21/09/15

La Resquilleuse, de Mary Wesley

La Resquilleuse HO

Matilda Poliport, âgée d'une cinquantaine d'années, a décidé de tirer sa révérence. Après avoir astiqué sa maison de fond en comble, brûlé toutes ses lettres et donné son jars de compagnie à un fermier, elle glisse son panier de pique-nique dans la voiture, petits pains au beurre, fromage et bouteille de vin rouge, et met le cap vers la plage. Elle entend se saouler et avaler des cachets, puis nager jusqu'à n'avoir plus de force.

Mais ses projets sont mis à mal et elle est contrainte de quitter les lieux en bougonnant. C'est comme ça qu'elle croise en chemin un type recherché par la police pour matricide. Sur un coup de tête, elle l'emmène dans son cottage isolé, lui donne les vêtements de son mari décédé. Ne demande aucune explication. Et se met à lui parler de sa vie. S'ensuit un étonnant tête à tête, avec dialogues corrosifs et révélations stupéfiantes.

Cette comédie aux allures cocasses et à l'humour noir explosif (il en faut) prend vite un tour cynique, qui déstabilisera volontiers le lecteur attaché à de vieux principes (comme quoi, toutes les vieilles dames écrivains sont délicieuses et ne peuvent qu'écrire des livres ronronnants). Il n'en est rien. Le dénouement m'aura certes beaucoup attristée mais la lecture en général a été salvatrice et décapante ! J'en garderai un souvenir... déroutant. ☺

Éditions Héloïse d'Ormesson / Juin 2011 ♦ Traduit par Michèle Albaret (Jumping the Queue) pour les éditions Flammarion en 1994 sous le titre Souffler n'est pas jouer.

 

La resquilleuse

Disponible en poche chez J'ai Lu / Juin 2013

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19/09/15

Le Prix de l'innocence, de Willa Marsh

Le prix de l'innocence Autrement

Ah, les années 60, époque enjouée et fabuleuse, illustrée par les virées en décapotable, les pique-niques et le flonflon des robes, des danses et d'une chanson entonnée entre amis... Fiona est alors jeune vendeuse, naïve et mal embouchée, employée dans un grand magasin. Elle y rencontre Vanessa, tombe amoureuse d'un beau parleur et rêve éveillée. Trente ans plus tard, Fiona recolle petit bout par petit bout les souvenirs de cette jeunesse insouciante. Elle vient de recevoir une lettre de son amie qui lui annonce la visite de son fils Alex. Cette rencontre va bouleverser l'inertie de son quotidien, englué dans une tristesse sans nom. Fiona a perdu tragiquement un enfant et s'est recroquevillée dans la douleur. Depuis, un silence palpable s'est creusé au sein de son couple, qui tend à les éloigner.

Il y a un certain charme à partager cette évocation douce-amère de l'amitié et des premières amours. L'atmosphère est nostalgique, le rythme lent, mais le tout manque de verve pour nous embarquer franchement dans cette histoire qui reste très mélancolique. Aurait pu mieux faire. 

Autrement / Février 2013 ♦ Traduit de l'anglais par Eric McComber (Facing The Music)

 

Le prix de l'innocence

Disponible en poche chez J'ai Lu / Avril 2015

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30/06/15

Mon Ange gardien, de Julie James

Mon ange gardien de Julie James

Jack Pallas, agent du FBI, et Cameron Lynde, l'adjointe du procureur, se détestent depuis le fiasco d'une affaire, vieille de trois ans, sur laquelle ils avaient tous deux collaboré. Ils se retrouvent donc autour d'un meurtre (une escort-girl a été éliminée dans la chambre voisine de l'hôtel où séjournait Cameron, qui a aperçu la silhouette du suspect) et c'est Jack, bien sûr, qui est chargé de surveiller le témoin principal de l'enquête. 

