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Chez Clarabel
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11 octobre 2013

“Je suis votre fils, monsieur Personne. Moitié grinche, moitié cogne.”

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Oui, j'ai honte. Plus d'un an déjà que ce livre était sorti et j'avais complètement oublié de le lire ! C'est parfaitement incompréhensible, d'autant plus que j'avais beaucoup aimé ce que j'avais lu jusqu'à présent. L'histoire de Malo de Lange est une succession de péripéties malchanceuses et poignantes, mais formidablement mises en scène et contées sur un ton humoristique, avec en bonus des répliques piquées de l'argot, ce qui vous donne un pétillant cocktail avec des bulles qui éclatent dans les narines !

Dans ce dernier épisode, Malo est désormais lieutenant à la Brigade de Sûreté de Paris et tire profit de son expérience de grinche pour se faufiler dans les rues malfamées et obtenir des informations précieuses. Dernièrement, c'est sur une série de disparitions de chiens errants qu'il travaille, alors qu'on retrouve leurs corps mutilés peu de temps après. Glauque, très glauque. Mais le sordide fait partie intégrante de cette série, imaginez aussi le vol d'un bocal contenant le cœur de Louis XVII, l'apparition du fantôme d'un garçonnet qui annoncerait une mort imminente ou l'exercice d'un magicien qui coupe les femmes en deux.

Au milieu de tout ça, le roi fait appel à ses services pour veiller sur la sécurité de ses fils. Pour bien faire, Malo doit se rendre au collège Henri-IV, apprendre du latin et ânonner du Corneille à longueur de journée, de quoi lui faire regretter son passé de voleur ! Cet épisode constitue pourtant une bouffée d'air frais dans cet univers très lourd du crime crapuleux et des complots politiques sanguinolents. L'intrigue est retorse, avec une pelletée de détails dégoûtants, mais au-delà le récit est enlevé, pétulant et taquin. Même la relation entre Malo et son père est bigrement attachante, bien que teintée de pudeur.

On a aussi le plaisir de retrouver des personnages hauts en couleur, comme Nini Guibole ou Moïra de Feuillère (Gaby), sans oublier la très placide Léonie de Bonnechose, en plus de côtoyer le jeune duc de Montpensier, surnommé Toto. Non, vraiment, c'est une série agréable et pleine de surprises, capable de vous balancer du gore, du laid, du dégoûtant, et en parallèle elle vous vend du rêve, du rire, de l'insouciance. Un excellent compromis pour une lecture franchouillarde et définitivement divertissante !

Malo de Lange et le fils du roi, par Marie-Aude Murail (Neuf de l'Ecole des Loisirs, janvier 2012 - ill. de couverture : Yvan Pommaux)

- Crois-tu que c'est une vie de traîner dans les rues la nuit, de se déguiser en Tortillard, de jaspiner l'arguche avec les grinches ?
- Il n'y a que cette vie-là qui puisse me rendre heureux et «tous les hommes veulent être heureux, même celui qui noue la corde pour se pendre», comme disait Blaise Pascal. Soyez content de moi, papa. Pour la première fois en quinze ans d'existence, je viens de faire une vraie citation. Parce que, maintenant, j'ai de l'instruction !

 

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4 octobre 2013

“ Son statut, son modèle, son essence même, c'est d'être roi. ”

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Ce titre est issu d'une collection que je ne vais pas tarder à éplucher, tant ce livre a été une découverte enthousiasmante ! Vincent Cuvellier brosse en 100 pages le portrait et les grandes heures du règne de Louis XIV, de façon ludique, limpide et très instructive. C'est un régal à parcourir, franchement je recommande aux enfants, ou aux amateurs d'ouvrages historiques qui ne veulent pas se farcir des pavés indigestes, à se gloutonner celui-ci, tout y est sommairement présenté, sur un ton drôle et décomplexé. On comprend tout, on en sort moins idiot et on se dit qu'on va se faire une cure de cette fameuse collection, T'étais qui, toi ?, dont le directeur n'est autre que Vincent Cuvellier himself.
Une belle et franche réussite, que je conseille !


« Les épreuves de son enfance, plutôt que de l'affaiblir, l'avaient renforcé. Dès son adolescence, il avait commencé à se mettre en scène dans des spectacles, en soleil, où des membres de sa famille devaient jouer le rôle d'autres planètes qui tournaient autour de lui. Mais ce n'était pas suffisant. Le roi décida de faire de sa vie une œuvre, où chacun de ses moments serait vu, commenté, désiré. Où des gens se battraient pour le voir faire caca. Où les femmes tomberaient dans les pommes en regardant le roi manger. Il allait faire un truc incroyable, effroyablement cynique : les plus grands personnages du royaume, sa famille proche même, allaient s'humilier et s'endetter pour vivre dans l'ombre du roi. »

Louis XIV, par Vincent Cuvellier - Marion Puech (Actes Sud junior, coll. T'étais qui, toi ?, septembre 2013)

2 octobre 2013

La sirène: Audiolib, lu par Jean-Christophe Lebert

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Quelle lecture éprouvante, au rythme d'une affaire glauque, pesante, poignante ! J'étais au taquet, n'en pouvant plus de savoir, pestant contre la manie qu'a Camilla Lackberg de distiller son suspense, de faire parler ses personnages par des allusions, de suivre le cheminement de leurs pensées sans jamais toucher au but, et donc devoir attendre, toujours attendre. C'est seulement dans les derniers chapitres que le voile se lève. Comble du comble, dans ce sixième volume, la fin est tout bonnement insoutenable. Cela se termine sur une chute libre, terrible, on ne sait plus où donner de la tête, même notre cœur manque un petit battement, c'est tellement intense et insupportable, on râle, on hurle ... parce qu'il faut ABSOLUMENT avoir le livre suivant (Le gardien de phare) sous la main, sinon c'est la frustration assurée !

Voilà, c'est dit.

L'histoire, elle, est assez commune. Elle s'ouvre sur la disparition d'un homme, marié et bon père de famille. Son épouse est dévastée, Patrik et son équipe sont dans leurs petits souliers tellement ils ont honte de n'avoir aucune piste. On apprend aussi que Christian, le type de la bibliothèque, déjà aperçu dans les livres précédents, a réussi à publier son premier roman, intitulé La sirène, un conte jugé sombre mais fascinant. Erica fait office de marraine. Côté rétrospective, nous suivons l'histoire d'un jeune garçon adopté, qui se sent trahi depuis la naissance du bébé de la famille. Lui qui pensait avoir tout l'amour et l'admiration de sa nouvelle mère voit celle-ci se désintéresser totalement de lui et le mépriser ouvertement. Et encore, ceci n'est que la partie émergeante de l'iceberg !

C'est une histoire très, très dure, je l'ai déjà annoncé, mais qui parvient à nous scotcher aux pages du bouquin (ou, accessoirement, aux écouteurs de l'iPod) en entretenant brillamment notre intérêt en éveil. Heureusement le cadre tranquille de Fjällbacka permet d'alléger toute sensation de malaise. De plus, Erica s'investit énormément dans cette enquête, au grand dam de Patrik, qui s'inquiète essentiellement pour sa santé (car elle est enceinte jusqu'aux yeux et attend des jumeaux !). Elle se pose toujours là au bon moment, reçoit les confidences ou chipe des indices à la barbe de la police, comme ça, sans moufter. Ce n'est pas crédible pour un sou, mais cela reviendrait à contester le rôle de fin limier à Miss Marple en son temps !

