège. En apparence, ce fiston est parfait et ne déçoit pas son père. En douce, Oscar gère un marché secondaire en proposant des messages à contre-emploi pour ceux qui veulent s'échapper de Candor, en échange de fortes sommes d'argent bien entendu. Il a aussi une petite amie parfaite, Mandi, mais cette existence lisse et insipide connaît soudain un grand bouleversement avec l'arrivée de Nia. 
Elle vient d'emménager à Candor avec sa famille, et c'est la jeune fille rebelle par excellence. Elle porte du noir, aime l'art et se promène en skate. Elle dit haut et fort ce qu'elle pense, se moque des autres et ne supporte pas l'atmosphère mielleuse de Candor. Lors de leur première rencontre, Oscar est dicté par un désir de désobéissance incontrôlable et bombe de peinture orange un poteau de la ville. Il ne sait pas encore qu'il vient de mettre le pied dans un engrenage infernal. Il a juste conscience que la personnalité de Nia le fascine et qu'il refuse qu'elle change, alors lui glisse-t-il ses propres musiques avec ses contre-messages, sa manière à lui de la garder telle quelle le plus longtemps possible. Car Nia ignore, comme tous les gamins de cette ville, qu'elle est manipulée par des messages. Oscar n'ose pas encore le lui révéler, mais une épine dans le pied va lui arracher les pires grimaces. Sherman Golub, un cas difficile, a payé Oscar pour échapper de cet enfer mais l'opération a été un échec. Il est devenu un électron libre imprévisible. Chaque geste, chaque parole peuvent condamner Oscar d'un instant à l'autre.
Le temps est compté.  
La deuxième partie du roman est plus riche et angoissante. La tension psychologique du roman est exacerbée, les évènements se précipitent et les issues sont incertaines. La fausse ambiance de calme et d'apaisement de Candor coule le long des pages et des chapitres, l'exercice d'intoxication est cruellement efficace et pendant un bon bout de temps on a l'impression de ne plus savoir ce qu'il faut penser ou accepter. La rébellion est insidieuse, Oscar Banks n'a plus aucun secret pour nous et ça devient difficile de s'attacher à lui ou de lui faire confiance. Et c'est parce qu'il tombe dans le piège de l'amour qu'il devient, véritablement et enfin, lui-même, qu'il ôte son masque et se rend vulnérable, là, oui je suis de tout coeur à ses côtés, désireuse de voir réussir ses projets de fils désabusé et d'amoureux désespéré. 
En somme, après 380 pages de tours et détours sournois, haletants et carrément flippants, je pense que cette lecture demande du temps pour qu'elle fasse son bout de chemin, mais elle vaut le coup d'oeil en tout cas !

Candor, par Pam Bachorz
Editions Thierry Magnier, 2011 - 380 pages - 17€
traduit de l'anglais (USA) par Valérie Dayre 

24 août 2011

"If you ever want to hide from the world, live in a small city, where everyone seems anonymous."

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Quel beau roman ! Ariella, treize ans, vit à Saratoga Springs avec son père dans une grande maison de style victorien. Sa mère a disparu depuis sa naissance. C'est le sujet tabou. On ne trouve quasiment aucune trace d'elle dans la demeure, à part un livre de recettes ou une tapisserie de lavande. Les réponses à ses nombreuses questions demeurent évasives. En fait, le père d'Ari incite sa fille à réfléchir pour tirer elle-même ses propres conclusions. C'est lui aussi qui s'occupe de son instruction, il lui enseigne la littérature, la philosophie, tandis que Dennis, le meilleur ami de la famille, lui apprend les sciences. Ari vit dans un petit monde cloîtré, à l'abri de l'extérieur, elle est surprotégée et ne s'en plaint pas trop jusqu'à ce qu'elle fasse connaissance avec les enfants de Mrs McGarritt, leur cuisinière. C'est tout le contraire de ce qu'elle connaît, c'est coloré, bruyant, vivant. Ari est sous le charme, elle se lie d'amitié avec Kathleen, tombe amoureuse de Michael, et petit à petit cherche à remodeler son propre univers. Comprendre les secrets de son père, découvrir le pourquoi de la mystérieuse disparition de sa mère. Il faudra un drame, bien moche, pour qu'elle décide de tout quitter. 

C'est un roman sombre et fascinant, qui se passe dans un monde de vampires, sans surfer à fond sur la vague. L'ambiance est classique, très belle, gothique surtout dans la première partie, durant laquelle on suit une héroïne empruntée, qui découvre peu à peu ce qui l'entoure, ce qui nous permet de nous familiariser au même rythme à son histoire. C'est franchement réussi ! La partie où Ari s'échappe dans le Sud est un peu moins captivante, trop calquée sur le modèle de Kerouac (la lecture de "Sur la route" a clairement influencé l'héroïne), et c'est enfin dans la troisième partie qu'on renoue avec les secrets d'intrigue vampirique, bref c'est très original, d'une grande qualité littéraire, avec un certain charme vaporeux, et une héroïne qui paraît plus que son jeune âge, très forte et pleine d'élégance. J'ai été totalement impressionnée par ce livre, cela n'a rien à voir avec ce qu'on trouve actuellement, ici les vampires sont cultivés et érudits, aiment parler littérature et poésie, s'intéressent à la science et se mêlent de politique. La Société des S est une association secrète réunissant ceux qui ont choisi de révolutionner le genre (ne plus mordre pour boire le sang), je n'en dévoile pas davantage, même si je pense que ce premier tome ne fait qu'effleurer le sujet et que la suite promet de développer davantage cette belle idée. En fait, il s'agit cette fois d'un roman sur l'apprentissage de la vie et du passage à l'âge adulte, au bout des 400 pages Ariella aura appris et choisi, mais ceci est une autre histoire... 

