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Chez Clarabel
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3 janvier 2012

“Somebody put a plant in front of it!”

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Rencontre explosive entre Kaderin, la Valkyrie sans coeur, et Sebastian Wroth, le vampire taciturne qui veut en finir avec la vie ... sauf que la mise en présence de ces deux-là dans la même pièce réveille la flamme de vie pour lui et celle des émotions pour elle. Mais ce serait trop facile, et malgré quelques séquences de frotti-frotta surprenantes, le couple ne tombe pas dans la guimauve (la demoiselle est une vraie peste !) et passe son temps à s'échapper, tout ça sur fond de Quête à la Indiana Jones. 
Cela m'a peut-être pris plus d'un an avant de renouer avec cette série, mais ça valait le coup ! L'histoire du couple est incandescente, pas moins (même pas 30 pages lues, et déjà une scène de galipettes, excusez du peu !). Sebastian est attendrissant, pas mielleux du tout, malgré mes craintes (il est décrit comme inexpérimenté et peu sûr de lui), car il reste déterminé à conquérir sa belle. Celle-ci lui en fait baver, mais le vampire ne perd nullement de sa superbe, et question virilité, il assure toujours ! Alors il ne cesse de la poursuivre de ses assiduités et finit par procéder à tous types de chantages pour la faire craquer (et oui, ça marche !). Mais pas avant le dernier tiers du roman. En attendant, oui ça se frotte et ça se touche comme des bêtes excitées, mais ça ne dépasse jamais la limite autorisée. (Bah, personnellement j'ai trouvé que ça faisait un peu adolescent, mais bon...)  
Rassurez-vous, cette lecture demeure torride et fidèle à sa réputation. C'est vraiment une série riche et excitante, avec des personnages très attachants (comme Regina, par exemple, une Valkyrie à l'humour déjanté, encore huit tomes avant de découvrir son histoire plus intensément - il me tarde !). Mais aussi Conrad, encore un être torturé... ça promet ! Voilà qui augure de beaux moments de distraction.

La Valkyrie Sans Coeur (Les ombres de la nuit #2) par Kresley Cole
J'ai Lu 2010, coll. Crépuscule. Traduit de l'américain par Michelle Charrier 

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26 août 2011

lectures de vacances #5

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J'étais extrêmement curieuse de lire Instinct - imaginez un premier roman d'un auteur français qui s'immisce dans un créneau jusque-là réservé aux anglo-saxons, quel plaisir ! Pour la petite histoire, nous sommes dans un Institut de Lycanthropie où a été accueilli Tim, dix-sept ans, seul rescapé d'un accident de voiture qui a coûté la vie des siens. Il a perdu la mémoire, mais se rappelle juste qu'il a été un grizzly. Serait-il fou ? coupable de meurtre ? aurait-il été sous l'emprise d'une drogue, comme le suppose la police ? Un professeur français l'a donc pris sous sa responsabilité pour lui expliquer cet étrange phénomène qu'est la métamorphose animale, il n'est pas le seul dans ce cas-là et va ainsi faire la connaissance de Flora et Shariff sans avoir le droit de connaître leurs propres secrets. Chacun sa vie privée, après tout. 
Il y a incontestablement de très bonnes choses dans ce roman, une histoire qui tient debout, aussi dingue que cela puisse paraître, de l'action bien dosée, du suspense, surtout au début, puis sur la fin (quelle fin !), des méchants vicieux et cruels, une bibliothèque qui laisse un sourire rêveur, de l'humour, même si je trouve bizarre d'avoir un homard au coeur de l'intrigue, mais pourquoi pas ?! Malgré tous ces points positifs, je ne suis pas totalement emballée non plus par ma lecture. J'ai bien aimé, mais il m'a manqué ce petit truc en plus pour faire la différence. Je crois que, sans le vouloir, j'avais trop attendu de ce livre. Il est bon, original sans être extraordinaire non plus, et comparé à ce qu'on trouve sur le marché actuellement, il peut tenir la distance. Toutefois, il n'y a pas eu la petite étincelle et je pense que j'oublierai (trop) rapidement ce rendez-vous... qui en comblera d'autres, je n'en doute pas.

Instinct - Vincent Villeminot
Nathan, coll. Blast, 2011. 372 pages.

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Jennifer Strange, orpheline âgée désormais de quinze ans, a été élevée chez les Bienheureuses du Homard avant d'être confiée en stage à Kazam, une agence d'Arts Mystiques qui prête les services de ses sorciers pour subvenir aux petits soucis domestiques de la population. Depuis la disparition du Grand Zambini, Jennifer doit seule gérer les tracasseries administratives. Mais un grand bouleversement s'annonce, avec la nouvelle d'une certaine prédiction : la mort du dernier dragon, Maltcassion. Le roman nous explique alors pourquoi et comment cette annonce agite autant les foules et risque d'exercer une influence considérable sur l'énergie magique déjà bien lâche dans le royaume.
J'ai rencontré un petit souci avec ce livre : j'ai adoré l'humour du récit, le style décalé de l'auteur, le monde de la magie, l'excentricité des personnages, les digressions nombreuses et variées, bref tous les petits ingrédients qui, mis bout à bout, font le sel de l'intrigue. Hélas, je n'ai pas trop accroché à l'histoire et j'ignore pourquoi ! Nul doute que nous avons là un roman fantaisiste, doux et dingue, un roman à l'univers atypique et séduisant, et qui vaut, rien que pour ça, le petit coup d'oeil. Ceci dit, il n'y a pas eu la petite étincelle non plus et ça me chagrine. 

Moi, Jennifer Strange, dernière tueuse de Dragons - Jasper Fforde
Fleuve Noir, coll. Territoires, 2011 - 294 pages.
Traduit de l'anglais par Michel Pagel 

20 septembre 2011

Oh La La

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Voilà un deuxième tome qui passe immédiatement la vitesse supérieure, pas le temps de gober les mouches. Riley se réveille nue dans un entrepôt, avec un cadavre à ses côtés. Elle essuie une attaque, parvient à s'échapper de ce centre où elle était, semble-t-il, retenue prisonnière depuis une semaine, mais sous l'effet de la drogue, elle ne se rappelle rien, sinon d'avoir été violée ! (sic) 
Page 50, Riley s'envoie en l'air avec un cheval. Oui, déjà.
Quoi, un cheval ?
En fait, un métamorphe. Il s'appelle Kade, lui aussi était retenu contre son gré dans ce laboratoire et compte bien se venger des traitements infligés. 
A ce stade, il faut donc savoir que notre héroïne n'a pas du tout changé et considère le sexe comme une absolue nécessité dans sa vie. Elle le répète tant et tant de fois, pfiou, c'est parce que nous réagissons avec notre sensibilité humaine que nous n'y comprenons rien. En gros. 
C'est un peu le cas de Quinn, aussi. Notre vampire sexy est de retour. Yeah. Il a bien tenté d'oublier Riley, mais impossible, il l'a dans la peau. Il la veut, toujours, mais veut surtout une relation exclusive. Et il demande ça à une louve nymphomane, le pauvre, il n'a rien compris et il va souffrir. (D'ailleurs, il affiche principalement une mine contrite et désespérée dans ce tome. J'étais à cran, gniii. Il en bave, Riley mérite les pires insultes...)
Autant j'avais pu excuser l'attitude de Riley dans le tome 1, du fait de la fièvre lunaire, autant cette fois j'ai failli craquer face aux scènes de sexe trop nombreuses, souvent inappropriées et décrites en des termes de violence et de passion sauvage. Trop, c'est trop. 
C'est finalement parce que l'intrigue autour est bien ficelée que j'aime cette série. L'étau se resserre autour du grand stratège qui se planque derrière les manipulations génétiques, probablement le tome suivant fera tomber les masques. En attendant, j'espère que Riley aura fait du tri dans son harem et qu'elle évitera de répéter, comme pour se convaincre elle-même, que le sexe est une danse sensuelle absolument complémentaire à sa façon de vivre, qu'il n'est pas né celui qui la fera tout arrêter, sauf si elle rencontre son âme soeur (alors là, j'attends de voir !). J'en viendrais presque à quémander un peu de sentiments romantiques, pour changer...

Le Baiser du Mal (Riley Jenson #2) - Keri Arthur 
Milady, 2010. Traduit de l'anglais par Lorène Lenoir 

 

22 juillet 2011

Blood Red Road #1

Attention, phénomène droit devant ! Rendez-vous le 8 septembre...

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Saba vit avec son père, son frère jumeau et sa soeur dans un désert aride, loin de toute civilisation. Un jour, quatre cavaliers noirs arrivent et kidnappent Lugh après avoir assassiné leur père. Saba devient folle, de rage et de colère, elle jure qu'elle partira à la recherche de son frère et qu'elle le retrouvera. Commence alors un long périple, au cours duquel Saba va connaître la haine, la frustration, capturée par des trafiquants d'esclaves, elle sera livrée à des combats en cage, mais sa colère rouge, comme elle dit, la fera surmonter toutes ses épreuves. Et c'est ainsi qu'elle deviendra l'Ange de la mort. 

C'est un roman passionnant qui s'offre à nous, un roman fort, bouleversant et captivant, avec une héroïne écorchée vive, se forgeant exprès une carapace pour ne jamais faiblir, ne jamais oublier son but, en dépit des expériences malheureuses qu'elle va affronter. Saba a beaucoup de défauts, elle est dure et impitoyable, elle ne se montre guère compatissante avec sa petite soeur (elle ne lui a jamais pardonné la mort de leur mère), elle est têtue comme une mule, colérique et fonceuse. Elle n'a pas non plus une once de féminité en elle, elle ne sait pas exprimer ses sentiments ou ses émotions. Elle est maladroite et brusque, mais elle n'en demeure pas moins fascinante. En chemin, elle va s'entourer des bonnes personnes (les amazones au grand coeur, Ike le tenancier au physique de géant...), apprendre de ses erreurs et écouter la pierre de coeur qui lui indique que ce garçon au regard argenté n'est pas que sarcasme et prétention affichée. (Aaaah, Jack... formidable potentiel que voilà !) 