A la technique, nous découvrons un nouveau narrateur, pour cet épisode, en la personne de Jean-Christophe Lebert. La lecture est agréable, passionnante, etc. Par contre, la voix de Mellberg, hmm, j'ai un doute... Je sors de cette lecture encore sous le 'choc' des révélations, secouée par la précipitation des événements. Quel final ! J'en ai le souffle coupé. La suite, vite ! maintenant...

La sirène, par Camilla Läckberg (Audiolib, septembre 2012 - texte intégral lu par Jean-Christophe Lebert, durée d'écoute : 15 h 53 - traduction de Lena Grumbach)

24 septembre 2013

Attention, pépite ! ❤

« Tous les souvenirs, toutes les sensations, toute la connaissance, toutes les émotions que je garde de mes grands-parents sont liés aux fleurs. Toutes mes pensées... »

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J'ai adoré ce petit bouquin, j'y ai trouvé de la poésie, de l'humour, de la dérision, de la tendresse, et même de l'émotion... C'était beau, et doux, et merveilleux. J'y ai relevé de nombreux passages, j'ai souri, de nombreuses fois, j'ai cru me rappeler mes propres souvenirs, car c'est un livre qui parle de l'enfance, à travers les yeux d'un petit-fils, désormais adulte, mais c'est aussi le portrait d'un couple de grands-parents qui se dessine à nous.

Hyacinthe et Rose forment un couple détonnant : tout les oppose, lui est communiste, elle est bigote, il aime la bicyclette, la pêche à la ligne, le vin rouge, la belote et les chants révolutionnaires, elle préfère les mots croisés, le tricot, l'eau de mélisse, les dominos et les cantiques. Une passion commune, pourtant, les réunit : l'amour des fleurs.

Et ça embaume, ça papote, ça fleurit, ça estourbit, ça tourbillonne, ça frisotte, ça tournicote... C'est du bonheur à l'état pur. Cette version audio est aussi un enchantement, François Morel est accompagné du musicien Antoine Sahler pour un numéro de haute voltige qui vous met la tête et le cœur à l'envers. J'ai aimé, vraiment adoré cette lecture musicale.

On ne retrouve pas dans ce petit ouvrage les illustrations (magnifiques) de Martin Jarrie, toutefois c'est une autre invitation que celle-ci, dans l'univers de l'enfance et des souvenirs heureux. François Morel est un conteur talentueux, avec son histoire il parvient à toucher notre petite corde sensible, et c'est avec notre plein assentiment qu'on retourne se perdre dans le fabuleux jardin de Hyacinthe et Rose. Car, après tout : « On n'est pas bien, là... ? Où c'est que tu veux aller pour être mieux ? ».

François Morel raconte Hyacinthe et Rose, mis en musique par Antoine Sahler (éditions Thierry Magnier, février 2013)

23 septembre 2013

“It is one thing to ask questions; what do you do with the answers?”

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Kyla, seize ans, vient de subir une opération. Elle a été « effacée ». C'est une coutume courante, décrétée par les hautes instances, pour éradiquer la délinquance galopante. Des jeunes gens en crise ou désoeuvrés sont reprogrammés pour une nouvelle vie, avec une mémoire toute neuve, les émotions bridées par le port d'un Nivo greffé au bras. Toute montée d'adrénaline peut désormais les mettre en danger. Ce sont ainsi une flopée de jeunes gens aux sourires niais, qui ne se posent pas de questions, qui évoluent dans un semblant de vie ordinaire. Leurs nouvelles familles sont accueillantes, mais prudentes, car le système en place surveille tout, contrôle les moindres faits et gestes, et la police (les Lorders) n'hésite pas à arrêter tout élément perturbateur. Bizarrement, Kyla est consciente du climat pesant et suspicieux qui règne autour d'elle. Toutefois, elle a bien compris qu'il fallait qu'elle garde pour elle ses interrogations. Son opération aurait posé un léger couac, elle n'a pas la même attitude ni les mêmes compétences que ses pairs. Elle est innocente et naïve dans sa façon d'être avec les autres, et pourtant son esprit est vif dès lors qu'elle capte une anomalie dans son paysage (la disparition de camarades dans son lycée). Kyla a aussi des flashs durant son sommeil, elle est réveillée par des cauchemars qui lui dictent de vieux souvenirs, mais elle ne sait pas encore ce qu'ils cherchent à lui révéler.

J'ai aimé, beaucoup aimé ce livre. L'histoire, aussi captivante soit-elle, ne s'écoule pas sur un rythme effréné, au contraire c'est plutôt lent, mais on prend le temps d'apprendre un tas de petites choses, de savourer l'ambiance, assez glauque et flippante, de se poser des questions et de se surprendre à attendre la suite avec impatience. Ce roman vous réservera bien des surprises ! Au départ, il m'a un peu rappelé celui de Rachel Cohn, Version BETA, sans son parfum sulfureux, mais il est beaucoup plus angoissant, sombre et oppressant. C'est franchement fascinant, j'ai été scotchée.

Effacée, par Teri Terry (La Martinière J., septembre 2013 - traduit par Maïca Sanconie)

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20 septembre 2013

ღ Enquête au collège - L'intégrale (tome 1) ღ

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Un régal, vrai de vrai ! Sur papier déjà, les histoires de Rémi, Mathilde et P.P. Cul-Vert sont désopilantes en diable. On se marre, on savoure, on en redemande. Version audio, c'est le festival de l'humour grâce à une interprétation tout à fait remarquable d'Olivier Chauvel. C'est vivant, pétulant et brillant. On se sent immédiatement à son aise, au cœur de l'action. On vit et partage les aventures particulièrement cocasses de nos trois amis, on vibre sitôt que la tension monte d'un cran, en cela le narrateur a vraiment joué le jeu, il chuchote, il vitupère, il gronde, il flambe ... il est génial !

Cette intégrale réunit les trois premières histoires de la série, comprenant Le professeur a disparu ; Enquête au collège ; P.P. Cul-Vert détective privé. Ce sont des intrigues rigolotes, avec du suspense et du mystère, dans lesquelles nos trois héros font preuve de pertinence pour démêler les fils de leurs enquêtes. C'est du léger, léger, mais c'est très bon aussi. Les enfants adorent, moi aussi.

J'ai même un petit faible pour le personnage de P.P. Cul-Vert, absolument insupportable pour son nombrilisme patenté, et pourtant l'auteur n'a pas grossi le trait et a su nous le rendre sympathique et attachant. Sans lui, je pense que les histoires de Rémi et Mathilde n'auraient pas le même peps ! Lisez, pour vous en convaincre, la troisième enquête (P.P. Cul-Vert détective privé) qui se passe en Angleterre. C'est tout bonnement irrésistible, tout y est, l'humour, la caricature, les clichés, l'enquête bidon.. c'est un ré-gal !

Allez, un petit extrait : « Au fur et à mesure que les rangs s'éclaircissaient, j'avais du mal à modérer mon impatience. Parmi les quelques Anglais qui restaient, une famille ignorait encore la chance qui était la sienne : avoir tiré au sort, dans cet échantillon d'élèves disparate et bruyant, le seul, l'unique Pierre-Paul de Culbert... Un pur produit du raffinement français allait entrer dans leur foyer tel un rayon de soleil dans ce soir pluvieux. Je devais être à la hauteur de ce moment historique. »

Impayable, n'est-ce pas ?

Enquête au collège - L'intégrale (tome 1) par Jean-Philippe Arrou-Vignod (Gallimard jeunesse, coll. Ecoutez Lire, août 2013)
Textes intégraux, lus par Olivier Chauvel. Durée d'écoute : env. 5 h 20.

