Callie vit dans la rue avec son petit frère, Tyler, et leur ami d'enfance, Michael. Pour gagner un peu d'argent, elle décide de louer son corps. (Une petite explication s'impose : nous sommes dans une société du futur, suite à une guerre des Spores, seuls les plus jeunes et les plus âgés ont survécu, ces derniers veulent s'offrir une nouvelle jeunesse en se payant quelques jours dans un corps frais, beau et tonique). Callie s'engage ainsi pour une mission d'un mois, mais les choses vont mal se présenter.
*** Il va y avoir un bug avec sa puce, l'adolescente va se réveiller dans la vie d'une autre mais doit continuer de faire semblant, en jouant un double rôle. Elle va aussi découvrir qu'elle est chargée d'une mission suicide, mais refuse de se mouiller, sauf qu'elle est déjà impliquée et ne peut plus faire marche arrière. ***
STARTERS est une lecture intense et prenante, une lecture riche en action et suspense, avec une héroïne qui se débat seule contre un système pourri. C'est sombre, assez poignant et tendu. Callie est une jeune fille charmante et sympathique, pas bête non plus, elle va tomber amoureuse, vivre un conte de fées, se sentir trahie puis basculer dans un véritable enfer. C'est franchement bien fichu, car j'ai tout gobé et je ne regrette rien ! C'est un super thriller, qui se lit à toute vitesse (et qui ne perd pas un temps fou dans des considérations romantiques inutiles !). De plus, ce 1er tome trouve une issue favorable, pas besoin d'aller plus loin pour ceux qui refusent le long-cours. Personnellement j'ai hâte de renouer avec cet univers étrange et captivant.
Starters, par Lissa Price Robert Laffont, coll. R, 2012 - traduit par Aude Lemoine
Penelope Green s'ennuie toute seule à Londres, elle n'a pas de nouvelles de Cyprien, sur les mers depuis plusieurs mois, et commence enfin à se poser des questions sur la nature de son attachement pour lui. Bientôt, un petit paquet contenant un précieux éventail lui est livré, avec une lettre du garçon. Il lui informe être sur le départ pour la Chine, sur les traces d'un trafic de caisses au contenu douteux (des bibles, par centaine). Il demande à la journaliste de sauter dans le premier bateau pour le rejoindre et mener ensemble cette trépidante enquête.
Penelope bondit de joie, se heurte à la colère de son patron du Early Morning News, échappe à la vigilance de son cerbère qui devait la conduire en Ecosse, elle file à toute allure pour retrouver son fidèle *assistant*. Pourtant elle va jouer de malchance et louper chaque escale du garçon, elle est sur ses traces, toujours plus mélancolique, furieuse et impatiente. À peine débarquée sur les terres chinoises, l'aventure se poursuivra tout aussi follement, puisque l'énigmatique Monsieur Wang veut s'offrir les services de Penelope. Chez lui, dans sa belle maison, elle rencontre ses épouses et ses filles, le but étant de tisser une relation cordiale, la jeune anglaise va également ouvrir grand les yeux en découvrant cette nouvelle culture dont elle ignorait tout.
Finalement, c'est Cyprien Bonaventure qui piste les trafiquants en cherchant à percer le mystère. Penelope et lui auront décidément été beaucoup séparés dans cette nouvelle aventure, mais cela aura-t-il suffi pour éclairer la lanterne de la jeune fille ? Réalise-t-elle enfin que ce garçon est mordu, et qu'elle aussi en pince sérieusement pour lui ? Cette relation amoureuse n'est finalement que l'ombre de ce qu'elle devrait être ! A quand un vrai rapprochement ? Sans cela, cette série est toujours aussi divertissante et passionnante. Ce troisième tome est imprégné d'un parfum d'exotisme, très enivrant, j'ai beaucoup apprécié l'intrigue pleine d'intelligence de ce roman.
Penelope Green, tome 3 : L'éventail de Madame Li, par Béatrice Bottet Casterman, 2012
La lecture des tomes précédents est nécessaire pour la compréhension de ce livre ! (en savoir plus en un clic)
Troisième tome, et probablement le dernier de la série ! Toutes les questions ont trouvé une réponse, nous avions abandonné Neil Galore plus dépité que jamais, après la débandade des évènements provoqués par la terrible Brigade Pâle, mais plus déterminé que jamais aussi ! Il veut trouver l'ennemi, mettre un terme à leurs pratiques perverses et redoutables, dans le même temps il aimerait bien en savoir plus sur ses origines (et balayer la nouvelle d'un revers de la main), réunir ses anciens acolytes, la belle Elly en particulier, et gagner ses lettres de noblesse au sein de la prestigieuse Agence Pinkerton (on pourrait facilement le considérer comme l'ancêtre de Fox Mulder !).
Sans trop en dévoiler, sous peine de livrer des révélations secrètes, je tiendrai en estime ce troisième tome, pour son ambiance western, son dynamisme, ses personnages attachants, son histoire où l'on respire la poussière, l'odeur du colt et du whisky, les ennemis implacables, les secrets de famille enfin dévoilés, même si guère brillants. J'ai aimé cette série, complètement, et pourtant j'ai trouvé ce troisième tome légèrement moins enthousiasmant. Pas décevant, mais disons que j'avais des attentes haut placées ! C'est une série que je conseille à tous les amateurs du genre, ils ne regretteront pas le détour.
L'Agence Pinkerton, tome 3 : Le complot de la Dernière Aube, par Michel Honaker Flammarion, 2012 - illustration de Benjamin Carré
Luis est le p'tit dernier des frères Fuentes. Contrairement à ses aînés, c'est un garçon sérieux et passionné par ses études. Très ambitieux, il a tracé un plan sur les dix prochaines années et ne compte pas se détourner du droit chemin. Il a dix-sept ans lorsque sa mère et lui reviennent à Chicago. De retour au lycée Fairfield, Luis renoue avec d'anciennes relations, dont Marco, son ami d'enfance, qui a vendu son âme au gang, mais aussi Nikki Cruz, l'insupportable petite peste croisée deux ans plus tôt, au mariage de son frère.
Parce qu'elle a été bafouée par son ex, accessoirement son premier amour, Nikki a fait une croix sur les sentiments et sur la confiance accordée aux garçons. Elle est très amère, cynique et blessante. Coquin dans l'âme, Luis lui joue son numéro de charme. Elle y est totalement insensible. En fait, tout chez le garçon lui rappelle son ex ! Mais Luis persiste et signe. A côté de ça, le gang des Latino Blood lui sert le traditionnel discours de bienvenue : il est lié par le sang, il a des obligations ou c'est sa famille qui trinque.
J'ai adoré ce retour aux sources, dans la ville de Chicago, dans le lycée d'Alex, avec même Mme Peterson en cours de chimie (suis-je la seule à fantasmer sur une idylle, dans le futur, entre sa fille et le petit Paco ?!). Luis est un grand charmeur, il est irrésistible, drôle et a le sens de l'honneur. Sa famille, pour lui, c'est sacré. D'ailleurs, c'est bon de revoir Carlos et de se rappeller sa mauvaise humeur légendaire. Il ne change vraiment pas ! La romance entre Luis et Nikki est, elle aussi, torride, mouvementée et alimentée par des peut-être bien que oui, peut-être bien que non. Pour un dernier tour de piste, l'auteur ne se foule pas et sert son plat traditionnel, celui qu'on aime et qu'on redemande.