Le deuxième tome paraîtra en novembre 2011 : Le Temps des Disparitions

La Société des S - Susan Hubbard  smileyc002
L'école des loisirs, 2011 - 412 pages - 16,80€
traduit de l'anglais par Marion Danton
illustration de couverture : Sereg 

22 juin 2011

"Love never dies."

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Nouvelle ambiance avec ce tome 2 : nous partons en Californie dans une école baptisée Shoreline, et quittons avec regret la ténébreuse et très gothique Sword & Cross. La vie de Luce est encore une fois menacée, Daniel a donc choisi de l'isoler et de la placer sous la protection des nephilim. Or, cette séparation n'est pas du goût de la jeune fille. Elle a de plus en plus besoin de réponses et cherche à comprendre son passé. Elle découvre alors l'existence et le pouvoir des ombres (alias, les Annonciateurs) et fonce droit devant, sans réfléchir aux conséquences. 

Il faut tout de suite soulever le problème de cette saga - l'héroïne, Lucinda Price, est insupportable. (Elle me fait étrangement penser à Nora dans Hush, Hush de Becca Fitzpatrick.) C'est une demoiselle bien gentille, charmante mais qui n'existe qu'à travers sa relation amoureuse, laquelle est à mes yeux tellement sirupeuse que je trouve ça exaspérant. Résultat, c'est cousu de clichés et tellement immature, j'avoue avoir pris sur moi à plusieurs reprises. C'est donc la béquille de la saga - des personnages peu attachants et mous du genou, engoncés dans une histoire de passion interdite car maudite. Pff.

Au-delà cet aspect, l'univers est intéressant, l'ambiance à Shoreline est (pour moi) moins séduisante mais cela permet d'ouvrir les perspectives, d'élargir le tableau des protagonistes (Daniel et Cam sont moins présents, mais Shelby et Miles font leur entrée en fanfare), en plus de révéler un autre aspect des anges et des autres "créatures" environnantes. Même si je lui trouve des défauts, j'aime cette série pour son développement et ses idées, je pense d'ailleurs que le prochain tome - Passion - proposera un beau voyage dans le temps. C'est vrai que je me sens partagée quant à mes sentiments, souvent liés à des détails, mais subsiste un vrai plaisir de lecture qui ne se dément pas. Il faut juste maintenir ce fragile équilibre, en souhaitant in petto que les personnages gagnent tout de même en charisme.

Vertige (Fallen#2) - Lauren Kate
Bayard jeunesse, 2011 - 437 pages - 16,90€
traduit de l'anglais (USA) par Elisabeth Luc 

EN LIBRAIRIE LE 23 JUIN ! (Le tome 3 paraîtra en novembre.)

Concours jusqu'au 23 juin : remportez Vertige! chez Francesca 

9 juin 2011

La Maison des Secrets

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Olive Dunwoody a onze ans et des parents totalement absorbés par leur boulot. Ils viennent d'emménager dans une grande maison de Lindon Street où la fillette va explorer tous les coins et recoins avec une pointe d'appréhension. Les tableaux, surtout, lui font peur. Mais impossible de les déplacer - ils sont collés aux murs ! Ce n'est pas tout, Olive rencontre un chat qui se met à lui parler et se présente sous le nom d'Horatio. Il la met en garde contre la maison, il semblerait que les nouveaux habitants ne soient pas les bienvenus. Ce n'est pas tout ça : en mettant la main sur une paire de lunettes, Olive réalise alors qu'elle peut traverser les tableaux ! Vous hésiteriez longtemps avant de franchir le cadre ? Pas Olive. Sa spécialité, se mêler des affaires des autres. A ses risques et périls.

Oui, je sais, ça fait beaucoup penser à Coraline de Neil Gaiman mais ça s'arrête là car j'ai trouvé ce roman beaucoup moins sombre et flippant (même si la perversion est de mise et la roublardise aussi). J'ai bien apprécié le cadre et l'ambiance, la maison et son charme vieillot, la petite fille solitaire, le garçon au sale caractère, la délicieuse Annabelle qui sèche vos larmes autour d'une tasse de thé, et même les trois chats qui cachent bien leurs jeux... Dans ce livre, tout est trouble et inquiétant. On ne sait plus trop qui sont les gentils et qui sont les méchants. Les événements s'enchaînent selon un certain mécanisme, et si certains faits sont éclairés à la fin du livre, d'autres sont appelés à être réchauffés puisqu'il s'agit d'une série fantastique en cinq tomes.
Pour jeunes lecteurs, encore une fois.