18 juillet 2013

“Chaque question doit-elle avoir une réponse ?” (Hiver, Audiolib)

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Quelle sensation déconcertante de lire un roman sur l'hiver, alors que la saison est belle et estivale, cela vous donne presque des petits frissons de soulagement ! De plus, l'histoire est particulièrement glauque et affligeante, puisqu'elle nous présente la violence et la folie au sein d'un foyer familial qui vit complètement en marge de la société... Avant cela, le roman s'ouvre sur la triste découverte d'un corps pendu à un arbre, la victime était un pauvre type solitaire, affublé d'un physique disgracieux, sujet à toutes les moqueries.

L'inspectrice Malin Fors et son collègue Zeke sont sur des charbons ardents, cette morte suspecte devient leur priorité absolue et ils vont ainsi fouiller dans l'existence de l'homme, mettant à nu des réalités sordides, comme une horrible affaire de viol jamais résolu, une enfance maltraitée, une mère despotique, un père aux abonnés absents et quelques autres réjouissances. Triste tableau, je dois admettre, j'avais le cœur au bord des lèvres.

Sans quoi, tout le reste m'a plu ! J'ai aimé les personnages, Malin est intuitive et têtue, elle est aussi maman d'une adolescente de 14 ans qui vit sa première relation amoureuse, gare aux griffes de louve protective, mais on s'identifie facilement à ses réactions. Je crois qu'on a encore beaucoup à découvrir sur elle, ce qui m'amène à vouloir poursuivre cette série, que je trouve attachante et superbement dépaysante (un voyage en Suède, comment le refuser ?!).

Hiver, par Mons Kallentoft
Audiolib (2011) / Le Serpent à Plumes (2009) - traduit par Max Stadler et Lucile Clauss
Texte intégral lu par Alexandra Dima (durée d'écoute : 11 h 35)

23 juillet 2013

“You cannot change what you are, only what you do.” (Les Royaumes du Nord)

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Quelle aventure époustouflante ! J'ai vécu cette plongée littéraire au son de la voix tonitruante de Jean-Claude Drouod, excellent comédien, puissant et extraverti dans sa manière de nous raconter l'histoire de Lyra, c'était ébouriffant ! Je connaissais la série de réputation, me promettant de la découvrir tôt ou tard, c'est enfin chose faite. Un miracle ! Mais je ne regrette pas non plus, d'autant plus que j'avais su me préserver de l'histoire et aussi de l'adaptation cinématographique, car je tenais à plonger en terre inconnue.

Donc, Lyra est une jeune orpheline, qui grandit dans les couloirs du poussiéreux Jordan College, à Oxford, dans l'ombre des Erudits qui cultivent leurs secrets avec un soin scrupuleux. Or, Lyra a soif d'aventures palpitantes et s'ennuie dans son coin. Quand elle découvre que des enfants sont enlevés par les Enfourneurs et emmenés dans les Royaumes du Nord, elle n'hésite plus une seconde pour trouver le moyen de s'échapper de son pensionnat. C'est ainsi qu'elle rencontre Mme Coulter, sa nouvelle bienfaitrice, qui la conduit à Londres en lui promettant de rejoindre le nord dans les semaines à venir.

Le temps passe, Lyra végète sur place et se sent comme un animal domestique, prisonnière d'une cage dorée. Et de nouveau, elle saisit l'occasion pour partir à l'aventure, au gré de ses rencontres et autres découvertes, elle flotte sur les eaux avec les gitans, vole dans le ciel à bord d'un aéronaute, s'agrippe au dos d'un ours polaire, confie son destin à des sorcières... C'est tout bonnement étourdissant ! Cette lecture possède un véritable souffle romanesque, qui ne nous laisse guère le temps de nous reposer, l'histoire est menée tambour battant, s'appuyant sur un imaginaire débordant de trouvailles. En somme, j'ai été totalement charmée.

A la croisée des mondes : Les Royaumes du Nord, par Philip Pullman
Gallimard jeunesse, coll. Ecoutez Lire, 2007  (ou) Folio junior, 2000 - traduit par Jean Esch
Lu par Jean-Claude Drouod (durée d'écoute : env. 14 heures)

3 juin 2013

♫♪♫♪♪♫ (Un refrain sur les murs)

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Au cours de l'été 1987, Isabelle, fraîchement divorcée, envoie ses deux enfants chez leur père. A elle, maintenant, quatre semaines d'un vide intersidéral qu'il faut remplir pour garder la tête hors de l'eau... C'est ainsi qu'elle fait la connaissance d'un dénommé So What, qui joue du hautbois dans la rue. Contre le gîte et le couvert, il propose de repeindre la chambre de sa fille Romane en un orange pétant, symbole du bonheur.

Bizarrement, Isabelle accepte le deal. En effet, la jeune femme n'est pas du style à sortir des sentiers battus. Sa vie, elle la veut droite, bardée de barrières, à ne surtout pas dépasser. On lui a souvent reprocher son petit côté sage, très prévisible, son aspect froid et imperméable, comme si elle n'était pas douée pour le bonheur ou donner de l'amour en retour (d'où son échec conjugal). Mais elle n'y peut rien, Isabelle, elle est de la trempe de ces femmes transparentes, mais heureuses de leur petit bonheur sans nuages.

Par contre, sa fille Romane va grandir dans la rage et la révolte de cette vie passive et trop ordonnée. Dès que l'occasion se présentera, elle prendra la poudre d'escampette et brûlera la chandelle par les deux bouts. D'ailleurs, elle finira clouée sur un lit d'hôpital, brûlée vive, alors que sa mère livrera son dernier combat contre un cancer. Les deux femmes n'auront jamais trouvé le temps ni de se comprendre, ni de se pardonner.

Bref, c'est un petit roman absolument bouleversant, dont l'émotion et la justesse m'ont saisi à la gorge sans que je m'y attende. J'ai surtout aimé l'histoire d'Isabelle, une femme solitaire, incomprise, prisonnière de sa cage dorée, qui a conscience du regard et du jugement des autres, mais sans trouver l'énergie pour s'en échapper. Elle ploie, en silence. Elle subit, même si elle aimerait parfois taper du poing sur la table. Qu'on cesse de la trouver ennuyeuse, insipide, elle aime la physique mais déteste l'enseigner à des enfants bêtes à manger du foin, elle se conforte dans une mécanique laborieuse, rassurante, elle a des désirs, mais réprime ses élans.

C'est tout ça, une femme simple et honnête. Avec ses secrets, ses mensonges et ses tours de passe-passe. Le dernier chapitre de l'histoire m'a, par exemple, totalement bluffée et donnée envie de sourire. Il n'y a, finalement, que le portrait de Romane, cette jeune folle volage et impétueuse, qui m'a fait pousser des soupirs d'ennui. Heureusement, ses incursions étaient parcimonieuses et ne faisaient office que de faire-valoir pour percer la carapace d'Isabelle... Un doux et beau roman, donc, à découvrir le cœur vaillant. ;)

Un refrain sur les murs, par Murielle Magellan
édition Pocket, 2013  (préalablement paru aux éditions Julliard en 2011)
illustration de couverture : Marion Tigréat

28 mai 2013

A comme Association, VIII : Le regard brûlant des étoiles ☄

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Pour ce dernier tome, vient l'heure de toutes les révélations : Jasper a plus que jamais besoin du soutien de Walter et Mademoiselle Rose car Fulgence, le grande patron de l'Association, ordonne que le garçon lui soit confié. Ses intentions étant très floues, tout le monde est sur le qui-vive. Une petite mise au vert, chez les Trolls, est donc fortement conseillée. Jasper y retrouve sa douce Arglaé, au grand mécontentement de Nina, mais le temps presse et notre joyeuse troupe doit de nouveau décamper.