Irrésistible Fusion, par Simone Elkeles La Martinière J. (2012) - traduit par Cyril Laumonier
Penelope Green a gagné la confiance du rédacteur en chef du Early Morning News et s'embarque pour New York afin de rencontrer la poétesse Alison Redfern. A bord du paquebot, elle fait la connaissance de Mrs Helen Pryce, dont le cerveau est complètement embrumé par les vapeurs du laudanum. Cette dame aurait un secret, selon son patron, qui attend de Penelope de creuser le sujet car il pressent une affaire criminelle.
Bluewaters. C'est tout ce dont dispose la jeune journaliste. Nul autre indice. Sa seule source reste inexploitable, de plus le mari de la dame refuse qu'elle continue d'entretenir le moindre contact avec elle. Penelope arrive donc à New York, complètement fascinée, mais surtout avec l'envie d'en découdre. De fil en aiguille, elle va traiter son enquête avec minutie, intrépidité, bravoure et curiosité. Heureusement elle pourra compter sur son *assistant* Cyprien, mais n'échappera pas aux dangers qui vont l'attendre au tournant.
Penelope Green est une aventurière, une vraie, pas dans le sens du XIXème siècle. C'est une jeune femme audacieuse, une risque-tout, qui se jette dans la gueule du loup sans craindre les conséquences. Son affaire Bluewaters sent le soufre, mais ça ne va surtout pas freiner Penelope dans sa quête de la vérité. Sa complicité avec Cyprien est toujours évidente, mais s'agit-il d'une relation amicale ou amoureuse ? Ce deuxième tome demeure très flou sur le sujet. Cela ne nous gâchera pas le plaisir d'apprécier l'élégance de cette série, son écriture raffinée et l'aspect méprisable des dessous des affaires pêchées par la jeune journaliste.
Penelope Green, tome 2 : L'affaire Bluewaters, par Béatrice Bottet Casterman, 2012
Rien ne prédestinait Amelia d'Orsay à rencontrer le sémillant duc de Morland, autrement surnommé le duc de Minuit. (Celui-ci honore de sa présence chaque bal en se pointant aux douze coups de minuit, danse une valse avec une partenaire au hasard puis regagne son domaine en toute discrétion.) Amelia est issue d'une famille noble désargentée, elle a vingt-six ans et un physique quelconque. Elle a donc coutume de faire tapisserie !
Et puis, ce soir-là, elle danse avec le duc, elle se veut audacieuse et spirituelle, l'homme est troublé et veut s'échapper, mais elle s'accroche. Alors il la prend à bras-le-corps et quitte la salle. Dans la foulée, deux hommes viennent prévenir Spencer qu'un membre de leur club de gentlemen, le Stud Club, vient d'être assassiné dans les rues de Mayfair. Tout ce petit monde est en émoi, mais discute jetons et chevaux avant de se rendre chez Lily Chatwick que l'un d'eux doit épouser pour l'honneur !
Cela ne fait pas 50 pages, il me semble, que l'intrigue vole déjà dans tous les sens et j'adore ça ! La relation qui va naître entre Spencer et Amelia démarre sur les chapeaux de roue, jamais elle ne faiblira, elle sera passionnelle et tumultueuse, ou je ne m'y connais pas. Le duc est un homme froid, orgueilleux, un vrai Darcy en puissance, il masque ses faiblesses, ses sentiments, il est parfois sec et rabat-joie, mais quel homme ! En face, Amelia ne lâche jamais prise, elle craint de tomber amoureuse, suite à leur accord, et fait tout pour tenir son prétendant à distance (peine perdue). Rarement une romance ne m'aura autant donné l'occasion de sourire comme une bécasse, de hausser les sourcils, de pouffer, de grincer des dents, de cligner des yeux comme une allumée. Tout ça pour dire que j'ai adoré !
Le Club des Gentlemen, tome 1 : Valse de minuit, par Tessa Dare J'ai Lu, coll. Aventures & Passions, 2012 - traduit par Cécile Ardilly
Une femme se réveille dans un lit, la mémoire en vrac. Un homme dort à côté d'elle. Un sentiment de frayeur la gagne aussitôt. Dans le miroir de la salle de bains, son image lui fait pousser des cris d'effroi : elle a vingt ans de trop. Qu'est-ce que cela veut dire ? Et c'est ainsi, chaque matin, le même rituel. Christine souffre d'une amnésie rare (elle n'a plus aucun souvenir et ne peut stocker de nouvelles données). Elle a été victime d'un accident à l'âge de vingt-neuf ans, le temps a passé, la mémoire aussi, désormais elle tente de se reconstruire et de s'accrocher à sa vie en cherchant à comprendre. La lecture de son journal l'aidera peut-être à débroussailler son esprit ravagé. Jour après jour, Christine doit enregistrer les mêmes informations. Son présent est morne, son passé est évanoui, elle tente de cerner les ombres, de combler les vides et cherche à reconstituer le puzzle. C'est long, troublant, assez répétitif, tous les matins elle repart de zéro, doit encaisser le même choc et ainsi ingurgiter vingt années d'une vie qui s'est déroulée sans elle. Alors pourquoi un tel traumatisme ? qu'est-ce qui a pu provoquer son accident ? pourquoi son mari Ben refuse de rencontrer les médecins ? Quel est le vrai du faux, en somme ?!
Car l'histoire, aussi habile et terrifiante soit-elle, nous plonge dans un climat de paranoïa d'où germe un sentiment de doute qui ne fait que grossir. Heureusement j'aime être baladée de la sorte, ne plus savoir ce qu'il faut penser, se méfier de tout et de tout le monde, imaginer le pire scénario, craindre un dénouement encore plus tordu qu'il n'est en réalité. Tout du long, la tension psychologique est parfaitement maîtrisée. Le format livre-audio permet aussi une nouvelle approche de la lecture, c'est une expérience excitante et bien frustrante aussi, puisqu'il faut s'en tenir au rythme de la narratrice et qu'il est impossible de sauter des passages. Je l'avoue, parfois j'ai eu envie d'aller plus vite que la musique. Mais je ne regrette pas ce format non plus ! Pour info, le texte est lu par Françoise Cadol, la voix française d'Angelina Jolie et de Mary Alice dans Desperate Housewives. (Prévoir 11 heures d'écoute !)
Avant d'aller dormir, par S.J. Watson Audiolib, 2012 (Livre audio 1CD MP3 - 644 Mo) ou éditions Sonatine, 2011 traduit par Sophie Aslanides / Prix SNCF du polar-roman 2012
Cinq mois que j'ai lâché prise et me voilà complètement perdue ! Pourtant, ce 5ème tome se veut un parfait enchaînement aux évènements précédents : Bishop cherche à prendre le contrôle de Morganville, Amelie est obligée de replier ses maigres troupes dans la maison de Michael Glass, la tension semble à son comble mais ce n'est que le début ! En effet, les vampires vont être frappés d'un mal étrange, ils perdent le contrôle d'eux-mêmes et sont guidés vers le soleil en sachant parfaitement que cela va les griller sur place. Claire et Eve doivent sauver Michael, avant de retrouver ce fou de Myrnin. Mais tout part en vrille ! Ce cinquième tome est un incroyable fourre-tout : action, rebondissement, confusion, trahison, danger, disparition, suspense et frustration sont donc à prévoir. Il ne manque qu'une pincée de romance pour pleinement remplir le cahier des charges, mais là je reconnais que ça manque un peu. Michael, Eve, Shane et Claire ont tous leurs combats à mener, pas de temps pour la bagatelle, même si nos petits couples se lâchent enfin sur les sentiments en se confessant leur amour profond. Cette lecture a tiré un trait sur la rigolade et l'oisiveté, trop d'enjeux politiques sont à craindre et nos quatre amis en sont les acteurs de premier ordre, particulièrement Claire, toujours aussi crédible dans son rôle de Wonder Woman, passons... Enfin bref, ce livre fait office de trait d'union avec le dénouement annoncé (en effet, le 6ème tome correspondrait à la fin du 1er cycle, ouf). Cette série m'est toujours apparue honnête et divertissante, sans toutefois soulever un enthousiasme débordant. Ceci dit, la lecture est à suivre, puisque la fin nous laisse une nouvelle fois à cran !
