29/07/09

La mystérieuse affaire d'Echo Falls ~ Peter Abrahams

Albin Michel, coll. Wiz, 2009 - 347 pages - 13,50€
Traduit de l'anglais (USA) par Nathalie Peronny

la_mysterieuse_affaire_echo_fallsIngrid, l'héroïne de L'Etrange Cas de l'assassinat de Katie la Fêlée, est de retour. A Echo Falls, paisible ville américaine, l'adolescente s'aperçoit de quelques faits troublants qui touchent sa famille : la manie de son père de jeter chaque matin le journal à la poubelle, l'addiction soudaine de son frère pour l'haltérophilie, la valeur grimpante de la ferme de son grand-père pour une vente prochaine. Et puis, arrive le kidnapping d'Ingrid. L'adolescente, qui parvient à s'échapper, se confie à la police qui reste dubitative. Pas de problème pour Ingrid, l'apprentie détective va reprendre du service, car, si vous l'ignoriez, l'adolescente est une fervente admiratrice de Sherlock Holmes, elle collectionne tous les épisodes de la série en DVD, qu'elle connaît par coeur, et elle n'hésite pas à citer tout haut les répliques de son personnage fétiche pour activer ses neurones !
J'ai beaucoup apprécié l'ambiance de ce roman, du fait des personnages originaux, de la personnalité attachante d'Ingrid, jeune héroïne de treize ans (qui tient son prénom d'Ingrid Bergman, l'actrice de Casablanca, le film préféré de sa mère) adepte de foot et de théâtre, grande buveuse de soda à la fraise, et des anecdotes tendrement saugrenues qui surviennent dans cette ville, laquelle est aussi décrite de façon cocasse, au point de la rendre atypique et conviviale.
Je n'ai pas été particulièrement sensible ou embarquée dans l'intrigue policière, j'ai passé l'âge, mais je comprends qu'un lecteur niveau fin de primaire / collège trouve son compte, et se passionnera pour les aventures de cette jeune détective, dans la veine des Nancy Drew + Veronica Mars + Enola Holmes. La couverture tendrement déjantée signale l'idée approximative du monde dans lequel pénètre le lecteur. Un monde décalé, avec des mystères, pas méchant non plus, un peu dingue dans le fond, et plan-plan parfois, la vie coule paisible entre quelques bizarreries, bref c'est un vrai souk. Ou un joyeux bordel.

La chronique de Sophie Pilaire sur Ricochet 

 

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28/07/09

Le voleur de foudre ~ Rick Riordan

Albin Michel, coll. Wiz, 2006 - 425 pages - 15€
Traduit de l'anglais (USA) par Mona de Pracontal

le_voleur_de_foudre_1Présentation : Percy Jackson est un adolescent turbulent, atteint de dyslexie et de troubles d'hyperactivité. En six ans, il a changé six fois d'établissement scolaire. Son entrée à Yancy ne fait pas exception à la règle : lors d'une banale sortie au musée des Beaux-Arts, département des antiquités grecques et romaines, Percy découvre que sous la figure peu aimable de son professeur de maths, Mme Dodds, se cache un monstre qui veut lui faire la peau. Hélas, personne ne semble croire son histoire, ni son meilleur ami Grover, dont l'attitude fuyante éveille de plus en plus les soupçons de Percy.
Finalement, le garçon va découvrir, en catastrophe, qu'il est un sang-mêlé, soit le fils d'une mortelle et d'un dieu grec. Sa mère a longtemps préservé ce secret pour protéger son fils, qui court aujourd'hui un grave danger. Il n'a plus le choix, au dépit de sa mère, il doit se rendre sur la Colline des sang-mêlés et intégrer le pensionnat qui n'accueille que les enfants de son espèce.