Réfugiés dans les bureaux de la rue du Horla, transformés en bunker pour l'occasion, les rares survivants font front commun contre l'ennemi. Dans l'intervalle, Jasper se trouve face à son destin en découvrant la vérité sur ses origines et sur Ombe. Que de révélations au programme !!! Ce dernier tome, plus épais que la moyenne, avait tellement de choses à nous raconter, tant d'aventures à partager, qu'il ne pouvait en être autrement. Cette fin, donc, ne déçoit pas un seul instant. Nous sommes pris dans le feu de l'action, c'est intense et tourbillonnant, mais à côté de ça, l'émotion aussi est très présente, surtout vers les dernières pages, lorsque les masques tombent, quand les choix décisifs se posent à notre sémillant héros.

Jasper n'a jamais cessé d'évoluer au cours des 8 tomes de la série, en apparaissant d'abord comme un adolescent pataud, qui masquait son manque d'assurance derrière un humour foireux, puis il a essuyé des coups durs, a été confronté à des événements hors du commun, a su gagner en puissance, a multiplié ses dons et a finalement découvert sa réelle identité. Son personnage a grandi, mais il a su conserver ce mélange de sensibilité et d'ironie comme armure. Ombe, quand à elle, est un personnage à part. C'est un peu de son auteur qu'on retrouve aussi à travers elle. Et avec l'histoire qu'on sait...

Jusqu'au bout, l'ombre de Pierre Bottero aura plané sur cette série, que Erik L'Homme a su conduire et conclure de main de maître. C'est tout ça qui remue en nous, alors qu'on lit ce dernier tome. On se sent le cœur serré, on est captivé par le déroulement de l'intrigue, c'est un dernier tour de piste remarquable, touchant et passionnant. A l'image de la série, qui a été magistrale du début à la fin. Je n'oublie pas non plus, les couvertures superbes et les titres aux douces consonances poétiques. Une série à découvrir à tous les âges !

A comme Association, livre 8 : Le regard brûlant des étoiles, par Erik L'Homme
Gallimard jeunesse / Rageot éditeur (2012)

30 avril 2013

“You were the one who saved my life.”

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Dans le sous-sol d'une ferme, vivent cinq garçons placés sous l'œil scrutateur d'un chercheur et sa fille (Anna), pour le compte d'une Agence secrète. Les garçons ont perdu la mémoire, ils sont étudiés pour servir à une prochaine mission. Lorsque les dirigeants se présentent enfin pour passer à la prochaine étape du projet, les choses s'accélèrent, avec la fuite des cobayes qui ont embarqué Anna en monnaie d'échange.

C'est une histoire survoltée, qui se lit rapidement et nous fait vivre un train d'enfer. Chaque ligne de l'intrigue est pensée pour titiller le lecteur, exacerber ses doutes, le tenir en haleine et exciter son intérêt pour absolument connaître la réponse à toutes les questions. On ne s'ennuie pas une seconde ! Les garçons, Cas, Trev, Nick et Sam, sont des machines redoutables, programmées pour zigouiller tout élément dérangeant, sans état d'âme, seule la présence d'Anna semble les maintenir sur la corde raide, toujours à l'affût de ses ordres ou autres souhaits.

Alors, oui c'est assez violent, ça sent la baston, la castagne, la poudre du flingue, le sang qui éclabousse les visages et les tshirts, ça roule à vive allure car l'histoire se transforme en course-poursuite éperdue dans le fin fond de l'Amérique. Il y a un soupçon de romance, très pudique, assez décoratif, mais c'est plutôt tendre et adorable. Ce qui compte, essentiellement, c'est d'avancer à l'aveugle dans cette mascarade mise en scène par des truands, des traîtres, des dupes. On va de surprise en surprise, et c'est plutôt pas mal comme programme. Une suite est donc attendue, car tout n'est que partiellement résolu à la fin du livre !

Amnesia, par Jennifer Rush
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2013 - traduit par Cécile Chartres

24 avril 2013

☠ L'Hypnotiseur, de Lars Kepler ☠

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Après le massacre d'une famille, dont seul le fils est sorti grièvement blessé, la police fait appel aux services du psychiatre Eric Maria Bark qui avait pourtant juré de ne plus jamais pratiqué l'hypnose. Mais c'est une question de vie ou de mort, car la sœur aînée est portée disparue. L'enquête ne peut plus attendre. En rencontrant son patient, Bark n'ignore pas qu'il vient de remettre les pieds en enfer, et effectivement, peu de temps après, les événements vont se précipiter, la tragédie enfler et le passé lui revenir en pleine face.

J'ai mis un temps fou pour entrer dans l'histoire, jusqu'au chapitre 11 (soit la piste 15) car je n'arrivais pas à me situer, à m'attacher aux personnages, à comprendre leurs gesticulations, à saisir ce qu'il se passait, j'avais aussi l'impression qu'on ressassait toujours la même chose, que ça n'avançait pas. Finalement, j'ai réussi à me faire une place, non sans difficulté, car l'histoire m'inspirait souvent du dégoût (à plusieurs reprises, je l'ai trouvée vulgaire, glauque et passablement déprimante).

Je sors donc un peu mitigée de cette découverte, à cause des longueurs, à cause des fausses pistes, à cause de la violence gratuite, à cause de la maladresse qui fait cohabiter les deux affaires avec une logique parfaitement alambiquée, à cause du flashback qui dure des plombes, à cause du malaise ressenti également. Enfin bref je suis plus que mitigée, dépitée, perplexe. Je pense, néanmoins, que je donnerai une deuxième chance à l'auteur, Lars Kepler, histoire de retrouver le sympathique inspecteur Joona Linna. Mais pitié, que le traitement des enquêtes soit moins sordide !

L'écoute aura été longue, un peu plus de 17 heures, pour une interprétation glaçante, troublante, bien en phase avec ce qu'on nous raconte. De quoi se ronger les sangs.

L'hypnotiseur, par Lars Kepler
Audiolib, 2011 / Actes Sud noir, 2010 - traduit par Hege Roel-Rousson et Pascale Rosier
Texte intégral lu par Thierry Janssen

12 avril 2013

“Maybe your unspeakable defects give you power too?”

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Quel roman troublant, mais envoûtant ! Pendant quelques heures, j'ai perdu tout sens de la réalité et j'avais le nez plongé dans le livre, avec un léger étourdissement au moment de tourner la dernière page. Pfiou, c'est qu'il s'en passe des choses dans cette histoire !