Vampire City, tome 5 - Rachel Caine Hachette, coll. Black Moon, 2012. Traduction de Alice Delarbre. en VO : Lord of Misrule
Je n'ai été amoureuse que de deux garçons. Et qui portaient le même nom de famille. Conrad était le premier, et je l'aimais comme on ne peut aimer que la première fois. Les yeux fermés, parce qu'on refuse de les ouvrir. Avec étourdissement, bêtise et ferveur. Un genre d'amour qui ne se reproduit jamais. Ensuite, il y a eu Jeremiah. Dans son regard, je voyais le passé, le présent et le futur. Il ne connaissait pas seulement celle que j'avais été, mais celle que j'étais devenue, et il m'aimait toujours.
Terriblement émouvant, c'est ce qui ressort de cette lecture (en fait, une relecture... et cela a du bon, mes nerfs n'étaient plus électrisés, je savais ce qui m'attendait, j'avais juste besoin / envie de me rassasier de l'air marin de Cousins). Et il faut dire que la série de Jenny Han possède un charme inégalable : c'est beau, c'est doux, c'est touchant. Cela vous berce et cela vous rappelle votre jeunesse, alors qu'on est une toute jeune fille en train de faire ses premiers pas dans le monde des grands. Être adulte, ça ne veut pas simplement dire porter des talons hauts et jurer fidélité ad vitam æternam à son amoureux. C'est surtout une prise de risque de chaque instant, savoir dire oui, saisir la chance au tournant, affirmer ses choix, reconnaître ses erreurs, oser, aimer, chavirer, rompre, y retourner encore et toujours.
La jeune Belly nous réserve donc un dénouement poignant et qui promet d'affoler les battements de votre coeur. Ce dernier tome sera celui des grandes décisions et des nouveaux départs ; je pense qu'il ne manquera pas de vous étonner, de vous décevoir et de vous bouleverser à plus d'un titre. L'ambiance n'est plus à la rigolade, le passé doit être rangé dans des boîtes en carton, comme une maison qu'on referme après les vacances d'été. Pour bien faire, les souvenirs vont et viennent, ils aident à compléter l'histoire et à fignoler les contours des personnages, ils sont aussi les petits cailloux invisibles pour nous guider jusqu'à la fin.
Cette deuxième lecture a su me réconcilier avec le sentiment d'amertume ressenti la toute première fois, alors que j'avais avalé avec gourmandise et incompréhension les tours et détours proposés par l'auteur. Non, je n'étais pas contente. J'étais outrée. Il y avait tromperie sur la marchandise. Et puis le temps a passé, j'ai replongé et j'ai aimé. J'ai retrouvé tout ce qui avait su me séduire et me conquérir dès les premières notes : la nostalgie, la famille, les amours compliquées, les blessures de l'enfance, les rêves de l'adolescence, le calme de la maison de la plage, et l'impression de velours dans le déroulement de l'histoire... en bref, j'étais totalement sous le charme.
Je conserve donc un profond attachement à cette série et aux trois livres qui la composent, car au-delà du ton doucereux qui semble être la marque de fabrique, il y a aussi une réelle tristesse et détresse derrière chaque mot, chaque choix de vie. Et forcément, cela me parle...
L'été devant nous, par Jenny Han Albin Michel, coll. Wiz, 2012 - traduction par Alice Delarbre
Londres, 2015. Le gouvernement a décidé de restreindre les dépenses énergétiques et impose à la population une carte avec un quota de 200 points. Au-delà, de sévères réprimandes vous tombent sur le museau, vous passez pour un écocitoyen irresponsable, vous pouvez ramper sous terre, votre cas fait mal aux yeux !
Pour Laura Brown, seize ans, cette restriction entraîne un éclatement familial auquel elle assiste avec effarement et ironie. Elle consigne tout dans son journal, jour après jour. Elle raconte aussi sa petite vie d'adolescente passionnée de musique, de lycéenne qui n'en fiche pas une, et de jeune fille amoureuse de son voisin mais qui semble totalement l'ignorer !
Si le roman cherche à éveiller les consciences concernant notre façon de vivre, notre incapacité à nous limiter et à réfléchir à nos véritables besoins, je trouve que l'intrigue a tapé juste. Par malchance, ce propos a tendance à se noyer parmi le blabla d'une adolescente qui relate son quotidien (se sortir de son lit chaque matin, se rendre à pied à l'école, marcher dans la neige, supporter les pannes d'électricité dans le métro, être plongée dans le noir, assister à la débâcle d'un système qui fout le camp...).
Enfin bref, si vous vous attendiez à un certain sensationnalisme, vous risqueriez d'être déçus ! Certes, on assiste à un début de chaos, certains quartiers sont dépouillés, les manifestations déchaînent les passions et les violences, la météo est détraquée, même la cousine de Laura qui vit aux USA assiste à un soudain revirement de situation qui paraît parfaitement risible. Je crois donc qu'il faut considérer cette lecture comme étant décalée et caustique, beaucoup moins comme un thriller.
Carbon diaries 2015, par Saci Lloyd Pocket jeunesse, 2012 - traduction de Sylvie Denis
la lecture du tome 1 est nécessaire (pour rappel : ICI), mais le deuxième est un livre d'accompagnement, pas forcément indispensable.
L'histoire se passe un an après l'accident de l'astéroïde, mais la situation demeure toujours préoccupante. La famille Evans a survécu et tente désormais de songer à l'avenir. Or, rien ne se passe comme prévu : Matt ramène une épouse, le père des enfants est de retour et il n'est pas seul non plus. Cela commence à faire beaucoup de monde dans une petite maison.
De son côté, Miranda a besoin de changer d'air et prend goût au maraudage, ce que sa mère réprouve, mais l'adolescente s'en moque. Elle n'a guère changé malgré les épreuves, à dix-sept ans c'est une jeune fille capricieuse et égoïste, faisant souvent preuve d'immaturité. Mais un nouveau séisme l'attend, car Miranda va tomber amoureuse ! Oui, tout est possible en ce monde accablé. Même les causes perdues peuvent croire en leur bonne étoile. Je plaisante, simplement la romance est très différente des clichés habituels, là on sent bien que la pitié et le désespoir sont chevillés au corps des personnages. Les passions ravageuses sont de vieilles idées remisées dans les ouvrages littéraires, en vrai cela ne fait plus rêver. (A la place, Miranda crève d'avaler un steak !)
