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Chez Clarabel
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3 avril 2014

Docteur Sleep, de Stephen King

Depuis Shining, le petit Danny Torrance a grandi. Ses démons aussi…

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Plutôt désarçonnée par le début de l'histoire, j'ai cru que c'était lié au fait que je n'avais pas lu Shining, mais au bout de quelques pistes j'ai fini par m'habituer et trouver un réel intérêt à l'ensemble. Certes, la personnalité de Dan Torrance, alors alcoolique notoire et type désabusé, n'avait pas lieu de me plaire. Sans compter la vulgarité ambiante, l'apparition des camping-caristes aux agissements douteux, puis débarquant de nulle part, la petite Abra... voyons, voyons, quel micmac !

Mais c'est là toute l'ingéniosité de l'auteur, qui brode et tisse sa toile avec un soin appliqué, glisse une multitude de données, fait mine de gamberger, l'air de rien il réussit à alpaguer notre curiosité et à nous enfermer dans son récit. C'est carrément flippant ! Sitôt qu'on se débarrasse de cette sensation désagréable du départ, on est entraîné par le rythme de l'histoire, endiablée et palpitante, même si je lui trouve aussi des longueurs inutiles et un final d'une banalité décevante. Mais sinon, quel pied ! ;o)

L'interprétation de Julien Chatelet est une franche réussite, j'avais déjà apprécié son travail avec Les Apparences et aussi la trilogie berlinoise de Ph. Kerr, alors que je déteste le narrateur de l'histoire - Bernie Gunther ! C'est vous dire la subtilité du comédien à savoir déjouer les pièges d'un roman et détourner l'attention du lecteur vers un ailleurs possible ou inimaginable. Ici, il rend les affreux encore plus méchants et fait surgir l'horreur absolue dans un compte-à-rebours saisissant et angoissant. Grandiose, bravo !

Audiolib ♦ janvier 2014 ♦ texte intégral lu par Julien Chatelet (durée : 18h 44) ♦ traduit par Nadine Gassie pour les éditions Albin Michel

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29 mars 2014

Fétiches, de Mo Hayder

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Je n'avais lu qu'un seul livre de Mo Hayder à ce jour (Tokyo), aussi je ne connaissais pas l'inspecteur Jack Caffery, mais ce que j'ai pu en soupçonner me donne grandement envie de fouiller et de lire ses autres enquêtes ! Dans Fétiches, le monsieur est soucieux, accaparé par une autre affaire, une belle jeune fille a disparu, on n'a jamais retrouvé son corps, la mère éplorée s'accroche et mobilise la presse. Son supérieur souhaite pourtant reléguer le dossier, devenu trop coûteux, mais Caffery demande un sursis. Ce qu'il ne dit pas, c'est qu'il aurait une piste et doit faire preuve de diplomatie pour mettre l'agent Flea Marley dans sa poche...

Aaaah, c'était un peu frustrant de ne pas en savoir plus sur leur relation. Je me suis promis de lire toute la série, en commençant par Birdman. Fétiches est un roman qui a su me convaincre. Je l'ai aimé d'un bout à l'autre, complètement embarquée dans l'histoire, j'ai même souri aux petites notes d'humour et aux références de pop culture. L'ambiance n'est pas aussi glauque que j'aurais pu le craindre, bien que l'histoire se passe dans un asile psychiatrique. Les patients sont perturbés et parlent d'un fantôme, celui d'une ancienne infirmière naine, la Maude, qui se livrait à des tortures sadiques. AJ LeGrande, le coordinateur en chef, résiste à l'envie de basculer dans cette psychose... mais certains événements deviennent plus que troublants et il veut en avoir le coeur net en menant une enquête interne.

L'histoire s'écoule sur un rythme limpide, avec chapitres alternés et une galerie de personnages très charismatiques. N'imaginez pas une lecture à cent à l'heure, avec moult descriptions terrifiantes et un suspense à couper le souffle. C'est tout le contraire, car l'ambiance se repose sur une tension psychologique latente, mais très prenante. Le dénouement ne surprendra peut-être pas les foules, mais il ne décevra pas non plus. C'est un rendez-vous à l'opposé de ce qu'on aurait pu s'attendre, c'est tout aussi bien et cela m'a, de plus, donné envie d'en lire davantage !

Audiolib, février 2014 ♦ texte intégral lu par François Hatt ♦ traduit par Jacques Martinache pour les éditions Presses de la Cité

Encore un Audiolib qui a su me conquérir, grâce à François Hatt dont la lecture est parfaite à tout point de vue. Aucune crispation concernant les voix féminines, le comédien a juste saisi l'atmosphère étouffante du livre, s'en est imprégné et s'est mis à lire en modulant le ton pour capturer l'intérêt du lecteur. C'est une réussite, car jamais on ne détourne notre attention vers autre chose que ce qu'il nous raconte !

1 avril 2014

Une nouvelle vie pour Millie Plume, par Jacqueline Wilson

en poche ! 

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Millie Plume a 14 ans et doit quitter l'Hôpital des Enfants Trouvés pour devenir servante chez un écrivain de livres pour enfants. Une perspective qui lui semble alléchante (elle rêve elle-même d'écrire), mais qui la trouve finalement amère. Elle est convaincue de ne pas être faite pour ce job et s'insurge contre le système des classes. En attendant des jours meilleurs, le soir dans sa chambre, elle écrit des lettres pour sa maman ou son frère Jem, en souhaitant les revoir bientôt.

Une nouvelle rencontre va pourtant lui apporter du baume en cœur : Bertie, un garçon boucher drôlement sympathique. Leur relation est croquignolette, ponctuée de rendez-vous dominicaux où ils butinent joyeusement. C'est vraiment mignon, même si cela place Millie dans une situation inconfortable, car Jem accapare toutes ses pensées. Il faut qu'elle le revoit pour avoir les idées plus claires ! En attendant, les choses se compliquent lorsqu'elle confie ses Mémoires à son employeur, qui va pomper toutes ses idées comme un mufle.

C'est du grand Jacqueline Wilson ! Où l'on se régale malgré nous à suivre les aventures malchanceuses d'une héroïne intelligente et vouée à accomplir de grandes choses. Cadre historique et fond de vérité sociale rendent l'histoire d'autant plus prenante et enrichissante. Le tout est assaisonné de joie, d'amour, de tendresse et d'innocence... bref ça se lit sans rechigner, avec grand plaisir, et on en redemande ! (Série en trois tomes, le troisième est disponible en grand format.)

Traduit par Alice Marchand ♦ Folio junior, mars 2014 ♦ Illustration de couverture : Anne Simon

24 mars 2014

Lueur de Feu, tome 3 : Prisonnière, par Sophie Jordan

« La terreur envahit mon cœur. Je sens qu'on presse une lame contre mon visage. Retenant mon souffle, je me dis que la porte va brusquement s'ouvrir sur Will, Cassian et Tamra. Qu'ils vont débouler dans la pièce et couper les sangles qui m'entravent. Que Will va me prendre dans ses bras. C'est ce qui est censé se passer. Mais les choses ne se déroulent pas toujours comme prévu. »

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Clap de fin pour cette série qui avait su m'enthousiasmer, dès le 1er tome, avec son univers de Drakis, ses charmants personnages et sa romance d'une sensualité dévastatrice ! Jacinda est folle amoureuse de Will, qui n'appartient pas à son monde, aussi a-t-elle accepté de se fiancer à Cassian, le futur chef de leur clan. Après des aventures bien mouvementées, elle vient de se livrer à l'ennemi et découvre, avec horreur, le laboratoire des Enkros...