Le roman est écrit dans une langue brute, sans se soucier des règles grammaticales et de la syntaxe. Le style peut dérouter, mais il colle à merveille avec l'étonnante personnalité de Saba. C'est une héroïne qui a grandi loin des livres, qui ne sait pas, qui ne connaît pas, mais qui parle comme elle ressent. C'est la langue du coeur et du ventre, ça ne s'embarrasse pas des détails, et c'est l'autre grande force du roman. J'ai aussitôt été conquise et je n'ai pas pu lâcher mon livre avant la fin. J'ai vraiment adoré ! A tous ceux qui souffrent d'une dépression post-Hunger Games, voici l'autre phénomène de la rentrée (je compte aussi sur Divergent de Veronica Roth) pour vous faire oublier vos petits chagrins. Addiction garantie !

Saba, Ange de la Mort - Moira Young  smileyc002
Gallimard jeunesse, 2011 - 348 pages. Traduit par Laetitia Devaux. 
Titre en VO : Blood Red Road. 

A noter aussi sur vos tablettes : Divergent, de Veronica Roth chez Nathan le 6 octobre.

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Les deux bombes de votre rentrée !!!

20 juillet 2011

You can tell a lot by the size of a man's library.

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C'est reparti pour un tour. Merit, promue Sentinelle de la Maison Cadogan, doit se résigner à emménager sous le toit d'Ethan Sullivan, celui qu'elle aimerait éviter le plus possible tant elle se sent paradoxalement attirée par lui, tout en le détestant. Cela semblerait réciproque, du moins jusqu'à ce qu'on réalise que ce deuxième tome nous livre une promesse de relation plus attachante et plus tendre. 

Oui, oui, c'est le monde à l'envers. Nous avions découvert un couple explosif, il semblerait que l'auteur ait choisi de retourner sa casaque pour peaufiner l'approche balbutiante entre Merit et Ethan. Les deux se cherchent, se butinent, mais il y a toujours un grain de sable dans l'histoire pour gripper la mécanique. Cette fois, Merit est agacée de sa nouvelle mission confiée par son Lord Master, à savoir : renouer avec les siens. Se glisser dans des robes de soie et enfiler des escarpins, courir les soirées huppées, se fondre de reconnaissance, afficher sa bonne fortune et asseoir son désir de conquête. Dans quel but ? 

Les manigances politiques d'Ethan sont sans limites, et son exploitation des compétences de sa Sentinelle est plus qu'usitée. Ceci n'apaise guère les tensions persistantes au sein du couple, d'autant plus que Merit doit dompter la vampire qui sommeille en elle, entretenir un semblant de relation avec Morgan - mordra, mordra pas ? - et éviter qu'elle se fâche à long terme avec Mallory. Cerise sur le gâteau : Célina la diabolique est de retour à Chicago ! Les vampires sont sur les dents. Hin, hin ! 

En somme, j'ai trouvé ce deuxième tome très bon, entraînant et très instructif. Chloe Neill élargit sa toile et enrichit son univers, c'est franchement excitant. Je ne vais pas me mentir, mais ce qui compte par-dessus tout, c'est ce qui se trame entre Merit et Ethan. Alors là, grosse frustration tout de même... ou disons que cela se dessine doucement, mais sûrement. Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Ahem. Bon, heureusement, il y a quelques bonnes scènes délicieusement sexy - c'est déjà ça - sauf que j'en voudrais plus ! 
Prochain tome : Twice bitten.

Friday Night Bites (Chicagoland Vampires #2) - Chloe Neill
Published October 2009 by NAL Trade
Traduit et publié chez Milady, 2011 sous le titre : Petites morsures entre amis. 

LUENVOLu en VO - 29 

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19 août 2011

lectures de vacances #4

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Afin d'éviter tout nouveau scandale (l'affaire Dreyfus a laissé plus qu'un parfum d'amertume dans les airs), le président Fallières convoque son conseiller, Raoul Thibaut de Mézières, et lui donne pour mission d'enquêter discrètement sur la mort de Pierre Curie, survenue accidentellement alors qu'il traversait la chaussée. Des détails troublants n'ont pas été étudiés plus longuement, et aujourd'hui sa veuve, Marie, voit sa carrière sous le feu des projecteurs, ce qui dérange une certaine classe politique. Les rumeurs les plus folles courent à son sujet, le président n'attend rien d'autre de Raoul qu'il étouffe tout ceci dans l'oeuf. La découverte d'une relation amoureuse entre Marie Curie et son assistant commence à mettre le feu aux poudres, notre conseiller culturel et scientifique, pourtant totalement dévoué à la cause de la veuve éplorée, ne sait bientôt plus à quel saint se vouer. J'ai immédiatement savouré l'ambiance et l'intrigue au contexte passionnant, même si les considérations politiques et scientifiques empiètent aussi le terrain romanesque. La lecture reste une fantastique plongée dans la IIIème république et la Belle Epoque. Bien vite, les détails fictifs se mêlent habilement aux faits historiques, malgré une narration parfois lourde et confuse, victime d'une volonté de trop bien faire. Malgré tout, je vais jeter un oeil sur les deux autres romans de la même série, curieuse que je suis de savoir si Raoul va conclure avec la belle Florence...

La mort de Pierre Curie - Jacques Neirynck
2007, coll. Grands détectives chez 10-18 

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Direction le Palais de la Berbie à Albi où deux toiles de Toulouse-Lautrec ont été dérobées, au nez et à la barbe du concierge et du gardien, lequel n'a d'ailleurs pas repris son service depuis le larcin. Le conservateur voit son petit monde s'écrouler, lui qui s'excitait comme un môme d'accueillir prochainement une exposition Monet... Séraphin Cantarel, conservateur en chef, arrive de Paris pour apporter son coup de pouce, soutenir son collègue et seconder la police. Son assistant Théo Trélissac le rejoint sans se faire prier, et c'est de façon tout aussi nonchalante et agréable que se déroule l'enquête. Le cadre est chaleureux, plutôt dépaysant, c'est reposant et vraiment délectable. On se promène dans ce livre comme un coq en pâte, d'autant plus que les personnages arrosent copieusement leurs ripailles d'un succulent gaillac qui fait baver d'envie. Nous n'avons pas une intrigue policière de grande envergure, ce qui n'est pas bien grave, l'élégance faisant preuve de séduction, j'étais donc tout à fait à mon aise. Ceci dit, la couche de confiture a été généreusement étalée, ce qui a pu noyer les détails romanesques au profit d'une envie de partager la vie et les détails sur Toulouse-Lautrec, et là encore, le dosage est délicat et peut déconcerter. Enfin bref, ce fut une jolie approche, jolie balade, jolie lecture... pas inoubliable, mais idéale pour un rendez-vous d'été.

Toulouse-Lautrec en rit encore - Jean Pierre Alaux
2010, coll. Grands détectives chez 10-18 

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Bretagne, 1886. La famille Rosmadec prend ses quartiers d'été à la Josselière, la demeure bourgeoise où règne Madame Mère "avec une présence très Régence". Le corps d'une pauvre fille est retrouvé étranglé, dans le bateau de Gildas, l'ami d'enfance de Clémence. Celui-ci étant également l'amant de la victime, il est aussitôt accusé du crime. Notre chère héroïne ne l'entend pas de cette oreille et compte bien découvrir le véritable coupable. Nous sommes à Pont-Aven, la station est prisée par les peintres, dont Paul Gauguin, et Clémence, également férue de peinture, apprécie énormément cette compagnie. Ceci plante un peu le décor, car il faut reconnaître à cette lecture un air de chronique familiale en goguette. C'est très chic et bohème, l'ambiance est à la fête, on s'amuse, on reçoit, on boit, on pique-nique au bord de la mer, on se baigne en toute insouciance, on joue du verbe élégant et on étale sa culture... C'est tout à fait charmant, pas désagréable pour un sou, à recommander pendant les vacances d'été justement !

Eté meurtrier à Pont-Aven - Yves Josso
2007, coll. Grands détectives chez 10-18 

17 juin 2011

"People talk about nature as a mother, but to me she's always been Medea, ready and willing to slaughter her children."

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Premier tome d'une série qui s'annonce originale, riche, instructive et ... addictive !
Joanne est au volant de sa voiture et fuit la Floride pour retrouver Lewis. Qui est Lewis ? (Un ancien copain de formation.) Pourquoi se sauve-t-elle ? (Elle serait suspectée de meurtre.) Cela démarre sur les chapeaux de roue ! Toutefois, ne vous emballez pas, car l'histoire se dessine progressivement, par flashbacks essentiellement. Et c'est donc petit à petit que l'intrigue prend forme, de quoi chatouiller ma curiosité, mais c'est un procédé efficace car je ne suis pas mécontente de ce qui se dévoile.
L'univers de Rachel Caine est nouveau - il est question de gardiens des éléments (eau, ciel, terre, feu), d'hommes et de femmes chargés de contrôler les caprices de Mère Nature, qui chercherait à anéantir l'humanité. Joanne fait donc partie de cette organisation, elle possède de sacrés pouvoirs, ce qui finalement ne lui attire que des ennuis !
Je ne vous résume pas son histoire, après tout c'est encore mieux de la découvrir par soi-même. Quoi qu'il en soit, c'est prenant et perpétuellement alimenté en nouvelles indications qui donnent l'impression que le rythme est trépidant. Joanne est une héroïne avec laquelle il est impossible de s'ennuyer - elle jure, elle peste, elle rage, elle s'emporte, elle est facilement incontrôlable, elle n'est pas idiote, elle panique à juste titre, elle se pâme aussi pour les beaux garçons et elle aime les voitures de course...
En chemin, elle rencontre un auto-stoppeur aussi. Soupirs.
C'est juste un peu sexy sans être vulgaire, et c'est très bien. La fin aussi est pertinente, elle annonce un deuxième tome qui s'engage sur un sujet déjà aperçu entre ces pages, et qui promet d'être captivant. Globalement, c'est vraiment différent des autres lectures "fantastiques" du moment (et, à mon goût, meilleur que la série des Morganville Vampires de la même Rachel Caine).

La Maîtresse du Vent (Les gardiens des éléments #1) - Rachel Caine
Editions Eclipse, 2010 - 347 pages.
traduit de l'américain par Marianne Audouard

Note concernant l'édition française : les pages du livre se décollent ! C'est décevant.

MERCI ANNE !

6 juin 2011

Être en vie, ça signifie parfois prendre des risques.