Pendant longtemps la lecture fait croire que le retour à la normalité est une réalité envisageable, et puis non, la dernière partie du roman est plus brusque, plus dramatique, elle nous rappelle ce qu'est la vulnérabilité, et c'est franchement poignant. Le roman se termine sur cette vision sombre et désespérante d'êtres désabusés et qui tentent encore d'espérer en un lendemain meilleur. A vrai dire, on abandonne Miranda et les siens à un triste sort, la suite n'appartient qu'à eux et on referme ce livre en songeant que notre fortune n'est finalement pas si dérisoire ou détestable.
Chroniques de la fin du monde, tome 3 : Les survivants par Susan Beth Pfeffer Pocket jeunesse, 2012 - traduction de Laure Mistral
Petite déception concernant ce tome 2, qui nous raconte l'histoire de Grimm, le bras droit de Hawk Douglas.
Grimm est un Berserker, ce qui signifie dans la mythologie scandinave qu'il est un guerrier fauve capable d'entrer dans une fureur sacrée qui le rend surpuissant. Sa famille a été massacrée sous ses yeux, il a grandi chez les Saint Clair, où la petite demoiselle, Jillian, était folle de lui. Les années ont passé, Grimm a poursuivi son chemin mais Jillian ne l'a jamais oublié. Amoureuse de lui, elle s'est jetée à son cou alors qu'il a préféré lui tourner le dos.
Bref, le temps des retrouvailles est venu. Grimm, ainsi que deux autres prétendants, ont été convoqués par le père de Jillian pour conquérir son coeur afin de la détourner de son intention d'entrer au couvent. Jillian n'a d'yeux que pour Grimm, il s'en doute mais la repousse toujours. Pour lui, être un Berserker est une malédiction, il ne souhaite pas que cela touche son entourage, car bien évidemment lui aussi est amoureux de Jillian. Mouaip, mouaip, mouaip.
Je suis restée en retrait de cette romance, que je n'ai pas trouvée renversante mais un peu ridicule. Grimm passe son temps à fuir la demoiselle qu'il aime, elle est passablement agacée pour sa froideur et le lui rend bien alors qu'elle se languit de lui, voilà le topo, c'est passablement ennuyeux, du moins personnellement je n'y ai pas pris goût. Point de trace d'Adam Black au programme, ce n'est décidément pas avec ce titre que l'auteur a pu exploiter sa mythologie introduite avec La malédiction de l'Elfe noir. Nul doute qu'elle se rattrapera par la suite...
Les Highlanders, tome 2 : La rédemption du Berserker, par Karen Marie Moning J'ai Lu, rééd. 2011 - traduction de Lionel Evrard
J'ai dévoré ce roman en quelques heures, la preuve qu'il est redoutable, bien ficelé, entraînant et haletant. Au départ, pas facile de démêler le vrai du faux : une fille meurt, revient sous la même apparence, sauf que ce n'est pas elle, et pour cause c'est sa jumelle ! Sutton serait morte, la scène a été filmée, diffusée sur le net, Emma la découvre par hasard, réalise alors qu'elle a une soeur dont elle ignorait l'existence, prend aussitôt contact avec elle, et c'est là que tout dérape. Sutton a disparu, tous ses amis se trompent sur Emma dès lors qu'elle apparaît à Tucson, cette dernière ne peut affirmer le contraire car ses papiers ont été volés et un message l'avertit de garder le secret.
Han, han, ça démarre très fort ! Le roman prend en effet une tournure inquiétante et angoissante, et plus on avance dans l'histoire, plus on découvre que Sutton était une garce finie, que ses copines et elle jouaient un drôle de jeu basé sur des blagues scabreuses, que cela a provoqué des conséquences irrémédiables, dont le meurtre de la jeune fille. Et c'est d'autant plus bizarre, ou sordide, car l'esprit de Sutton est présent à travers celui d'Emma, qui l'ignore, la Reine déchue observe donc la scène à travers les yeux de sa soeur, la mémoire en vrac, mais voulant à tout prix des réponses. Comment vous dire ? C'est flippant. Tout simplement.
A l'instar d'Emma, on comprend qu'elle vient de se glisser dans une existence de rêve en apparence, alors qu'il semblerait que tout est faux, que le danger est partout et qu'elle doit prêter ses traits à une soeur jumelle dont elle découvre la nature perverse et démoniaque avec effroi et écoeurement. De plus, il est trop tard pour reculer et Emma veut démasquer la vérité. Elle souhaite tout de même venger la mort de Sutton, mais cela s'annonce fielleux, critique et déstabilisant. J'ai adoré ce roman, au climat terrifiant et tellement prenant, j'ai vraiment hâte de découvrir la suite !
The lying game, tome 1 : Tu es moi, par Sara Shepard Fleuve Noir, coll. Territoires, 2012 - traduit par Isabelle Troin
Imagine un peu ces rêves comme des bulles roses en forme de coeur qui s'élèveraient au-dessus des maisons, en tournoyant autour des têtes des femmes qui serrent leurs oreillers sur leur poitrine... C'est une vraie tragédie qu'aujourd'hui encore des femmes puissent se sentir prises au piège.
Tout commence assez naïvement : Georgie écrit à son acteur préféré, et lorsqu'elle reçoit une réponse, elle est folle de joie et continue de lui raconter sa vie en le bombardant de messages. Puis, elle découvre que ce n'est pas la personne qu'elle imaginait, que cette personne n'en est pas moins attentive et délicate, qu'elle a pris l'initiative de lui révéler le pot-aux-roses car les mails de la jeune fille la touchent profondément. Et il faut dire que la vie de Georgie n'est pas gaie. Son papa est décédé, sa mère a refait sa vie avec un type brutal, Georgie a obligation de veiller sur sa petite soeur sans jamais avoir de temps pour elle, alors qu'elle aimerait, par exemple, assister à l'atelier théâtre en ville, car jouer la comédie et chanter sur scène sont pour elle deux passions. Très vite, il apparaît que sa correspondance avec Nan sert aussi d'exutoire car la jeune fille est submergée par les émotions, tour à tour elle vit des choses merveilleuses, contrebalancées par une réalité sordide et souvent injuste (sa mère est passive, son beau-père est une ordure, et puis sa meilleure amie se comporte en peste depuis que le garçon qui lui plaît semble davantage intéressée par Georgie). Bref, c'est la valse des sentiments et des passions ! Et bizarrement, les messages de Georgie ont aussi une utilité pour Nan qui vit un deuil difficile et qui va s'en sortir grâce à l'éternel optimisme de l'adolescente. Souvent confrontée au pire, Georgie a développé une volonté de fer, et c'est tout à son honneur car son histoire force l'admiration ! C'est donc un chouette petit roman, dont l'histoire est exclusivement composée de mails, qui raconte une rencontre improbable à partir de laquelle va naître un jolie connivence qui servira également de levier à deux personnalités, totalement différentes de prime abord, et qui pourtant vont s'avouer complémentaires. C'est aussi une histoire qui met à l'honneur la confiance, l'optimisme et l'espoir sur fond tristounet mais pas désespéré. Une découverte pleine de sincérité et d'émotions.