La maison des secrets, livre 1 : Les lunettes magiques - Jacqueline West
illustré par Poly Bernatene
Seuil jeunesse, 2011 - 235 pages - 12,90€
traduit de l'anglais (USA) par Jakuta Alikavazovic

8 juillet 2011

Hollywood contre Windsor

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Calypso Kelly est une roturière, californienne de son état, inscrite dans une pension pour jeunes filles en Angleterre, essentiellement fréquentée par tout le gratin du royaume, et bien évidemment par le jeune prince héritier. Freddie est sexy, il tombe sous le charme de Calypso, qui n'en croit pas ses yeux. De toute façon, depuis son retour de vacances de Pâques, elle plane sur son petit nuage : elle est enfin copine avec les Divas, le groupe de filles toutes très snobs et pimbêches, et raconte à qui veut l'entendre qu'elle a une relation amoureuse avec l'assistant (gay) de sa mère. Son béguin pour Freddie lui attire les foudres d'une autre fille, la garce de service, dont la jalousie va plus que provoquer des éclairs, Calypso va véritablement vivre un enfer. 

Sans surprise, cette série collectionne les clichés autour des filles et des pensionnats, c'est niais, c'est creux, c'est affreusement girly et même la romance royale passe au second plan. Bref, il n'y a pas de quoi fouetter un chat ! Et pourtant j'ai lu d'une traite ce premier tome en me surprenant à ricaner plus d'une fois de bon coeur. C'est le double effet Kiss Cool : admettre la platitude de l'histoire, mais en savourer chaque miette malgré tout. C'est bon, la honte. Calypso n'est pas l'héroïne du siècle, son histoire ne figurera pas non plus dans les annales, mais on s'en fiche, car c'est drôle, dans le style chick-lit pour midinettes en détresse, et ça se lit facilement, surtout en vacances.

Les confidences de Calypso : 1. Romance Royale - Tyne O'Connell 
Gallimard jeunesse, coll. Scripto 2005 ou Pôle Fiction 2011 - 258 pages.
traduit de l'anglais par Isabelle de Couliboeuf 

2 mai 2011

like Belgian chocolate - absolutely sinful and completely irresistible

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Plaisir coupable, mais plaisir véritable ! Finding Sky s'approche de la romance fantastique en s'emparant de certains clichés mais préfère rebrousser son chemin pour emprunter une voie singulière et drolatique ! Est-ce que le fait que l'auteur, Joss Stirling, soit anglaise apporte un truc en plus ? Oui, me dis-je, car le récit est franchement plus décapant et enlevé, passant presque en revue le choc des cultures avec un esprit tout à fait distingué mais piquant et charmant !

Bref, c'est l'histoire d'une petite anglaise, Sky Bright, qui arrive à Wrickenbridge dans le Colorado (par contre, l'histoire se passe en Amérique, comme vous pouvez le constater) et qui fait aussitôt la rencontre de Zed Benedict, le bad boy du lycée. Ces deux-là ne s'aiment pas beaucoup, jusqu'à un fameux match de foot qui va renverser la tendance. Aussitôt il ne la quitte plus, lui fait une déclaration incroyable selon laquelle ils seraient des âmes soeurs, mais Sky prend ses jambes à son cou, convaincue qu'il se fiche d'elle dans son dos.

L'alchimie est forte entre les personnages, cela fait des étincelles partout, Sky et Zed possèdent à eux deux l'intelligence, la finesse, l'entêtement, bref ça le fait et c'est ce qui rend la lecture terriblement excitante. A côté, l'histoire est sympa aussi, même si je trouve toute la partie se passant à Las Vegas un peu moins croustillante (accessoirement, une bande de tueurs est à leurs trousses). Je ne dévoile pas la particularité de Sky (elle a été abandonnée à l'âge de six ans et a tout oublié de son passé) ni celle de Zed et de sa famille, même si je ne pense pas que cela tue le suspense non plus. L'intérêt (oui, oui) de ce roman réside inconstestablement dans le jeu amoureux de notre couple vedette ! Leur relation n'est pas mielleuse, et ça fait bêtement glousser sous cape. J'aime, forcément !

Finding Sky - Joss Stirling
Published October 2010 by OUP Oxford

LUENVOLu en VO - 22

13 juin 2011

"You don't have to do those things. You don't have to become a hero, Seth."

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C'est le troisième livre de la série, et je suis définitivement sous le charme. Quel univers. Melissa Marr peut s'enorgueillir d'avoir créé un monde fascinant, où les amours sont désespérées, les passions contrariées, la mélancolie omniprésente, les confiances bafouées, les secrets inavoués. Tout ceci rend l'atmosphère sombre, déchirante mais belle et touchante ! Je suis conquise.

Aislinn est partagée entre son amour pour Seth et son devoir de reine auprès de Keenan. Celui-ci cherche à la séduire, insidieusement. Il a accepté la relation qu'elle entretient avec son mortel, car il a conscience de sa fragilité. En échange, il renoue avec Donia, laquelle est une femme blessée, torturée par son attirance, son amour et ses devoirs. Ce qui est incroyable dans cette série, c'est que tout le monde se connaît de façon très intime mais se trouve désormais coincé dans des voies sans issue, l'imbroglio sentimental donne du fil à retordre et exacerbe désir, soif de vengeance et conquête de l'impossible. La paix entre les cours semble donc précaire, elle ne tient qu'à un fil.