Le couple est à couteaux tirés et se livre à des interactions volcaniques. Scénario classique, mais excellent ! Le flic est l'archétype du héros taciturne, au regard noir menaçant, qui ne laisse échapper aucune émotion. La jeune femme n'est certes pas insensible à ses charmes, mais ne risque pas de se brûler les ailes en s'approchant de lui car elle a conscience de l'aversion qu'elle suscite et préfère afficher une froideur et un cynisme remarquables.

Cette tension constante donne lieu à des échanges drôles et irrésistibles. De plus, le couple met du temps à faire tomber les masques, et l'auteur alimente l'essentiel de son histoire avec cette aura sensuelle qui change des scénarios classiques (pas d'érotisme sauvage, ouf !). Pour cela, j'ai beaucoup aimé. C'est très cliché, mais ça remplit à merveille toutes les clauses du contrat : on a une romance piquante et drôle, avec un couple qui s'enflamme pour de vieilles (et fausses) rancunes. C'est super basique, mais ça reste une vraie partie de rigolade. 

J'ai Lu, coll. Promesses, avril 2011 ♦ traduit par Cécile Ardilly (Something about you)

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10/05/15

En poche ! # 45

Une jolie moisson de nouveautés, pour de belles heures de lecture au parfum de vacances ! 

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Tombée du ciel   DIEU ME DÉTESTE   MISS ALABAMA ET SES PETITS SECRETS

Tombée du ciel, de Cecelia Ahern  [LU]

Dieu  me déteste, de Hollis Seamon

Miss Alabama et ses petits secrets, de Fannie Flagg

 

VACANCES À L’ANGLAISE   LES COULEURS DE L’ESPOIR   LE BEAU MONDE

Vacances à l'anglaise, de Mark Haddon

Les Couleurs de l'espoir, de Julie Kibler

Le beau monde, d'Harriet Lane  [LU]

 

 

Londres par hasard   Une dernière danse   Un si beau jour

Londres par hasard, d'Eva Rice

Une dernière danse, de Victoria Hislop  [LU]

Un si beau jour, d'Elin Hilderbrand

 

L'oubli, d'Emma Healey   Les Dieux sont vaches

L'oubli, d'Emma Healey

Les Dieux sont vaches, de Gwendoline Hamon  [LU]

 

N'oublier jamais   GUIDE À L’USAGE DES JEUNES FEMMES À BICYCLETTE SUR LA ROUTE DE LA SOIE   À la claire rivière, de Katherine Webb

N'oublier jamais, de Michel Bussi  [LU]

Guide à l'usage des jeunes filles à bicyclette sur la route de la soie, de Suzanne Joinson

À la claire rivière, de Katherine Webb

 

ABOMINATION   LA MORT S’HABILLE EN CRINOLINE   LA DERNIÈRE CARTE

Abomination, de Jonathan Holt

La mort s'habille en crinoline, de Jean-Christophe Duchon-Doris

La dernière carte, de Carin Gerhardsen

 

Le duel   Ce qui n'est pas écrit   Un assassinat de qualité

Le duel, d'Arnaldur Indridason  [LU]

Ce qui n'est pas écrit, de Rafael Reig  [LU]   

Un assassinat de qualité, d'Ann Granger

 

Les suprêmes   La petite communiste qui ne souriait jamais

Les Suprêmes, d'Edward Kelsey Moore  [LU] ♥

La Petite Communiste qui ne souriait jamais, de Lola Lafon  [LU]

 

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18/04/15

En poche ! # 43

Nouvelle sélection des dernières nouveautés en format poche...