Quel final flamboyant ! Émotions fortes garanties. Intrigue palpitante. Secrets, mensonges, trahisons, nouveaux personnages... le lecteur n'en loupe pas une miette ! Certes, Jacinda fait souvent preuve d'inconstance et de stupidité, elle veut ci, puis ça, elle ne sait plus, pff ! Quelle girouette. Non, elle n'est pas tout le temps cruche, elle l'est juste un peu trop souvent. Soupirs.

Sans quoi, l'histoire nous réserve de belles envolées romanesques, mais aussi son lot de séparations, de retrouvailles, de sacrifices et de déchirements. Certains mystères sont trop vite résolus, d'autres dossiers vite remisés au placard, bof ce n'est pas méchant non plus, car j'ai tout de même souri niaisement pendant une large partie de ma lecture. Vouiii, je l'avoue... cette lecture a réactivé la midinette en sommeil.

J'ai refermé mon livre avec sérénité, enchantée par cette jolie découverte et portée par l'exaltation de l'auteur. Sophie Jordan, également auteur de romances pour adultes, a le chic pour communiquer de si belles émotions et de nous faire ressentir autant de sensations. Cela ne s'explique pas, ça se lit, ça se vit. J'ai adoré cette série ! Certes, elle aurait pu être plus étoffée pour son final, mais ça n'enlève en rien à son charme, c'est du bonheur en barre, en moins de 300 pages, on se régale. C'est le principal.

Gallimard jeunesse, janvier 2014 - traduit par Alice Marchand

31 mars 2014

Destiny, Tome 2 : A l'ombre des pommiers, par Toni Blake

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Cette lecture aura été du plaisir sur toute la ligne ! C'est l'histoire d'une jolie citadine, Rachel Farris, qui revient dans sa ville natale (Destiny) pour filer un coup de main à sa grand-mère Edna, dépassée par la récolte des pommes de son verger. Conduisant à fond de train, la jeune femme est épinglée par un agent de police, Mike Romo, qui lui colle une sévère contredanse.

Rachel est convaincue qu'il agit par pur esprit de vengeance : leurs deux familles se détestent depuis des générations, à cause des fameux vergers dont cette chère Edna est la propriétaire. Les Romo estiment qu'elle a floué le grand-père Giovanni. Bref. Mike Romo veut de nouveau la guerre ? Rachel lui tiendra la dragée haute. Ah, ah. Inutile, pourtant, de souligner qu'il existe une attraction physique et électrique entre ces deux-là.

Même s'ils tendent à y succomber (histoire d'en finir avec “ça”), ils vont continuer de ruer dans les brancards et faire vivre à l'autre un véritable enfer. À lire, c'est franchement génial ! Le couple est explosif, sur la même longueur d'ondes, allergique au romantisme et handicapé par les mêmes béquilles (la famille). Mais cette sensiblerie n'est qu'une toile de fond (assez récurrente chez Toni Blake), car on passe le reste du temps à s'esclaffer et taper dans les mains.

C'est léger, sexy, jamais vulgaire, planté dans le monde merveilleux de “la petite ville américaine”, avec toute une brochette de personnages secondaires qu'on adopte aussitôt, c'est une romance subtile et très réussie entre un “flic-dieu” et une snobinarde intrépide, avec en bonus des pommes, un caleçon léopard et une mamie drôlement délurée ! ... J'ai adoré. ♥

J'ai Lu coll. Promesses, Mars 2013 - traduit par Marie-Noëlle Tranchart

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19 mars 2014

Six ans déjà, par Harlan Coben

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Six ans ont passé depuis que Jake a vu Natalie, la femme de sa vie, en épouser un autre. Six ans à lutter contre lui-même pour tenir sa promesse de ne pas chercher à la revoir. Et puis un jour, il découvre sur la page web du site de l'université la nécrologie du mari de son ex. Aussitôt il décide de se rendre aux funérailles, dans le secret espoir de revoir Natalie.

Mais là, point de Natalie. Une autre veuve éplorée, des enfants effondrés, un mystère qui s'épaissit sitôt qu'il cherche à en savoir plus. Dans quel traquenard est-il tombé ? Le voilà kidnappé, menacé par des individus violents, suspendu dans ses fonctions, recherché par la police... et j'en passe. Malgré tout, plus le piège se referme sur lui, plus Jake est déterminé à déterrer la sinistre vérité. Où est Natalie ?

Voilà une lecture parfaitement efficace, qui ne nous propose peut-être pas une intrigue révolutionnaire, mais elle connaît tous les codes du genre et sait jouer avec nos nerfs. Suspense, tension psychologique, imbroglio sentimental, traque, fausses pistes et rebondissements constants constituent les ingrédients du cocktail. Certes, je n'ai pas lu énormément de livres de l'auteur pour m'estimer rincée par son style non plus. Pour l'heure, j'ai mordu à l'hameçon, je n'ai pas vu le temps passer et j'ai bien aimé.

Mais je reconnais que le final n'est pas sensationnel : dénouement expéditif, solution facile, petites incohérences (et la toute dernière phrase d'une niaiserie affligeante !). Sans quoi, les 8 h 49 ont filé comme l'éclair. Arnaud Romain a su tirer son épingle du jeu, menant le lecteur par le bout du nez dans ce dédale infernal. De plus, il a su admirablement déjouer le piège des voix féminines ! Je ne peux que lui en être très reconnaissante. ;o)

Audiolib, Mars 2014 ♦ Texte intégral lu par Arnaud Romain (durée d'écoute : 8h 49) ♦ Traduit par Roxane Azimi pour les éditions Belfond

7 mars 2014

Zombies Panic, Tome 2 : Les affamés, de Kirsty McKay

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*** Contient très probablement des spoilers, si vous n'avez pas lu le 1er tome de Zombies Panic ! ***

Vous vous imaginiez Bobby, sa mère et ses amis en sécurité après la soudaine attaque des zombies ? Réfugiés dans un centre hospitalier, chouchoutés, bichonnés, cajolés ? Eh bien, non. La poursuite infernale continue, après six semaines de coma, Bobby se réveille dans une pièce toute blanche, reçoit une pluie de mauvaises nouvelles, mais surtout comprend que l'ennemi a de nouveau investi les lieux. Si elle tient à sa peau, il faut qu'elle se bouge, et fissa.

En chemin, elle retrouve Alice et Pete, fait la connaissance de Russ et déplore la disparition de Smitty. Là, tous nos espoirs s'effondrent, notre moral s'abat dans nos chaussettes, non, pas possible, rendez-nous notre bad boy aux répliques sarcastiques, dont le duo avec Bobby faisait des étincelles !!! Aussi, pour tuer le temps, l'auteur décide d'entraîner personnages et lecteur dans un dédale infernal de course-poursuite, découvertes et révélations en tous genres. La recette fait mouche, à nouveau.