Seth est jaloux, au fond de lui il ne supporte pas de partager sa dulcinée, il n'est pas aveugle des agissements sournois de Keenan, cette tension prend racine et le garçon veut agir et ne plus observer. Son ami Niall tente de le raisonner, en le plaçant sous sa protection, il titille le roi de l'été, mais Keenan s'en sert à bon escient. Le schéma qui s'établit entre chaque personnage est troublant, fascinant. Toute cette vicissitude donne lieu à une intrigue encore plus désespérante, les conséquences s'accumulent et repoussent toujours plus loin la frontière entre la tolérance et la provocation, et avivent la discorde. Au centre, l'impossible Bananach joue son rôle de folle avec superbe, elle a soif de sang, elle chatouille les faes et les mortels, ce qu'elle veut, nul doute qu'elle l'obtiendra !

Vous n'en pouvez plus des lectures trop romantiques parce que trop mielleuses ? Révisez votre jugement en découvrant cette série, même si le premier tome laisse perplexe, la suite n'aura de cesse de vous surprendre pour mieux vous plaire. J'aime beaucoup son charme langoureux, me délecte de son écheveau d'intrigues et suis subjuguée par la personnalité trouble et complexe des protagonistes. De plus, l'auteur ne cède jamais à la facilité, même la fin déjoue toutes les attentes, c'est fort et magnifique, comme j'aime ! Encore deux tomes avant la conclusion.

Ne jamais t'embrasser (Wicked Lovely #3) - Melissa Marr  smileyc002
Albin Michel, coll. Wiz, 2011 - 427 pages - 15€
traduit de l'anglais (USA) par Blandine Longre

29 mars 2011

She's no angel...

IMG_3105Après les tragiques événements survenus dans le tome 1 (cf. Strange Angels), Dru et Graves débarquent à la Schola - l'école pour les djamphirs et les wulfens. Très vite, l'atmosphère des lieux fait prendre conscience à la jeune femme que sa présence cloche - et effectivement il s'avère qu'ils ont été détournés de leur véritable destination et qu'un piège leur a été tendu. De nouveau, Dru court un grand danger ! Christophe ne donne plus de nouvelles, mais peut-elle encore lui faire confiance ? Car à force d'isolement et d'inactivité, elle s'est perdue dans ses réflexions et en a conclu qu'il y a bel et bien un traître dans son entourage.

De nouvelles révélations éclatent, le passé ressurgit, plus vif et douloureux, l'amitié s'affirme et en vient à semer une autre incertitude, la loyauté de Graves n'a pas d'égale, toutefois se pourrait-il qu'il en pince sérieusement pour elle ? Dru ne sait plus, comme elle se trouble dès qu'elle revoit Christophe (et son odeur de tarte aux pommes sortant du four), mais elle jure qu'elle ne ressent rien, si ce n'est de la peur !

Dru n'a pas fini d'être terrifiée - mais ce qui me frappe dans cette suite, c'est que l'héroïne est également et essentiellement passive. Ce n'est pas du tout son genre, c'est même limite décevant. Du coup, l'ambiance générale en subit les conséquences. Le ton est plus lourd et traînant, ça manque un peu de peps, bien que d'un autre côté cela donne aussi la chair de poule. De toute façon, cette série est loin d'être glamour, il y a énormément d'énigmes à résoudre, des coups d'éclats pour le bénéfice de l'ennemi, et un peu d'humour (ça taquine, ça chatouille, parfois pour les beaux yeux de Dru)... Il ne faut pas s'attendre à un miracle non plus. C'est une série aux ambitions honnêtes, que j'apprécie pour son univers et les perspectives offertes, en lui reconnaissant aussi des défauts. Et je suis franchement curieuse des tournants qu'elle va prendre.

Betrayals (Strange Angels #2) - Lili St. Crow
Published November 2009 by Razorbill

LUENVOLu en VO - 12

16 novembre 2012

“You’re so naïve. Don’t you see what people are? They’re animals. Every one of them.”

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Deux vaisseaux ont été envoyés dans l'espace pour préserver la survie de l'espèce humaine. A bord de l'Empyrée, Waverly et Kieran envisagent leurs fiançailles comme une suite logique à leur histoire d'amour. Après tout, quand on s'aime, on se marie et on fait des bébés. Pour l'avenir. Sur l'autre aéronef, le Nouvel Horizon, le programme aurait capoté. Sa responsable de mission, Anne Mather, sollicite un entretien avec le capitaine Jones, mais les choses vont se passer autrement. Résultat, toutes les filles de l'Empyrée sont enlevées et conduites le plus loin possible.

Est-ce réellement une opération de sauvetage ? Leurs vies étaient-elles menacées sur leur vaisseau ? Mais que cache Anne Mather, avec ses beaux discours baignés dans le miel ? Son amour pour Kieran résistera-t-il aux épreuves ? Ce dernier, aussi, va gérer une situation nouvelle, saisir sa chance et affirmer son autorité. Seule ombre au tableau : Seth. Un garçon qui ne laisse pas Waverly indifférente. (Hmm, je sais.) Enfin bref, la jeune fille va se débattre avec une multitude de questions, ce n'est plus une gamine et face aux épreuves elle va révéler une véritable force de caractère. Elle en aura besoin, puisqu'elle sera convoitée à des fins ... quelque peu discutables (plus l'histoire évolue, plus les perspectives se dévoilent). Franchement, c'est glauque !