Pour résumer sommairement, nous sommes sur une île paradisiaque, Demesne, créée spécialement pour les gens aisés, lesquels embauchent des clones pour leur tenir compagnie ou servir de domestiques. Elysia est un modèle unique, une Version BETA, jugée irréprochable et délicieuse, car généralement les adolescents sont des sujets sensibles, aux humeurs changeantes, à manipuler avec prudence. Elysia a seize ans, elle est splendide, a un corps d'athlète, tout porte à croire que son Originale était une nageuse accomplie et une excellente plongeuse. Elle réussit tout ce qu'elle entreprend et séduit la famille Bratton, qui vient d'en faire l'acquisition. Alors qu'elle est censée ne pas avoir d'âme, et donc ne rien ressentir, ni même avoir le moindre souvenir, Elysia découvre qu'elle est capable du contraire ! Mais mieux vaut ne pas l'ébruiter. En effet, sitôt qu'un modèle est perçu comme étant ingérable, il devient un Défaillant, déclaré dangereux pour leur société et aussitôt éliminé. De fil en aiguille, l'histoire s'installe et tisse sa toile, en douceur. Elysia est une héroïne programmée pour se limiter au petit monde des interactions adolescentes : elle fait des rencontres, elle teste de la drogue, elle découvre le chocolat, elle tombe amoureuse, etc. C'est basique, presque simpliste.

Et pourtant, l'histoire travaille en profondeur. Je vais d'ailleurs vous laisser sur cette expectative, afin de mieux apprécier les trésors et autres petits secrets de l'intrigue. Sincèrement, il y a un effet grisant à s'imaginer dans ce décor exotique, dans une ambiance langoureuse (et un peu crapuleuse), on tombe vite sous le charme avant le réveil en sursaut ... Ouhlala, quel final ! mais quel final ! La suite, Emergent, doit paraître en Octobre 2013. C'est aussi une série en 4 tomes. Damned.

Version BETA, par Rachel Cohn
Robert Laffont, coll. R, 2012 - traduit par Alice Delarbre

23 avril 2013

Small Change Girl

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Comme j'avais beaucoup moins d'attentes concernant ce deuxième tome, je l'ai donc davantage apprécié, ne cherchant plus à anticiper ce qu'il n'y avait pas raison d'être, et l'acceptant pour ce qu'il avait à me proposer : une intrigue habile, enrobée dans du beau papier, avec un zest de suspense et de stress. Forcément, je suis cliente !

Cette suite prend lieu après les évènements tragiques du tome précédent, Allie est de retour à Cimmeria, qu'il faut remettre sur pied. Isabelle vient également de lui offrir un passe-droit pour les Nocturnes, car il est temps pour elle de se préparer aux attaques de l'ennemi, qui cherche à la kidnapper. L'entraînement va se révéler intensif et sans pitié, Allie va perdre confiance en elle, confier sa détresse à son ex, au grand dam de son petit copain.

Ouiiiiiii, il y a du mélodrame romantique à l'horizon ! Etrangement cela ne m'a pas du tout dérangée, j'avais pourtant cru le contraire, finalement il faut croire que j'étais disposée à me balader dans cette Night School avec une bonhommie exemplaire ! Très sincèrement, j'ai beaucoup aimé ce deuxième tome, je l'ai même préféré car je ne me suis pas sentie flouée. Et comme il s'inscrit dans une série à cinq tomes, il prend aussi son temps pour placer ses pions, pour distiller le doute et pour faire naître des tas de théories.

Je suis franchement curieuse, curieuse de connaître l'identité de la taupe, curieuse de savoir si les nouvelles amours d'Allie trouveront enfin leur sens, je suis toujours aussi séduite par l'ambiance de l'école, charmée par son aura, je m'interroge sur les uns et les autres, je suspecte un peu tout le monde, en bref je suis parée pour connaître la suite des événements avec impatience ! Sûre de son rythme, faussement nonchalante, un poil fripouille, cette saga reprend du grade dans mon estime.

Night School, tome 2 : Héritage, par C.J. Daugherty
Robert Laffont, coll. R. (2012)  -  traduit par Francine Deroyan

10 avril 2013

“Something about you just could not be controlled, just had to be free.”

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*** attention, spoilers ! *** Zoe a pris la fuite, avec l'aide d'Adrien, et a rejoint la Fondation, le réseau de la résistance. Elle a néanmoins un gros souci avec son pouvoir de télékinésie et doit suivre un entraînement pour mieux gérer ses crises. Mais le temps est compté, car la Chancelière Bright gagne du terrain et il faut précipiter l'attaque pour l'éliminer. ***

Alors, on se souvient, avec dépit, que le premier tome était un semblant de chaudron rempli d'hormones en ébullition, c'en était délicieusement risible, à vrai dire. Et pourtant, on sentait le potentiel frétiller sous la couche. Eh bien, je dois avouer que la suite a su faire preuve de renouveau en nous servant une intrigue palpitante, bien tenue et davantage centrée sur la stratégie militaire et l'implication technologique.

C'est bien simple, dès les premières pages, on plonge dans l'action. Une centaine de pages plus loin, on baigne toujours dans l'action. Et il en va ainsi jusqu'à la dernière ligne ! L'auteur a compris qu'il fallait se débarrasser des détails encombrants (le batifolage des adolescents) et se concentrer sur son sujet. On découvre alors l'envers du décor, celui des opposants à la Communauté, qui réunit des civils, mais aussi les Glitchers et les Regs rebelles. De nouveaux personnages entrent dans l'arène, sans mettre de côté les vedettes que sont Zoe, Adrien et Max. (Oui, le retour ! Mais en mieux !!!)

C'est tout de même incroyable le décalage qu'il existe entre ce livre et le précédent, franchement le résultat est top ! Même la fin nous réserve sa dose d'adrénaline, avec surcharge émotionnelle et jolie sérénade mélodramatique, naaan je vous jure, c'est bon ! c'est meilleur ! c'est dense et prenant ! on ne décroche pas avant la fin !

Glitch, tome 2 : Résurrection, par Heather Anastasiu
Robert Laffont, coll. R, 2013 - traduit par Cécile Ardilly

22 février 2013

Non loin d'un ballon il y a toujours une aiguille !

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Clio avait des projets bien définis pour ses vacances d'été : elle avait décroché un job dans son magasin d'art préféré (et aurait ainsi passé autant de temps qu'elle le souhaitait avec son béguin du moment, Ollie). C'est alors que son père arrive avec ses gros sabots et l'embarque avec lui sur un yacht, au large de l'Italie. N'importe quelle jeune fille de 17 ans ferait des bonds de cabri à cette annonce, pas Clio, trop habituée aux excentricités de son père.

Cela commence par la rencontre avec Julia, la nouvelle petite amie de son père, qui est aussi archéologue, et sa fille Elsa, belle, grande et blonde, de quoi pâlir de jalousie. Leur bande est également constituée d'un vieil ami de la famille, Martin, et d'un jeune étudiant de l'université de Yale et Cambridge, Aidan, l'assistant de Julia. Tous vont se retrouver confinés sur un beau bateau, mais coupés du monde extérieur, puisque le téléphone et internet ne sont pas autorisés à bord. Là, Clio sent qu'elle est au bord de la crise de nerfs.

De plus, elle comprend que son père lui cache quelque chose et qu'elle est la seule à ne pas être dans la confidence ... puisque tout ce qu'on lui demande, c'est de faire la cuisine. Elle surprend des messes basses, un équipement de plongée, des cartes maritimes, tout un arsenal qui ne laisse aucun doute planer : ils ne sont pas en vacances pour se dorer la pilule au soleil, ils sont venus près de Pompéi dans l'espoir de trouver un trésor !

Ses relations avec son père deviennent de plus en plus conflictuelles. Clio ne lui a jamais pardonné son départ ni le divorce. Elle entend aussi se défouler sur Aidan, qui le lui rend bien en se montrant piquant et narquois dès qu'elle ouvre la bouche. Seule Elsa, qui tente de soigner son chagrin d'amour, est la personne la plus sincère et accessible sur ce yacht ! Fichues vacances qui promettent, pourtant, des aventures mouvementées...