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J'avais besoin de changer d'air, après avoir brassé pas mal de lectures qui touchaient à des univers de dystopie (souvent sombres et oppressants), j'avais envie d'une histoire plus légère et distrayante. Mon voeu a été exaucé ! Le roman d'Alexandra Bullen est simple, romantique et touchant, j'ai passé un très bon moment en sa compagnie.

Olivia est une adolescente solitaire, qui souffre de l'absence de sa soeur jumelle, Violette, disparue trop tôt l'été précédent. Toute la famille a bousculé ses projets en s'installant à San Francisco pour fuir les souvenirs mais l'ambiance reste morose. Un peu par hasard, Olivia se retrouve dans la boutique d'une couturière qui lui promet une robe, puis deux autres, quand la jeune fille va découvrir qu'elles peuvent réaliser trois voeux. Aussitôt la vie d'Olivia va connaître un bel enchantement et sous l'impulsion du fantôme de sa soeur (oui, oui) elle va dépasser ses limites, affronter sa timidité, s'ouvrir aux autres, se faire des amis, tomber amoureuse (ah ! Soren...), prendre des décisions et assumer ses choix (briser une amitié naissante ou faire confiance aux battements de son coeur).

Sans mentir, c'est aussi bon qu'un roman de Sarah Dessen, le cadre de San Francisco est juste idyllique, ça donne envie de tout plaquer pour explorer la ville (sous la houlette de Soren), il règne aussi une ambiance bobo-chic qui n'est pas du tout agaçante, c'est dire comme le charme opère instantanément. A signaler, la petite touche fantastique (la magie, les voeux, le fantôme, etc.) est purement décorative car il s'agit davantage d'un roman sur le deuil et la reconstruction. C'est même extrêmement touchant de suivre le parcours d'Olivia et sa famille, au bord de la rupture, incapables d'avancer parce qu'ils sont encore trop englués dans le passé. En somme, voilà un livre sans prétention, où le charme et la fraîcheur sont une garantie de pur divertissement, et qui n'a pas volé son titre de conte de fées moderne.

Fais un voeu - Alexandra Bullen
Michel Lafon, 2011 - 317 pages - 14,95€
traduit de l'anglais (USA) par Josette Chicheportiche

4 juin 2011

I wished I had the ability to comfort with a soft touch. I didn't. Instead I had daggers and determination.

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Préparez-vous une déferlante de romans made in USA estampillés "for fans of the Hunger Games", et moi, bonne poire, je mords à l'hameçon... alors que, franchement, je pense que ce roman s'approche davantage de La Forêt des Damnés de Carrie Ryan pour son univers post-apocalypse peuplé de zombies ! Heureusement j'ai bien aimé et je n'avais pas nourri trop d'attentes non plus par rapport à cette lecture.

Nous sommes plongés dans une cité souterraine, baptisée Enclave, où vit Deuce, une jeune fille qui vient d'obtenir enfin son nom après avoir passé quinze années sous une étiquette (Girl15) parce qu'on n'est jamais trop prudent, tous les gosses ne vivent pas longtemps, et il faut ensuite leur donner une place dans cette micro société. Deuce obtient celle qu'elle espérait depuis toujours - c'est une chasseuse. Elle doit travailler en partenariat avec Fade, un garçon que personne n'apprécie. Il n'a pas grandi dans l'Enclave, il a toujours été à part et taciturne, mais c'est un redoutable guerrier. La mission des chasseurs consiste en effet à se procurer de la nourriture et à traquer l'ennemi - les Freaks, des créatures monstrueuses, avec griffes et dents acérées, qui se sustentent de chair morte. Erk.

Lors d'une patrouille, Deuce et Fade recueillent un pauvre petit gamin aveugle, rescapé d'une autre ville souterraine, laquelle serait aux abois et réclamerait de l'aide. En choisissant de contrevenir aux ordres, nos deux héros n'ignorent pas qu'ils se risquent à des représailles. Et lorsque la sanction tombe, aussi terrible soit-elle, elle apporte quelque part un autre souffle au roman. Car l'intrigue en elle-même est classique, pas révolutionnaire, mais les personnages sont vrais, attachants, sensibles, mystérieux. Deuce et Fade ont beaucoup à apprendre l'un de l'autre, le temps d'apprivoisement est lent et incertain, mais cela rend leur rapprochement encore plus touchant et excitant. J'ai apprécié aussi le flou et l'immaturité de la jeune fille, dans ce qu'elle vit et ressent, au vu de son parcours. C'est parfaitement crédible, puisque rien ne repose sur une évidence absolue.

Bien entendu, j'ai globalement adhéré à ce monde nouveau et sans fioritures, c'est violent, très dur et oppressant, il n'y a aucune poésie, aucun glamour, mais beaucoup d'action, des coups, du sang, des vilaines bébêtes toutes moches. Deuce est une très belle héroïne, courageuse mais accablée par les doutes, formatée pour une pensée unique et complètement déstabilisée face aux changements, aux émotions etc. J'espère très sincèrement que les deux prochains tomes vont continuer à verser dans ce sens - de la pudeur, des sentiments, des déclarations rares mais bouleversantes, en plus du reste (de la baston !). Pour l'instant, le début est convaincant !

Enclave (Razorland #1) - Ann Aguirre
Published April 2011 by Feiwel & Friends

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19 avril 2011

"She has a boyfriend. Like, really, really, really has a boyfriend. The nuclear bomb of boyfriends. Trust me on this one."

CityofFallenAngels

Je ne trouvais pas utile de créer un nouveau cycle, et pourtant j'ai succombé à la tentation. C'était trop facile. Résultat, je me sens heureuse d'avoir retrouvé mes personnages fétiches mais déçue par le traitement infligé par l'auteur. Cela me coûte de l'écrire, mais Jace a sincèrement perdu de sa superbe. Oh, pas tout de suite, au début il est brillant, sarcastique, charmeur et sexy. Son couple formé avec Clary est mignon, et à l'origine de scènes ultra sensuelles. Puis, la belle osmose faiblit et arrive ce qui doit arriver à toute intrigue basée sur une romance idyllique qui risquerait d'ennuyer le lecteur sur le long terme - il faut pimenter tout ça, créer de nouveaux tourments (Jace fait des cauchemars, il se tient à distance de Clary, elle ne comprend pas et pense qu'il ne l'aime plus).

Hmm, quelle frustration ! Soit, il fallait s'y attendre aussi. Toutefois, Jace renoue avec sa facette torturée, son moi qui se morfond et qui s'enferme dans l'apitoiement. Oh non. Pas ça ! Heureusement il y a un peu d'humour à côté pour sauver les apparences, surtout dès qu'il est en présence de Simon, c'est drôle, ça rappelle le bon vieux temps. Le meilleur ami de Clary, désormais vampire qui collectionne les particularités, doit donc gérer sa nouvelle vie, résister à l'appel du sang humain et déjouer les attaques répétées de drôles d'individus, ainsi que décliner l'alliance mielleuse de Camille, la reine des vampires. Accessoirement, il entretient une vie sentimentale mouvementée (Isabelle / Maia) et doit se réfugier chez Kyle, le nouveau chanteur de son groupe de rock, pour protéger sa mère.

City of Fallen Angels est une lecture rapide, divertissante et enthousiasmante, toutefois il ne faudrait pas négliger les défauts et les vicissitudes du système qui veut faire des sous sur une série à succès, au risque de désavouer l'essentiel (l'essence même de la série - des personnages attachants, une intrigue riche en rebondissements, de l'humour, beaucoup d'humour, un univers coloré, foisonnant et excitant). Il en est question ici, mais c'est un peu fané aussi. J'aime, parce qu'il s'agit de The Mortal Instruments, mais j'ai senti aussi le trop et le pas assez de ci et de là.

City of Fallen Angels (The Mortal Instruments #4) - Cassandra Clare
Published April 5th 2011 by Walker

LUENVOLu en VO - 15

 

Une sortie musicale à ne pas louper : l'album de Brigitte - j'adooore.

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23 mars 2011

C'est l'image qui fait le mot.

Besoin de couleurs dans ma vie ... c'est alors que je me suis réfugiée dans les Colorissimots ! Un TRES beau programme.

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De belles couleurs éclatantes. Des clichés riches, drôles, fantaisistes. Beaucoup de photos (plus de 600). Un imagier original et multicolore. Un livre pour regarder les images, pour sourire, pour ne penser à rien. Pour déguster les mots. Une lecture qui réchauffe et illumine.
Par Elisabeth Brami & Jean-François Van Campo (éd. Thierry Magnier, 2011)

Un autre abécédaire photographique avait déjà retenu mon attention, il y a quelques mois - I comme Image de Marc Riboud. Je l'avais admiré sous toutes les coutures, me sentant petite et impuissante, incapable de partager ce qu'il m'inspirait. Mais je l'aimais - j'aimais les photos, les titres et les histoires cachées.

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Des sourires, des regards perdus, des rêves envolés, des questions, de l'indécence, du temps passé, des choses qui durent, des modes, des précieuses ridicules, des envies de crier son amour, des messages silencieux, des regards qui accusent, des brins d'herbe, des étendues de lumière, de visages, d'eau, des voyages, des histoires qui se racontent sans cesse, des petites copines chinoises bras dessus bras dessous, des beaux moments volés, des baisers échangés, des routes, des chantiers, de la préhistoire, du désordre, des bras levés, des girafes, de la tendresse, de la tristesse, des fils et des mères...
Regarder une photo, c'est retrouver ou inventer une histoire. En voici un bel exemple.