L'aventure et les rebondissements ne manquent pas dans ce roman, premier tome d'une série, au désavantage de placer les personnages, le décor, le contexte, etc. C'est le seul inconvénient que je lui trouve, prendre le temps, dire les choses, ne pas sauter de suite dans le feu de l'action (je suis d'un tempérament impatient, hélas). Pourtant, l'intrigue fourmille de détails importants, d'événements extraordinaires et de pointes d'humour fort appréciables.
Dans ce roman, par exemple, on découvre des créatures mythologiques sous les apparences humaines ordinaires, il leur suffit juste de cacher leur particularité sous un subterfuge, comme un fauteuil roulant, et ainsi se fondre dans la masse. C'est judicieux, moderne, totalement crédible. L'histoire ne manque pas d'inventions pertinentes, les allusions à la mythologie sont passionnantes, pas du tout barbantes, et les piqûres de rappel sont même fort appréciables !
J'ai aimé ce nouvel  univers créé par Rick Riordan, auteur d'une série en 5 tomes, qui n'a pas manqué me rappeler un autre monde peuplé de sorciers... car Percy Jackson et Harry Potter ont beaucoup de points communs. Cependant, cette série s'annonce à part et toute personnelle, riche en promesses et pirouettes en tout genre. Que j'aime ça ! 

 

 

d'autres avis : Mélanie, qui la première a su me donner envie, et Leiloona

Et je découvre, par la même occasion, qu'un film va sortir aux USA en février 2010, réalisé par Chris Columbus (coupable des deux premiers films d'Harry Potter... m'étonne plus du tout !)

Bande-annonce :

 

Existe également avec une nouvelle couverture, version 2008 le_voleur_de_foudre_2

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27/07/09

Dernier jour de beau avant la pluie ~ Marie-Sophie Vermot

Médium de l'Ecole des Loisirs, 2009 - 116 pages - 8,50€

dernier_jour_de_beauL'histoire raconte le chagrin et la mélancolie de Chloé, dix-huit ans, inconsolable depuis vingt et un mois. Depuis la mort accidentelle de sa soeur jumelle, Beryl. L'histoire raconte donc la mise au vert de Chloé, son frère Alban et leur meilleur ami Félicien. Tous trois se sont isolés dans le cabanon familial, perdu au coeur d'un vallon, niché dans un jardin sauvage, bordé par une source. Ils ont décidé de bûcher sérieusement, avant les examens. Chloé n'a pas du tout la tête à ça, c'est la première fois qu'elle remet les pieds au cabanon depuis la disparition de Beryl. Son absence lui pèse. Tous, pour la plupart, ont su remonter à la surface, effectuer leur deuil, reprendre goût à la vie. Chloé en est incapable.
Poussée par les siens, dévisagée par ses camarades au lycée, elle n'en fait qu'à sa tête. Songer à prendre le large. Tourner le dos à cette existence qui l'étouffe.
Pensant avoir trouvé la solution à ses soucis, Chloé a invité sa nouvelle amie Madeleine. Elle est d'une présence irradiante, tout sourire, tout enthousiasme dehors. Sa fraicheur de vivre fait plaisir, pourtant elle ne contamine pas Chloé.
Veut-elle vraiment guérir de son chagrin ? Ne porte-t-elle pas une responsabilité trop lourde pour elle ? Que cache-t-elle au fond ?
D'un état d'esprit introverti et mélancolique, ce roman évite toutefois de sombrer dans la morosité pure. Point de cafard à l'horizon, si ce n'est dans le comportement de Chloé, constamment léthargique, plongée dans ses pensées noires, à ressasser un passé éteint, douloureux, mort. La finesse du roman se trouve dans le décor idyllique du cabanon, endroit coupé du reste du monde, petit paradis terrestre, une bulle réconfortante et apaisante. Vivre à quatre des journées en plein air, sous une chaleur accablante, déguster des grillades, manger des fruits, lire dans le hamac, se baigner, plonger du haut de la cascade, se lancer des défis... A travers ses diverses activités, grisée par l'enchaînement intense de ses vacances pas comme les autres, Chloé finira par ressentir le déclic final. Point d'honneur à un long, lent travail de maîtrise de soi.
Un joli roman de vacances, teinté de douceur de vivre et de spleen.

Illustration de couverture : Franck Juery

Autre avis : Reno a également apprécié toutes les subtilités de ce roman sensible et intelligent.