♦♦♦♦♦♦

 

creme anglaise   Fiançailles, de Chloe Hooper

Crème anglaise, de Kate Clanchy

Fiançailles, de Chloe Hooper

 

Entre les jours   LES MENSONGES

Entre les jours, d'Andrew Porter

Les mensonges, de Karen Perry

 

LA VIE ÉPICÉE DE CHARLOTTE LAVIGNE

La vie épicée de Charlotte Lavigne (tome 3) de Nathalie Roy

 

Sagan 1954   Je ne renie rien

Sagan 1954, d'Anne Berest

Je ne renie rien, de Françoise Sagan

 

SOUS LA TERRE   Faillir être flingué

Sous la terre, de Courtney Collins

 Faillir être flingué, de Céline Minard

 

Black-out

Black-out, de John Lawton ♦ INÉDIT ♦

 

Irrésistible alchimie   Etiquette et espionnage

Irrésistible alchimie, de Simone Elkeles

Étiquette et espionnage (Le Pensionnat de Mlle Géraldine #1), de Gail Carriger

 

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17/04/15

L'Homme à l'envers, de Fred Vargas

L'homme à l'envers

C'est dans un petit village près du parc du Mercantour que Camille a posé sa musique et son catalogue de l'outillage professionnel, auprès de Lawrence, un spécialiste du grizzli débarqué tout droit du Canada. Il est grand, il est blond, il est beau, il est doux, il est réconfortant. Exit Adamsberg.

« Au fond, Adamsberg avait été recyclé. En voyages, en partitions, en vis de 5/80, en Canadien, pourquoi pas. La mémoire fait ce qu'elle veut avec les matériaux qu'on lui donne à la casse, ça la regarde, on n'a pas à fourrer son nez dans ses affaires. En tous les cas, de Jean-Baptiste Adamsberg, qu'elle avait tant aimé, il ne restait rien. Pas une vibration, pas un écho, pas un regret. Quelques images bien sûr, plates, désactivées. Cette capacité de la mémoire à broyer sans merci êtres et sentiments avait, un moment, atterré Camille. Avoir passé tant de temps à se préoccuper d'un type qui se retrouvait transformé en vis de 5/80 avait de quoi laisser songeur. Et Camille avait été songeuse. Bien sûr, sa mémoire avait mis du temps à faire tout ce boulot. Des mois interminables de broyage et de concassage. Puis une songerie. Puis plus rien. Pas un sursaut, pas un cillement. Quelques souvenirs d'un autre monde. »

Mais la colère gronde au village, des troupeaux de brebis sont attaqués par un loup farouche, menaçant de près la population. Lawrence est soucieux, il parcourt le maquis pour traquer la bête. Camille aussi se laisse embarquer dans une étrange battue, à bord d'une bétaillère, en compagnie d'un jeune orphelin enragé et d'un vieux berger. Quelle équipée ! Chemin faisant, même Adamsberg les rejoindra pour partager ses lumières.

Fred Vargas nous concocte une histoire de loup-garou comme il est rarement permis d'en goûter ! C'est divin. Insolite, mais divin. On y retrouve nos personnages fétiches, avec coup de projecteur sur la Petite Chérie, qui se croit libérée de l'emprise du commissaire, lequel apparaît seulement sur la pointe des pieds, mais son ombre pèse lourd et donne aux compagnons de voyage de la jeune femme l'occasion de froncer des sourcils.

Du moins, ce serait avoir de la peau de saucisson sur les yeux pour ne pas admettre le mouvement des astres, car il y a des gestes qui ne trompent pas. Soupirs. Cette lecture aura été une formidable divagation littéraire, à considérer ainsi sous peine de frustration si l'on s'attend à une intrigue à suspense dans les règles de l'art. On a dépassé ce stade, et c'est du nectar !

Audiolib, février 2015 ♦ texte intégral lu par Jacques Frantz (durée d'écoute : 8h 55) ♦ disponible aussi aux éditions Viviane Hamy ou en poche J'ai Lu

Coup de Cœur de l'académie Charles Cros en 2006
Prix Sang d'Encre des Lycéens 1999
Grand Prix du roman noir de Cognac 2000

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28/03/15

En poche ! # 40

Petite sélection non exhaustive des dernières nouveautés en format poche...