Mais malgré l'enthousiasme de ces retrouvailles, j'accuse un très léger désamour pour ce deuxième tome, qui est bon, drôle et nous laisse échevelé, mais qui se révèle un chouia moins percutant, moins surprenant aussi. C'est de la lecture rapide et efficace, on ne s'ennuie pas, on s'amuse même beaucoup, c'est juste assez gore sans être trop révulsant et ça touche sa cible, à savoir un public adolescent, avide de sensations fortes et délirantes !

Seuil jeunesse, juin 2013 - traduit par Daniel Lemoine

6 mars 2014

Mystic City, de Theo Lawrence

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Pour une entrée en matière, c'est plutôt réussi ! L'histoire se passe dans un New York futuriste, gouverné par deux puissantes familles, les Rose et les Foster, qui se livraient une guerre des clans jusqu'à l'annonce de leur réconciliation, scellée par les fiançailles de leur progéniture. Ils font ainsi front commun pour remporter les prochaines élections et terrasser la menace grimpante de la candidate Mystique, qui représente les Bas-Fonds, les exclus, les opprimés.

Le problème, c'est que la délicieuse Aria Rose n'a aucun souvenir de ses six derniers mois. On lui répète qu'elle a été victime d'une overdose (le stic, une drogue magique), qu'elle est folle amoureuse de Thomas Foster, avec lequel elle entretenait une liaison secrète que ses parents ont finalement découverte, avant de consentir à leur union. C'est beaucoup pour une seule personne ! Aria est complètement désemparée.

Elle a certes quelques flashes, aperçoit un individu sans visage dans ses rêves, reçoit des messages codés, elle veut se convaincre de vivre une sublime histoire d'amour, mais ne ressent que de la frustration. Elle considère son fiancé comme un étranger, cherche à le connaître, puis rencontre dans la rue un autre jeune homme. Hunter Brooks, du charme, de l'impertinence, de l'interdit, bref la demoiselle est immédiatement troublée !

J'ai trouvé cette lecture poignante et palpitante, dans le sens où l'héroïne croise de nombreux obstacles sur son parcours (mensonges, trahisons, famille oppressante, enjeux politiques...). Comme elle, on a envie de savoir, de comprendre et de se battre. Très vite, se dégage d'elle un caractère de rebelle, qui refuse qu'on l'enferme dans des carcans. Elle a besoin de retrouver ses repères, au lieu de se couler dans une existence facile, superficielle et puérile.

Il y a aussi beaucoup d'action, surtout dans les derniers chapitres. Avant cela, l'histoire prend son temps pour nous plonger dans son univers - aucun effet de somnolence à craindre, c'est tout de suite prenant ! On se familiarise avec les lieux et les personnages, on se passionne pour les arcanes de l'histoire, même la romance est jolie, avec ses maladresses et ses sursauts trop spontanés. Mais franchement, c'est un très bon début de série, dans la grande tradition des romans YA comme The Mortal Instruments.

PKJ, janvier 2014 - traduit par Guillaume Fournier

22 février 2014

Gipsy Song, Le choix de Kenzie par Beth Kephart

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J'ai adoré ce roman qui m'a littéralement transportée en Espagne, un pays qui ne me fait pas plus rêver que ça en temps ordinaire, mais là, j'étais fascinée, envoûtée par le décor, la chaleur, les personnages, la tendresse, et que de lyrisme dans tout ça ! C'est merveilleux, très beau, doux et apaisant, on comprend pourquoi l'héroïne, Kenzie, s'y sent à son aise et considère son exil comme un refuge, un nouveau départ.

Pourtant, c'était plutôt mal parti pour elle. Elle a été envoyée dans le ranch de Miguel, dans la campagne de Séville, sous ordre de sa mère, qui n'a pas supporté l'annonce de sa grossesse. La jeune fille n'a que 18 ans, tout un avenir à construire, elles ne sont plus que deux à la maison, depuis le décès brutal du père, qui reste un chagrin insurmontable pour elle. Complètement paumée, elle se repose à l'ombre des arbres, discute avec l'enfant à naître (et qu'elle va faire adopter), passe des heures en cuisine avec Estela ou à parler oiseaux et chevaux avec Esteban, le jeune palefrenier (gentil, séduisant, secret, etc.).

Il ressort de cette lecture une atmosphère qui nous imprègne, par l'odeur des épices, des oranges ou de la paella, par le soleil lourd et la chaleur accablante, par le rythme des guitares et des chants, par le flamenco, par les grigris des gitans de passage... C'est chatoyant, entêtant, magique, ensorcelant. La prose de Beth Kephart, joliment traduite par Corinne Julve, résonne comme une berceuse à nos oreilles. Un vrai festival pour l'âme et le coeur.

Je n'avais plus le goût de quitter cette histoire, qui est celle d'un apprentissage et de choix de vie, car je me sentais parfaitement à mon aise dans le ranch de Miguel. Comme un cocon douillet, tellement apaisant. Je trouve juste dommage le choix de la couverture française, alors que l'édition originale, Small Damages, est beaucoup plus attrayante, plus conforme au contenu du livre. Pas sûre que cet indigo tape dans l'oeil du futur lecteur... et ce serait tellement dommage de passer à côté !

La Martinière J., février 2014 - traduit par Corinne Julve

8 mars 2014

Le Clan des Otori : Les Neiges de l'exil & La Clarté de la lune, par Lian Hearn

*** spoilers, spoilers, spoilers ***

Eh oui, j'ai enfin lu la suite ! ;o) Alors je fais un topo rapide.

Dans le 2ème tome, Takeo et Kaede sont séparés : lui a rejoint la Tribu pour renouer avec ses racines, sans grand enthousiasme non plus, il se sent davantage l'héritier spirituel de Shigeru du clan des Otori mais a conclu un pacte et doit désormais s'acquitter de sa part du contrat, la famille Kikuta va lui mener la vie impossible en représailles. De son côté, Kaede part retrouver sa famille dont elle avait été séparée depuis des années, des retrouvailles qui ne s'annoncent pas follement grisantes non plus, car de nouvelles alliances sont déjà mijotées dans l'ombre. Pour notre beauté éplorée d'avoir été séparée de son amant, les épreuves n'ont pas fini de jalonner son chemin. 

Surprise ! le troisième tome voit notre couple réuni ... et marié ! Ils ont bravé tous les interdits et excité la colère des uns et des autres. Sire Araï est sur le pied de guerre, il veut la tête de Takeo et déclare haut et fort le mariage nul et non avenu. Le garçon affiche ses ambitions et cherche à étendre son pouvoir, mais pour apporter la paix sur les Trois Pays. Il est guidé par une prophétie, « quatre victoires et une défaite », se sent galvanisé, même s'il garde au fond de lui l'annonce de sa mort « de la main de son fils ».

Et puis, rebelote, notre couple est séparé, déchiré, confronté à des événements douloureux. Kaede fait montre d'incohérence en se jetant dans la gueule du loup, Takeo est acculé, meurtri, résigné. Un piège diabolique se referme sur nos amants maudits, à ce stade, n'en doutez plus, on tourne les pages du livre à toute vitesse. Même les personnages secondaires nous interpellent, avec leurs propres drames, comme Shizuka, l'ancienne dame de compagnie de Kaede, ou Yuki, belle et rebelle, folle amoureuse de Takeo.