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26/07/09

Du vent dans mes mollets ~ Raphaële Moussafir

J'ai Lu, 2009 - 112 pages - 4,20€

du_vent_dans_mes_molletsRachel a neuf ans et doit se rendre chez Mme Trebla, une dame qui parle avec les enfants en faisant des dessins, pour tenter de comprendre pourquoi la demoiselle s'endort tous les soirs sans enlever ses chaussures ni son cartable. La raison, Rachel la connaît, mais c'est une adorable chipie qui aime raconter sa vie avec un humour vif et pétillant. Rachel a une maman étonnante, un peu forte physiquement, la fillette en a honte malgré elle, mais elle adore cette maman qui lui tient tête, qui est fière d'elle, fière de son physique spirituel, comme elle dit, et qui admire sa coupe de cheveux façon petit lord Fauntleroy ou qui refuse d'envoyer un chèque au Club Barbie, parce que c'est risible de vouloir entrer au club des amis d'une fille en plastique avec des cheveux en nylon filasse (prière de ne pas surchauffer la maison afin d'éviter à la meilleure amie de fondre sur un radiateur, s'esclaffe le père). Et pourtant, "il faut laisser aux enfants la liberté d'avoir mauvais goût" soupire la maman. A ceci, la réplique de la gamine fuse : "Parce que c'est moi qui ai mauvais goût ? Alors ça, c'est la meilleure ! Et ça la gêne pas, maman, de mettre des chaussettes en laine dans des mocassins blancs avec sa jupe longue à franges sous prétexte qu'il y a un petit vent frais ?... C'est bien ce que je dis, décidément, les parents heureusement qu'ils filent pas dans leur chambre à chaque fois qu'ils sont à côté de la plaque, parce que sinon, il resterait plus grand monde à table." Futée, la petite Rachel, et dire qu'elle n'a que neuf ans ! (Le même âge que ma fille, d'ailleurs, sauf que je n'ai pas le même spécimen à la maison.)
Rachel a aussi une grande amie, Hortense, sa complice pour les blagues téléphoniques (pauvre Mme Courtecuisses !). Bref, cette lecture cultive un ton qui reste bon enfant. C'est agréable, impertinent, rafraichissant, et les réflexions de la fillette font souvent mouche. On ricane, on ricane. Et progressivement, les rires font place aux larmes, pas dégoulinantes, c'est juste la grande faucheuse qui s'invite sans prévenir, et ça vous coupe les pattes. Comment dire la mort, comment l'expliquer, comment dormir sans se reprocher de ne plus y penser. Toutes questions philosophiques sont mises à part, à vrai dire. Car ce petit bouquin joue son va-tout pour une lecture simple et pleine de vie, et passe en revue des considérations enfantines sans paraître insupportables ou caricaturales. J'ai juste un reproche, c'est beaucoup trop court ! 

A été lu par Lily

Existe aussi en coffret 2 CD audio, texte lu par l'auteur, et ça coûte 15,50€ (à découvrir des extraits sur le site Lire dans le Noir) et en version illustrée par Mamz'elle Roüge aux éditions Intervista pour le prix de 16,50€.

Voilà. :)

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25/07/09

Tequila frappée ~ Nadine Monfils

Belfond, 2009 - 228 pages - 18,50€

tequila_frappeeA Pandore, banlieue chic semblant sortir d'un décor de cinéma, on n'assassine pas dans le velours, mais à coups d'explosifs qui éclatent la villa et étripent en mille morceaux le voisin qui rendait service alors que la propriétaire rentrait ses courses. C'est sûr que ça commence fort ! Dépêchés sur les lieux, les enquêteurs Lynch et Barn, assistés de la profileuse Nicki, tentent de rassembler tous les morceaux (sic) - l'équipe gagnante de Babylone Dream a du pain sur la planche. En effet ce joli monde va biaiser et surfer sans faillir entre les crimes tous plus abominables les uns que les autres, le coeur bien accroché, toute nausée serait cependant inenvisageable car l'auteur a la géniale idée de tartiner son intrigue policière d'un humour corrosif. C'est carrément frappé, à commencer par le chien alcoolique, qui boit la téquila, sans hips, et sourit de bonheur en regardant son maître. Quelle histoire ! Pandore est loin d'être une banlieue tranquille, de l'avis de l'éditeur, les putes dansent la rumba avec les flics, les sous-marins naviguent sur terre, on croise des marchands de rêves, un clochard extralucide ou une main baladeuse. (J'adore chaque quatrième de couverture des romans de Nadine Monfils !) Bref, ça sent la farce à plein nez mais qu'on ne s'y trompe pas non plus : il est bien écrit thriller en couverture, car le crime est noir, poisseux, écoeurant. Ce subtil mélange (humour / horreur) rend ainsi les livres de Nadine Monfils singuliers et intéressants. A déguster cul sec ! 