Avis réservé, pour une lecture en demi-teinte. Rarement un livre ne m'aura laissé une impression aussi confuse et perplexe. En gros, l'histoire m'a mise mal à l'aise et je n'ai pas aimé cette sensation, même si je n'ai rien contre les sujets qui dérangent et bousculent le lecteur, mais là, je n'ai pas été très réceptive. Au final, ce roman me laisse totalement indécise. Une relecture s'impose, plus tard.

Glow : Mission Nouvelle Terre (tome 1), par Amy Kathleen Ryan
Msk, 2012 - traduit par Alice Delarbre

23 octobre 2010

Pêle-Mêle Clarabel #11

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3 romans, 3 univers, 3 lectures savoureuses ...

Mathis nous propose un western, un vrai. Au casting, nous avons un shérif, un bandit, un papa appelé à l'aide et une petite fille qui a peur de le perdre, et aussi un maître d'école affreusement sadique et méchant. Lorsque le bandit des grands chemins se présente à Creek Village, les enfants lui sautent aussitôt dessus, prenant les devants sur les adultes, leur plan est redoutable ET efficace. En prime, Jane Smith, dix ans, obtient du shérif d'être entendue et prise au sérieux pour régler le problème de discipline ultra-réglementaire qui sévit dans leur classe. C'est très sympa à lire, et parfaitement dépaysant, cela m'a beaucoup plu. (Les enfants, le shérif et les affreux, par Mathis)

Emmanuel Bourdier met en scène un quartier - le bâtiment E de la cité Marcel-Pagnol. Il est 13 h 23. Un par un, minute après minute, les habitants se souviennent, ont une pensée, réfléchissent, ont le sourire aux lèvres, la boule au ventre, mais partout règne le silence. Car l'heure est grave : on rase un bout de chacun. Il est 14 heures, il n'y aura pas d'autre feu d'artifice et tout le monde peut rentrer dans son nouveau chez-soi. Et manger du cassoulet, pourquoi pas ? Voilà un petit roman basé sur les instantanés d'une vie, de personnages et de leur quartier. Les souvenirs sont autant de poussières qui vont et viennent, sans aucune nostalgie, mais plutôt comme des notes de musique. C'est joli. (Ça s’est passé là, par Emmanuel Bourdier)

Et enfin, Frédéric Kessler nous propose une histoire complètement folle et pleine d'imagination. Géraldine et Olivier sont des gosses de fées prépubères, ils ont toujours les poches pleines à craquer, avec des ustensiles pratiques et magiques, des poupées à troquer pour Géraldine, des outils pour Olivier. Et la demoiselle en a ras-le-bol et décide de braver les interdits : ne pas manger ce que cuisine la dame du quatrième, ne pas emprunter le passe-partout du monsieur du cinquième, se rendre dans la mansarde du sixième. L'interdit est excitant ! Au diable l'ogre et la sorcière, Géraldine est fille de fées, elle connaît les formules pour déjouer les plans des vilains. C'est une fable absolument délirante et déjantée, je me moque de savoir quel est le crédit de cette histoire, ce qui m'importe c'est d'avoir été étonnée, ravie, séduite et d'en redemander encore !!! (La fée Tralala, par Frédéric Kessler)

Place au défoulement, (merci Lili Scratchy !)

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Faites de la place dans votre cervelle et immergez-vous dans ce coloriage poétique ! Un univers où se côtoient une biche, des saucisses, des méduses et des citrons, du football et de l'amour...
Un concentré de folie et de bonne humeur pour tous les âges !

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Ne vous jetez pas sur votre feuille de coloriage avec vos feutres sans réfléchir ! Il faut d'abord répondre à quelques questions pour étaler votre talent. On ne dirait pas, mais c'est un livre de coloriage qui vous fait triturer vos méninges. Exemple sur l'illustration de gauche : qui ne boit pas avec une paille ? qui avale de l'air ? qui va aspirer le petit pois ? et où est l'oeuf ? Vous avec quinze minutes !!!

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Et toujours le même fil rouge : l'oeuf, l'avez-vous vu ?!!!!!

Fou-fou Coloriage par Lili Scratchy (éditions Thierry Magnier)

27 février 2010

mangamaniac #8

moi_s_mangas

Moi-s-Manga, acte II.

Au programme : des suites, des nouveaux tomes, du bon, du moins bon, des étoiles, des papillons, du manga, quoi !