"Une fille à la mer" est une jolie lecture, très charmante, pleine de fraîcheur, une promesse d'évasion et de divertissement. Maureen Johnson sait admirablement raconter ses histoires et nous faire aimer ses personnages, les rendant vrais, sincères, touchants, avec leurs qualités et leurs défauts, bref très proches de nous, et c'est ce qui donne à ce roman son caractère de petite bulle réconfortante. J'ai beaucoup aimé ! (Peut se lire sur la plage, dans l'idéal.)

Une fille à la mer, par Maureen Johnson
Gallimard jeunesse, coll. Scripto, 2012 - traduit par Laetitia Devaux

11 février 2013

"Je sais à ce moment-là que je ferais n'importe quoi pour cet homme. Je lui appartiens."

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Ana est étudiante, en dernière année. C'est une jeune femme amoureuse de littérature romantique, qui n'a jamais connu le grand frisson et qui entend se préserver pour LE candidat idéal. Et elle le rencontre au cours d'une interview pour le journal de la fac, il s'agit de Christian Grey, multimillionnaire, attirant et célibataire. Aussitôt son cœur fait boum.

Le problème d'Anastasia, c'est qu'elle se dévalorise constamment : physique ordinaire, maladresse légendaire, d'une naïveté et d'une innocence déconcertantes... Et la gourde confie son destin amoureux à un type qui lui propose tout le contraire, du sexe, sous contrat et avec des clauses particulières. Toute autre jeune fille (in)expérimentée prendrait ses jambes à son cou, mais pas notre mademoiselle Steele !

Alors, je dois avouer m'être beaucoup amusée à l'écoute des premiers chapitres, avec la conscience aigüe que ce n'était peut-être pas normal, sauf qu'il faut reconnaître que l'héroïne, dont la première entrée en scène se solde par une chute à quatre pattes sur le seuil du bureau de Christian Grey (oui franchement j'ai ricané comme une bécasse), est pathétique à souhait.

Pendant longtemps j'ai trouvé que c'était comique et divertissant, avec des défauts à la pelle (diantre, ce niveau d'écriture). Je reste, cependant, intimement convaincue que cette version Audiolib a pu jouer en faveur de mon appréciation générale (S. Cayron est troublante, ironique, coquine et sans complexe). Bon, dès le moment où on entre dans le vif du sujet, avec l'étalage graveleux de scènes sexuelles pas du tout sensuelles, j'ai commencé à faire la fine bouche.

Voilà, c'est de la lecture de distraction, qui comporte une lourdeur de style, des personnages têtes à claques, une histoire quelque peu grivoise, avec des descriptions sans charme, d'un érotisme plat, mais j'ai tenu jusqu'au bout, 16 heures d'écoute tout de même, car l'interprétation du livre audio est agréable et pertinente. 

Cinquante nuances de Grey, par E.L. James
JC Lattès / Audiolib, 2012 - traduit par Denyse Beaulieu
Texte intégral lu par Séverine Cayron

7 février 2013

Lui, c'est la gloire. Nous, c'est la modestie.

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Jean-Philippe naît et grandit dans un haras. Son père est entraîneur et voue une véritable passion pour les chevaux. Passion parfaitement communicative, puisque l'enfant va s'attacher à une jument, Belle Intrigante, auprès de laquelle il va calmer ses pleurs ou apprendre à marcher.

Le garçon ne cache pas son désir de devenir un jour jockey, mais le destin va en décider autrement lorsqu'un soir de tempête, les chevaux seront intenables et déchaînés, et l'accident va se produire alors même que le père de Jean-Philippe est en train de concourir pour une compétition importante.

Fin du premier CD. La mise en scène, avec l'interprétation musicale, est juste parfaite. Elle a su prendre aux tripes et je n'étais pas fière. Car on reste comme un rond de flan avant de connaître la suite.

Ce roman est éblouissant parce qu'il a su, dès les premières pages, nous embarquer dans son monde et nous attacher à l'histoire terriblement émouvante, mais pas pleurnicharde, du jeune héros. C'est une aventure incroyable et forte. Tellement admirable aussi. On vit au rythme des galops, des tours de piste, des rêves éveillés, des illusions perdues, des envies d'en découdre et de s'accrocher encore et toujours. Je vous jure, c'est un tourbillon de sensations et d'impressions, il y a à la fois du suspense, de l'action, de la tendresse, de la bêtise et de l'injustice. L'effet est magique. On a tour à tour la gorge nouée, le cœur qui bat et des étoiles dans les yeux.

Chris Donner a su redonner à la lecture *avec des chevaux* une vraie valeur littéraire et héroïque. L'histoire est prenante, palpitante et vraiment belle. Je la conseille fortement !

Tempête au haras, par Chris Donner
Neuf de l'Ecole des Loisirs, 2012 / Chut ! les livres lus de l'école des loisirs (texte intégral) lu par Laurent Stocker
illustration de couverture : Adrien Albert

19 février 2013

Michel, Tome 2 : Entre quat'zyeux

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Déjà le deuxième volume des aventures de Michel, réunissant 6 histoires courtes mais désopilantes. On ne présente plus Michel, le portrait craché de ses parents, à quelques détails près... Vous pouvez lever les yeux au ciel, mais cette introduction n'est pas qu'un indice ridicule, il vous confirme que vous êtes bien dans le second degré, façon humour absurde, et franchement c'est loin de me déplaire !

Donc, au programme nous avons la rencontre avec un ours polaire et une récompense en boissons gazeuses pour avoir pris soin de la grosse bête, oui, oui, on devine très bien à quoi ils font allusion, puis on tremble en découvrant la disparition du pépé lors d'un tour de magie interminable, le monsieur a une seconde vie, mais chut, en fait on le retrouve un peu plus loin, dans un second rôle désopilant et au cœur d'une enquête criminelle (la pierre de la ville, celle qui porte chance, a disparu), on savoure l'histoire du ballon météorologique, alors là, plus invraisemblable tu meurs, ce n'est qu'un détail après tout, on fait connaissance aussi avec l'abominable cousin Amadeus, très imbu de sa personne, mais fragile des nerfs, ha, ha, et pour conclure nous fêtons l'anniversaire de Michel, lors d'une réception pas banale et tout de même très rock-n-roll !

Verdict sur cette série : mention très bien, humour déjanté, dessins soucieux des petits détails, expressions loufoques et un cri de victoire. Grou ! Adoptez-le.

Michel, volume 2 : Entre quat'zyeux, par Dewi Noiry, Pauline Pinson et Ivan Rabbiosi (BD Kids, 2012)

15 juin 2015

Nos étoiles contraires, de John Green

NOS ÉTOILES CONTRAIRES

Deux ans que je lutte contre ce roman, refusant de le lire. Pour ne pas faire comme tout le monde. Pour éviter la déception. Pour fuir un sujet qui me touche trop personnellement. Même son adaptation au cinéma n'a fait que renforcer mes doutes et mes craintes. Non, non, non. Je ne céderai pas aux appels des sirènes. La tentation a finalement pris la forme d'un livre audio. Texte lu par Jessica Monceau qui double l'actrice Shailene Woodley (Hazel, dans le film). J'ignore tout de l'histoire, je sais juste qu'elle a fait pleurer des milliers de lecteurs. Sur ce, je me blinde de mon armure impénétrable. Et je plonge.