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24/07/09

Vamp in Love ~ Kimberly Raye

Fleuve Noir, 2009 - 370 pages / 14,90€
Traduit de l'anglais (USA) par Christine Barbaste

vamp_in_loveLilliana Marchette (ses amis l'appellent Lil) est une vampirette célibataire, sexy, branchée et dotée d'un indéniable flair en matière d'accessoires (les chaussures griffées, plus particulièrement). Elle vient de créer en plein Manhattan la première agence de rencontres pour vampires. Or, en dépit de ses talents d'entremetteuse, l'agence Vamp'n Love a du mal à décoller.
Dans la foulée, Lil fait la connaissance d'un séduisant chasseur de primes, Ty Bonner, qui est - hélas pour elle - un récent mordu. La demoiselle appartient à la branche des vampires héréditaires, les snobs, et elle ne peut décemment guère envisager de s'abaisser à une caste inférieure.  C'est interdit. 
Comble de malchance, le type a toute la panoplie du cow-boy éclatant de virilité (stetson noir, manteau en cuir qui frotte le sol, jean noir et bottes noires patinées). Il est en ville sur les traces d'un serial-killer, mais très franchement, on s'en contrefiche un peu, l'enquête est cocasse et sympathique, or tout ce qui compte ne se raconte pas, ça se vit, ou ça se lit, entre le cow-boy et la belle. "Il est supersexy. D'une façon sauvage, primitive. Il avait les cheveux bruns mi-longs, une mâchoire carrée ombrée d'une barbe naissante, et des yeux bleus. Mais pas n'importe quel bleu : un bleu fluo, si vif et si intense que, lorsque nos regards se sont croisés, j'aurais pu jurer entendre bourdonner un néon. Certes, le bourdonnement pouvait provenir de mes hormones de vampirette frustrée, qui tendent à s'emballer à la vue de trop de testotérone".
C'est vous dire l'intérêt de ce livre ! Nul. Mais tant pis, je n'allais pas me priver et j'ai croqué avec délices ce fruit défendu. Je me suis prise sincèrement au jeu et j'ai beaucoup apprécié cette lecture, pour le côté sexy et branché, la vampirette très bavarde et irrésistiblement drôle, souvent en train de se débattre avec les lubies de sa mère qui cherche à la caser à tout prix, ou parce qu'elle est fatalement attirée par ce Ty Bonner, qui est beau, qui sent bon le sable chaud, mon légionnaire, oups. N'en jetez plus, la coupe est pleine.
Voici le premier livre d'une série plaisante, agréable à lire, qui raconte les aventures délirantes d'une vampirette qui aime porter le rose et qui sent la barbe à papa (aucun lien de cause à effet). C'est simple, facile, bourré d'énergie. Et j'aime ça. (C'est bon, la honte !)
Une série TV est en préparation pour ABC, la chaîne américaine.

http://www.kimberlyraye.net/

Couverture illustrée par Muriel Bouret

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L'Autre homme de ma vie, par Emily Giffin

lautre_homme_de_ma_vieQuel ennui, ce livre ! C'est bien simple, j'ai fini par le parcourir en diagonale. Je ne supportais plus les longs atermoiements de la narratrice, Ellen, mariée à Andy, un fringant avocat, issu d'une famille aisée, aimante, extraordinaire. Ellen aussi se revendique heureuse en amour et pas un nuage ne plane sur son mariage.
Mais pourquoi se justifie-t-elle autant ? Par la faute de la réapparition de son ex, Leo. C'était son grand amour quand elle était étudiante, sa passion dévorante et dévastatrice. Lorsque Leo a rompu, huit ans plus tôt, Ellen s'est sentie pire qu'une vieille paire de chaussettes bonne à jeter. Et c'est grâce à son amie Margot, la soeur de son futur mari, qu'elle a su remonter la pente, en s'investissant dans le boulot aussi.
Les années ont passé, Leo est de retour, rencontré par hasard dans les rues de New York. Le mensonge s'installe à partir du moment où Ellen décide de ne pas en parler à Andy.
Les pages défilent et la jeune femme s'interroge : félicité conjugale contre coup de foudre jamais guéri. Et l'histoire n'en finit pas de peser, c'est lent, c'est mou. L'héroïne est horriblement passive, c'est insupportable. Sa vie est décrite comme idyllique et sublime, Andy est un type merveilleux, même s'il dort en pyjama fraîchement repassé (sic). En contre-poids, nous avons Leo, le terrible amant perdu, inaccessible, chaud brûlant, qui exsude la sensualité et l'érotisme.
Quelle déception, au final ! Plus de 360 pages ont été pondues pour une conclusion dépitable. Pourtant l'histoire aurait pu joliment broder sur la thématique des remords face à un passé qui ressurgit, avec une révélation fébrile, car si tout était à refaire, quels seraient nos choix. Le titre original est beaucoup plus révélateur, Love the man you're with, qui signe un moralisme dont la traduction française a largement fait impasse. (Mais si j'avais su, je serais pas venue !)
A lire, pour crisser bien fort !!!