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Cette saga se boucle avec panache, la lecture n'aura eu de cesse d'être palpitante, avec de l'action, de l'amour, des drames, de la trahison, des destinées bouleversantes et bouleversées, des personnages multiples (heureusement, il existe un memento à la fin des livres pour se repérer, parfois les noms japonais nous embrouillent...).

Cette série est indiscutablement à la hauteur de toutes les louanges qui l'entourent. Elle permet de voyager, rêver, trembler, soupirer, c'est magique ! Je vais finalement lire les deux autres livres qui se sont greffés à la trilogie. Comme une envie de ne pas quitter cet univers trop tôt...

Folio, juillet 2004 (pour le tome 2) et octobre 2005 (pour le tome 3) - traduit par Philippe Giraudon pour les éditions Gallimard jeunesse

17 février 2014

Belle Époque, d'Elizabeth Ross

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“Belle Époque” est un très beau roman, écrit avec simplicité et dégageant beaucoup de charme et d'élégance. L'histoire est somme toute banale : une jeune bretonne débarque à Paris et rêve de grandeur, mais se retrouve employée dans une agence de “repoussoirs” (des jeunes femmes sans attrait sont louées pour mettre une autre en valeur). Maude a rangé son orgueil dans sa poche car elle n'arrive plus à joindre les deux bouts. Rapidement, ce métier lui fait côtoyer les fastes de la vie bourgeoise. Elle se laisse étourdir par les flonflons et les dentelles des bals et des repas guindés, elle noue de nouvelles amitiés mais s'approche un peu trop près des rayons du soleil. Elle va se brûler les ailes, on s'en doute.

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman, qui se déguste confortablement. Toutefois, l'histoire est convenue, artificielle et simpliste. Tout est trop facile, engoncé dans des clichés. C'est de la belle ouvrage, certes, c'est propre mais trop lisse. L'auteur aborde un sujet sensible, sur les classes sociales, la séduction, les apparences, le rôle de la femme. Et pourtant, il m'a semblé que les personnages traversent la trame romanesque comme de simples figurants. Ils rouspètent une ou deux fois, sans quoi ils ne sont guère malmenés par les aléas de l'intrigue. Seule Marie-Josée, une autre “repoussoir”, à la personnalité forte et gouailleuse, aurait pu prétendre gratouiller cette couche de vernis... en vain.

Ce n'est pas une déception non plus, cela reste juste une lecture très ancrée dans son identité jeunesse et qui pourra peut-être inciter les lecteurs à découvrir Zola (auteur de la nouvelle dont Elizabeth Ross s'est librement inspirée). Je m'attendais probablement à plus de matière, finalement la lecture aura été à l'image de sa couverture, séduisante et affriolante, le reste n'est que futilité et sans grande consistance.

Le roman est suivi de la nouvelle « Les Repoussoirs » d'Emile Zola.
Robert Laffont, coll. R, novembre 2013 - traduit par Madeleine Nasalik

5 novembre 2013

La tête de l'emploi d'Antoine Sahler et Aki

J'ai adoré !

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“ Chic, j’ai reçu un appareil photo pour mon anniversaire… Et si je faisais un reportage sur les gens du quartier ? Voici donc Marcel Croûte, le gros fromager, Anne et Philippe Cresson, un couple de maraîchers qui crient autant sur le marché qu’à la maison, Annabelle Seringue, la jolie infirmière remplaçante, Augustin Delco, un garagiste timide, caché sous les capots… Sans oublier ceux qui n’ont pas de travail, comme Paolo Empoli (ou Paul Emploi), le papa de Leonardo. Et après je ferai une expo dans l’école, ça va faire un tabac ! ”

 

Un portrait, une chanson, de l’humour, de la bonne humeur… La vie des gens, quoi ! Avec les illustrations espiègles d'Aki, la plume d'Antoine Sahler, la bonne humeur de François Morel, la prestance de Juliette... et puis tout ça, en quelques pages, c'est jubilatoire, à écouter en cd aussi. 

Actes Sud junior, novembre 2013

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14 janvier 2014

Le Chuchoteur, par Donato Carrisi

Cinq petites filles ont disparu.
Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière.
Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.
Depuis qu’ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe ont l’impression d’être manipulés. Chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d’un sixième bras, appartenant à une victime inconnue, les convainc d’appeler en renfort Mila Vasquez, spécialisée des affaires d’enlèvement. Dans le huis clos d’un appartement converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, et l’œuvre d’un insaisissable tueur en série…

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Au départ, j'étais intriguée par le phénomène de ce livre, porté par un bouche à oreille enthousiaste, récompensé par le prix SNCF du polar européen. Il ne m'en fallait pas davantage ! C'est par le livre-audio que j'ai choisi de tenter l'aventure, une expérience qui a généralement su se révéler concluante. En avant pour plus de 16 heures d'écoute (mine de rien) ! J'ai tout gobé, sursauté, allumé toutes les lumières de la maison dès que j'étais seule, j'ai flippé tout le temps et élaboré des tonnes de théorie. Mais je suis aussi restée sur mes gardes, méfiante vis-à-vis de la technique de l'auteur (eh oui). Celui-ci sait grandement nous manipuler via des artifices basiques (tension psychologique, angoisse et suspense, crimes répétés, sursauts dans l'intrigue, révélations fracassantes...). Le style est simple, mais oppressant. Par contre, les personnages sont fades, flous, englués dans des histoires sordides, comme si cela ne suffisait pas de suivre des criminels tordus et leurs forfaits accablants, on en rajoute une couche chez les enquêteurs !

L'auteur n'a certes pas produit une œuvre remarquable et exceptionnelle, mais sa technique est redoutable. Elle s'appuie sur une recette ancestrale, classique mais efficace. Au final, on n'a pas seulement UN tueur en puissance, mais la démonstration d'un cerveau retors, qui aime réveiller la petite étincelle en sommeil chez les psychopathes pas encore avérés. C'est sciant. L'interprétation, pour Audiolib, a eu toutefois ses limites - la lecture se fait lentement et produit des effets déprimants, elle nous prend aussi en otage et ne nous permet aucun recul face à cet univers glauque et suffoquant. Pour une fois, j'émets quelques réserves sur le choix du comédien.

Audiolib, novembre 2010. Texte intégral lu par Pierre Forest (durée d'écoute : 16 h 10). 
Traduit de l'italien par Anaïs Bokobza, pour les éditions Calmann-Lévy.

20 décembre 2013

Un auteur, deux livres : Nathalie Kuperman

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Il y a un monstre dans le cartable de Joseph ! Il fait des bruits bizarres qui l'empêchent de se concentrer sur la leçon de géographie. Quand il se décide à y jeter un petit coup d'oeil, le garçon manque de tomber à la renverse : il a sous les yeux une représentation minuscule de sa mère, en train de grignoter le croissant qu'elle avait promis à son fils pour son goûter.

Quelle histoire ! Peu de temps après, sa mère fait encore des siennes en se pointant derrière lui aussi grande que Gulliver ! Elle fait fuir les petits caïds qui cherchaient à intimider son rejeton et lui donne de gros bisous baveux en l'étouffant de câlins. Mais la coupe est pleine, pour Joseph, il est temps d'en finir avec cette maman abusive et débordante d'amour. Trop, c'est trop.