Hazel a 16 ans et est atteinte d'un cancer. C'est une jeune fille brillante, mais solitaire, privée des petits riens d'une adolescence normale. Un jour, elle rencontre Augustus Waters, beau gosse au sourire éclatant, et devient sa meilleure amie avec qui échanger des idées, des films, des lectures, des lubies. Hazel a pour obsession le livre de Peter Van Houten, dont la fin ouverte est, pour elle, une immense frustration. Elle souhaite plus que tout rencontrer l'auteur ou discuter à bâtons rompus de son chef d'œuvre. Et là, Augustus lui offre son rêve sur un plateau...

J'ai beaucoup apprécié que l'histoire ne se résume pas à un amour tragique (ou revoyez Love Story), même si la symbiose entre Hazel et Augustus est rayonnante et éclabousse le lecteur de tendresse. Leur relation prend forme avec douceur, entre pudeur, intelligence et humour. Franchement, ça fait du bien. Et c'est tout sauf fleur bleue. On a ici un roman qui parle avant tout de maladie, de vie et de mort. Au milieu de tout ça, deux jeunes gens vivent leur éducation sentimentale... la plus normalement possible. Rien que pour ça, le roman est réussi, sensible et poignant, sans tomber dans le mélo. 

La lecture faite par Jessica Monceau est d'une délicatesse appréciable et ne cherche pas à vous arracher toutes les larmes de votre corps. Je la remercie pour son tact et sa finesse. (En comparaison, le roman de Gwendoline Hamon, Les dieux sont vaches, m'avait carrément mis la tête à l'envers !) 

Audiolib / juin 2015 ♦ Texte lu par Jessica Monceau (durée : 7h 53) ♦

Traduit de l'anglais par Catherine Gibert (The Fault in Our Stars) pour les éditions Nathan

 

♦♦♦♦

John Green

Rencontre avec John Green : à la Librairie de Paris 

le mercredi 17 juin de 18h30 à 19h30 

 

7 janvier 2013

"Well, she's not responding to my advances," he observed more brightly than he felt, "so she must be dead."

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Encore une réussite pour Cassandra Clare, qui a su me séduire avec sa série sur les origines de la Cité des Ténèbres. Ce n'était pas difficile non plus, puisque bon nombre d'éléments ont su me rappeler ce qui m'avait tant plu déjà. Car même si l'histoire se passe à Londres, au XIXème siècle, nous retrouvons les fondamentaux avec les chasseurs d'ombres, l'Institut, les runes, les créatures obscures, les personnages torturés, les secrets, les badinages amoureux, les liaisons impossibles... C'est follement passionnant, je l'avoue. J'ai été prise dans les filets au bout de quelques pages, pleinement séduite et avide de curiosité.

Au centre de l'histoire, nous découvrons Tessa Gray, orpheline de seize ans, qui vient de débarquer par le premier navire pour rejoindre son frère Nate, lequel aurait mystérieusement disparu, et ce sont les redoutables Sœurs Noires qui vont accueillir la jeune fille et l'initier à leur monde occulte. Tessa croisera aussi la route de William Herondale et de James Carstairs, deux chasseurs d'Ombres aussi dissemblables que le jour et la nuit. Will est impétueux, sarcastique et possédé par le démon, Jem est plus sensible, mystérieux et frappé d'un mal étrange. Ils vont être les remparts de Tessa, dont le caractère franc et frondeur risque bien de se heurter à des dangers qu'elle n'aurait jamais cru possible d'exister, elle aura de plus la tâche de sauver son frère, comprendre qui elle est vraiment et se débattre avec ses sentiments naissants pour un beau chasseur.

Peu de temps mort au programme, la mécanique est imparable : de l'action, un univers solide, des clins d'œil à perte d'horizon (Magnus Bane dans la place !), des répliques savoureuses, du suspense, des doutes et des trahisons... En somme, c'est une lecture habile et divertissante, car bichonnée avec amour et tendresse. L'effet est prenant et terriblement addictif ! Je suis tentée de lire la suite, déjà disponible en VO (Clockwork Prince).

L'Ange Mécanique, par Cassandra Clare
PKJ. novembre 2012 - traduit par Julie Lafon

14 décembre 2012

“It is the first day of November and so, today, someone will die.”

“I say, 'I will not be your weakness, Sean Kendrick.'
Now he looks at me. He says, very softly, 'It's late for that, Puck.”

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Quel fabuleux roman ! Je ne m'attendais pas à ce qu'il me plaise autant, j'ai adoré chaque minute passer à le lire, c'était un moment sublime, déstabilisant mais mémorable. Rien n'indiquait que l'histoire allait m'embarquer à ce point, on y parle de chevaux surgissant de la mer, avides de sang et de viande, des chevaux sauvages et intrépides, mais des chevaux dont toute la communauté de Thisby est bougrement fière !

L'île de Thisby est également un cadre magnifique, c'est une île de pêcheurs, peuplée de gens simples et qui sentent le poisson, c'est un microcosme d'hommes et de femmes éprouvés par les pertes, mais qui gardent toujours la tête haute par fierté. C'est une question de principe. Cette terre, on l'aime et l'on l'accepte, sinon on part sur le continent à la quête d'une autre vie, plus riche, moins étouffante. Puck Connolly est une jeune fille qui a toutes ses racines sur cette île, jamais elle n'envisagerait de la quitter. Ses parents sont décédés, elle a grandi avec ses deux frères, Gabe et Finn, et tout commence lorsque l'aîné annonce son intention de partir.

Le monde de Puck s'effondre, par bravade elle annonce qu'elle va participer aux Courses du Scorpion, réputées dangereuses et réservées aux cavaliers émérites. Qu'importe, Puck est une jeune fille farouche et orgueilleuse, elle n'a cure des quolibets et s'inscrit avec sa jument Dove. Non seulement c'est la première femme à participer à une telle course, mais de surcroît elle se présente avec son cheval de la plaine, alors que ses concurrents chevauchent les terribles capaill uisce. Soit elle est folle, soit elle compte mourir.

Sur la plage, lors des premiers entraînements, Puck rencontre Sean Kendrick, le champion des dernières éditions. Il concourt sur le cheval le plus rapide de l'île, pour le compte de l'homme le plus riche de Thisby, mais le garçon est à un croisement des chemins lui aussi. Nul autre que lui n'a cette même connivence avec sa monture, c'est un type exceptionnel, passionné par les chevaux et la mer, neuf ans plus tôt son père a été tué sous ses yeux, depuis il est devenu un garçon solitaire, enfermé dans sa bulle, très sensible aussi et soudainement bouleversé par l'intrusion de cette Puck Connolly.

Le rythme du roman est assez lent, mais pas dénué d'intérêt, car tout se construit pièce par pièce. Le décor se plante, on découvre les moindres recoins de Thisby, fait connaissance avec sa population, on aime, on s'attache, on peste, et puis on s'amourache de cette tendre complicité qui s'installe entre Puck et Sean. C'est tellement touchant. Pudique et miraculeux. Avec leurs sentiments à fleur de peau, ils vivent une relation sans fausse note. Sans oublier leur combat vers cette course qu'on attend fébrilement, et qu'on vit tout aussi intensément. Ouhlala, cela faisait un bon petit moment que je n'avais pas eu l'occasion de lire un roman aussi magique et prenant ! J'ai même versé ma petite larme à la fin, pour dire combien j'étais à fond dans mon truc. Une telle communion avec son livre, moi j'en demande encore !!!