Cher Dylan, par Siobhan Curham Flammarion, coll. Tribal, 2012 - traduction de Marie Hermet
Tempérance est une jolie veuve guindée, qui dédie sa vie à s'occuper de l'orphelinat mis en place par son père, aujourd'hui décédé. Elle est également assistée par son frère Winter, mais tous les deux ont bien du mal à boucler les fins de mois, l'argent manque et ils viennent de perdre leur plus généreux donateur. Du coup, Tempérance se résigne à conclure un marché avec lord Caine, qui erre dans le quartier pour trouver l'assassin de sa maîtresse. La jeune femme a rangé dans sa poche ses scrupules et sa pudibonderie, elle accepte de l'assister dans son enquête, en échange il a promis de lui faire connaître des personnes avec un porte-feuille bien rempli.
Et c'est comme ça, à force de traîner ensemble dans les rues sordides de Maiden Lane, de se livrer à des confidences anodines parce que la nuit est plus propice au relâchement, c'est bien connu, que notre couple va peu à peu laisser leur attirance réciproque prendre le pas. Tempérance se prétend vertueuse et respectable, ce qui ne fait aucun doute, mais c'est aussi une petite dévergondée qui brûle de désir pour le séduisant lord Caine, qui incarne l'interdit et le risque, de quoi le rendre bougrement attirant. Par contre, lui ne fait pas dans la dentelle, c'est un type cynique et brutal, à la hauteur de sa réputation de dépravé (le type reconnaît fréquenter très régulièrement les prostituées, avec lesquelles il pratique des rapports anti-conformistes pour l'époque), et il masque bien sa vulnérabilité !
Par certains côtés, la romance est sulfureuse et pimentée mais elle réussit bien au couple qui forme un duo explosif (la fausse effarouchée et le pur débauché). Sans quoi, c'est l'ambiance générale qui m'a vraiment plu dans cette série. L'histoire a lieu dans un quartier populaire et canaille, ce qui nous change des salons privés et des bals, il y a aussi une intrigue criminelle, des personnages secondaires judicieusement introduits pour la continuité de la série. Je ne m'attendais pas à apprécier autant ce roman, j'avoue même l'avoir lu en quelques heures à peine tant la surprise était bonne ! J'ai maintenant hâte de me replonger dans cette ambiance atypique.
Troubles intentions (Les fantômes de Maiden Lane #1), par Elizabeth Hoyt J'ai Lu, coll. Aventures & Passions, 2012 - traduction de Daniel Garcia
Deux nouveaux titres viennent compléter la chouette collection ZigZag, que j'affectionne particulièrement. Ce sont deux romans très attachants, admirablement écrits, avec des formules et des petites phrases qui touchent, paf, en plein coeur, avec des histoires tendres et amères, d'une perspicacité qui ne laisse pas indifférent.
Ça déménage ! par Cécile Chartre - illustrations de Charlotte des Ligneries (Rouergue, coll. ZigZag, 2012)
La vie d'Alexandre, huit ans et des pépettes, n'était que bonheur et tranquillité dans sa petite maison à la campagne, jusqu'au jour où maman et lui sont partis en ville, dans un appartement, parce que papa a décidé de refaire sa vie avec une autre. Pour Alexandre, c'est le début d'une douce rébellion. Il n'aime pas, mais alors pas du tout, son nouveau foyer. Et puis sa mère ne cesse de le coller, de le câliner, c'est insupportable. Même le chat Jean-Claude Chipolatas préfère quitter le navire, après avoir bien noyé le lit de son urine... Hmm, Alexandre aussi veut manifester son mécontentement, lui aussi voudrait qu'on lui rende sa liberté, mais au contraire, sa mère ne cesse de l'étouffer. Il tente d'exprimer son chagrin par la colère et la force, il tape du pied et du poing, les voisines sont d'ailleurs très mécontentes, mais lui s'en fiche... il veut retourner à sa vie d'Avant. Il veut son papa, avoir une discussion, comprendre que les larmes ne sont pas que pour les minus, qu'il faut parler pour expliquer l'inexplicable, que la vie est sans cesse une nouvelle histoire à écrire, avec d'autres maisons et d'autres familles, mais ça ne veut pas dire qu'on change de parents, non. Ni de nom, ni de prénom. Parfois, la vie d'après n'est pas aussi affreuse.
-) Ce petit texte permet de mettre des mots sur le désarroi des enfants, pris dans le feu des tourments des adultes. Ce n'est jamais facile, il y a beaucoup de maladresse et de tristesse, mais heureusement la vie offre aussi la possibilité de rebondir et de croire en des lendemains plus jolis.
L'histoire d'Aimée est celle d'une petite fille qui a grandi dans un foyer, parce qu'elle n'a plus de parents. Elle a été abandonnée quelques jours après sa naissance, avec juste un petit mot où était inscrit son prénom. Aimée s'est construit un petit cocon avec ses soeurs d'adoption, mais elle n'a jamais osé avouer que le manque de maman était de plus en plus pesant. C'est en voyant sa copine Clémence qu'elle a compris ce que signifiait l'amour d'une mère, et en cachette Aimée s'est inventé une maman de papier. Au foyer, les filles pensent que c'est un mot d'amour de Medhi. Medhi et ses sanglots qui mangent tous ses mots. Medhi avec un sac de problèmes qui pèse une tonne et un coeur aussi grand que le haut du ciel. Et même si Aimée est méfiante vis-à-vis de l'amour, elle n'est pas insensible au regard doux et triste de Medhi, à ses yeux lourds comme l'amour, à sa lettre avec des ratures et plein de fautes d'orthographe... Et puis, il suffit d'un baiser sur la joue pour faire naître un sourire sur le visage du garçon, c'est dire le potentiel d'Aimée à donner du bonheur. Pourquoi ne pas aller plus loin, alors ? Et croire enfin qu'elle aussi peut faire des trucs bien dans sa vie.
-) Ce petit roman fait bougrement du bien, même si le sujet n'est pas gai et encore moins joyeux, il échappe toutefois à paraître sinistre ou démoralisant, et c'est ça que j'aime dans cette collection, la volonté de ne jamais baisser les bras, d'admettre que la vie n'est pas rose tous les jours mais que ça ne veut pas dire qu'il faut cesser d'y croire. Une vie sans parents, par exemple, c'est ce qu'il y a de plus douloureux pour un enfant. Et la petite Aimée est drôlement attachante à sa façon, parce qu'elle est aussi à fleur de peau, elle passe son temps à observer le monde, à se poser des questions, à avoir des envies, à avoir peur de les vivre ou de simplement les ressentir... La magie d'un livre, c'est donc d'offrir des rêves et des ailes dans le dos, de vous chambouler la tête et le coeur avec toutes ces belles idées. Je crois qu'on n'en a jamais en trop !
L'invention des parents, par Agnès de Lestrade - illustrations de Lucie Albon (Rouergue, coll. ZigZag, 2012)
Ce roman aborde la délicate question de la sexualité chez les adolescents. Une prise de position étonnante et osée, puisque l'histoire se boucle notamment sur LA concrétisation des désirs des deux personnages, en des termes vrais, sans chichi ni tralala, de quoi en surprendre plus d'un, mais surtout le livre leur paraîtra-t-il encore plus sincère. Car le roman parle aussi et surtout d'amour et de sentiments, aborde des questions sur l'attirance et le désir, sur la démonstration en actes et en paroles, avec au centre Maddy, une jeune fille qui a décidé de tomber amoureuse, pour de vrai, et Rich, un garçon solitaire, rêveur et poétique, très intelligent et original... Lui est amoureux de la copine de Maddy, alias Grace Carey, une vraie garce prétentieuse, parfaitement détestable. De son côté, Maddy en pince pour Joe Finnigan, du genre très beau, très cool, irrésistible et charmant, accessoirement il a déjà une petite copine, de longue date, avec laquelle la relation semblerait s'essouffler. Bref, Maddy et Rich n'étaient pas particulièrement amis mais vont se rapprocher parce qu'ils ont envie de partager leurs déboires et leurs espoirs, et finalement ils vont mieux se découvrir et s'apprécier. L'issue paraît tellement évidente, sauf qu'il ne faudrait pas se tromper non plus. Ce n'est pas l'histoire d'une romance trop belle pour être vraie, c'est autre chose, et cela ne lui enlève ni son charme, ni son authenticité, et encore moins sa sincérité. William Nicholson aborde les sujets crûment, sans aucune vulgarité ni mièvrerie. Et c'est très bien !