Le garçonnet entre en rébellion et impose ses nouvelles conditions, le revers de la médaille risque toutefois de sérieusement le chambouler. C'est qu'il ne sait plus ce qu'il veut, notre little Jo, il veut s'assurer qu'on l'aime, mais pas qu'on l'oppresse. Pour sa maman aussi, la conversion s'annonce quelque peu délicate.

Mais ce roman est drôle, farceur, tendre et follement amusant. Il dresse un portrait haut en couleur d'une maman envahissante, capable de démarrer au quart de tour sitôt que son gros bébé chouine, tempête ou manifeste un soupçon d'indépendance. En parallèle, les réactions du garçonnet valent aussi leur pesant de cacahuètes !

Le résultat est délicieusement cocasse, on ne fait que sourire du début à la fin ! Et les illustrations d'Aurélie Guillerey sont tout simplement parfaites.

Ma mère est partout (Mouche de L'École des Loisirs, avril 2013 - ill. d'Aurélie Guillerey)

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Celui-ci est tout aussi poilant et s'adresse aux jeunes ados (niveau collège).

On suit l'histoire de Louis, 13 ans, qui est fou amoureux de son amie d'enfance, Mona. Hélas, cet amour est à sens unique car la demoiselle en aime un autre. Louis a le cœur brisé et décide de changer de tactique en jouant les indifférents et en s'affichant avec une autre fille. Ce sera Déborah, la meilleure amie de Mona.

S'enchaîne alors une étourdissante valse des sentiments, au centre de laquelle notre ami Louis se sent carrément chavirer. C'est qu'il ne sait plus qui il aime, pourquoi il aime, s'il est aimé en retour, et pourquoi toute cette confusion s'empare de lui, pourquoi se sent-il aussi bête et paralysé, pourquoi c'est devenu soudain aussi compliqué d'être en présence d'une fille qu'on a connu depuis la crèche ! ?

Que de questions pertinentes et perspicaces dans ce petit roman ! C'est une lecture qui a su brillamment interpréter la délicate phase de transition qui se joue dans la tête de nos adolescents “en crise”, notamment au sujet des rapports entre filles et garçons et des premiers émois amoureux. Naturellement, c'est traité avec beaucoup d'humour et de légèreté !

Le garçon qui aimait deux filles qui ne l'aimaient pas (Médium de L'École des Loisirs, octobre 2013, ill. de couv. : Magali Bardos)

18 décembre 2013

Le Poulet fermier, d'Agnès Desarthe

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Chez les Dumordu, on est fermier de père en fils. C'est ce qu'Archibald Dumordu a déclaré à son fils Douglas, juste avant de mourir. Malheureusement, le garçon se sent bien en peine quand il se retrouve seul avec cette nouvelle charge sur les bras. Il tente alors quelques expériences, en plantant les carottes à l'envers, en arrosant son champ de betteraves avec un petit arrosoir qu'il remplit au robinet de la cuisine, il conduit le tracteur en marche arrière et donne des tartes aux fraises à ses lapins... Le garçon devient la risée des villageois, même son voisin commence à voir rouge car il lui a promis la main de sa fille Miranda mais pourrait revenir sur sa décision !

Pensant lui venir en aide, Miranda lui suggère de se lancer dans le phénomène à la mode : le poulet fermier. C'est sa seule chance, son sésame pour la réussite. Douglas, notre gentil benêt, prend tout au pied de la lettre et toque à la porte du poulailler pour proposer le job. Oui, oui, je vous jure. C'est impayable ! Mais ce dont on ne s'imagine pas, c'est que Douglas sait parler aux animaux et devient pote avec Ernest, un poulet merveilleux, qui peut transformer sa vie. 

Ce petit roman est drôle, déjanté, absurde mais délicieusement jubilatoire. Il offre non seulement un aperçu de la vie à la ferme, du travail que cela demande et qui ne s'improvise pas du jour au lendemain, avec en vedette un garçon empoté et nigaud qu'il est impossible de détester ! À vrai dire, on sourit plutôt qu'on ne se moque en découvrant ses nombreuses frasques. De plus, c'est aussi une histoire sur les animaux qui nous sont proches et qu'on nous présente avec des émotions (et la faculté de parler !). Les humains, eux, apparaissent méfiants et conventionnels. À chacun, donc, de s'accepter et de se respecter. Respect aussi pour la décision de ne pas manger de viande  (« Aucune chance, je n'aime que les tartines ! »).

Succès tout plein pour ce livre, agrémenté des illustrations tendres et espiègles d'Anaïs Vaugelade.

Le poulet fermier, d'Agnès Desarthe (Mouche de l'Ecole des Loisirs, avril 2013)

 

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Et maintenant, un petit récit tendre et mélancolique, mais qui se termine sur une note de tristesse (où il est question de mort et de deuil). Bizarremment ce n'est pas déprimant non plus, juste solennel et très sage dans son approche. Pendant toute l'histoire, on a suivi la croisade de Sara qui ne veut plus manger d'animaux et qui découvre, grâce à sa grand-mère, une légende à propos des légumes. Il y a très longtemps, les légumes auraient été des animaux, mais étant donné qu'ils étaient sacrément paresseux, ils ont fini par prendre racine et devenir des légumes ! C'est une interprétation fantaisiste du rapport à entretenir avec la nature et notre alimentation, en gros. Mais c'est plus joliment exprimé dans le texte, je vous rassure, Martin Page est un doux-dingue qui nous transporte dans son univers déjanté avec une facilité déconcertante. Il est aidé, pour l'occasion, de Sandrine Bonini dont les dessins apportent de la douceur et de la luminosité à la lecture. C'est mignon, c'est charmant, ça fait un peu réfléchir aussi... et on se dit, à la fin, que « si on devenait tous un peu plus aubergine (ou courgette) alors le monde irait mieux ».  

Le zoo des légumes, de Martin Page (Mouche de l'Ecole des Loisirs, avril 2013)

13 décembre 2013

L'Étang aux libellules, par Eva Ibbotson

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Pour éloigner de Londres sa fille Tally à l'annonce d'une guerre imminente, le docteur Hamilton décide de l'inscrire au pensionnat Delterton dans le Devonshire. Cette école est réputée pour prodiguer un enseignement progressiste et laxiste. La jeune fille est d'abord décontenancée, puis parvient à s'adapter au sein de cette communauté très attachante : nouveaux amis, professeurs atypiques, cours excitants... Tally prend rapidement goût à sa nouvelle vie.

Saisissant l'occasion de participer au festival de danse folklorique, organisé par le petit royaume de Berganie, la jeune fille mobilise les troupes pour se joindre à cette entreprise risquée (et se payer le luxe de rencontrer le roi Johannes, qui résiste vaillamment à Hitler). Leur spectacle est d'un amateurisme confondant, aux mille couleurs bariolées, paré de fleurs et de gesticulations insensées, mais au moins les enfants sont follement enthousiastes et motivés. Et puis, le drame arrive, c'est le cafouillage, il faut lever le camp sans plus attendre ... avec en mission secrète, celle de sauver le jeune prince Karil.