Twinkle Stars (le chant des étoiles), t.2

twinkle_stars_2J'ai toujours du mal à me prononcer sur cette série, l'histoire est étrange et mystérieuse, centrée sur la personnalité troublante de Chihiro. Ce garçon a surgi dans la vie de Sakuya en s'inscrustant pour son anniversaire, puis s'est évaporé. Ensuite, Chihiro a révélé un autre visage :  froid, distant, affirmant la détester et ne voulant plus jamais la revoir. Ce sera difficile car il vient d'intégrer sa classe, le voir tous les jours pose des problèmes à Sakuya qui se sent extrêmement mal à l'aise et qui est en droit, aussi, d'avoir des réponses à ses nombreuses questions. Au lieu de ça, Chihiro continue de la snober... jusqu'au jour où Sakuya, en train de tenir son discours pour son club des étoiles, se ridiculise devant tous et perd ses moyens, Chihiro intervient et la prend dans ses bras !
Hiiiii.... Semblant de palpitation intense chez le lecteur.
Mais vient le seau d'eau (froide) !
Pfff. Je ne comprends rien, pourquoi Chihiro agit de cette façon, c'est quoi cette girouette, qu'est-ce qu'il cache. De son côté, Sakuya est quelque part émouvante : elle se sent gonflée d'un optimisme étincellant, son coeur bat pour Chihiro, elle a confiance et reste persuadée qu'il viendra vers elle, les mots doux en plus. Elle sait qu'il ne faut pas le brusquer, elle prend donc son mal en patience. Mais qu'est-ce que c'est dur !!! J'éprouve de la pitié pour elle, Chihiro est tellement blessant et odieux, comment peut-elle autant encaisser et garder le sourire.
L'histoire, qu'on nous présente comme poétique, intimiste et drôle, est avant tout déconcertante. J'ai du mal, beaucoup de mal. C'est très lent, je ne suis pas particulièrement fan, j'ai besoin de pistes, d'indices.... besoin de savoir sur quel pied danser ! 

Sweet Relax t.1

sweet_relax_1Mon verdict : sympa, mais sans plus.
Cela casse l'ambiance, tant pis. Ou si vous êtes accro aux massages shiatsu, n'attendez pas, ce manga est fait pour vous. C'est également vendu comme un manga rempli de bonne humeur, mais aussi bourré d’informations pour se sentir bien dans son corps. Si j'avais su...
Bref. Chiaki est élève de seconde, incrite au club de massage de son école, c'est même la plus douée de sa promotion, les élèves se battent pour recevoir des massages gratis de sa part, en échange la jeune fille s'éclate, c'est sa passion, elle rêve d'en faire son métier. Seul Yôsuke, le garçon le plus populaire de l'école, fait barrage et refuse que la demoiselle le touche. Ou à une seule condition : il faut qu'elle craque pour lui. Traduction : qu'elle tombe amoureuse. Mais en fait, le garçon cherche à venger son petit frère qui s'est fait larguer par Chiaki Tôgû, présentée comme une peste qui l'a fait horriblement souffrir, sans savoir que la vipère en question est la soeur jumelle, Saya, qui prend un malin plaisir à se faire passer pour une autre.
L'histoire est platounette, pas follement excitante, mais c'est beau de voir le garçon fondre pour celle qu'il pensait détester. C'est une relation mielleuse et dégoulinante de guimauve, le garçon a quand même un caractère de cochon, mais l'histoire est brouillonne, ça vole dans tous les coins, et puis on ne traite essentiellement que de massage, de façon délirante, certes, mais aussi ultra détaillée. Disons qu'il n'est pas dit que des âneries là-dedans !
Dernière chose, je n'ai pas aimé les dessins ! Je ne pense pas lire la suite...

My first love, tomes 3, 4 & 5

myfirstlove3J'aime de plus en plus cette série ! Les couvertures ne sont pas forcément réussies, mais les illustrations à l'intérieur sont beaucoup mieux. J'ai déjà évoqué l'histoire, un petit rappel ne fera pas de mal. Mayu et Takuma se connaissent depuis l'enfance, ils se sont promis un amour sans limite avec mariage lorsqu'ils auraient vingt ans. Hélas, Takuma est atteint d'une maladie cardiaque, les médecins pensent qu'il lui reste peu de temps à vivre. L'un et l'autre vont alors commettre beaucoup de bêtises en pensant protéger l'autre, Mayu veut entourer Takuma, lui prouver son amour, être à ses côtés le plus possible tandis que le garçon recule et la repousse estimant que cela pourrait l'aider à tourner la page pour éviter d'être malheureuse après sa mort. Il va même revoir une autre fille, Teru, avec laquelle il va prétendre sortir. Mayu aura le coeur brisé, continuera de s'accrocher à lui, avant de se rendre à l'évidence, de s'oublier dans les bras d'un autre etc.  Aaaargh, cette histoire déchire le coeur mais c'est vraiment bien.
Au début, ils sont encore jeunes, ils ont douze, treize ans. Leur attitude est un mélange d'enfantillages et de maturité précoce. La maladie complique tout, elle les précipite aussi à agir différemment de ce qu'on attend de personnages de cet âge. Et puis, au tome 5 Takuma et Mayu ont dix-sept ans. Et c'est toujours bizarre entre eux, à l'instar de leur entourage, le lecteur sait qu'ils sont faits l'un pour l'autre, donc c'est frustrant de les voir se faire autant de mal, de perdre du temps bêtement.
Mais sans cela, ce serait trop facile et plat. La série est bouclée en 12 tomes, je m'accroche sans souci car je suis à cran pour tout un tas de raison et j'aime ce que je ressens. On parle de sujets très sensibles, comme un amour d'enfant peut-il être sérieux ? Ou est-il sérieux d'aimer lorsqu'on se sait condamné ? Et plus encore.
J'aime vraiment beaucoup.

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Prix Shogakukan du meilleur shojo en 2007 !