L'amour, mode d'emploi par William Nicholson Gallimard jeunesse, coll. Pôle Fiction, 2011. Traduit par Jean Esch.
Lucero-Elisa est une princesse, mais pas du genre habituel. Elle se décrit comme une grosse saucisse, son physique grassouillet la dégoûte, et parce qu'elle se sent empotée et dévalorisée, elle se goinfre tout le temps. Pourtant, elle porte une Pierre Sacrée au nombril. Depuis sa naissance, le Destin a fait d'elle une Elue. Promise à accomplir un grand miracle, mais lequel ? Elisa ignore tout de ce qui l'attend, son père et sa soeur aînée la tiennent à l'écart des affaires du royaume, d'ailleurs elle n'a pas son mot à dire lorsqu'à seize ans, elle doit se marier avec le roi Alejandro d'une contrée voisine.
Sitôt arrivée au palais de Joya d'Arena, Elisa est déconcertée par l'attitude courtoise mais distante de son époux. De plus, celui-ci lui demande de maintenir le secret sur leurs noces et d'être attentive aux faits et gestes de la cour. Au lieu de la réconforter, cette déférence accentue le malaise d'Elisa. C'est tellement plus rassurant de se réfugier dans les cuisines, ou à la bibliothèque, où elle cherche par tous les moyens à obtenir les réponses que ses proches ont longtemps refusé de lui donner. Et là, paf ! changement de décor. Changement de carte. On reprend toutes les données et on révise son jugement.
La deuxième partie de l'histoire passe la vitesse supérieure, voulant apporter un éclairage différent. Elisa n'est plus l'héritière choyée dans son palais royal, elle est confrontée aux réalités du terrain ... et c'est déroutant. Mais les nouveaux personnages qu'on croise sont attachants. Elisa elle-même va adopter une nouvelle attitude, prendre confiance en elle, s'investir et prendre des initiatives. Il y a toujours en elle cette jeune fille timorée, mais le temps est compté car la guerre fait rage. Les troupes ennemies ont élaboré des plans d'attaque de longue date, alors que son père et son époux passaient leur temps à palabrer autour d'accords entre voisins. Quelle perte de temps ! De plus, à la tête de l'ennemi, se trouvent des Animagi, des créatures redoutables, et Elisa n'est plus très sûre d'être à la hauteur des espérances quant à son statut d'Elue.
Ce qui a été passionnant à suivre, dans ce roman, c'est bien évidemment l'évolution de l'héroïne. Au départ, Elisa est une fille pataude et encombrée d'un corps disgracieux, qui s'est forgée une carapace derrière son esprit caustique, et qui va progressivement se découvrir une force et un pouvoir d'analyse hors du commun. La métamorphose ne relève pas du miracle non plus, il faudra du temps, de l'expérience et des rencontres pour permettre au papillon de sortir de sa chrysalide. Et le regard amoureux d'un jeune guide du désert, aussi... (une belle rencontre bouleversante). La fin du roman est davantage ancrée dans l'action, la guerre, la politique et les enjeux militaires. Le ton se durcit, l'auteur force le destin et n'y va pas avec le dos de la cuillère. Le dénouement est implacable, déstabilisant, et pourtant juste. On pourrait rester ainsi, sur ces nouvelles pistes, mais c'est trop tentant de vouloir en savoir plus. (Et puis j'ai un faible pour Hector.)
Ce roman, riche en aventures, demeure incontestablement un beau portrait de femme, qui force l'admiration.
La Fille de Braises et de Ronces, par Rae Carson Robert Laffont, coll. R, 2012. Traduit par Madeleine Nasalik. titre VO : The Girl with Fire and Thorns
Cinquième tome de la série, et aucun coup de mou ! Plusieurs scènes cocasses ont retenu notre attention : d'abord l'anecdote du poignet cassé parce que Greg s'est étalé en se levant des cabinets, où il était resté des plombes, et ses jambes étaient engourdies. Humour potache, je sais, mais humour tout de même ! Ensuite la mère décide de reprendre ses études et demande aux garçons de la maison de se gérer comme des grands. Ahem. Place à une série de catastrophes, qui vont du linge à trier, de la cuisine à assurer, du réveil le matin, des devoirs à réviser... Et même le passage avec Isabella, la femme de ménage, donne droit à de bons moments de rigolade. C'est une série de la loose, qui assume son anti-héros, pour ça et pour son ton humoristique, le lecteur s'y retrouve et en redemande.
Journal d'un dégonflé, tome 5 : La vérité toute moche par Jeff Kinney Seuil jeunesse, 2012. Traduction par Natalie Zimmermann
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Deuxième tome de la série, qui confirme toutes les bonnes qualités déjà aperçues. Olive cherche un moyen pour sauver son ami Morton, prisonnier des peintures magiques, à travers lesquelles il était possible de voyager grâce à une paire de lunettes (bon, celles-ci sont cassées !). Aidée des trois chats qui parlent, et d'un petit voisin passionné de dinosaures, Olive doit trouver un livre des sorts qui pourrait détenir la solution. Toutefois, ce petit jeu-là peut s'avérer plus dangereux qu'une simple partie de chasse enfantine...
Une ambiance à la Neil Gaiman, une héroïne courageuse, trois chats qui parlent, des peintures magiques, un ami en détresse, un livre des sorts à retrouver, un petit voisin qui en sait beaucoup, des parents perdus dans leur monde, une grande maison au style baroque, un dénouement stupéfiant, beaucoup de charme et de mystère pour cette série qui peut séduire les plus jeunes lecteurs, dès 10-11 ans.
