15/12/06

La Maison Mer - Esther Freud

maison_merLily, une jeune étudiante en architecture, décide de passer quelques mois loin de Nick, son fiancé trop négligent, et de s'installer à Steerborough, un petit village situé sur la côte orientale de l'Angleterre. C'est là que Klaus Lehman, un célèbre architecte juif allemand, s'était réfugié dans les années trente pour y mourir en 1953. Lily part sur ses traces et découvre, fascinée, les lettres enflammées que Klaus n'a cessé d'envoyer à son épouse, Elsa. Au regard de cette fougue amoureuse, sa propre histoire avec Nick lui paraît bien terne. Mais Lily ignore tout des tempêtes et des tourments secrets survenus dans cette même campagne lumineuse, un demi-siècle plus tôt...  (quatrième de couverture).

Il y a des romans qui commencent par une phrase et qui aussitôt vous emportent. Dans "La Maison Mer", la petite mélodie de départ est celle-ci : "La maison de Gertrude était rose, de ce crépi typique du Suffolk, non dénué de virilité." C'est un charme indéfinissable et puissant, une histoire d'un autre temps, mais bien plus encore. Il y a en fait une structure double du récit, narrant la vie du même village anglais à deux périodes différentes. Le principe est impeccable, d'ailleurs le livre lui-même est irréprochable, c'est ce qui le rend terriblement flippant ! C'est un sans-faute ! L'écriture est limpide, la construction sans défaut, l'histoire romanesque comme ce n'est pas permis, et voilà... un roman tellement parfait qu'on pourrait presque le lui reprocher ! Esther Freud est une raconteuse d'histoires avec les outils que sont la grâce et l'élégance. Il y a une finesse dans chacune des ses lignes, c'est du petit lait à boire !

Ce qu'on en dit : Pour écrire La Maison mer, Esther Freud (arrière-petite-fille de Sigmund) s'est librement inspirée de la correspondance de son grand-père, Ernst, qu'elle met en scène sous les traits de Klaus Lehman, tandis qu'Anna Freud, sa grand-tante, inspire le personnage de Gertrude, une psychanalyste pour enfants amie du couple Lehman. Ce faisant, elle brosse ici un nouvel épisode de la saga freudienne.

Fayard

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Bus Stop

Marilyn est Chérie, une chanteuse de petite vertu, qui exerce ses talents dans un bastringue à Phoenix - le "Dragon Bleu". Un soir elle rencontre Bo, un cowboy fraîchement débarqué en ville pour concourir au rodéo. Bo a 21 ans, sort de sa campagne perdue et s'est mis en tête de rencontrer une fille, SON ange. Et c'est elle, Chérie ! Aussitôt il décide de lui proposer fiançailles, mariage et retour dans le Montana pour vivre au ranch. Or, Chérie a tracé sa route jusqu'à Hollywood, elle ne tient pas à s'enterrer avec Bo, d'ailleurs elle n'aime pas ce garçon aux manières rustres, qui braille, harponne les filles avec un lasso et prend ses désirs pour des réalités ! Entre eux deux, c'est une relation unilatérale. Chérie se dit dévergondée, Bo n'a aucune expérience avec les femmes. Aucune expérience, tout court ! Son attitude en ville et avec les gens autour de lui tend à prouver qu'il est complétement incivil ! Il mérite une bonne leçon qu'il recevra par une nuit de tempête de neige, chez Grace, le relais du Bus Stop.
"Bus Stop" est un émerveillement ! C'est drôle, c'est touchant et c'est loin de toutes paillettes. Marilyn en chanteuse de petite vertu est fascinante ! Elle n'hésite pas à accentuer son anglais de la campagne, qui frise les aigus et le mauvais genre, affublée d'un petit costume vert, encore plus pâle & blanche que d'habitude. A ceux qui pensaient d'elle que c'était une actrice de seconde classe, elle n'a jamais cessé de démontrer l'étendue de ses capacités ! Surprenante, toujours ! Face à elle, Don Murray faisait ses premiers pas au cinéma dans ce rôle taillé sur mesure - Bo Derek, le cowboy sans éducation mais au grand coeur !
Un divertissement, plus qu'un film !!!! Il dépasse très largement les 5 étoiles ! 

vu en décembre 2005

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14/12/06

Le saint cleptomane et la fille au vagin doré - Pablo Krantz

saint_cleptomaneAvec un titre à coucher dehors, Pablo Krantz réussit le tour de force d'imposer son "provocant" recueil de nouvelles avec malice. Point ne faut d'être racoleur, il faut également assurer les arrières. Là Pablo Krantz, jeune argentin d'une trentaine d'années vivant en France depuis 2002, a su retrousser ses manches, a écrit ses textes en français (chapeau !) et peut s'enorgueillir d'être culotté, drôle, original et bon écrivain ! Bah oui, ce jeune homme a du style, un humour bien mordant et ne s'embarrasse pas d'écriture pompeuse et de crocs-en-jambe déplacés pour qu'on le salue.