 

 

18 novembre 2013

Les Pépites du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis (Lauréats 2013)

Lundi 18 novembre 2013 au Petit Bain (Paris 13e)

lors d'une soirée animée par Emmanuel Davidenkoff, journaliste à France Info

le jury,composé des Ambassadeurs des Pépites 2013 :

Catherine Meurisse, dessinatrice de presse
Jean-Claude Mourlevat, écrivain et traducteur

Avec
Stéphanie Davidson, déléguée générale, Association des Librairies Spécialisées jeunesse
Joseph Jacquet, responsable Recherche & Développement Animations, France Télévisions
Samiha Lafif, libraire, Envie de Lire, Ivry-sur-Seine
Céline Lavallée, libraire, Folies d'Encre Gagny
Florence Noiville, responsable littérature étrangère et de jeunesse, Le Monde
Malika Person, bibliothécaire, les Lilas
Sylvie Vassallo, directrice du Salon du livre et de la presse jeunesse

ont récompensé pour 

La Pépite de l'Album
L'Odyssée d'Outis, Jean Lecointre, Thierry Magnier

L'Odyssée d'Outis

La Pépite BD/Manga
Lastman, Balak, Michaël Sanlaville, Bastien Vivès, KSTR

Lastman Tome 1

La Pépite du Roman européen pour adolescents
La Double Vie de Cassiel Roadnight, Jenny Valentine, traduit de l'anglais 
(Royaume-Uni) par Diane Ménard, L'École des loisirs

La double vie de Cassiel Roadnight

La Pépite du Documentaire 
Israël Palestine, une terre pour deux, Gérard Dhôtel, ill. Arno, Actes Sud junior

Israël Palestine, une terre pour deux

La Pépite du Livre d'art
L'Art de l'ailleurs, Hélène Gaudy, Éditions Palette…

L'Art de l'ailleurs

La Pépite de la Création numérique
Anne Frank au pays du manga, Alain Lewkowicz, Vincent Bourgeau, 
Samuel Pott, Marc Sainsauve, Arte

Anne Frank au pays du manga

La Pépite de l'Adaptation cinématographique
Aya de Yopougon, réalisation Marguerite Abouet et Clément Oubrerie, 
scénario Marguerite Abouet, 
production Autochenille Production et Banjo Studio, distribution UGC Distribution

D'après la bande dessinée Aya de Yopougon vol. 1 et 2,
Marguerite Abouet, ill. Clément Oubrerie, Gallimard, 2005 et 2006

Aya de Yopougon Edition du film

La Pépite du Livre OVNI
Romance, BlexBolex, Albin Michel Jeunesse

Romance
16 avril 2009

Il était une fois... peut-être pas ~ Akli Tadjer

« toi et moi, on s'aime sans réfléchir alors on croit que dans la vraie vie c'est pareil »

 

il_etait_une_fois

Mohammed a élevé seul sa fille, Myriam, et lui porte un amour fort et absolu. En bon papa poule qui se respecte, Mohammed a beaucoup de mal à dire non, à laisser partir sa fille et à accueillir le nouvel homme de sa vie. Gaston Leroux, comme l'auteur ou la chicorée, mais pour Mohammed la réaction est virulente, « un Français de souche, blanc comme la cuvette des chiottes, franchement, tu te fiches de moi ».
En fait l'homme est jaloux. Il affiche une tête de six pieds, d'autant plus que sa fille chérie lui demande mielleusement d'héberger le fameux gus qui n'a plus de toit car il s'est fâché avec ses parents et souhaite trouver du boulot à Paris.

C'en est trop, mais Mohammed est bonne pâte. La cohabitation n'est pas rose, les deux hommes se cherchent des poux, la situation dégénère et puis c'est le calme plat, la brutale solidarité masculine parce que l'objet de leur affection, Myriam, n'est plus la même. Elle fait ses études à Toulon, elle vit seule, a gagné en indépendance et a rencontré un autre type. Le sang de Mohammed se glace, la prunelle de ses yeux lui échappe, en perdant la tête dans sa nouvelle passion qui l'endoctrine dans un culte religieux, contre tous les principes de Mohammed. L'homme se sent seul, perdu, il a pris l'habitude de se réfugier dans ses contes et légendes algériens qu'il récite aux peluches Cruella et Lucifer, des vestiges de l'enfance, mais c'est une autre histoire qui va apparaître.
Car où est la mère de Myriam ? Elle brille par son absence, et Mohammed se défile devant les questions qu'on lui pose. Toutefois, pour sauver sa Myriam, il est prêt à raconter la vraie histoire, à ranger au placard ses histoires à dormir debout.

Ce roman est d'une grande beauté, écrit avec humour et sensibilité, il raconte avec exactitude l'amour d'un papa pour son enfant unique. On a parfois le coeur gros ou le sourire aux lèvres, mais on ne décolle pas une minute son nez des pages. C'est une histoire incroyable, que j'ai découverte avec plaisir.
En plus d'un amour fusionnel, le livre rapporte une histoire familiale pas banale et une aventure humaine pleine de couleurs. Mohammed est un narrateur bougon mais attachant, ce n'est pas le type le plus sociable de la planète mais il se soigne. Il a aussi une façon de parler qui n'appartient qu'à lui, employant des expressions très drôles, « quel est l'intérêt d'avoir inventé ces contes et légendes si tous mes personnages doivent se ressembler comme des petits pois alignés les uns derrière les autres » ou «c'était d'une misère à se foutre à l'eau le pavé autour du cou ». Ses bons mots nous charment, en plus ils sont terriblement vrais, « c'est de l'antagonisme que naissent la beauté et la richesse » et aussi « il n'y a pas de race pure, il n'y a que la bêtise humaine qui le soit ».
J'ai follement aimé ce roman, je ne connaissais pas Akli Tadjer, mais c'est un auteur que j'inscris d'office dans mes incontournables, à suivre, à découvrir.