La maison des secrets, tome 2 : Le livre des sorts par Jacqueline West Seuil jeunesse, 2012. Traduction par Jimmy Montrose. illustrations de Poly Bernatene
La maison de Michael Glass est en ébullition, après les vampires, ce sont des bikers qui débarquent pour faire la peau de ses habitants. Eve et Claire sont terrorisées, Shane n'en mène pas large, se sentant responsable du désastre, puisque c'est son père qui est à la tête des caïds. Frank Collins est de retour à Morganville pour tuer le maximum de sangsues et assouvir sa soif de vengeance. Or, tout se passe mal et c'est Shane lui-même qui va servir de bouc-émissaire. Notre petite Claire, éperdument amoureuse, veut sauver le garçon et tente tout et n'importe quoi pour y parvenir. Alors, ça court dans tous les sens, ça hurle, ça tue, ça menace et ça ne fait pas dans la dentelle. Cette série est riche d'un univers furieusement gothique, l'atmosphère est oppressante, toutefois on y adhère complètement. Par contre, là où le souci se pose, c'est concernant le charisme des personnages. Claire, en tête, est une stupide petite chose, qui n'en fait qu'à sa tête et qui se met dans des situations compromettantes, sans prendre en compte les émotions de ses proches. Elle agit selon son instinct, et son instinct lui dicte de sauver Shane. Le garçon, dans son genre, est un sombre idiot qui agit aussi avant de réfléchir. Heureusement, dans ce tome, il est passablement absent. Et j'ai beau essayé, mais je n'arrive pas à croire une seconde à leur histoire d'amour. Claire a seize ans, on croirait une vierge effarouchée, non, franchement, c'est ridicule. A côté, nous avons le couple Eve-Michael, beaucoup plus excitant, sauf que l'auteur le place trop souvent dans l'ombre. Elle a néanmoins pris une initiative importante en faisant évoluer le personnage de Michael, parce qu'à ce rythme-là, je trouvais que le garçon était inutile, coincé dans un rôle de figuration. D'autres personnalités se révèlent, comme la Fondatrice Amelie, ou Sam le rouquin, sans négliger le très pervers Oliver. La série s'appuie donc sur un univers vampirique plus sombre et roublard qu'il ne paraît, parmi lequel les humains sont comme des marionnettes, manipulées, abusées, exploitées sans vergogne. Bref, un socle solide mais des personnages un peu creux. J'espère davantage de la suite !
Vampire City tome 2 - Rachel Caine Hachette, coll. Black Moon, 2011. Traduction de Alice Delarbre. en VO : The Dead Girls' Dance
Il s'appelle Carlos, c'est le petit frère d'Alex Fuentes, et lui aussi est un rebelle, un vrai. Après un passage au Mexique où il a mené la vida loca, Carlos est expédié auprès de son frère afin que celui-ci lui mette un peu de plomb dans le crâne. Mais Carlos a la haine, il porte un jugement dédaigneux sur les choix de son aîné, lui ne croît plus en rien, et surtout pas en l'égalité des chances. Sur son chemin, la petite Kiara Westford va lui donner du fil à retordre. Elle a été désignée pour lui servir de guide au lycée, pouah, cette nana insignifiante dont le look fait pleurer de désespoir. Mais Carlos se prête au jeu, celui qui consiste à la titiller exprès pour avoir le plaisir de se frotter à une personnalité pas si fade. La demoiselle a en effet un caractère bien trempé, et ce couple atypique va nous réserver un véritable duel de séduction haut en couleurs.
Il s'agit d'une relecture dans sa traduction française, et franchement j'ai savouré. Mieux que la première fois, c'est dire. Toutes les répliques sont là, elles font mouche, et même les scènes les plus tordantes donnent lieu à de grands éclats de rire. C'était comme anticiper le bon, le brut, le truand. Vraiment parfait. Pas de surprise, non, mais que du bon, du très, très bon !
Irrésistible attraction, par Simon Elkeles La Martinière J., 2011 - traduction de Sabine Boulongne.
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Place à un registre un petit peu différent, avec l'histoire de Maggie et Caleb. Ils sont voisins et amis. Ils se connaissent depuis toujours. Un soir, Caleb prend le volant de sa voiture, il est éméché et il renverse une passante en la laissant pour morte. C'est Maggie qui est sur le carreau. Son corps est brisé, marqué à jamais. De longs mois de rééducation vont lui permettre de pouvoir de nouveau marcher, de reprendre un semblant de vie... et pourtant, rien n'est plus comme avant.
Caleb a été arrêté, envoyé dans un centre de détention pour mineurs, il a purgé sa peine et doit rentrer à la maison. Le choc pour Maggie, la honte pour Caleb. Tous les deux refusent d'être en présence l'un de l'autre, mais ce ne sera pas évident. Cette fois, pas de bluette avec papillons dans le ventre. Pas de numéro de charme. Pas de roulement d'épaules ou de sourire sarcastique. Le ton est dur, âpre, avec très peu de romantisme.
Maggie et Caleb ne cherchent pas à se séduire, mais à survivre. Leur histoire est tellement liée, du coup ils doivent composer l'un avec l'autre, ce qu'on imagine difficile et éprouvant. C'est une histoire plus sensible et profonde, où l'on parle de culpabilité, de douleur, de remords et de non-dits. C'est vraiment pesant, mais quelque part c'est ce qui fait aussi tout son charme. En somme, c'est un roman poignant et très touchant.
“Are you following me?" she asks, but doesn't meet my gaze. "Yeah," I say. "Why?" I give her the only honest and true answer I have. "You're where I want to be.”
Paradise, par Simone Elkeles La Martinière J., 2012. Traduction de Sylvie Del Cotto.
"Vi?" Jag's soft voice called from the other room. I'd been soaking so long, the water in the tub was cold. I stepped out, careful not to get the book wet, and wrapped a towel around myself. "In here," I whispered. He had switched the lamp on and was rubbing his eyes when I came into the bedroom. "Hey." I slipped the book back onto the table next to his bed. "I didn't get it wet." "Not. That." His eyes raked over my only-towel-covered body with a hungry expression. "Knock it off." I pulled the towel tighter and returned to the bathroom. He followed me, putting his hand on the door before I could close it. I looked anywhere but at him. Lying fully clothed in bed with him was bad enough. I couldn't help it when I drank him in, starting at his feet and slowly creeping up to his neck, past his chin, lips, nose to his eyes. When I finally reached them, my heart clutched almost painfully. I swallowed hard and cleared my throat, playing with the end of my towel. "Vi, babe-" "Don't talk like that," I said. He smiled his Jag-winner. I took a shuddering breath and tried to focus. "Don't smile like that either. It's not fair." "Okay, then. Let's talk about being fair." He carefully wove his fingers through mine. The way he studied the ground was adorable. He took a few slow steps back into the bedroom, pulling me with him. "Jag-"
Punie pour avoir été surprise dans un parc, alors qu'elle se baladait avec un garçon, Violet est conduite dans une cellule où un autre type poireaute depuis des lustres. Il s'appelle Jag Barque, c'est un vrai bad boy et il se moque bien des conséquences de ses actes. Il veut dénoncer le contrôle exercé par certaines puissances invisibles, réveiller les esprits endormis, d'où la forte connivence qui se crée entre lui et Violet. La jeune fille est également une rebelle, elle n'a jamais pardonné la disparition de son père puis la mort de sa soeur aînée. Depuis, elle est déchaînée et fait tout le contraire de ce qu'on attend d'elle. Forcément, quand Jag et Violet se rencontrent, ça fait des étincelles. Ils se découvrent, ils se plaisent mais ont un combat à mener. En même temps, Violet est confrontée à son passé et à ses secrets. Et implicitement elle est tenue prisonnière face à des choix qui seront lourds de conséquences.
Voilà un roman que je jugerai bien généreusement, puisqu'effectivement la lecture ne s'est pas fait sans heurt. Alors que l'intrigue promet monts et merveilles, au point de nous servir son lot d'actions et de péripéties plus d'une fois stupéfiantes, elle n'est pas non plus avare en détails confus et confondants. A dire vrai, l'ensemble peut paraître brouillon et on croirait que nos deux chéris, Vi et Jag, pédalent de temps en temps dans la semoule. Il faut bien cette fabuleuse alchimie entre eux pour adoucir nos sursauts récaltitrants, parce que, très franchement, ils forment un couple passionnel aux réparties suscitant souvent des gloussement de dinde ! Bah oui, je suis comme ça. ;) Et quand la fin décide de s'y mettre à son tour, ça vous met bien évidemment la tête à l'envers.