J'essaie d'en dévoiler le moins possible, car en fait ce roman est un véritable tourbillon d'aventures et d'émotions. Il se compose en plusieurs parties, aux multiples pistes de lecture, et nous en fait voir de toutes les couleurs. L'effet est magique, absolument fascinant. Il y a à la fois une dimension historique, romanesque et fantastique dans ce livre, qui est un incroyable mais fabuleux fourre-tout. On a aussi le sentiment d'être hors du temps, au cœur d'une ambiance intimiste et d'une histoire fantasque. Bien entendu, j'ai été immédiatement séduite par cette magnifique lecture, j'en suis sortie avec un sourire ravi jusqu'aux oreilles !

Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, octobre 2011 - traduit par Cécile Arnaud - illustration de couverture : Pierre Mornet

11 décembre 2013

Les Enfants du Roi, de Sonya Hartnett

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Jeremy et Cecily Lockwood quittent Londres avec leur mère pour vivre à la campagne, chez leur oncle Peregrine. C'est le début de la guerre, la ville a décrété un blackout et les premiers raids aériens se font attendre. En route, les Lockwood recueillent une jeune évacuée, May Bright. Elle a dix ans, elle est toute mignonne et timide, Cecily décide d'en faire “sa chose”, mais la demoiselle est rebelle.

Finalement, sans prévenir, elle part se promener dans les jardins ou les bois, elle fait même une découverte étonnante dans les ruines du château et propose à Cecily, revêche, de la suivre. Deux garçons, deux frères, sont là. Méfiants, blessants, moqueurs. Cecily prend la mouche, tandis que May est intriguée. Peu de temps après, l'oncle Peregrine leur fait part d'une vieille légende (triste et effrayante) au sujet de Richard III et du mystère des Princes de la Tour.

Plus qu'un simple roman historique, c'est aussi une plongée dans un monde chimérique (avec des fantômes, des mystères, des secrets). On y trouve aussi une ambiance surannée, des personnages crispants (surtout Cecily), du charme, une écriture remarquable, tout en poésie et en subtilité. On se laisse séduire, en dépit de nos doutes ou de nos réticences, ce qui est assez inhabituel. Je pense d'ailleurs que c'est une lecture qui plaira davantage aux adultes, mais qui risque de laisser les enfants dans une certaine perplexité. 

éditions (Les Grandes Personnes), avril 2013, traduit par Fanny Ladd et Patricia Duez, illustration de couv. : Gérard Dubois

4 juillet 2015

Écoutez lire : Le Camembert volant, de Jean-Philippe Arrou-Vignod

Se languir des vacances & patienter en retrouvant la fabuleuse famille des Jean Quelque-Chose... ♥

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Je ne me lasserai jamais des aventures de cette famille comptant six garçons, tous baptisés Jean, classés par ordre alphabétique, et dont l'entente ressemble à celle des grandes fratries : chamaillerie incessante, mais complicité à toutes épreuves.

Cette fois, la famille doit déménager de Cherbourg pour Toulon. En attendant, les enfants sont envoyés à la campagne, chez Papy Jean, où les attendent de belles parties de pêche ou de Monopoly. Cela transpire l'insouciance, l'inventivité et la rigolade, avec au programme : les jeux de plein air, les batailles de polochon, les douches froides dans le cabanon, les lampes de poche sous la couverture pour lire le soir, le front commun contre les cousins vantards... Et rire de plaisir, parce que Jean-A « s'écrase comme un yaourt nature sur la descente de lit » ou parce que Jean-C est pelotonné dans l'armoire embarquée par les déménageurs et ne s'arrête plus de compter.

Quelle péripétie ! Toutes ces anecdotes sont galvanisantes, sources de bonne humeur et rallument instinctivement de bons vieux souvenirs. C'est autant pour l'humour, la tendresse et la nostalgie qu'elle inspire que j'apprécie cette série. Et l'énergie prodiguée par Laurent Stocker, notre lecteur, sert avec bonheur et émotion cette chronique familiale, également le keepsake de l'auteur, où forcément on retrouve un peu de notre propre vécu ! ;-)

Gallimard jeunesse, coll. Écoutez Lire / mai 2015  ♦ Illustrations de Dominique Corbasson  ♦ Texte lu par Laurent Stocker de la Comédie Française (env. 2h 30)

29 octobre 2013

Passage du désir, de Dominique Sylvain (Audiolib) lu par Frédéric Souterelle

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Ce titre signe la rencontre entre Ingrid Diesel et Lola Jost, lequel duo reviendra en force dans quatre autres romans. La première est une Américaine installée à Paris, dans une impasse (Passage du Désir) où elle a ouvert un petit salon de massage. Elle est secrètement mordue de Maxime Duchamp, propriétaire et cuisinier aux Belles du Jour, mais celui-ci a une liaison avec une de ses serveuses, Khadidja Younis. L'histoire s'ouvre donc sur le braquage d'un bureau de change, puis sur l'assassinat de la collègue et colocataire de Khadidja.

Lola Jost, commissaire de police fraîchement retraitée, passe désormais son temps, chez elle, à faire des puzzles et à s'offrir un petit gueuleton aux Belles du Jour. Le meurtre de Vanessa Ringer risque de bouleverser ses habitudes, aussi accepte-t-elle de s'associer avec Ingrid, dont les intérêts dans la résolution de l'enquête sont tout aussi personnels (sauver son Maxime chéri, désigné suspect idéal). Ensemble, Ingrid et Lola font des étincelles, tout les oppose, si ce n'est une ténacité remarquable et rompue à toutes épreuves. Les suivre dans leur quête de la vérité offre au lecteur un vrai moment de rigolade !

Admettons, tout de même, que l'intrigue policière n'est pas le point fort du roman. C'est une affaire classique, un peu tirée par les cheveux, qui ne bouleverse pas nos sens et ne nous tient pas particulièrement en haleine non plus. En fait, ce que j'ai follement apprécié, dans ce livre, c'est son style, l'écriture de Dominique Sylvain, sa manière de nous présenter son univers, ses personnages tous brinquebalants mais ô combien attachants, et puis l'humour aussi, très fin, saupoudré par petites touches délicates et estimables. C'est ce qui a fini de me convaincre, maintenant je veux tout lire, retrouver Lola et Ingrid dans de nouvelles péripéties, continuer de m'amouracher, sourire, espérer ... et tout ça, quoi.

La version Audiolib est un poil frustrante, du fait de la voix grave du narrateur, qui colle moyennement avec les personnages féminins du roman (on a l'impression que Lola Jost vient de s'avaler dix paquets de cigarettes, trente litres de whisky et sort à peine de son lit). Je n'ai pas trop adhéré à cette interprétation, même si l'ensemble offre une orchestration prenante et efficace.