L'imagination, associée à une âme d'enfant, est certainement l'engrais le plus puissant que la science botanique puisse concevoir. (Là, c'est le site Evene qui le dit, et je suis de son avis !) Car dans la plupart des nouvelles, Pablo Krantz a mis en scène un jeune garçon ou un adolescent, bien souvent dans les rues de Buenos Aires, qui suit son bonhomme de chemin, nez au vent et les mains dans les poches, séduit et étourdi par quelques petites beautés (au puissant parfum de tentation), mais bien souvent trompé, éconduit ou abruti par ses fantasmes, et sans l'emprise d'hallucinogènes !

A noter aussi : les titres des nouvelles sont particulièrement poétiques et exagérés, genre "histoire d'amour sur fond de fourmis", "la chanson de la pluie argentée de poisson frit", "cycles migratoires" ou "mon père était un officier nazi". Dans cette dernière, l'ami d'un écrivain lui suggère de se créer une image sulfureuse pour créer la sensation, il n'hésite pas à nommer quelques grands noms pour argumenter sa position... Les nouvelles dans l'ensemble sont très courtes, à part deux ou trois exceptions. Le recueil aurait pu être "excellent", s'il n'avait fallu sacrifier à la sacro-sainte règle du recueil de nouvelles où la qualité n'est jamais indéfectible, et personnellement j'ai trouvé les derniers textes moins jubilatoires qu'au commencement. Mais ce n'est pas grave du tout, ça peut se mélanger et ça ne change en rien mon avis déclamatoire sur cette lecture ! "Car, enfin, je crois que vous êtes déjà en âge de savoir que, dans ce bas monde, tout est dans la manière, les faits importent peu."

Les petits matins

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13/12/06

Le Soldat rose - Louis Chedid, Pierre Dominique Burgaud & Cyril Houplain

soldat_roseVoilà l'histoire du Soldat Rose en images, après l'écoute du disque. Je remercie le hasard d'avoir favorisé cette coincidence car je trouve que le livre et le cd sont absolument indissociables, c'est d'ailleurs dommage qu'il n'y ait pas une offre regroupant les deux.

A feuilleter l'album illustré par Cyril Houplain, je trouve qu'il manque un petit quelque chose. Les dessins ne sont pas terriblement accrocheurs, l'histoire est mignonne, et les chapitres en chansons posent problème. Quand on n'a pas le disque, que fait-on ? On imagine ? Un peu faible. C'est le gros dilemme sur cet article (sans revenir sur l'idée géniale lancée par Louis Chedid et Pierre Dominique Burgaud d'imaginer un magasin où les jouets vivent une existence cachée pour se préserver d'être achetés et séparés, quand surgit un petit garçon volontairement perdu, car l'enfant ne veut pas grandir mais vivre dans l'utopie.. bref !). Il est INDISPENSABLE de posséder aussi bien le disque que le livre, mais surtout le disque, à mon goût. Sans quoi, c'est un peu sans queue ni tête.

Hachette

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La vie bercée - Hélène Dorion & Janice Nadeau

vie_berc_eDepuis l'instant où "la petite graine" est semée, le ventre se gonfle et l'enfant s'y niche et se nourrit de "La vie bercée".

En quelques pages, Hélène Dorion raconte ce parcours en poésie et langage imagé, aidée des illustrations aussi fantasmatiques de Janice Nadeau. Le cycle de la vie est scruté, analysé avec minutie, beaucoup de sous-entendus, annonçant une couleur douce, morose ou mélancolique, mais pleine de promesses et de rêves !