Possession - Elana Johnson Published June 2011 by Simon & Schuster
Lu en VO - 48
Un roman à découvrir en VO, car l'édition française propose une construction bancale et inexacte, laissant une impression fade, ce qui est dommageable pour l'histoire en elle-même.
Lottie Biggs va mieux, merci ! Elle voit un psy néo-zéalandais, le sosie de Johnny Depp, qui l'aide à absorber les hauts et les bas de son existence, sans que ça vire à la débandade, et jusqu'à présent ça fonctionne plutôt bien pour elle. Sa vie sentimentale est au beau fixe : Gareth Stingecombe est le petit ami parfait, Lottie est toujours folle de ses cuisses ! A l'approche de la rentrée, Lottie et sa meilleure amie Goose vont pourtant rencontrer quelques difficultés de communication. Et paf c'est le clash. Elles sont fâchées et n'arrivent plus du tout à se comprendre. Lottie refuse de se morfondre, même si ça la ronge de plus en plus, elle préfère se confier à son ami Winnie, un chinchilla très âgé, que sa mère a récupéré pour une bouchée de pain. Le samedi, Lottie se rend également au salon de coiffure de Mrs Stingecombe, la maman de Gareth, où la musique de Carole King passe en boucle, où un parfum de délicieuse ringardise flotte dans l'air, où tout le monde ne cesse de clamer des mamours, avec des sourires à la pelle. C'est le salon du bonheur ! Mais Lottie frôle la crise de nerfs, à essuyer les coups de peigne et de ciseaux de sa belle-mère, sans broncher, même si ça la fait ressembler à Elizabeth II. Argh ! Autre moment fort du livre, c'est la soudaine révélation de Lottie : elle veut croquer la pomme ! Depuis que la demoiselle a aperçu le caleçon de Britney Spears de son petit ami (!), elle ne pense plus qu'à ça. Elle est totalement obsédée par LA CHOSE. Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Pour mieux comprendre ce qui lui arrive, Lottie gribouille donc son nouveau cahier à émotions et nous livre ainsi de grands moments de drôlerie. Le ton est plus léger que le premier tome, souvent je me suis surprise à éclater de rire face aux illustrations ou aux propos de la jeune auteur. Absolument désopilant ! Je recommande fortement la lecture !
Lottie Biggs n'est presque pas désespérée, par Hayley Long Albin Michel jeunesse, coll. Bliss, 2010. Traduit de l'anglais par Dorothée Zumstein. illustration de couverture : Pénélope Bagieu
Ce roman est une vraie réussite, pas tout à fait perceptible dans les premiers chapitres, mais lorsque le lecteur se sent à l'aise et a tout saisi de l'ambiance gothique, il ne peut que suivre l'héroïne, Silla, une adolescente complètement paumée depuis la mort brutale de ses parents, et attendre le sombre dénouement avec angoisse. Direction la petite ville de Yaleylah, dans le Missouri. Les parents Kennicot ont été retrouvés dans un bain de sang, tout le monde accuse le père, prof de latin, d'avoir pété un câble, mais la jeune fille n'y croit pas une seconde et pense que la menace est venue de l'extérieur. C'est comme ça qu'elle trouve le livre des sortilèges de son père, comme ça qu'elle comprend qu'un monde nouveau s'offre à elle, un monde teinté de magie et de sang, comme ça qu'elle ouvre sa boîte de Pandore. C'est fatal, à partir du moment où Silla se rend dans le cimetière, sur la tombe de ses parents, en feuilletant l'ouvrage, elle entre dans la ronde et ne pourra plus en sortir ! L'histoire surprend sur plusieurs plans, d'abord parce que l'auteur n'épargne pas ses personnages, souvent confrontés à des situations violentes et douloureuses, avec force détails et descriptions dégoûtantes. C'est l'un ou l'autre - captivant ou rédhibitoire. Et puis, il y a la magie du sang, dans le genre poisseux et dégoulinant, avec ses rituels, ses masques, ses sacrifices... Il ne faut pas songer ouvrir ce livre si on tourne de l'oeil à la moindre goutte de sang, ce n'est même pas la peine ! Et pourtant j'ai aimé ça !!! L'histoire est ce qu'elle est : ténébreuse, inquiétante, bizarre, effrayante, romantique et tragique. Le cocktail est très curieux, mais produit une effet magique ! (Je me répète, je sais.) C'est une lecture qui imprègne le lecteur, littéralement, et c'est à cheval entre la fascination et l'appréhension qu'on avale les 490 pages du roman. Un bon gros livre, oui, avec ses scènes sinistres et son décor improbable, mais qui offre aussi de jolis moments de poésie et de théâtre (l'influence de Shakespeare est grande !). Une lecture un brin originale, et à l'atmosphère particulièrement envoûtante.
Blood Magic : Le sang ne ment jamais, par Tessa Gratton La Martinière J. 2011 - 490 pages - 14,90€ traduit de l'anglais (USA) par Anne-Judith Descombey
En septembre, quand tu entends la grive chanter, cherche la maison pour t'abriter ou du bois pour te chauffer. Traduction pour moi : il est temps de me réfugier avec un bouquin "qui vide la tête" (parce que trop de gris dans le ciel et de l'eau, de l'eau de pluie, de l'eau de là-haut...). C'est chose faite avec MaryJanice Davidson et sa série absolument désopilante !
Undead and Unwed nous raconte l'aventure croquignolesque de Liz Taylor, sans rire, qui en une semaine perd son job, est renversée par une voiture, meurt en se fracassant contre un arbre, se réveille à la morgue, se découvre vampire, et pas n'importe quel vampire, puisqu'elle serait reine ! Dans la foulée, la miss développe des pouvoirs hors du commun, se moque d'un chef de clan et récolte une guerre ouverte, mais refuse de s'allier à un beau gosse au comportement arrogant et redoutablement protecteur. Tout ça en une semaine, oui vraiment, chapeau !
Je ne vais pas tourner autour du pot, il n'y a strictement rien à dire sur cette lecture, c'est drôle et divertissant, ça s'arrête là. L'héroïne est un peu cruche mais se défend bien, le potentiel masculin est, lui, tout simplement irrésistible, ça cabriole dans le ventre (et pas seulement), je vous jure... j'en glousse bêtement rien que d'y repenser. L'histoire se lit très vite, il y a toute une brochette de personnages secondaires très attachants, je n'ai qu'une hâte : me procurer la suite pour retrouver tout ce petit monde et prendre du plaisir à découvrir cet univers, qui usurpe les codes de la chick-lit et qui s'en moque aussi, c'est très bien fait, pas lourd du tout, après c'est une question de goût. Pour ma part, c'était pile poil le rendez-vous du moment. Du léger et un sourire banane, merci, au revoir.
Undead and Unwed - MaryJanice Davidson Published March 2004 by Berkley (Berkley Sensation) - DISPONIBLE EN VF.
Lu en VO - 35
"Oh my God", Marc rhapsodized. "Who is that ?" "An asshole," I mumbled, turning back to him and picking up my tea. I was so rattled I sloshed some of the hot liquid on my hand, but I didn't feel a thing. "He's coming over here !" Marc squealed. "Oh my God, oh my God, ohmyGod!" "Will you get a hold of yourself?" I hissed. "You sound like a girl with a crush. Ah-ha !"