Audiolib, mars 2012 - lu par Frédéric Souterelle, durée : 8 h 52
Editions Viviane Hamy, février 2004. Disponible en format poche, chez Points. 
Grand Prix des lectrices ELLE Policier

“ ... Lola tenait à démontrer qu'elle respectait la Loi. Sa seule maîtresse après son libre arbitre. Ah c'était beau. C'était si beau qu'on avait envie de grimper aux rideaux, de sortir les cotillons et les langues de belle-mère, de souffler dans des flûtiaux, de lancer des pétales de roses en dansant, de faire pipi dans des képis. ”

21 novembre 2013

☼ Mon été mortel, par Jack Gantos ☼

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Jack a douze ans et vit dans la petite ville de Norvelt, en Pennsylvanie. Nous sommes en 1962, c'est l'été mais le garçon doit rester confiné dans sa chambre. Un, il a joué avec une arme japonaise interdite. Deux, il a fauché tout le champ de maïs de sa mère (son père veut construire un abri antiatomique, ou plutôt une piste d'aviation, mais le projet est top secret !). Seule consolation, Jack a droit de se rendre chez la vieille Mlle Volker, qui ne peut plus se servir de ses doigts (elle plonge ses mains dans de la paraffine brûlante pour les assouplir !), et a besoin de lui pour rédiger ses nécrologies.

Par un fait étrange, la ville de Norvelt est frappée d'une vague de disparitions soudaines. Les unes après les autres, toutes les petites vieilles tombent comme des mouches. Jack commence à trouver ça douteux, mais Mlle Volker est persuadée qu'il s'agit d'une malédiction. Quelques jours plutôt tôt, un motard a été aplati par un camion. Une bande de Hells Angels a fait irruption pour réclamer le corps, avant de repartir en maudissant la ville et ses habitants.

Ce n'est pas tout ça, car il se passe une multitude de petites intrigues au cœur de l'histoire, qui nous régale sur toute la ligne (pour mémoire, la visite en tenue de Faucheuse, pour vérifier si une petite dame est bien morte, suivie d'un dialogue surréaliste, mais à mourir de rire !). C'est tendrement saugrenu, riche en mésaventures hilarantes, avec une bonne brochette de personnages excentriques et attachants (l'insupportable Spizz, amoureux transi éconduit, qui circule en tricycle !).

C'est un roman très drôle, avec un sens de la dérision absolument divin. J'ai beaucoup aimé !

éditions (Les Grandes Personnes), août 2013, traduit par Valérie Le Plouhinec, illustration de couv. : Jean-François Martin

19 novembre 2013

Scarlet (Chroniques Lunaires, Livre II) par Marissa Meyer ❤

“Toi ! cracha-t-il d'une voix remplie de haine. Qu'est-ce que tu m'as fait ?”
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*** Il s'agit de la suite de Cinder, risque de spoilers ! ***

Quelle suite fabuleuse ! J'étais impatiente de la lire, follement enthousiaste d'apprendre qu'elle allait paraître avant la fin de l'année 2013, car Cinder avait été pour moi une révélation, lue au mois de mai dernier. J'avais adoré ! Cette suite a confirmé tout le bien que j'en avais pensé, elle a enfoncé le clou, je suis définitivement conquise ! !

Scarlet vit seule avec sa grand-mère, dans une ferme perdue dans le Sud de la France. Quand celle-ci disparaît sans la moindre trace, elle doit accorder sa confiance au dénommé Loup, débarqué de nulle part, pour la retrouver. Combattant des rues, sauvage, taciturne, méfiant, il incarne à lui seul le charme ténébreux par excellence. Il transpire le danger, l'interdit. Bref, il est bougrement sexy ! Scarlet reste sur ses gardes, mais voit ses faibles résistances fondre comme neige au soleil. (Du moins, on a le temps et c'est ce qui rend leur relation particulièrement craquante !)

En parallèle, nous suivons bien évidemment la suite des aventures de Cinder, qui va trouver un nouveau compagnon d'infortune en la personne du capitaine Thorne, un type drôle et qui se sait irrésistible. Son entrée en scène apporte une bouffée d'air frais, c'est plus que plaisant ! Il n'y a pourtant aucun malentendu entre Cinder et lui, point de triangle amoureux à l'horizon, tout ce petit monde a bien d'autres chats à fouetter.

En effet, la pression qu'exerce la diabolique Reine Levana s'intensifie, les derniers chapitres du livre sont à couper le souffle, on y trouve de l'action, de l'émotion, du rebondissement, de la trahison, et tout, et tout. En somme, c'est génial. J'ai adoré les nouvelles orientations qui ont été prises, le mélange du conte de fée à une intrigue moderne et truffée de technologie est toujours aussi pertinent, le scénario est bluffant et j'attends avec impatience la suite dans Cress. ♥

Scarlet (Chroniques Lunaires, Livre II) par Marissa Meyer (Pkj, novembre 2013, traduit par Guillaume Fournier)

25 octobre 2016

Les lames d'Âpretagne, Tome 1 : Le tonnerre de Brest, de Noë Monin, Luc Venries & Yoann Courric

C'est l'histoire de trois potes qui se lancent dans l'écriture d'un scénario dopé à l'heroïc fantasy, à l'humour et à l'action, placé sous le signe des séries façon Game of Thrones ou Assassin's Apprentice, qui dédient au passage les seins de Pimprenelle à Régis Loisel, et qui osent le pari fou d'en faire une série en 3 tomes. Voici donc la quête de deux obstinés que tout oppose, dans un univers médiéval-fantastique empreint de légendes celtiques, absolument émoustillant.

Les lames apretagne

Faust est un gamin des rues, qui rêve de s'échapper de sa vie de misère, en compagnie de son petit frère Klein. Mais sa rencontre avec une bande de mercenaires met un terme à ses maigres ambitions, et le voilà enchaîné sur le marché des esclaves, d'où l'extirpe le très capricieux Van, fils du souverain d'Âpretagne. Ce n'est pourtant pas par bonté d'âme que le garçon vient d'agir, puisque celui-ci est davantage mû par un instinct de distraction et une volonté d'affirmer son pouvoir. Et pourtant, lui aussi verra son destin basculer, lorsque son père le condamnera à l'isolement, puis à l'exil, afin de le soumettre à une série d'épreuves et faire de lui un héritier digne de ce nom. Pour mener à bien cette quête, Van se voit imposer pour compagnon l'intrépide Faust, aussi morveux et belliqueux que le jeune prince. Ces deux-là se détestent, mais “rien de mieux que de bonnes beignes pour forger une amitié” ! 
Classique, mais efficace. Ce volume d'introduction n'est pas en reste pour planter le décor, les personnages, les enjeux et ne fait pas dans la dentelle avec son ambiance dramatique, faite de trahison et de cruauté, qui pourrait en déconcerter plus d'un. L'aventure, pourtant, est plaisante. Agile et trépidante, elle raconte essentiellement l'apprentissage de deux jeunes rebelles, arrogants et écervelés, qui vont devenir deux amis liés par une quête longue et semée d'embûches. Héros impétueux, ils n'en demeurent pas moins naïfs des tractations politiques qui s'opèrent en coulisse et qui vont jouer de leur vie à grandes rasades de gnôle. Les rebondissements vont ainsi bon train et dictent une narration entraînante, plongée dans un univers parfois brouillon mais animé d'un réel enthousiasme débordant. Dialogues truculents, personnages chafouins, action et émotion au tournant... Les premiers pas en Âpretagne ne manquent franchement pas de saveur !