Photographies de Marc Riboud - Présentation de Catherine Chaine (Les Trois Ourses / Gallimard jeunesse, 2010)

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CHALLENGE Je lis aussi des albums (édition 2011) - 10

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15 mars 2011

Teaser Tuesday #11

TuesdayteaserAt a normal high school, having class outside on a gorgeous May day is usually pretty awesome. It means sitting in the sunshine, maybe reading some poetry, letting the breeze blow through your hair...
At Hecate Hall, aka Juvie for Monsters, it meant I was getting thrown in the pond.
Demonglass - Rachel Hawkins

Dans quelques années, en repensant au passé, je me souviendrai de ce jour comme de celui où je l'ai rencontré. Je me souviendrai de l'exact moment où il a fait son entrée dans ma vie. Jamais je ne pourrai l'oublier.
Wicca - Cate Tiernan

Micah respirait bruyamment. Ses pieds étaient maculés de boue. Il dépassa péniblement les vaches aux yeux d'agate qui broutaient dans la pommeraie le long de la route de la Rivière, puis, en bordure du village, escalada la clôture de Mattie Han. Comme ses jambes se faisaient de plus en plus lourdes, il prit un raccourci et passa entre la maison au toit de chaume et le jardin potager. La poitrine douloureuse, il dégringola du sommet de la colline en direction de la place, se laissant entraîner par son élan ; il avait du mal à rester debout. A chaque pas, il devait fournir un effort titanesque pour ne pas tomber tête la première dans la boue. Il déboucha dans la Grand-Rue, tituba et s'arrêta.
Tandis qu'il reprenait son souffle, les mains sur les genoux, Micah scruta la foule dense en contrebas. En ce jour de marché, il y aurait forcément un magicien dans les parages.
Le Prix de la Magie - Kathleen Duey

J'habite avenue Mauméjean, au numéro 9. Un gigantesque duplex perché tout en haut d'un immeuble haussmannien carrément imposant.
Un premier code permet d'entrer dans un hall sous surveillance (celle de notre concierge et de son chat Léon - à cause du film, pas de Tolstoï). Un deuxième code et, derrière une porte vitrée, on accède à l'ascenseur qui exige à son tour un troisième code pour s'ébranler.
Si un seul des onze propriétaires se fait cambrioler un jour, c'est qu'il aura lui-même engagé les voleurs !
Sur mon palier, au sixième, une seule porte et trois serrures, que je mets toujours cinq minutes à ouvrir. Pour rien, en fait. Car il existe un quatrième verrou. Un verrou invisible, beaucoup plus efficace que tous les autres.
C'est moi qui l'ai apposé.
Je n'ai pas dit posé, parce qu'il est rare qu'on 'pose' un sort sur une ouverture. On l'appose, c'est comme ça, je n'y peux rien.
J'avais dit que je révélerais 'plus tard' ma particularité, celle qui me vaut mon statut d'Agent (stagiaire) de l'Association. Eh bien, je crois que c'est le moment. Avant qu'on m'appose la question !
Je suis magicien.
Voilà voilà.
L'étoffe fragile du monde - Erik L'Homme

25 février 2011

Pêle-mêle Clarabel #23

Ou comment dénicher de bons romans historiques pour les petites lectrices (la mienne, surtout)...

IMG_2631Eulalie de Potimaron est une charmante héroïne, délurée et intrépide, qui ignore tout des règles et qui doit donc se rendre à la Cour de Versailles pour y remédier et devenir une demoiselle accomplie. Mais chassez le naturel, il revient au galop. Eulalie jure comme un charretier (Morbleu ou Ventre-Saint-Gris fleurissent régulièrement dans sa bouche), n'hésite pas à revêtir des habits de garçon pour parcourir librement les couloirs du château, se réfugie sous les combles et s'entraîne à l'épée (quitte à accepter un duel après s'être sentie insultée par un malotru), de plus elle ne se sépare jamais de son lapin, Ti-Tancrède. 
On ne s'ennuie pas à ses côtés ! Accessoirement, elle deviendra également l'intermédiaire des amours secrètes entre Marie-Louise et le Dauphin, cherchera à découvrir le secret d'un tableau qui parle ... et j'en passe.
Certes, le contenu est léger, mais l'intrigue est bien rythmée.
De même, bien qu'une telle personnalité soit peu probable pour l'époque, Eulalie de Potimaron est une héroïne pétillante qu'il est bien difficile de snober. D'autres aventures sont d'ailleurs prévues, toutes plus divertissantes et impensables. Toutefois, il est bon de souligner le travail apporté quant à la véracité historique, au-delà des fioritures romanesques, et qu'on croise sans moufter des figures aussi symboliques que Madame de Montespan, Mademoiselle, fille de Monsieur (frère du Roi), et le Dauphin en brossant une description habile et succincte à chaque fois.
Voilà une manière astucieuse d'apporter des données instructives tout en distrayant.

Les folles aventures d'Eulalie de Potimaron : A nous deux, Versailles ! - par Anne Sophie Silvestre
Illustrations d'Amélie Dufour
Flammarion (2010) - 150 pages - 12€
dès 10 ans !

IMG_2629Le succès des romans historiques pour jeunes lecteurs n'est pas à démentir, et le règne de Louis XIV et du faste versaillais ne cesse de nourrir les esprits et d'attiser les appétits jamais rassasiés !
Cette nouvelle série signée d'Arthur Ténor conjugue avec intelligence les faits véridiques et la part romanesque. Jean de Courçon est page à la Cour de Versailles (il est encore élève, plus précisément), il s'est entiché de Prunelle, la fille du jardinier, et ensemble ils vont tenter de mettre un terme aux actes de malveillance qui sévissent autour des fontaines du roi.
L'intrigue est enlevée, et de plus le ton est drôle, ce qui n'est pas pour me déplaire. On trouve des situations cocasses et d'autres qui tiennent en haleine - le suspense est entier, il y a pas mal de rebondissements et l'action ne faiblit jamais. La jolie romance entre Jean et Prunelle apporte également beaucoup de douceur et de sourire. Tout m'est franchement très sympathique. J'ai été séduite par l'intrigue, alors même que la couverture illustrée par Benjamin Lacombe me touchait déjà en plein coeur.  ♥

A L'Ecole des Pages du Roy Soleil : Sabotages en série à Versailles - Arthur Ténor
Seuil jeunesse (2011) - 206 pages - 10€
illustration et conception graphique de couverture : Benjamin Lacombe

8 février 2011

Teaser Tuesday #6

Tuesdayteaser(Beaucoup de lectures en cours, très peu de temps pour choisir - et parce que je ne le veux pas non plus - font de ce teaser tuesday un charmant melting-pot !)

Ce matin-là, Doon était arrivé aux Galeries Souterraines plein d'impatience. Il allait enfin passer aux choses sérieuses et pouvoir faire quelque chose d'utile.

La Cité de l'Ombre - Jeanne DuPrau

Il était rare de voir Isabella et Conor l'un sans l'autre. La plupart du temps, ils étaient si bien barbouillés de boue, de sang et autres susbtances peu recommandables qu'il était presque impossible de distinguer le garçon de la princesse.

Airman - Eoin Colfer

Mon seul cours de l'après-midi, à l'intitulé boiteux : "Grandes idées", passait en revue la philosophie de l'époque classique à nos jours. Malgré son thème plutôt vague, ce cours était devenu mon préféré, mais lorsque j'ai vu Shay assis à un bureau près des grandes fenêtres, mon coeur s'est affolé. Je me dirigeai vers le fond de la classe, aussi loin de lui que possible. Il me regarda m'asseoir. Je sortis le gros classeur qui contenait nos lectures pour l'année entière et le parcourus à la recherche des devoirs que j'avais faits la veille. Alors que j'essayais de relire mes notes, les mots se brouillèrent.
Qui est-il ? Que fait-il ?

Nightshade - Andrea Cremer

La brise marine soulève les voilages et son odeur de poisson salé me rappelle que je suis là, en Cornouailles, dans le lit de Charley. Je me réveille en sueur, cherchant mon souffle, tandis que les dernières bribes de mon rêve se dissipent. Je poursuis... Charley... en courant de toutes mes forces, mais je ne parviens pas à la rattraper. On arrive à une rivière où elle plonge en décrivant un arc plein d'aisance et d'assurance, sans créer le moindre remous.

Si tu m'entends - Sharon Dogar

She continued to watch him. Why had she even come up here ? This whole evening had been a huge mistake.
But she couldn't help gazing at his wide mouth, with its full bottom lip, and letting her imagination go crazy. She had a sudden picture in her head of kissing this unknown boy. Well, not exactly a boy... he looked older than her at least a couple of years. She knew that his lips would be soft but insistent, that lazy half-smile suddenly transformed into something more intense.

The Iron Witch - Karen Mahoney

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20 janvier 2011

What's with the bleep ?

IMG_2232Le début de ce roman m'a totalement emballée. C'est un univers fantastique assez original introduisant une héroïne charmante, programmée pour accomplir sa mission sans réfléchir plus loin, et qui justement va apprendre à se détacher et à mieux se connaître. Evie travaille et vit au Centre où elle est agent de recrutement, chargée de localiser et enregistrer les créatures paranormales pour s'assurer leur pleine collaboration avec l'IPCA (une boîte internationale). Evie a toujours connu cette existence - orpheline, elle a été recueillie à l'âge de huit ans et considère Raquel, la directrice du Centre, un peu comme sa mère de substitution. Aujourd'hui, à seize ans, elle a le sentiment de tourner en rond, elle s'ennuie et se sent seule. Elle se console en regardant son feuilleton préféré, sa meilleure amie est une sirène qui travaille aussi au Centre, mais cela ne parvient plus à combler cette sensation de manque.

Arrive un jour Lend, un Changeforme qui s'est introduit dans le bureau de Raquel pour fouiller dans ses papiers. Evie est sur l'affaire et lui passe les menottes. Le garçon est interné, il refuse de s'expliquer et masque son apparence en se métamorphosant constamment. Evie est intriguée, enfin un garçon de son âge, se dit-elle, peut-être réussira-t-il à la divertir et chasser de ses cauchemars son ex-petit copain, Reth, un fae qui ne lui lâche pas la grappe. Ce qui est bien, aussi, c'est que la jeune fille ne tombe pas irrémédiablement amoureuse de Lend, elle est davantage curieuse de savoir qui il est réellement. Elle se plaît à rester en sa compagnie car le petit couple va passer beaucoup de temps ensemble, en toute innocence. L'un et l'autre ont énormément à apprendre de cette connivence.

Quand le grabuge va commencer (les créatures paranormales tombent comme des mouches, victimes d'un tueur en série), Evie et Lend vont réussir à s'échapper. Alors même que la tension est palpable, l'histoire soudainement va retomber dans la légèreté. Tout ça parce que Evie va vivre son rêve ! Il faut le voir pour le croire, l'adolescente a tout vécu par procuration, se rassasiant du scénario de sa série tv et imaginant quel pied ce serait d'aller au lycée, d'avoir son casier (!), de se rendre à un bal de promo ou même de conduire. Cela peut paraître bien cruche et ridicule à lire comme ça, mais en fait Evie est super craquante. Elle découvre tout avec une fraîcheur qui fait plaisir à voir ! C'est drôle, ça ne mange pas de pain et ça permet de détendre l'atmosphère.