Presses de la Cité, 2009 - 380 pages - 19,50€
Traduit de l'anglais (USA) par Alice Delarbre

En savoir plus sur la page de l'éditeur (avec une petite fourmi qui semble s'être perdue, cliquez dessus pour comprendre)

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23/07/09

Les Monts de l'Eléphant ~ Jean-François Chabas

 

 

les_monts_de_lelephant

Les Monts de l'Eléphant est un merveilleux roman. Ni plus ni moins. C'est une histoire qui s'adresse à Promesse, contée par Henri de Lespagne, fils de bonne famille qui occupe un appartement cossu de l'avenue Kléber.
Avec tendresse et nostalgie, Henri revisite son passé et son enfance, pas si dorée que cela. Son père a été frappé d'une maladie mentale peu courante, diagnostiquée trop tard, et qui fragilisera les rapports déjà peu chaleureux entre les membres de cette fratrie.
La mère, Anne de Lespagne, née de Castries, est une femme qui ne supporte pas le désordre. Elle met de côté son sentimentalisme et ses élans d'affection, à la place elle manie le sarcasme avec une dextérité paralysante.
Les conséquences sur la famille seront sans appel.
Henri, né en 1960, est désormais un homme rompu et déboussolé. Enfermé dans ses souvenirs. Handicapé de son enfance. Promesse est une femme qu'il va rencontrer tardivement, dont l'histoire personnelle est encore plus bouleversante que les 150 pages de la saga de Lespagne, mais les deux histoires se font des appels du pied, discrètement et solennellement.
C'est un roman très beau, très touchant et drôle aussi (le type au nougat, hilarant !). C'est un livre qui sait nous surprendre, nous faire attendre aussi, l'arrivée de Promesse est un fil rouge, vécu comme une promesse justement, car son récit arrive dans les toutes dernières pages.
J'avais depuis très longtemps envie de lire ce roman et je suis ravie de cette découverte. Il me reste à lire les autres livres de ce Jean-François Chabas, en me souhaitant d'autres émerveillements.
Et bien entendu, ce roman ne se destine pas qu'à la jeunesse.

Médium de l'Ecole des Loisirs, 2009 - 160 pages - 9,50€

 

Tu sais, les familles... c'est un drôle de truc, les familles. Tu les regardes de loin et tu vois un groupe à peu près uni, tu te dis que les membres se ressemblent forcément, puisqu'ils sont du même sang, qu'ils grandissent ou vieillissent côte à côte... Et puis tu regardes de plus près les individualités, et tu te rends compte qu'ils peuvent différer les uns des autres à peu près autant qu'une carpe miroir, une crosse d'évêque et une pompe à vélo.
Une famille, ce n'est pas un puzzle. C'est plutôt une tas de bidules et de machins balancés ensemble dans une caisse, et plus ou moins forcés d'y cohabiter. Il y a une question de chance. Je veux dire que tu peux tomber sur des parents aimants, merveilleux, et qu'avec tes frères et soeurs, c'est aussi un peu la roulette. Nous connaissons tous des familles où on se hait, d'autres où on s'adore. Certaines où des clans se forment. Certaines dont les membres choisissent un mouton noir, un paratonnerre qui reçoit toutes les rancoeurs, les jalousies et les hargnes recuites.
(...)