JC Lattès, 2008 - 325 pages - 17€

Lu pour le prix de la révélation littéraire auFeminin.com   logo

 

10 octobre 2012

Rupture song

petit-manuel-de-survie-pour-les-filles-qui-se-font-larguer

A toutes celles qui ont reçu une enclume sur la tête, au moment où leur mec leur annonçait sans vergogne qu'il débarrassait le plancher, voici ce petit manuel de survie, exclusivement dédié aux filles. Couverture rose, pour l'occasion.

Donc, ce guide passe en revue toutes les étapes par lesquelles va passer la larguée (le choc, la souffrance, le refus de la réalité, la colère, l'acceptation, la guérison, etc.). L'analyse est quelque peu survolée, mais pertinente. De plus, le ton se veut vif, humoristique et piquant. On trouve aussi des tests et des astuces pour se sortir la tête du sac, des petits exercices pas bien méchants, comme la lettre symbolique censée être un puissant outil de libération dans le processus de guérison... On notera aussi la liste des films ou des romans à voir ou à éviter, le rappel des signes avant-coureurs, ou quelques règles pour trouver le nouvel élu de votre coeur (bah oui, après la guérison, il faut remettre son pied à l'étrier !). Enfin, tout ça je le lis, je le découvre, je souris un peu, je pense qu'il ne faudrait pas non plus prendre tout au pied de la lettre, mais c'est léger, assez girly, et j'adore les illustrations de Colonel Moutarde !

Alors, est-ce un guide utile et nécessaire ? J'en doute. Ce sont toujours les mêmes conseils qu'on aperçoit dans les magazines féminins par exemple, ce n'est pas très constructif, ni sérieux. Par contre, c'est indiscutablement divertissant, délirant, optimiste et revitalisant. Au moins cela peut donner du baume au coeur. Et puis je retiens une phrase essentielle dans cet ouvrage : Le mot CHOC, on le retrouve dans CHOColat et aussi dans électroCHOC. Une philosophie bon marché, mais qui me fait bien marrer...  

Petit Manuel de Survie pour les filles qui se font larguer par leur mec, par Véronique Grisseaux & Cat Wood (illustrations de Colonel Moutarde)
Vents d'Ouest, 2012

Et une petite chanson pétillante sur la rupture (thème inusable) ! 

17 février 2009

La guerre des livres - Alain Grousset

618gLk_2BaRoL__SS500_Jeune pilote de la Sécession, Shadi atterrit en catastrophe sur Libel, la planète des livres, qui appartient à l'ennemi, la Confédération impériale. Pour le protéger, Angus, le conservateur de la bibliothèque, le fait passer pour son neveu. Le pot aux roses risque d'être découvert avec l'arrivée à l'improviste de l'empereur en personne. Que veut-il ? pourquoi est-il venu sur Libel ? En fait il a besoin d'Angus et de son savoir littéraire. Sa fille est gravement malade, et seule l'existence d'une plante rare pourrait lui sauver la vie. Il est suivi par une clique de chercheurs avec leurs outils numériques qui permettront de trouver l'ouvrage faisant référence à l'Emerantia. A la tête, se trouve Orfel, le maître-conservateur de l'empereur, accessoirement le vieil ennemi d'Angus et le papa de Thaïs, une jeune fille de quinze ans qui va charmer Shadi. Mais le garçon doit rester discret, ne pas éveiller les soupçons. Il a déjà à ses trousses un certain Wolther, un lieutenant de la sécurité impériale, résolu à lui tendre un piège et démasquer les combines de la bibliothèque des mondes.

Lecture assez passionnante, qui se passe dans des temps futurs, mais surtout dans le monde des livres et qui  montre la suprématie du papier sur le numérique (l'ebook, en tête).  J'ai également apprécié les citations ouvrant chaque chapitre, sur le thème du livre et de la lecture à chaque fois.
L'histoire est captivante, elle ne laisse pas le moindre temps mort. Cela commence par des batailles dans l'espace, puis sur une traque, des complots, des trahisons et une course-poursuite dans les couloirs labyrinthiques de la bibliothèque. Peut-être quelques facilités dans l'intrigue viennent un peu frustrer le lecteur plus pointilleux, mais le roman a déjà rempli un premier contrat : histoire courte, prenante et truffée de messages concernant la liberté, la paix et l'apport précieux de la lecture dans la vie. 
Autre point important : il faut prendre soin des livres, car « le savoir appartient à toute l'humanité ».

Gallimard jeunesse, coll. Hors-piste, 2009
141 pages  /  8€

Illustrations de Manchu  

 

### By dream - Daniel Martin Moore

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