Parce que l'histoire ne s'arrête pas là, bien évidemment. Evie va d'abord découvrir qu'elle n'était pas ce qu'elle pensait être, et qu'il va lui falloir chercher à comprendre qui elle est et à quoi elle sert. Pendant un temps, on se questionne aussi sur l'identité de l'ennemi, cela crée pas mal de tension, même si au final le face-à-face sent un peu le dégonflé. Screugneugneu. L'auteur s'est légèrement défilée pour le coup, j'en attendais plus. Bof, tant pis. Globalement j'ai trouvé que le roman avait su tenir la route, le point de départ est enthousiasmant, l'intrigue perd un peu de vitesse quand Evie se retrouve loin du Centre, ou bien le lecteur appréciera-t-il cette partie qui sent bon la comédie romantique et légère. Oui, Lend et Evie sont très, très mignons tous les deux. Toutefois, je ne dis rien, mais le Reth... ma foi, il pourrait devenir un sérieux outsider. ♥

Le tome 2 paraîtra en septembre 2011 !

Paranormalcy - Kiersten White
HarperTeen (2010)

 

LUENVOLu en VO - 6

 

18 janvier 2011

Maybe things can get back to normal after all.

IMG_1938Je ne sais pas ce à quoi je m'attendais en ouvrant ce roman, le fait est qu'il m'a totalement bouleversée et captivée. C'est bien simple, je l'ai lu d'une traite. C'est l'histoire de Grace qui se réveille dans une pièce toute blanche où se trouve une table avec du papier et des stylos. Où est-elle ? Impossible d'obtenir la moindre information de la part d'Ethan, lorsque celui-ci lui apporte ses plateaux avec ses repas préférés. Tout juste attend-il de Grace qu'elle raconte son histoire. Qu'elle écrive. Qu'elle se délivre.

Grace accepte difficilement de se prêter à l'exercice de la confession, sa vie est en vrac, elle ne sait plus pourquoi, comme si elle avait verrouillé ses souvenirs. Elle a dix-sept ans, vit seule avec sa mère, son père est décédé. Elle mène une adolescence tumultueuse, elle boit énormément, couche avec tous les types qu'elle croise, elle fuit sa maison le plus souvent possible, elle s'inflige des incisions qui laissent des cicatrices sur son corps. Et pour finir, elle s'est fâchée avec sa meilleure amie, Sal, qui refuse de confier ce douloureux secret qu'elle porte en elle depuis les vacances de Pâques.

Bon, au milieu de tout ce fatras, Grace rencontre Nat pour qui elle ne craque pas immédiatement. Elle apprend d'abord à le connaître, puis elle tombe sous son charme et ne peut plus se passer de lui. Pour la première fois, elle ressent des sentiments très forts. Elle tombe amoureuse, irrésistiblement et fatalement amoureuse. Et cette histoire lui apporte enfin la sérénité et l'équilibre qui lui manquaient.

Hélas, nous ne sommes pas dans un conte de fées non plus. Et puis on devine très vite où va nous conduire l'histoire. Malgré cela, impossible d'en finir, de reposer mon livre, j'étais scotchée. Je voulais assister au dénouement, voir les masques tomber, m'apitoyer, pousser des cris d'horreur, tendre les bras vers Grace pour la secouer ou la consoler. C'était tout simplement inconcevable de lui tourner le dos. D'extérieur, Grace est une nana impossible, au comportement extrême, alors que dans le fond c'est un chaton frileux, vulnérable, maltraité et incompris. Oui, elle m'a énormément touchée !

A la fin, je n'avais pas du tout envie de tourner la dernière page. J'avais une grosse boule au ventre, je sentais que j'en voulais encore, que je n'avais pas toutes les réponses à mes questions... mais que voulez-vous ? Je pense que cette lecture m'accompagnera pendant un bon moment, je ne suis pas prête d'oublier sa petite mélodie.

Entangled - Cat Clarke smileyc219
First published in Great Britain in 2011 by Quercus.
> l'avis de Mélanie

 

 

LUENVO Lu en VO - 5

2 décembre 2010

Pêle-Mêle Clarabel #13

Le Prince Hibou, de Pierre Coran et Charlotte Gastaut (Gautier Languereau, 2010)

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Un couple royal est catastrophé par l'invasion de rats dans leur château (décrit comme un gros morceau de fromage), peu avant l'anniversaire de leur fille chérie, qui coincide avec la fête de Noël. Un hibou propose une solution, mais en échange il souhaite recevoir un bateau de mille noeuds. Chaque détail compte. Car en fait, après avoir accompli son miracle, l'oiseau se change en jeune homme et épousera la princesse. C'est un joli conte, surtout pour ses illustrations signées de Charlotte Gastaut.

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A découvrir, également : Le Grand Voyage de Mademoiselle Prudence (Les albums du Père Castor, 2010)

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Prudence est une petite fille adorable, et comme beaucoup d'enfants, elle a parfois envie de s'échapper, loin des remontrances et des consignes des parents (oui, oui, nous sommes coupables, c'est tellement nous d'être si rébarbatifs !), bref elle s'évade donc vers un pays imaginaire, un pays sublime et onirique. C'est magnifique, il est possible de traverser des nuages, de plonger dans une rivière et de nager avec des sirènes, d'échanger des étoiles avec la lune, de voltiger dans les arbres... Laissez-vous surprendre ! Au fil des pages (et des calques), le lecteur est enchanté, ravi, ébloui. C'est beau - une vraie explosion de couleurs, de motifs, de découpes, de matières ! Et un tel album se passe de texte, il faut juste admirer le travail et sourire de bonheur.

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Et parce que les princes et princesses sont à l'honneur à Montreuil (salon du livre et de la presse jeunesse), encore une superbe découverte :

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La Reine des Glaces (librement adapté du conte d'Andersen) par Marie Diaz et Miss Clara (Gautier Languereau, 2010) (Une reine, ça compte, non ?)

J'ai toujours été totalement admirative du travail de Miss Clara, un régal pour les yeux. Ce livre est donc un vrai bijou ... féérique. Je vous laisse juger.

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Il existe dans une île tout au nord du monde une Sorceresse aux terrifiants pouvoirs. Son palais est un glacier entouré de banquise, elle souffle l'avalanche et la grêle, elle commande au blizzard. On l'appelle La Reine des Glaces...

11 décembre 2010

"I punched to line. "Yes? What?"

J'ai fait une orgie de tomes 1, j'ai tant d'objectif de séries à découvrir qu'il était temps de faire un peu de ménage...

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Kitty Norville est une déesse de la radio, son émission sur les créatures fantastiques est en train de connaître un succès inattendu, ce qui va aussi provoquer pas mal de changements dans sa petite vie. Kitty a été attaquée par un loup-garou quelques années auparavant et porte ce secret comme un poids mort. Elle a beaucoup de mal à accepter son sort, à se plier aux règles de la meute, d'ailleurs mettons les choses au point : si Patricia Briggs et Mercy Thompson offrent une vision virile et dominante, dans les limites d'un certain civisme, Carrie Vaughn a opté pour un point de vue différent. D'abord, aucun coming-out. Loup-garous et vampires vivent dans l'ombre, ils ne s'entendent pas et détestent les brebis galeuses. C'est plutôt rude et violent, je n'ai pas trop aimé. Les rapports sont bruts et sans concession, et quand on n'a pas trop l'habitude, c'est franchement déconcertant.

Bref, l'émission à succès de Kitty est très mal perçue par ses comparses, l'Alpha lui demande même de tout arrêter, pour son bien et pour celui de son espèce. La jeune femme refuse, elle propose alors de lui verser son salaire en échange de pouvoir continuer. Et ce n'est qu'un début... J'ai eu vraiment pitié pour Kitty, c'est une paumée qui a encore bien du mal à accepter le loup qui est en elle, elle a très peu d'amis et se sent étrangère au sein de la meute. Son émission lui donne le sentiment d'exister, même s'il faut pour cela attirer trop d'attention, au risque de déplaire ou de courir de graves dangers. Et ça ne manque pas : il existe désormais un contrat sur sa tête, ce qui la conduit à rencontrer Cormac, le chasseur de lycanthropes. Vouiiii, je vous vois venir. Il est sexy, le Cormac ? Euh... difficile à dire (il a une moustache ! vous le croyez, vous ? je n'aime pas les types à moustache ! désolée). Comme j'ai terriblement envie de vibrer pour le mâle au charme mystérieux et inquiétant, je vais m'emballer. Juste un frémissement d'emballement, en fait. Le problème, c'est que la série ne veut pas donner dans le glamour. C'est un tort, nous sommes bien d'accord ? Aussi, même si je trouve la petite aventure de Kitty Norville intéressante, elle n'est pas non plus terriblement excitante (dans le sens secrètement désiré).

Par contre, bon point pour les émissions de radio de Kitty, qui sont drôles, vives et assez pétillantes, donnant plus de punch à l'héroïne - oui, clairement c'est son créneau et ce job est fait pour elle, ce serait dommage de l'en priver ! Ses premiers coups de fil avec Cormac m'ont bien faire rire. C'est dommage ce qu'il existe au sein de la meute, ces rapports de force un peu trop cash... Cela influence la personnalité de Kitty, la montrant trop vulnérable et déprimée, du coup même l'ambiance du roman prend un sérieux coup de blues. Bof, il me manque la petite étincelle pour aller plus loin.

Existe en VF : Kitty et les ondes de la nuit - Carrie Vaughn

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La série de Rachel Vincent n'a pas suscité de plus vif intérêt. C'est l'histoire de Faythe, une petite vingtaine d'années, étudiante à l'université et ... werecat (là, au moins ça change un peu). Cependant, même si elle a choisi de vivre en marge de sa tribu et de sa famille, elle se rend vite compte que toute liberté ou idée d'indépendance lui est passablement refusée. Du fait de son sexe et de son statut, elle est particulièrement vulnérable. D'autres jeunes femmes werecats ont récemment été enlevées, elle-même vient tout juste d'essuyer une tentative de kidnapping, et c'est alors que réapparaît Marc, le bras droit de son père.