J'avoue avoir été plutôt perplexe en présentant ce livre à ma fille, je m'attendais à ce qu'elle n'y comprenne goutte, qu'elle ne ressente aucun attrait. Je me suis complètement trompée ! Elle s'est aussitôt prise de curiosité pour cette histoire qui sortait de "son ordinaire" (nous baignons pas mal dans le lexique des fées, princesses, etc.). Elle a su cerner qu'il s'agissait de la vie et de l'enfant qui grandissait (l'image du corps qui s'ouvre et s'agrandit comme un arbre a été impressionnante), d'une initiation en rêveries et images subliminales tout à fait percutantes et plaisantes.

Personnellement j'ai plutôt savouré le texte et certains passages pour expliquer "quand tu ouvriras un livre pour la première fois" et quand "tu voudras toi aussi sentir les vagues secouer ton corps" ! Le bonheur, le goût de la lecture avec ceci : "Entre les murs de ta chambre, un Petit Prince souffle sur les déserts, te montre des étoiles invisibles pour les yeux, t'offre des roses, des astéroïdes et des allumeurs de réverbères qui veillent sur tes nuits. Maintenant tu sais que le monde est rempli de roses dans les pages de tes livres." Joli, non ?

C'est en fait pour résumer plus simplement un livre illustré et poétique sur les "premières fois" : la naissance, l'enfance, l'adolescence, les émois, la crise et les portes qui claquent, les fâcheries, les larmes, les remords, la réconciliation. Puis "tu auras grandi sans percer le mystère de grandir, aimé sans trop comprendre, et pas davantage détesté. Tu seras adulte, comme on dit" ! Ah ! le grand Mystère de la vie ! Hélène Dorion a notamment réussi à employer des mots faciles et qui "parlent" aux enfants pour aborder ce thème pas aisé, ainsi le pari est réussi et parvient à toucher l'enfant et sa maman !

PS : N'hésitez pas à offrir ce livre à une future ou jeune maman !

Les 400 Coups

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Vous en voulez plus sur les fées ?

J'ai acheté Le carnet secret des fées plus pour me faire plaisir car j'ai trouvé ce petit ouvrage absolument épatant ! C'est un livre illustré pour tout connaître sur les fées, accessible pour les enfants, mais surtout / surtout (!) indispensable pour les mamans. Nous avons tous en nous une part cachée de "fée-itude", non ?

Enfin, moi si. Et après lecture de ce livre, j'en suis absolument convaincue. Vous allez comprendre...

Donc, il faut savoir que les fées sont en voie de disparition et qu'elles sont désormais une espèce à protéger. Pour cela, la SPPF a été créée : la Société Protectrice du Peuple des Fées. Betty Bib (l'auteur) est la conférencière du SPPF et c'est à la suite de nombreuses questions sur le peuple des fées qu'elle a décidé de rédiger un "tout sur tout" les fées.

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Les chapitres sont ainsi composés : Comment débusquer une fée ? A quoi ressemblent-elles ? D'où viennent-elles ? Comment apprennent-elles à voler ? ... C'est en sentant la magie partout autour d'elle qu'il est temps pour la fée de recevoir sa baguette magique et de devenir ainsi une fée accomplie.

Le répertoire s'ouvre, il y a donc : les fées du logis, les fées de la nature et les fées des grandes occasions. Chaque catégorie fourmille d'exemples variés et originaux, tous plus facétieux les uns que les autres.

Tiens, je vous glisse une anecdote : les fées ne peuvent résister au parfum du thé, qu'elles adorent déguster dans des services en porcelaine très raffinés. Elles ont un penchant pour les variétés comme le Lapsang-Souchong ou le Rose Pouchong, leur préféré.

Vient finalement la dernière partie : Comment attirer une fée ? Là, je me dis : ça y est ! j'en suis une ! Pour appâter une créature féérique (hihihi), il faut donc user des sucreries, des trucs de fille et des objets sentimentaux. (Je suis conquise !)

carnet_secret_des_feesMais voyons, cet ouvrage cache également un message secret : d'abord promouvoir l'action de la SPPF et plaider en faveur du Mouvement pour la Conversion des Coeurs Incrédules (le MCCI), puis de respecter l'environnement et d'espérer un plus grand respect pour la magie et la beauté...

Le Carnet secret des fées - Betty Bib

Gründ

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Mercredi, jour des enfants

Le livre présenté par Miss C. est une petite merveille pour la jeunesse : A l'orée des fées par Lenia Major avec des illustrations de Cathy Delanssay assez connue "dans le milieu" et dont voici le blog : La Goutte de Rosée.