♦♦♦♦♦♦

Une saison à Longbourn   Le prix de l'innocence

Une saison à Longbourn, de Jo Baker

Le prix de l'innocence, de Willa Marsh

 

Percy Darling   Courir vers toi

Les joies éphémères de Percy Darling, de Julia Glass

Courir vers toi, de Rachel Gibson

 

DIX DE RETROUVÉS   COMME ONZE COMPREND

Dix de retrouvés, de Janet Evanovich ♦ INÉDIT ♦

Comme onze comprend, de Janet Evanovich ♦ INÉDIT ♦

 

M   Chers voisins

M. Pénombre, libraire ouvert jour et nuit, de Robin Sloan

Chers voisins, de John Lanchester

 

LA DISPARUE D’ANGEL COURT   Le passage du diable

La disparue d'Angel Court (Une enquête de Charlotte et Thomas Pitt #30), d'Anne Perry

Le Passage du Diable, d'Anne Fine

 

Un Goût de cannelle et d'espoir   La vie secrète

Un Goût de cannelle et d'espoir, de Sarah McCoy

La vie secrète d'Eve Elliott, de Diane Chamberlain

 

Calpurnia

Calpurnia, de Jacqueline Kelly

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21/11/14

La Nuit a dévoré le monde, de Pit Agarmen

La nuit a dévoré le monde

Antoine Vernet collectionne les échecs : écrivain raté, amoureux abandonné, type désabusé... Il est en quête d'un nouveau souffle. Aussi, accepte-t-il l'invitation d'une amie à passer la soirée dans son appartement cossu. Mais cela ne va pas se dérouler comme prévu. Il va boire, beaucoup. Perdre pied. Se réfugier dans un bureau et s'écrouler de fatigue. Le lendemain, il se réveille dans un appartement étrangement silencieux. Découvre une scène de désolation, avec des murs maculés de sang. De plus, les lieux sont vides.

Dehors, règne la même scène de chaos. Il y a des zombies, partout ! La police tente de lutter contre une armée de morts-vivants affamés, lesquels sautent sur tout ce qui bouge, se multiplient, forment des hordes sauvages, déchaînées, incontrôlables. C'est la fin du monde. Antoine est ahuri mais décide de se barricader dans l'appartement. Il rassemble le maximum de vivres pour assurer sa survie. Trouve des armes. Le voilà désormais seul, coupé du reste du monde. Avec l'angoisse au ventre. Et du temps pour cogiter. 

Antoine va alors s'organiser une routine surprenante de banalité : il lit, il mange, il prend des bains de soleil, il s'occupe amoureusement d'une petite plante verte, il joue de la trompette. De temps en temps il dézingue un ou deux zombies pour se rassurer. Il fait un peu n'importe quoi, il hurle à la mort, s'habille en femme, se désole et est tenté de s'offrir en amuse-bouche aux âmes errantes. La folie n'est pas loin de le guetter quand survient, vers la fin, LA rencontre qui peut tout changer.

Voilà un roman original, bien écrit, à envisager comme une approche philosophique (et intellectuelle) sur le temps perdu, les remords et les regrets, la solitude et comment ne pas sombrer face au désespoir. C'est intéressant, totalement décalé et assez perspicace. Par contre, ce n'est pas un roman de “zombies” tel qu'on pourrait s'attendre (il y a peu d'action, juste un type paumé qui soliloque), c'est davantage une robinsonnade qui se veut distrayante mais révèle surtout un grande part de mélancolie.    

Robert Laffont, août 2012 ♦ parution en format poche (J'ai Lu)

« Ce qui est beau et sûr, c'est le passé. Même le passé triste, ma solitude, mes difficultés matérielles, mon adolescence, tout ça me paraît doux désormais : j'étais heureux et je ne le savais pas. Le désespoir d'alors était un état de plénitude extatique comparé à ce que je vis aujourd'hui. »

 

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14/11/14

Saison de lumière, de Francesca Kay

Saison de lumière de Francesca Kay

Francesca Kay dresse un portrait de femme artiste, Jennet Mallow (personnage fictif, j'ai vérifié !), qui se débat entre sa passion pour l'art et son rôle de femme. Son histoire est racontée par son plus jeune fils, qui livre une interprétation parfois personnelle des émotions de sa mère. À bien considérer, c'est sans doute troublant (le narrateur s'en rend compte et tente de se justifier). Mais Francesca Kay réussit en un tour de passe-passe à nous faire oublier ce détail.