Marc a accessoirement été son amant dans le passé, elle n'est pas enchantée de le revoir, car cela signifie qu'elle a ordre de rentrer à la maison. Elle va tenter de protester, elle va même s'entêter à vouloir prouver qu'elle est capable de s'assumer comme une grande et que les strays (ces werecats qui vivent comme des marginaux) ne lui font pas peur. Non, non, ça ne l'inquiète pas qu'une fille de sa connaissance a été retrouvée torturée et violée et qu'elle est probablement la prochaine sur la liste. Faythe est capricieuse et bornée, à ce stade c'est pénible. (Ha, ha ! La gourde se fera bien avoir par l'ennemi d'ailleurs, je ne spoile pas, c'est censé donner du piment à l'intrigue.)

Le problème, c'est qu'il manque le petit truc qui fait swoush. Et puis je n'aime pas les personnages, ils m'ennuient et ils ne possèdent pas cette flamme nécessaire dans ce genre de lecture (à propos, le couple doit gérer leurs retrouvailles glaciales et effacer les plaies du passé, sauf que l'attitude de Faythe rend l'affaire difficile ; elle sait s'y prendre pour épuiser nos réserves de patience !). Le rythme du roman est également long, trop long.  Bref, je n'ai pas du tout accroché. Comme d'habitude j'ai cherché les spoilers de la série, elle se boucle en 6 tomes et a recours au vieux piège du triangle amoureux dans sa forme la plus vicieuse et classique. Raison de plus, pour moi, de fuir cette série !

Existe en VF : Les griffes de la nuit - Rachel Vincent

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Happy Hour at Casa Dracula est en fait un pur produit de chick lit à la sauce paranormale. Nous avons Milagro de Los Santos, une jeune femme d'origine mexicaine, à qui la vie n'a jamais fait de cadeau. Elle collectionne les petits boulots, vit dans un appartement qui grouille de rats, elle est fâchée avec sa mère et ne parvient pas à faire publier son livre. A part cela, Mil conserve son esprit et son humour malgré le lot d'épreuves qui jalonne son existence.

Lors d'une soirée littéraire, elle tombe nez à nez avec son ex, Sebastian Beckett-Whiterspoon, devenu un auteur à succès et un snobinard arrogant. Ils se querellent quasi aussitôt. De colère, elle accepte de suivre un bel inconnu jusqu'à sa chambre d'hôtel où, par un incontrôlable instinct, le couple échange un baiser passionné, mais aussi un peu de sang (l'un des deux s'est écorché la bouche). Pendant les jours qui vont suivre, Mil se sent complètement groggy, elle revoit également Sebastian qui va la kidnapper et lui annoncer une nouvelle terrible.

Mil a été contaminée par un vampire, ledit Oswald Grant et sa famille seraient activement recherchés par une organisation secrète qui lutte contre les espèces démoniaques (de purs activistes complètement allumés, en fait !) et la jeune femme pourrait servir de pièce maîtresse pour faciliter leur arrestation. La seconde d'après, elle est enlevée par Gabriel, un rouquin dont elle a récemment fait la connaissance, et conduite au ranch de la famille Grant. Vous imaginez l'angoisse ?! Milagro est au bord de la panique, mais elle gère. En fait, les Grant se défendent d'être des vampires, ils souffrent d'un dérèglement génétique (les rendant plus sensibles à la lumière du jour et les contraignant à se nourrir exclusivement avec des aliments de couleur écarlate, non ils ne boivent pas de sang). L'incident entre Oswald et Mil est un cas exceptionnel, car la jeune femme n'aurait pas dû survivre !

A partir de là, la vie de notre héroïne prend des tours et des détours inattendus ! C'est très léger et plutôt drôle. Ce n'est franchement pas le genre de bouquin qu'on cataloguera comme inoubliable, toutefois ça ne fait pas de mal d'en lire de temps en temps. La narratrice est une nana pleine de punch, qui contourne les situations désespérantes grâce à son aplomb et son humour. A côté, Oswald, le potentiel masculin, fait pâle figure. Par contre, j'ai beaucoup aimé sa famille - la grand-mère Edna, en tête ! - et la vie au ranch avec les cowboys en toile de fond. Hmm. (Ce 1er tome est déjà suivi de 3 titres, ** spoilers ** Milagro va se fiancer avec Oswald et rompre avec lui pour les beaux yeux d'un autre vampire, sauf qu'elle s'en mordra les doigts, sera victime d'un incident et tombera amnésique, ce qui peut-être lui permettra de se réconcilier avec son ex !) Voili voilà.

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Passons maintenant à une bombe ... Gentlemen prefer Succubi, de Jill Myles. La couverture, déjà, tout un poème... ahem, et l'histoire n'en est pas moins étonnante. Jackie Brighton, vingt-sept ans, guide dans un musée, un physique passe-partout et une vie toute propre, lisse et sans saveur, est complètement déprimée d'avoir loupé une promotion. Après une nuit d'ivresse, elle se réveille à poil à l'arrière d'un Dumpster et se souvient vaguement d'être tombée dans les bras d'un apollon rencontré dans un bar. Ohmygod. Jackie est sous le choc, mais ce qu'elle va apprendre en recroisant son amant, Noah, dans la rue n'est qu'un modeste avant-goût de ce qui l'attend. En gros, Jackie a été mordue par un vampire, a couché avec un ange déchu et est désormais un succube ! Oh yeah.

La transformation est en cours, la jeune femme a les sens en éveil, les yeux d'un bleu vif, signe que son *Itch* a besoin d'être chatouillé, physiquement sa poitrine a doublé de volume, son corps la démange, son besoin de sexe la tiraille, et à part Noah, elle ne connaît personne d'autre vers qui se tourner - notre Apollon s'exécutera à merveille pour satisfaire ses besoins, ne reculant devant rien, quitte à se réfugier dans le confessionnal d'une église pour répondre au plus pressant ! C'est sans compter les retrouvailles avec son vamp agresseur - Zane, aussi bouillant et sexy que son concurrent. Et vas-y que je m'éclate, à droite et à gauche, copieusement et goulûment, arf. Certes, il y a un soupçon d'intrigue entre deux hautes considérations sexuelles et bassement existentielles, mais je n'en retiens rien du tout. Franchement, je me demande d'où m'est venue mon envie de lire ce roman, est-ce à cause du titre ? Ou parce que je voulais parfaire mon vocabulaire érotique ? Ha ! ha ! je me demande moi-même ce qui me passe par la tête... Mais au moins, je me suis bien amusée.

 

Je commence à saturer, il est temps que je change de registre !

LireEnVo

 

Je booste mon challenge Lire en VO !!!
- 42 ! Oh yeah.

 

9 décembre 2010

Pêle-Mêle Clarabel (de Noël !)

Alors même si ma fille trouve que c'est  « rien que pour les tout-petits », je ne cache pas une certaine tendresse pour les livres de Bénédicte Guettier (surtout pour l'inspecteur Lapou, dont je suis une fan presque hystérique). Bref, l'âne Trotro c'est surtout mignon, un univers trèèès enfantin et naïf, c'est quelque part charmant mais aussi abêtissant, je ne suis pas aveugle non plus, mais j'aime bien...

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C'est Noël, Trotro et ses parents vont décorer le sapin. Le petit âne fait le guignol avec les guirlandes et les boules, puis accroche le tout dans l'arbre quand ses parents s'aperçoivent que seul le bas du sapin a été décoré (normal, Trotro n'est pas très grand non plus !).  Super, on croirait un jupon ! s'exclame la maman. (Qui n'a jamais lu pareille histoire à son loupiot haut comme trois pommes me jette la première pierre !?!!)  Et c'est chez Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, 2010.

Et pour occuper les enfants pendant les vacances (bientôt !), en attendant le soir de Noël (ça sera long), pourquoi ne pas les confier aux Drôles de petites bêtes avec ce livre de jeux, de découpages, de coloriages, avec des autocollants, des comptines, des idées pour créer un spectacle. (Une idée qui coûte 4,90€.)

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En attendant d'autres trouvailles, voici le Livre-surprise du Père Noël par Alan Snow (l'auteur d'Au bonheur des monstres et sa suite : La galère des monstres). La couverture est géniale, les petits commentaires fléchés valent le détour ! (Bah non, on ne pourra pas les voir sur ce cliché ; je n'ai pas activé l'option pour l'agrandissement ! gné.)

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Ce livre a pour petite ambition de répondre aux questions du genre : où vit le Père Noël ? comment sait-il ce qu'on veut ? d'où viennent tous les jouets ? quand passe-t-il et que fait-il après sa tournée ? Mais l'originalité de cet album, où est-elle ? En fait, dès qu'on l'ouvre, il s'épanouit comme une fleur, c'est un pop-up intéressant et rigolo (même si je pense que ça reste aussi incroyablement fragile à manipuler entre les mains maladroites et aux gestes brusques). Et puis, surtout, je vous conseille la lecture des Chroniques de Pont-aux-Rats, qui est un bouquin épais (540 pages, les enfants crient au secours) mais l'histoire se déguste et il y a beaucoup d'illustrations pour alléger le tout. Vous ne le regretterez pas ! ;o)

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@ illustrations : Alan Snow - Le livre surprise du Père Noël (Nathan, 2010)

31 août 2010

The Hunger Games #3 Mockingjay

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Je sors à peine de ma lecture et honnêtement j'ai du mal à afficher un plein enthousiasme.
Pourtant j'aime cette série d'amour, j'ai dévoré les deux premiers livres avec impatience et passion, totalement convaincue que cette série se vivait avec intensité. Donc, j'attendais beaucoup du dernier tome, trop peut-être, car j'en sors avec des sentiments divers : soulagement, incompréhension, frustration, amertume, déception. Oui, un peu.

J'étais préparée à recevoir une claque. Je savais que Mockingjay allait être sans concession. Que les personnages seraient malmenés, différents. Alors, oui, c'est sûr, je m'en suis pris plein la figure. Et j'ai tout encaissé, de manière admirable, car proprement stoïque. Après tout, la guerre est déclarée. Il va y avoir des pertes, des sacrifices, de la manipulation et de l'ambition éhontée. Des révélations toutes plus horribles les unes que les autres. Le pouvoir des images, la surenchère dans la violence, la folie de la médiatisation. C'est du lourd, à bien des égards.