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Ce livre est donc un ravissement pour les yeux, qui ne s'adresse pas "exclusivement aux petites filles en quête de cuicui et petites étoiles" (pour reprendre une expression fétiche de l'illustratrice !). C'est un bonheur partagé entre petits et grands, pour ceux et celles dont la simple évocation du mot "fée" fait scintiller les prunelles !

"Une petite main cueillera la fleur, Puis la tendra à sa maman avec candeur. Un rire de bonheur retentira, Une onde de joie irradiera, Réchauffant le coeur de la fée, Lui donnant vie à jamais.

Les fées n'ont besoin que d'amour. Si vous voulez qu'elles vous entourent, Offrez-en chaque jour."

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Eh oui, c'est de la poésie !.. Lenia Major a décliné les fées en plusieurs familles : les fées du logis, les fées des éléments, les fées des saisons, les fées des êtres vivants et les fées taquines.

Elles se nomment Plume, Grisette, Bayadère ou Croquante... Céleste, Aurore, Ondine ou Esther... Tomé, Brune ou Blanche... Garance, Line ou Girouette... Couldouce, Candi ou Pie... Elles affichent toutes leurs couleurs et des minois, des douceurs, des émotions bien à elles. Elles sont gracieuses, calines, coquines, bavardes, amoureuses, pleureuses, rieuses et même magiciennes.

Elles sont toutes plus belles les unes que les autres. Le travail de Cathy Delanssay "porte" en haut de l'affiche cet album précieux. Lenia Major à la plume révèle les secrets, Cathy Delanssay de son pinceau trace les contours. A elles deux, elles parviennent à percer le mystère des fées, de nous en présenter quelques secrets...

A l'orée des fées (quel joli titre !) est un album qui est tellement sublime que toute maman va être poussée à le préserver des mains maladroites de l'enfant. Or, je tiens à préciser que la couverture est justement (et judicieusement) moelleuse et peut parer à "de nombreux chocs" avant de faire grise mine (ne le lui souhaitons pas non plus).

Quand au texte - parce que c'est bien beau à regarder, il faut aussi se pencher sur l'écriture !... Là je suis beaucoup plus mesurée. Je m'explique : la poésie est très belle, malicieuse et truffée de clins d'oeil (qu'une maman comprend, etc.). Par contre, Miss C. âgée de 6 ans 1/2 n'a pas toujours saisi les subtilités (mais se rinçait l'oeil à n'en plus pouvoir devant les illustrations, c'est indiscutable !). J'ai cependant réussi à capter son intérêt (et tirer un sourire de ses lèvres) à la lecture de quelques textes ingénieux et plutôt drôles, car à son jeune âge c'est encore l'humour qui la fait craquer. Par la suite, elle s'épanchera davantage sur d'autres pages noyées de lumière !...

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Voilà une conclusion alléchante : finalement A l'orée des fées est un livre pérenne. Il trace sa route et son sillon dans le temps, et saura séduire Miss C. au fil des ans, des attentes et de ses rêves ! La magie des fées, moi j'y crois et pour longtemps. D'ailleurs, reprenons le message de la fin : ..."nous ne vous quittons pas une seconde. Nous serons toujours là, à vos côtés, Toujours en alerte, toujours à veiller, Sur vos peines, vos joies, votre destinée.  (...)

Alors gardez les yeux ouverts ! "

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   A l'orée des Fées - Lenia Major & Cathy Delanssay

   Balivernes Editions

   D'ailleurs, j'ai cru comprendre qu'il était plus pratique de commander le livre directement sur le site de l'éditeur : http://www.balivernes.com/ouvrages.php?book=12&cat=18 . Les commandes Amazon ou la Fnac ont des délais beaucoup trop longs (à cause d'un souci administratif dû au distributeur). A bon entendeur !  :-)

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12/12/06

Le piège à fées - Marie Sabine Roger

piege___feesTout le monde n'aime pas les fées, vous l'ignorez ? Alors, faites connaissance de Monsieur Paul Eustache Griseux qui vit barricadé dans sa maison, interdisant l'accès à tous, car il déteste les enfants, les animaux, les voisins et les fées. Selon lui, ces dernières sont responsables de la bonne humeur du quartier. Par leur faute, trop de monde espère habiter dans la même rue et Monsieur Griseux ne peut ni ne veut absolument l'envisager.