On découvre alors une femme entière, qui tombe amoureuse d'un artiste peintre, avec qui elle va vivre une relation passionnelle. Confrontée à la pauvreté, la dépression de son époux, son alcoolisme, l'éducation de jeunes enfants, l'exil en Espagne, la tromperie, la maladie, Jennet devra batailler longuement pour s'affirmer, trouver sa place, s'épanouir dans son art, sans négliger sa vie de famille. C'est une constante chez elle, de vouloir préserver cet équilibre et protéger ses enfants. Aussi, lorsqu'elle tentera de s'en échapper, de vivre pleinement sa sexualité et laisser éclater ses idées sur la toile, elle sera rattrapée par un coup vache du destin.

C'est, sans conteste, un roman magnifique, rayonnant de vie et de passion, servi par un style lyrique et une écriture lumineuse qui rendent les sensations et les émotions plus intenses. C'est aussi un roman visuel, aux descriptions minutieuses, tellement poétique dans l'ensemble qu'on « sent » l'ouvrage, on perçoit les peintures, les jeux des ombres et des couleurs... C'est saisissant. Vraiment, quelle belle découverte.

J'ai Lu, décembre 2012 ♦ traduit par Laurence Viallet pour Plon (An equal stillness)

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22/09/14

L'Homme aux cercles bleus, de Fred Vargas

« Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ? » 

L'homme aux cercles bleus

Un Fred Vargas tout jeunot (1996), qui nous introduit un Jean-Baptiste Adamsberg fraîchement promu au commissariat du 5ème arrondissement... here I go ! Et de le découvrir faire ses premiers pas auprès d'une équipe pantoise face à ses méthodes de travail peu orthodoxes : l'homme se perd régulièrement dans de longues réflexions intérieures, les bras croisés sur son buste, se livre à du gribouillage sur un bout de papier posé sur les genoux, ou se balade la nuit, souvent près d'un cours d'eau... il dort peu, et rarement seul. Adamsberg n'est pas un romantique, mais son âme est torturée par les souvenirs d'une petite chérie, silhouette fugace, croisée, aimée puis échappée sans crier gare. L'homme est nostalgique et a le cœur ravi.

Pas étonnant que son intérêt de flic s'arrête sur des affaires sordides, comme ces cercles bleus qui pullulent dans Paris. Il prévient Danglard, ça s'annonce mal. Un matin, ça va saigner... En attendant, il rencontre une océanographe de renom, Mathilde Forestier, qui se vante d'avoir croisé l'homme aux cercles bleus et d'être capable de le reconnaître. Adamsberg, forcément, est interpellé et pénètre dans l'appartement cossu de la scientifique, où se côtoient d'autres figures insolites : un bel homme aveugle et une vieille dame solitaire, accro aux petites annonces. Ce refuge de bras cassés est aussi l'antre des soirées arrosées, à soliloquer sur le monde et sur l'enquête du commissaire. Franchement, on sourit, on jubile, on gobe tout et on en redemande.

Ah mais c'est redoutable, sous couvert de tendres excentricités, on ne soupçonne pas l'incroyable ingéniosité de l'intrigue. Et c'est écrit avec rondeur, en jouant sur les mots, en se moquant des personnages avec affection, en distillant de l'humour aussi. Bref, c'est décalé, un brin philosophe, finaud et clairvoyant. On se régale ! Mais à quand une nouveauté, madame !??

Audiolib, août 2014 ♦ texte intégral lu par Jacques Frantz (durée d'écoute : 6h 23) ♦ disponible aussi aux éditions Viviane Hamy ou en poche J'ai Lu