Et pourtant, au fil des pages, je me suis sentie étourdie, amère et un peu trahie. Collins a transformé ses personnages, elle a été sans pité, à tel point que le lecteur se sentira déboussolée. Katniss se montre ici une héroïne forte et fragile, mais davantage sur la corde raide, avec des états d'âme et un ras-le-bol qu'on partage bien volontiers. Elle a conscience d'être un pion entre les mains du District 13, elle est mise en scène, joue son rôle mais on la sent si lasse, si peu elle-même. Plus trop the Girl on Fire, sauf à un moment, lors d'une scène assez pénible, et qu'on vit comme un alibi.

Gale, enfin, se révèle et semble fidèle à lui-même : une personnalité loyale, un vrai rebelle qui n'accepte plus la dictature et est prêt à prendre les armes. C'est aussi un ami exemplaire, une valeur sûre et réconfortante. Il va s'afficher, jouer des coudes, se battre aussi pour prouver sa légitimité, se résigner mais faire front. Toujours. Franchement j'ai été touchée par lui. Néanmoins, toute mon attention était tournée vers Peeta. Connaissant son sort à la fin de Catching Fire, les expectatives étaient nombreuses. Soit, je n'en dirai pas plus, mais je me suis sentie trompée.

Bien évidemment, je ne cherchais pas de la guimauve. Simplement, l'amour de Peeta était beau, tendre et pur. C'était trop, peut-être. Car Collins s'en est servi contre lui. La guerre a bon dos, j'ai trouvé que ce retournement au sujet de Peeta a été un peu trop rude.

 

En fait, tout s'explique dans ce livre. Tout est parfaitement logique, même si ça fait mal, même si au final tout paraît long, languissant et assez funèbre. C'est d'ailleurs la petite musique du livre, qu'on retrouve dans ces quelques mots, employés par Katniss pour parler d'elle-même : "Trapped for days, years, centuries maybe. Dead, but not allowed to die. Alive, but as good as dead. So alone that anyone, anything no matter how loathsome would be welcome."

Non, ce n'est pas gai ! J'avais entamé une série qui se voulait sensationnelle, inattendue, bouleversante, riche et captivante. Elle se termine sur une note de tristesse et de lucidité douce-amère. Collins accable les meneurs de guerre, mais souligne que les leçons enseignés par l'Histoire sont trop vite oubliées. "Now we're in that sweet period where everyone agrees that our recent horrors should never be repeated. But collective thinking is usually short-lived. We're fickle, stupid beings with poor memories and a great gift for self-destruction." Elle n'avait pas pour ambition d'écrire une bluette sentimentale, prévisible et bien propre. On l'avait bien compris ! (Si vous en doutiez, passez votre chemin.)

Beaucoup de tristesse, donc, et d'amertume, mais cette série restera à jamais l'une des plus belles révélations littéraires. Elle a su me procurer du bonheur et de la souffrance, j'ai été bluffée et abasourdie plus d'une fois, aujourd'hui elle se boucle de façon abrupte et douloureuse. On n'en sort pas indemne, mais ça fait partie du jeu.

May the odds be ever in your favor !

Mockingjay ~ Suzanne Collins (2010)

A paraître en VF en 2011 !

challenge Lire en VO - 26LireEnVo

26 mai 2010

Le Ciel est partout

C'est notre histoire. Il prononce cette phrase avec sa voix des dix commandements, et leur résonnance en moi est à l'avenant : profonde. Avec tous les bouquins que je lis, j'aurais pourtant pu y penser avant. Mais non. Pas une fois je n'ai songé à l'interprétation, au récit que l'on donne de sa vie, ma propre vie. J'ai toujours eu le sentiment que c'était une histoire, oui, mais pas une histoire dont je serais l'auteur et dont je pourrais influencer le déroulement.
Chacun est libre de raconter son histoire comme il l'entend.
Chacun son solo.

Le_ciel_est_partout_de_Jandy_Nelson

Follement romanesque et romantique, poignante et exaltante, l'histoire de notre John Lennon (Lennie, pour ses proches) nous touche et nous bouleverse. Son chemin vers la guérison (ne pas s'en vouloir d'être en vie et heureuse sans sa soeur décédée) est parsemé de petits cailloux, sur lesquels elle trébuche, et de petits bouts de papier sur lesquels l'adolescente griffonne ses états d'âme, ses bouts d'elle, avec ou sans sa soeur, lâchés au vent, confiés dans le vide, égarés volontairement pour que ses pensées sortent d'elle et ne l'enferment plus.

C'est frais, poétique, émouvant. Beau comme la vie, avec ses hauts et ses bas, ses coups durs, ses éclats, ses trahisons, ses révélations. J'ai aimé ... comme le goût des baisers de Joe et Lennie qui atteignent le firmament. Mention spéciale pour la grand-mère et l'oncle de Lennie, pour Sarah, sa meilleure amie, pour Joe et ses frères, tous plus renversants les uns que les autres, pour la musique aussi, dont la puissance d'évocation frise l'érotisme, comme le souffle du vent dans les arbres de la forêt, sans oublier le jardin de Manou, pour sa douce et tendre excentricité, pour ses rosiers au pouvoir aphrodisiaque.

C'était mon plaisir de lecture arrivé au bon moment, mon histoire d'amour, de manque, de deuil et de souffrance qui a su me redonner confiance en la vie. Plus belle, plus joyeuse, plus optimiste. J'ai beaucoup aimé.

Tandis que je regagne la table pour m'asseoir, une certitude s'éclaire en moi : la vie n'est qu'un vaste bazar. En fait, je vais dire à Sarah qu'il nous faut créer un nouveau mouvement philosophique - le bazaressentialisme au lieu de l'existentialisme, pour tous ceux capables d'apprécier ce bazar fondamental qu'est l'existence. Car Manou a raison. Il n'existe pas qu'une seule vérité, mais une multitude d'histoires qui se déroulent toutes en même temps, dans nos têtes et dans nos coeurs, et empiètent toutes l'une sur l'autre. En bref, un immense bazar, calamiteux et magnifique. Comme le jour où Mr James nous a emmenés dans les bois et s'est écrié triomphalement : "Voilà, c'est ça !" face à l'étourdissante cacophonie provoquée par les instruments solistes essayant de jouer ensemble. Voilà : c'est ça.
J'examine les piles de mots qui constituaient autrefois mon livre préféré. Je voudrais recomposer toute l'histoire dans le bon ordre pour que Cathy et Heathcliff puissent faire d'autres choix, qu'ils cessent de se rentrer dedans à chaque virage, qu'ils écoutent la rage volcanique de leurs coeurs et tombent enfin dans les bras l'un de l'autre. Mais il est trop tard. Je vais jusqu'à l'évier, j'ouvre la poubelle et y déverse Cathy, Heathcliff et le reste de leurs malheurs.

Le ciel est partout ~ Jandy Nelson
Gallimard, coll. Scripto (2010) - 330 pages - 11€
traduit de l'anglais (USA) par Nathalie Peronny

17 août 2010

La Nuit des démons #1

 

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Premier tome d'une trilogie qui parle de magie et de démons, La Nuit des Démons (en VO : The Demon's Lexicon) se révèle une très bonne découverte, dont la lecture, agréable et entraînante, offre une intrigue dynamique et rondement menée, se bouclant sur un twist inattendu.

C'est l'histoire de deux frères et leur mère qui passent leur temps à fuir les magiciens et démons qui cherchent à leur mettre la main dessus. Leur père a déjà péri sous leurs yeux, se sacrifiant pour protéger les siens. Alan et Nick ont donc très vite appris à être indépendants et matures, l'aîné est un érudit mais souffre d'un handicap à la jambe, le cadet est plus intrépide, il manie les armes, notamment l'épée, avec dextérité, il n'a aucune limite et seul son frère peut calmer ses ardeurs. Leur mère, Livia, reste cloitrée dans sa chambre, il faut s'en méfier, elle est folle et imprévisible, c'est elle qui a attiré l'ennemi en fuyant le plus puissant magicien qui était son amant, avant de dérober un talisman sacré. La famille Ryves n'a donc aucune attache et ses efforts pour sa survie commencent à s'essouffler.

Depuis peu, Nick s'est aperçu que son frère lui mentait et faisait des choses en cachette. De plus, Alan s'est entiché d'une fille, Mae, dont le frère Jamie a été marqué par trois fois par un démon. Ces marques le condamnent, et pourtant Alan va tout faire pour leur venir en aide, ce qui exacerbe la colère (et la jalousie ?) de Nick. L'étau se resserre, la tension va monter d'un cran et l'action va progressivement se mettre en branle.

Autant vous dire que ce livre se lit d'une traite ! Je me suis vue embarquer dans ce monde si proche de nous, et pourtant pollué par une menace maléfique non dénuée d'attrait. Les magiciens, pour gagner du pouvoir, kidnappent des humains pour les démons. Ces derniers, sans état d'âme, ne font qu'une bouchée des corps qu'ils possèdent et ne leur laissent aucune chance de survie. C'est sans pitié, c'est vrai, mais c'est aussi captivant. Le seul souci avec ce roman, c'est qu'il doit expliquer son modus operandi : donner des détails, planter le décor, nous introduire au marché des Gobelins par exemple et nous faire partager les fantastiques danses de quelques élus pour appeler les démons. L'idée, globalement, est excitante. La tonalité générale est, par opposition, plus sombre et pesante. Les événements se précipitent à la fin, peut-être trouvent-ils une solution trop facilement aussi, mais il restera de cette lecture un souvenir ravi et reconnaissant.

Dans ce premier tome, la narration est donnée à Nick, qui est un garçon arrogant, qui cultive l'humour et l'ironie, et dont le charme n'est pas sans rappeler un certain Jace Wayland. La personnalité des autres personnages demeure encore floue, à peine esquissée. Ils n'en sont pas moins tous attachants. Je lirai très prochainement la suite : The Demon's Convenant.

Lu en VO, mais le livre paraît début septembre 2010 chez Albin Michel, coll. Wiz. 