Il met en oeuvre tout ce qui est humainement possible pour écarter les intrus, or toutes ses manoeuvres conduisent à inspirer la sympathie et l'attirance vers ce gaillard. Un comble !

Monsieur Griseux se révolte. Il va trouver le remède pour chasser les fées et c'est dans un vieux grimoire qu'il va trouver LA solution !...

Ce roman de Marie Sabine Roger, illustré par Dorothée Jost, est une petite distraction accessible aux enfants dès 8 ans. Mais la lecture à voix haute pour une petite fille de 6 ans, par exemple, est tout à fait concevable car "Le piège à fées" est une histoire facétieuse, bourrée d'humour et dépeignant un personnage central plutôt revêche mais amusant. Les illustrations de Dorothée Jost ne manquent pas de charme non plus, le cocktail est hautement dosé pour ravir les demoiselles qui aiment l'enchantement des fées !

Editions Lito

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Swing - Jean Yves Chaperon

SwingAvec "Swing", on plonge immédiatement dans une soucoupe à voyager à travers le temps, franchir les océans et les frontières pour suivre une palette de personnages attachants, qui se croiseront ou s'effleureront à peine, mais cette peinture est belle, intéressante à découvrir et scruter à la loupe.

L'histoire commence de nos jours à Paris pour basculer à Londres en 1903 et parcourt ainsi tout un début de siècle en passant par New York, San Francisco, Montmartre, le Sud des USA, Cuba, les Antilles... Ce roman est en fait rempli de petites histoires qui suivent différents personnages, mais le point de départ s'attache à une peinture de Joseph Gaignault, retrouvée dans un grenier, avec un billet où "Joseph Gaignault n'est pas un peintre" est griffonné. C'est ce mystère qui donne la matière à grossir le roman de Jean Yves Chaperon.

L'auteur nous balade, en musique et en rythme, amarré à son amour du jazz (citation de "grands noms"), ébloui par la frénésie des années folles, mais gardant pied à terre pour conter le massacre de cette insouciance avec la guerre de 1914. Revient le mystère "Joseph Gaignault", ne l'oublions pas, entre les chapitres où flottent les esprits fascinants du boxeur Jack Johnson, du chanteur Caruso ou de la silhouette fuyante et juvénile d'une certaine Joséphine Baker...

C'est là le magnifique et l'incroyable : mêler avec habileté le vrai et le faux, croiser les destins des grandes figures à d'autres personnages inventés, s'imaginer une autre époque plus rutilante où le jazz allait connaître son âge d'or... Pour les plus grands amateurs, ce livre se savoure. Pour les moins éclairés (hmm, comme moi), "Swing" symbolise une palpitante saga où la petite musique résonne à l'oreille. Douce, entêtante et à mesurer dans le temps !

Anne Carrière

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11/12/06

La poisse - Leena Lehtolainen

la_poisseJuste un conseil (déjà suggéré par Cuné) avant de commencer cette lecture, histoire de vous éviter de pester comme moi "mince, mince, mince" toutes les cinq minutes : tentez de lire "Mon premier meurtre" qui est l'épisode où Maria Kallio est introduite sur la scène littéraire. Tout lecteur aura ainsi davantage de repères, moins le sentiment d'avoir loupé le coche.

Je pense que cela pêche à apprécier complètement cette deuxième enquête de Maria la finlandaise, qui était flic et qui est désormais conseillère juridique. Mais les vieilles habitudes demeurent, elle est à nouveau mêlée à un meurtre qui touche de près l'entourage de son petit ami Antti (comme c'était le cas dans "Mon premier meurtre").

Oui, décidément les références au précédent roman persistent et envahissent surtout le début de cette lecture. Sans oublier qu'il n'est pas banal de copiner avec les patronymes finlandais, qu'il faut se repérer assez vite pour ne pas perdre le fil...

En bref, cela reste une lecture très plaisante, une bonne enquête menée de manière écologique (Maria préfère son vélo à la Honda du boulot). Le rythme est tranquille, le crime n'est pas sanguinolent, la violence est écartée du registre finlandais. C'est une chouette entrée dans un polar nordique, encore un, mais les amateurs de "sensationnelles investigations" passeront leur chemin. Ici, Leena Lehtolainen préfère aller pas à pas, avec une Maria Kallio cartésienne et précautionneuse. Quelques touches de Sylvia Plath assaisonnent ce récit, ce qui n'est pas pour me déplaire !

Gaïa

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