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Le chant du volcan ~ Christian Moire

Photographies de Stephan Zaubitzer

le_chant_du_volcanAurélie, étudiante française en archéologie, termine son séjour de quatre mois au Mexique où elle a travaillé sa thèse sur les anciens Purépechas. Ses valises sont bouclées, elle est prête à partir lorsqu'elle rencontre un type, très beau, au regard de braise, qui ne parle pas ou très peu, et qui l'invite sur son lieu de travail, à l'UNAM, la grande université de la ville. Hénoch est géologue, il a vingt-huit ans, il vit chez sa mère et il est prisonnier de son enfermement morbide. Des années auparavant, son père est mort dans un tremblement de terre, créé par le réveil du volcan. Depuis, Hénoch vit, respire, scrute, sent le volcan.
Le chant du volcan.
A la première alerte, il part. Il sauve sa peau. Il ne veut pas finir comme son père.
Hélas ce trauma rend le garçon inaccessible aux autres, Aurélie s'en rend compte et le plante à l'aéroport, lui tourne le dos, en colère après lui, cherchant à le secouer pour qu'il brise sa coquille. Le passé, c'est le passé.
Franchement, j'ai été déçue par ce roman issu de l'excellente collection photo-roman de chez thierry magnier. Ici je n'ai pas trouvé d'osmose entre l'histoire et les images, lesquelles représentent de la verdure et des gens qui font la sieste. Le contraste est énorme, entre la fraîcheur d'un côté et l'atmosphère sinistre de l'autre. Dans l'histoire, le rappel des photos donne aussi le sentiment d'un exercice donné. Je ne sais pas, cela manque de spontanéité.
Et puis j'ai eu du mal avec l'histoire entre Aurélie et Hénoch, leur aventure trop brève, compliquée, le spectre du père mort, le chant du volcan qui n'éveille aucune franche sensualité, non, cela tombe un peu à plat. C'est dommage, car les titres de cette collection sont dans l'ensemble d'une très bonne qualité. Une prochaine fois, donc.

Editions Thierry Magnier, coll. Photoroman, 2008 - 90 pages - 13€

L'avis d'Aurélie, aussi perplexe que moi

Présentation sur le blog de Stephan Zaubitzer

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22/07/09

Je n'irai pas chez le psy pour ce con ! ~ Isabelle Alexis

je_nirai_pas_chez_le_psyDeux femmes se rendent, le même jour, dans un studio de télévision. L'une doit passer un entretien d'embauche, l'autre est invitée à une émission littéraire à propos de son livre. Une histoire d'amour et de rupture, intitulée Je n'irai pas chez le psy pour ce con ! Mais au moment de passer à l'antenne, il y a une épouvantable confusion et c'est Juliette, à peine trente ans, chômeuse et consciente du quiproquo, qui se voit discuter du bout de gras sur sa relation avec un député au comportement goujat. La cata ! Loren Abysse, l'auteur spolié, rue dans les brancards mais c'est trop tard. En prime, elle récolte des excuses et une nouvelle admiratrice très pot-de-colle.
C'est clair, Juliette ne quitte plus Loren. Elle est fascinée par l'écrivain, par son sens de créativité et d'imagination. Ensemble, elles passent une nuit de folie à danser, boire et se bécoter.
Le lendemain, c'est la douche froide. Juliette rentre chez son petit ami, se dispute avec et lui défonce le crâne. Ni une ni deux, elle supplie Loren de l'aider à masquer son crime, car elle plaide non-coupable mais perd les pédales.
Au rayon chick-lit haut de gamme, je demande une aventure cocasse doublée d'une comédie policière et j'obtiens un roman déjanté, dans lequel on suit deux femmes qui n'ont pas leur langue dans la poche et qui tentent par tous les moyens de se dépatouiller avec un corps, la police, un maître chanteur et leur conscience.
Il n'y a franchement rien de crédible dans l'histoire, c'est truffé d'aberrations et d'inepties, les héroïnes sont deux têtes à claques insupportables, mais finalement c'est ce qui rend cette lecture divertissante et proche du lecteur !
J'ai bien aimé, par exemple, lorsque les nanas font référence à des feuilletons américains (Les Experts ou FBI Portés disparus) pour situer leur cas, c'est dire l'influence de la télé et le manque de discernement des demoiselles.   
Un niveau de tolérance maximale est donc demandé pour celui ou celle qui se penchera sur ce livre, spécialement voué à la détente. C'est drôle, oui, ça ne mange pas de pain, non. Mais j'avoue qu'il n'aurait pas fallu dépasser les 300 pages, sous peine d'indigestion.

Albin Michel, 2009 - 278 pages - 18,50€

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