La Nuit des démons - Sarah Rees Brennan
Albin Michel, coll Wiz (2010) - 13,50€
titre VO : The Demon's Lexicon

LireEnVo challenge Lire en VO - 24

19 juillet 2010

Rules of Attraction

 

rules_of_attraction

A la fin de Perfect Chemistry, la mère d'Alex quitte Chicago avec ses deux jeunes fils pour retourner au Mexique. Là-bas, Carlos a mené la vida loca en séchant l'école, en fréquentant des gangs et en dealant de la drogue. En punition, il est expédié auprès de son frère dans le Colorado afin de revenir sur le droit chemin. D'entrée de jeu, Carlos se révèle un rebelle qui refuse l'autorité d'Alex, qui ne croit pas en l'égalité des chances et qui ne fait confiance en personne. Au lycée, il est accueilli par Kiara Westford qui sera sa tutrice pendant une semaine. La rencontre frise la catastrophe - Kiara est une fille toute simple, qui ne casse pas la baraque et son look (tshirt informe, grosses chaussures de randonnée) horripile notre bad boy. Ces deux-là ne peuvent pas se supporter, mais jouent un jeu dangereux. Et nous, lecteur, on adore ça !

Car peu de temps après son arrivée, Carlos a des démêlés avec la police pour une histoire de drogue, le juge le place chez la famille de Kiara. Bonjour la cohabitation, mais le lecteur est toujours aux anges ! Il faut que ça pulse, il faut que nos antagonistes se fassent du rentre-dedans, il faut du clash et de la séduction sous-jacente. Yipi, on en a et on en redemande. Cela commence par une farce avec une floppée de cookies collée dans le casier de Carlos, cela s'enchaîne par des dialogues muy caliente (lors d'un repas en famille, Carlos réplique au petit frère de six ans qu'il pratique comme seule activité sportive le tango horizontal ! ). Malgré eux, Carlos et Kiara se cherchent de plus en plus. Et le type va se servir d'elle en lui demandant d'être sa fausse petite amie au lycée, au nez et à la barbe de la reine Madison qui voit rouge, en échange Kiara lui fait promettre d'être son partenaire au bal, condition qu'il accepte si la miss se décide à porter une robe et des chaussures à talons. Bref, notre couple se lance des défis à tout bout de champ (Kiara ne doit absolument pas tomber amoureuse de Carlos, il a été clair, le lecteur rigole, ha ha, car certains signes ne trompent pas).

Je pourrais vous en coller d'autres, des anecdotes et de ces moments forts et croustillants qui font le sel de l'histoire. Simone Elkeles a pratiquement ressorti la même recette qu'on savoure dans Perfect Chemistry (sweet girl meets bad boy), même si je trouve que la tension sexuelle est un cran inférieur entre Carlos et Kiara qu'elle ne l'était entre Alex et Brittany (argh, c'est d'ailleurs extrêmement frustrant de se contenter de cette pâle copie d'Alex, dans ce livre il est limite fade et moins sexy tellement il est lisse, gentil, amoureux etc.). Néanmoins, l'alchimie est bel et bien présente, Kiara est une petite nana au caractère bien trempé, élevé dans du coton, avec des parents extraordinairement ouverts et tolérants et bien sûr Carlos Fuentes es muy bonito, miam, on en mangerait !

... et la couverture du roman est aussi une scène du livre. La voici !

He leans out his window, meeting me halfway. We're both wet and soaked, but neither of us seems to care. " Don't run away from me when I need to tell you somethin' important. "
" What ? " I say, hoping he doesn't notice the tears running down my face, and praying they're getting mixed up with the rain.
" Tonight was... well, it was perfect for me, too. You've turned my world upside down. I've fallen in love with you, chica, and it scares the fuckin' shit outta me. I've been shakin' all night, because I knew it. I've tried to deny it, to make you think I wanted you as a fake girlfriend, but that was a lie. "
" I love you, Kiara, " he says before his lips move forward and meet mine.

LireEnVoChallenge lire en VO - 20

16 mai 2010

Blue Cerises saison 3

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" Les Cerises, c'est la possibilité d'être nous, tels quels, sans masque, sans paraître. Un cocon, peut-être, où nous pouvons nous protéger de tout le reste. " (Satya, de musc et de havane)

Voilà une troisième saison beaucoup plus rude pour nos Cerises. C'est le soir du réveillon de la saint-sylvestre, tous les quatre se rendent à une fête costumée, mais rien ne se passe comme prévu. Violette apprend que son frère a disparu, Amos pète un câble et lui envoie un scud en pleine figure, Zik et Satya frisent le rapprochement avant de revenir sur terre pour recoller les pots cassés. Quelle soirée !

Après la saison des secrets, voici la saison des révélations et du sentiment de trahison. Les masques tombent, le fantôme d'Olivia revient tous les hanter, entre apparition surréaliste ou harcèlement d'un dégénéré, les Cerises sont paumés et ont besoin de leur amitié pour ressouder les liens qui se desserrent. Or, l'amitié bat des ailes. Zik a le sentiment d'avoir été mise de côté, Amos a cru pouvoir se séparer de sa famille qui part au Canada en se consolant auprès des Cerises, mais soudain le déchirement devient vif et inexplicable, Violette a bafoué la confiance de ses proches, aujourd'hui elle en paie douloureusement le prix, et enfin Satya ne veut pas entendre parler de ce type débarqué de New York qui aurait bien connu ses parents en Inde. A l'instar de ses amis, il préfère se protéger de la réalité, ne pas affronter certaines vérités, trouver un refuge ailleurs, à la Cinémathèque par exemple. Quand on a toujours compté l'un pour l'autre, et l'un sur l'autre, cela devient subitement troublant de ne plus rien retenir et de découvrir que tout se délite. Et le désespoir de Zik est juste beau, poignant et émouvant.

" J'y ai tellement cru, aux blue Cerises, j'ai tellement cru qu'ils m'aidaient à vivre. Notre mot de passe n'est-il pas : "On en parle ?"
Dans ce cas, pourquoi est-il si difficile de se dire les choses ? N'y a-t-il pas une gigantesque supercherie à croire que l'on ne peut être rien sans les autres ? Je n'en peux plus. J'ai envie de hurler. Je ne supporte plus cette hypocrisie de merde. "
  (Zik, lonely cat)

Les blue Cerises, c'est l'amitié puissance 4. Une amitié fusionnelle, qui n'est pas épargnée par les coups de griffes, mais après tout il faut aussi grandir dans la douleur, et comme nos petits Cerises ont un goût inné pour la dramaturgie (on ne se gave pas de cinémathèque en apprenant par coeur les répliques implacables pour rien !), tout ça vous vrille le coeur et le corps. Cette saison se boucle donc sur une note d'amertume, en même temps lire quatre fois une cinquantaine de pages où les émotions sont intenses et exarcerbées ne peut pas se terminer autrement. Et c'est avec une certaine boule au ventre qu'on repose nos quatre petits bouquins, avec des questions qui passent en boucle, comme de ne pas comprendre où Amos a perdu la raison, à une lettre près (ça signifie "entendre son coeur") et sur quelle épaule Zik a calé sa tête (en se glissant dans la peau de Scarlett).

Donc, les larmes, les cris, la colère, la boisson, les notes de musique ont beaucoup versé dans cette saison mais c'est un mal pour un bien. Cette série, à travers son concept, son idée, son style et son portrait de quatre adolescents inséparables, montre que l'union fait la force.

En attendant un dénouement apaisant (Zik / Satya ?!?), la saison 3 a posé les bonnes questions : " Pourquoi cette violence ? (...) Où est ma place dans cette histoire ? Je suis libre d'être ce que je suis. Les ailes froissées, je me cogne, encore et encore, aux lumières de la vie. Et je me consume. " (Violette, la minute papillon)

La saison 3 des Blue Cerises comprend :

* Violette, la minute papillon ~ Cécile Roumiguière
* Zik, lonely cat ~ Maryvonne Rippert
* Amos, anticorps ~ Sigrid Baffert
* Satya, de musc et de havane ~ Jean-Michel Payet

Milan, coll. Macadam (2010) - 4€ chaque livre. 

21 mars 2010

Son pays à lui, c'est la planète entière.

Sur le parvis de Notre-Dame de Paris, un mois d'avril 1934, la police sème le trouble durant la cérémonie où quarante hommes attendent d'être ordonnés prêtres. Parmi eux, Vango, dix-neuf ans, s'incline devant le cardinal en présentant ses excuses, avant de fuir par les airs. Agile, souple et virevoltant, il s'échappe par les toits de la cathédrale, au nez et à la barbe du commissaire Boulard. Une silhouette dans la foule tremble, tandis qu'une main invisible a brandi une arme et vise la silhouette du fuyard.

vangoA l'image de Vango, le roman n'aura de cesse de sautiller, de vagabonder, de surprendre et de nous étonner. Qui est ce Vango, quel est son crime, pourquoi toutes les polices le cherchent, de France en Allemagne, en passant par la Russie et les îles de Sicile ? ... Car Vango avance dans la vie en effaçant ses traces. L'histoire, elle, tente de rassembler les petits morceaux du puzzle et le lecteur en a l'appétit aiguisé. C'est prodigieux. A en avoir presque la larme à l'oeil. Vous  décrire ce plaisir de lecture est d'ailleurs sans fin.

Timothée de Fombelle confirme, après la beauté de Tobie Lolness, qu'il est un grand écrivain. Il manipule ici la plume avec légèreté, cocasserie, passion et émotion, on ressent ce bonheur de l'écriture, c'est un partage unique et palpable. J'ai ainsi dévoré le roman avec gourmandise, savouré les pleins et déliés de ce texte qui est absolument époustouflant. L'aventure de Vango se laisse conter avec une simplicité toute émoustillante, le rythme est haletant, l'intrigue très bien tissée, le lecteur est pris aux pièges, séduit d'emblée par la galerie des personnages, des héros ou des maquereaux, au choix, mais tous savent nous accrocher, nous attirer et nous questionner. Ce roman n'est pas unilatéral, il est mystérieux et ambitieux, parfaitement réussi car envoûtant. Il ressemble à son héros, Vango, dont il est dit dans le livre que c'est un caméléon globe-trotter qui tire une langue multicolore.

Qu'est-ce que c'est beau. Je suis sous le charme et encore éblouie par cette merveilleuse rencontre ! Et ce zeppelin en couverture vous invite au voyage et à mille autres explorations...
J'ATTENDS LA SUITE AVEC IMPATIENCE !

Vango, tome 1 : Entre ciel et terre ~ Timothée de Fombelle
Gallimard, 2010 - 370 pages - 17€
illustration de couverture : Blexbolex

Comme moi, Lili O. a été conquise ...  J'avais glissé en amuse-bouche quelques extraits ICI.

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