Casterman / Août 2016  **   “Qui titille la catin... bâtard aura demain !”  **  

 

20 janvier 2016

Shaker Monster, Tome 1 : Tous aux abris ! de Mathilde Domecq & Mr Tan

Shaker Monster

Justin et Gwen sont comme chien et chat. Bien que frère et sœur, ils passent leur temps à se chamailler par principe. Les parents réclament un peu de répit, surtout pour leur grand-père qui vient de s'installer chez eux, pensant trouver du repos auprès de sa famille. Mais rien n'y fait. Ces deux-là se déchirent pour des broutilles et tout est prétexte pour râler, pester, se courser dans toute la maison, chouiner, geindre... bref, c'est usant. Certes, Justin est un petit bonhomme intrépide, curieux et infatigable, il a toujours besoin d'action et est partant pour taquiner sa frangine et rigoler dans son coin. C'est plus fort que lui. Le jour où ses parents lui demandent de ranger des affaires de papi dans le grenier, le garçon ne résiste pas à l'envie de jeter un œil dans ses cartons. C'est comme ça qu'il dégote un objet sensationnel : un Shaker Monster qui va sacrément bouleverser leur quotidien. Après une bonne nuit de sommeil, catastrophe dans la maison, de la morve gluante... partout, un petit monstre incontrôlable, une sœur au bord de la crise de nerfs et un papi complice qui va leur confier un grand secret. Ce Shaker Monster est un objet magique, dans lequel il suffit de déposer n'importe quel ingrédient, puis de le secouer pour donner vie à un petit monstre... Quel micmac ! La maison est sens dessus dessous, les parents vont criser en rentrant. Vite, vite, solidarité toute, il faut nettoyer ce champ de bataille et remettre les trublions dans le Shaker. Et là, ça se complique... ;-)

Cette lecture, idéale pour les plus jeunes (dès 6-7 ans), est bouillonnante d'énergie et procure une sensation euphorisante. L'histoire est aussi d'un humour très prout-caca de nez qui fera à coup sûr glousser les mômes, déjà sensibles aux couleurs acidulées et aux bouilles craquantes des personnages. Mais c'est clair que l'esprit feu follet, le rythme endiablé et l'aventure survitaminée font tout le charme de cette bande dessinée. 

Gallimard Bande Dessinée / Janvier 2016

Découvrez les 3 premières planches du tome 1, et suivez Shaker Monster sur facebook.Découvrez les 3 premières planches du tome 1, et suivez Shaker Monster sur facebook.

Copyright : http://shakermonster.tumblr.com/

18 juin 2013

Teaser Tuesday #47

Les chansons. Ah, elles peuvent être tellement parfaites... Une chanson. Une simple chanson. Trois minutes et demie d'instruments et de voix, rien de plus en général. Et pourtant ces trois minutes et demie peuvent vous faire voir le monde, dans toute son horreur ou dans toute sa gloire ; elles peuvent vous émouvoir aux larmes ou bien vous faire danser en pantoufles dans votre cuisine. Elles peuvent exprimer une émotion que vous n'aviez pas conscience de ressentir, ou bien une aspiration profondément ancrée en vous. Je sais que j'ai l'air de me la jouer quand je parle de musique, mais j'ai passé trop d'heures à écouter en boucle la même chanson, les yeux écarquillés d'émerveillement, pour qu'il en soit autrement.

Marilyn elvis

Gracie Flowers, la petite vingtaine, agent immobilier à Londres, avec une voix en or (et l'incapacité de se produire en public pour chanter depuis la mort de son père), a tracé son avenir selon un Plan en 5 ans, mais celui-ci mord la poussière sitôt qu'elle loupe sa promotion au boulot. Les ennuis ne cessent de s'enchaîner : elle court dans toute la ville pour s'acheter la pilule du lendemain, vole au secours de sa mère au bord de la banqueroute, veut sauver le lopin de terre où est enterré son père, loin des griffes de promoteurs avides, et cerise sur le gâteau, reçoit un coup de fil de sa belle-mère lui annonçant que son petit copain la quitte !

Mais Gracie Flowers ne manque pas de ressources et nous entraîne dans sa course folle avec une fraîcheur et un bonheur qui donnent des étoiles dans les yeux. En effet, cette lecture m'est apparue pétillante, tartinée de belles réflexions sur l'amour paternel et sur la musique, les chansons, l'amour aussi... C'est un régal à lire !

Marilyn, Elvis, le prince William et moi, par Lucy-Anne Holmes
Pocket, 2013 - traduit de l'anglais par Odile Carton

21 janvier 2013

"Parfois, être optimiste, ça demandait simplement trop d'efforts."

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Callie a 30 ans, elle est célibataire et folle amoureuse de son patron, Mark, avec qui elle a eu une brève aventure il y a quelques mois. Elle ne désespère pas de le reconquérir, même si celui-ci s'affiche déjà avec une nouvelle conquête. Complètement déboussolée, Callie décide d'opter pour le Plan B : il lui faut un autre homme dans sa vie, pour titiller la jalousie de Mark. Ce sera donc Ian McFarland, le jeune véto qui vient de s'installer en ville, un type trèèès séduisant mais aussi glacial qu'un iceberg. La jeune femme a bien du souci à se faire pour le dérider.

Et c'est ce qui est particulièrement drôle, car Callie est pétulante, enjouée, bavarde et pleine d'allant, tandis que Ian est tout son contraire. Or, dès que celui-ci lâche le moindre sourire ou montre qu'il n'est pas si insensible que cela, c'est la nouba à tous les étages. En attendant, il faut ramer sec. Donc, peu de jeu de séduction flagrant mais une tendre connivence qui s'installe au fil des chapitres... Certes, il est divorcé et marqué à vif, elle est obnubilée par son patron et a du mal à tourner la page. La romance entre ces deux-là ne peut que se gagner au terme d'une longue patience.

A côté, on découvre la petite ville de Georgebury dans le Vermont, avec sa communauté très attachante. Callie vit chez son grand-père, Noah, un monsieur grognon et taciturne, mais qui a un cœur d'or. Sa famille est complètement folle, ses parents ont divorcé depuis 22 ans mais son père espère se réconcilier avec sa mère, même si celle-ci ne lui pardonne pas son infidélité. Sa sœur aînée est devenue aigrie et a pris en horreur les hommes, son frère joue les détachés mais n'a aucun but dans la vie. Au milieu, Callie tente d'adoucir les angles et de faire en sorte que les réunions familiales ne virent pas à la catastrophe (peine perdue).

Enfin bon, tout ça pour dire qu'on découvre un roman surprenant et très agréable, où il est question d'amour et de romance, mais pas seulement, car une relation se construit aussi avec "tout ce qui va avec". C'est léger, frivole et alerte, j'ai beaucoup souri au cours de ma lecture et j'ai trouvé en Callie une héroïne formidable. Toujours à espérer, à garder confiance en elle et à partager cette joie de vivre. On sort de cette lecture avec la sensation de quitter une petite bulle de bonheur, sans la moindre tristesse non plus. Autant d'enthousiasme procure un bien fou ! Je relirai très prochainement cet auteur.

L'Amour et tout ce qui va avec, par Kristan Higgins
Harlequin, coll. Mosaïc, 2012 - traduit par Jeanne Deschamp

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