Sous le signe du Scorpion, par Maggie Stiefvater smileyc002
Hachette, coll. Black Moon (2012) - traduit par Camille Croqueloup

“That's a poor match, Sean Kendrick," says a voice at my elbow. It's the other sister from Fathom & Sons, and she follows my gaze to Puck. "Neither of you are a housewife."
I don't look away from Puck. "I think you assume too much, Dory Maud."
"You leave nothing to assumption," Dory Maud says. "You swallow her with your eyes. I'm surprised there's any of her left for the rest of us to see.”

“Shhhhhh, shhhhhh, says the sea, but I don't believe her.”

7 décembre 2012

“Scared?" "You haven't lived until you go grave robbing.”

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Ari est une jeune fille paumée, ballottée de foyer en foyer depuis l'enfance, c'est une solitaire barricadée derrière sa carapace de dure à cuire. Elle doit à son physique hors du commun, des cheveux et un regard couleur de lune, le sentiment de ne pas appartenir au même monde qui l'entoure. C'est ainsi qu'elle entame des recherches sur ses origines, sa mère est morte, elle ne sait rien sur son père. Elle trouve un début de réponse dans un hôpital psychiatrique, de quoi lui filer les jetons, puis se trouve nez à nez avec un guerrier débarqué de nulle part et déterminé à lui faire la peau.

Ni une, ni deux, elle décide de se réfugier à New 2. C'est le nouveau nom donné à la Nouvelle-Orléans. La région vit désormais en totale autarcie, suite au déferlement des ouragans qui ont tout ravagé sur leur passage. Sa mère y aurait également séjourné, peu avant sa naissance. Ari cherche quelques pistes, fait des rencontres, s'incruste dans une vieille maison délabrée où se sont réfugiés des gosses débrouillards et particulièrement doués. Il y a comme des ondes fantastiques qui planent dans l'air, Ari est complètement déstabilisée.

Et puis elle rencontre Sebastian, un beau garçon au charme ténébreux, qui lui donne un coup de pouce, en plus de lui faire ressentir de nouvelles sensations. C'est délicieux, pas mielleux pour un sou. Et ça n'occulte pas la quête du savoir, de comprendre qui est Ari, de quelle malédiction sa famille semble marquée. Parce que c'est le point fort du roman, son ambiance envoûtante, nimbée de charme et de mystère. Le décor planté à la Nouvelle-Orléans est tout aussi fascinant, avec son folklore, son vaudou, ses spectres et ses excentricités. On frissonne, de plaisir et d'effroi.

Peu à peu on avance dans l'histoire et on découvre de nouveaux horizons, c'est surprenant, assez grisant aussi. Il faut dire que j'ai aimé ce livre dès les premières pages, et je n'ai jamais ressenti le moindre ennui par la suite. Tout me plaisait, tout m'enchantait et m'étourdissait. L'héroïne est une battante, mais ses errances sont nombreuses, justifiées, elles permettent de progresser dans le récit selon son rythme, sans brusquer, sans bondir, sans soupirer non plus. J'ai vraiment beaucoup aimé, autant pour le fond que pour la forme. Car c'est un roman qui ne cesse de nous balader en beauté, avec les froufrous des bals et du carnaval, sans pour autant masquer les ombres menaçantes, qui s'invitent à la fête et font craindre le pire. J'ai été pleinement enchantée par cette découverte, vivement la suite !

Le noir lui va si bien, par Kelly Keaton
Fleuve Noir, coll. Territoires, 2012 - traduit par Marie-Hélène Méjean-Bernaille

4 décembre 2012

De ma fidélité et de mon honnêteté ce sang sera la preuve !

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En attendant la parution du 8ème tome en février 2013, voici une histoire courte portant sur l'adolescence de Lenobia, l'un des personnages les plus attachants de la Maison de la Nuit. On la découvre à l'âge de seize ans, fille illégitime d'une servante et d'un baron français. A la mort de la jeune maîtresse de maison, sa mère saisit l'occasion de l'envoyer à la Nouvelle-Orléans pour se marier et vivre une meilleure vie. Pour cela, elle usurpe l'identité de Cécile Marson de la Tour d'Auvergne.

La supercherie est toutefois compromise, lorsque l'évêque Charles de Beaumont monte à bord du même navire. Ce religieux perfide a une réputation de sale pervers. Il connaît la jeune Lenobia et la croquerait bien pour son quatre-heures, mais sa mère avait su la protéger à temps. Non seulement ce type risque donc de menacer sa couverture, mais il va faire de sa vie un enfer.

Heureusement, au cours du voyage, Lenobia fait la rencontre de Martin, un jeune métis qui nourrit la même passion pour les chevaux. Tous les matins, dès l'aube, ils se croisent dans la cale, discutent et finissent par tomber amoureux. Même si leur histoire semble sans issue, Lenobia veut croire en son destin et en sa chance. C'est sans compter sur l'acharnement de l'évêque ! Qu'il est démoniaque, ce rustre ! J'avais des bouffées de haine dès qu'il apparaissait au détour d'un chapitre.

Hélas, l'histoire se termine vite, trop vite. J'aurais franchement aimé partager plus de temps avec Lenobia, tant je me sentais à l'aise dans ce décor, j'étais séduite par ce que je découvrais et j'en voulais encore. En gros, cela se termine juste au moment où cela devient encore plus palpitant ! Sinon, la lecture s'apparente à une jolie balade en plein air. On prend le large en attendant le retour aux sources. C'est très bon, assez distrayant, juste terriblement frustrant de se contenter de ces 140 pages. 

Le serment de Lenobia, par P.C. et Kristin Cast
PKJ. (2012) - traduit par Aurore Alcayde

13 novembre 2012

L'histoire du soir #16 : Elvis Presley, de Stéphane Ollivier & raconté par Eric Caravaca

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En onze tableaux et un CD audio, découvrez l'enfance musicale d'Elvis Presley. Issu d'une famille pauvre, Elvis a vu le jour le 8 janvier 1935 près de Tupelo dans le Mississippi. C'est un petit garçon sensible, qui grandit en chantant des gospels, tous les dimanches à la messe. Pour ses 11 ans, il reçoit en cadeau une guitare. L'enfant commence à se produire en public, déménage à Memphis, découvre le rythm'n'blues, B.B. King et Roy Brown. Son diplôme en poche, il devient mécanicien mais n'abandonne pas sa passion pour le chant en enregistrant deux titres chez Sun Records. Le patron le remarque et va l'aider à trouver son style : une voix claire, assurée et sensuelle, un déhanchement endiablé, le rock'n'roll vient de trouver son maître ! Elvis a vingt ans, sa carrière connaît un succès foudroyant, le beau gosse se lancera aussi dans le cinéma et fera un comeback musical avant de s'éteindre, un 16 août 1977, à Memphis.

(Comme cet ouvrage se destine à des enfants, un public innocent, l'histoire fait l'impasse sur les heures sombres du King, ses excès, ses abus.) J'ai beaucoup apprécié cette balade en musique, riche en anecdotes, qui retrace le parcours d'Elvis dans ses grandes lignes, et à travers ses tubes les plus marquants (Jailhouse Rock, Love me tender, Heartbreak Hotel...). L'ouvrage est accompagné d'un Cd, indispensable, pour partir à la découverte de cet artiste légendaire. Il met aussi en lumière le contexte politique du Sud des USA et l'émergence du courant musical avec le blues, le rythm'n'blues et le rock. Un petit guide parfait pour les enfants !

Découverte des musiciens : Elvis Presley, sur un texte de Stéphane Ollivier, raconté par Eric Caravaca
illustrations de Rémi Courgeon - Gallimard jeunesse Musique, 2012

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